lundi 25 mars 2013

Gigot d’Orcy, l’entomologiste

Fils de Pierre-Symphorien Gigot (1702-1780), directeur des aides de Sens (Yonne), et de Jeanne Dantan-Satin, de Montargis (Loiret), Jean-Baptiste-François Gigot d’Orcy est né à Sens le 8 janvier 1737, et fut baptisé le lendemain en l'église Saint-Romain :

« Lan 1737 le huit janvier est né, et le lendemain a été Baptisé par moy Curé de St Didier pour labsence de monsieur le Curé jean Baptiste françois fils de monsieur pierre Symphorien gigot directeur des aydes de Sens, et de dame jeanne dantan Satin son épouse, le parain a été jean Louis le Comte La marreine jeanne anise Louis domestique au lieu et pour monsieur jean Baptiste Ledoux intéressé dans les fermes du roy, et dame françoise dantan Satin épouse de monsieur hodry intéressé dans les dittes fermes demeurant à paris et à Sens, le dit le Comte a signé avec le père la marreine par procuration a déclaré ne scavoir signer. » [sic]


Sa mère était la belle-sœur du fermier général André Haudry (1688-1769). Il épousa en 1765 la fille d’un avocat au Parlement, conseiller des finances du duc d’Orléans, devint receveur général des finances de Châlons-en-Champagne en 1773, et fut intéressé dans plusieurs sociétés minières, dans quelques armements et dans la manufacture de tabac à Toulouse. Il s’adonna dès l’enfance à l’histoire naturelle et forma diverses collections d’insectes. Il installa son superbe cabinet d’histoire naturelle place Vendôme, dans l’hôtel du banquier Jean Cottin (1709-1781), qu’il acheta en 1780 pour la somme de 180.000 livres tournois, aujourd’hui siège de la Maison Boucheron :


« M. Gigot d’Orcy, Receveur général des Finances, possede un très-beau Cabinet d’histoire naturelle, où l’on distingue une suite des plus nombreuses & des plus complettes en insectes & papillons, tant d’Europe que de la Chine & des deux Indes : un choix des oiseaux les plus rares, artistement grouppés sur des arbrisseaux feints dans des cages vitrées : enfin de belles suites de coquilles, madrépores, minéraux, fossiles, pétrifications, cristallisations : quelques quadrupedes, poissons, crustacées, reptiles, &c. : le tout disposé dans l’ordre le plus élégant. » [sic] (Desallier d’Argenville. La Conchyliologie. Paris, G. Debure fils aîné, 1780, 3e éd., t. I, p. 797)


Gigot d’Orcy fut membre de la loge maçonnique « Les Amis Réunis » et de la « Société philanthropique », fondée en 1780 par Charles Savalette de Langes (1746-1797), garde du Trésor royal.


La science lui reste redevable du financement de la publication des Papillons d’Europe, peints d’après nature (Paris, P. M. Delaguette, Basan et Poignant, 1779-1792, 8 tomes in-4) par Jean-Jacques Ernst et décrits par Jacques-Louis-Florentin Engramelle (1734-1814), « Religieux Augustin, Q.S.G. [Quartier Saint Germain] », souvent confondu avec son frère aîné, Marie-Dominique-Joseph Engramelle (1727-1805), musicologue.


Le plus bel ouvrage français sur les papillons ne fut tiré qu’à 250 exemplaires, presque tous vendus à la souscription lancée en juillet 1782, comme en atteste la liste des souscripteurs où se retrouvent les noms des rois et grandes familles d’Europe.


Il comprend 3 titres gravés, dont 2 coloriés et 1 en noir, 3 planches en noir au tome II pour les instruments du collectionneur de papillons et 350 planches hors-texte gravées en taille-douce et coloriées.


Gigot d’Orcy finança également la publication de l’ Entomologie, ou Histoire naturelle des insectes (Paris, Baudouin, 1789-1790, 2 tomes in-4, 245 pl.), par Guillaume-Antoine Olivier (1756-1814), continuée chez Lanneau (t. III-IV, 1795) et chez Desray (t. V-VIII, 1807-1808).


Il mit à disposition de l’auteur son cabinet et ses livres, et le fit voyager en Angleterre et en Hollande. L’ouvrage complet comprend 1 frontispice et 362 eaux-fortes.

Gigot d’Orcy laissa une bibliothèque remarquable par le nombre, le mérite et la rareté des livres sur la science qu’il cultivait et un cabinet d’histoire naturelle. La Convention nationale décréta le 11 germinal an II [31 mars 1794] :

« La citoyenne veuve Gigot d’Orcy fera procéder à la vente publique, et par enchère, de la bibliothèque et du cabinet d’histoire naturelle provenant de la succession de son mari, en présence d’un commissaire du gouvernement, lequel fera verser les deniers provenans de la vente à la trésorerie nationale, en tant moins de la créance de la nation sur les biens dudit Gigot d’Orcy. »


La bibliothèque fut vendue la première : Catalogue des livres de feu citoyen Gigot d’Orcy (Paris, Veuve Tilliard et fils, an II [1794], in-8).

La vente du cabinet ne se fit que dix ans plus tard : Catalogue abrégé des minéraux, coquilles, madrépores et autres objets faisant partie du cabinet de feu M. Gigot d’Orcy (Paris, 1804, in-8, 24 p.). Ce fut Henri Boissier (1762-1845), recteur de l’Académie de Genève, qui l’acheta.     

« Vente d’un très-beau cabinet d’histoire naturelle.
Il existe peu d’amateurs d’histoire naturelle en Europe, qui ne connaissent la superbe collection de feu M. Gigot-d’Orcy à Paris : quarante ans de soins assidus l’avaient formée. Ses voyages en Suisse, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, et ses correspondances multipliées dans les quatre parties du monde, lui avaient fourni les moyens de recueillir un grand nombre de morceaux intéressans. La réputation de son cabinet y attiroient tous les étrangers qui venaient à Paris ; et beaucoup se faisaient gloire d’y avoir placé quelques objets. La partie de la minéralogie est très-considérable ; on y trouve rassemblées les variétés de gangues, les cristallisations de métaux et demi-métaux les mieux prononcées et bien conservées : aussi a-t-on tiré de ce cabinet beaucoup de modèles pour la cristallographie de Romé-de-Lille, et autres ouvrages sur la minéralogie. Douze cents oiseaux, tans européens qu’exotiques, perchés sur des branches d’arbres dans leur attitude naturelle, présentent le tableau le plus pittoresque : plusieurs ne se trouvent point au muséeum national, et n’ont point été connus du célèbre Buffon. Les coquilles ne sont pas très-nombreuses, mais d’un beau choix, et nettoyées dans une grande perfection. On y trouve un assemblage d’œufs d’une infinité d’espèces. La partie la plus curieuse et la plus rare de cette collection, est une suite immense de papillons et d’insectes, tant exotiques qu’indigènes, parfaitement développés et classés, arrangés dans des corps de tiroirs en acajou recouverts en verre. On y remarque en outre quantité de madrépores, de coraux, de plantes marines, de dendrites, de pétrifications ; une suite de marbres, d’agates, etc. etc. Les troubles de la révolution avoient fait jusqu’ici suspendre la vente de ce cabinet. La paix rappelant aujourd’hui les étrangers en France, et donnant un nouvel essor aux arts, on a cru pouvoir réveiller l’attention des amateurs, et leur proposer l’emplette d’un objet dont le mérite leur est connu depuis long-tems. La valeur de cette collection a été portée ci-devant par les connaisseurs à trois cents mille livres monnoie métallique : le possesseur actuel se bornera à un prix beaucoup plus modéré. La vente aura lieu dans le cours de brumaire prochain ; et à partir du 1er. Fructidor, le cabinet sera ouvert au public, les jours impairs, depuis dix heures du matin jusqu’à 4 heures après-midi. » [sic]
(In Journal général de la littérature de France. Paris et Strasbourg, Treuttel et Würtz, thermidor an IX [juillet 1801], p. 253-254)

Gigotorcya. Nobis. La Gigot d'Orcy.
Buchoz. Le Jardin d'Eden (Paris, chez l'Auteur, 1783)
Gigot d’Orcy décéda en son domicile, et non guillotiné, comme on a pu l’écrire, le 10 juin 1793. Sans postérité, ses trois frères furent ses héritiers.


samedi 23 mars 2013

Paradoxes d’un bibliophile

Les livres ne sont pas faits pour être lus.

Celui qui coupe ses livres est capable de dépecer sa femme.

Il y a des bibliophiles honnêtes, comme il y a des maris heureux.

L’amitié entre deux bibliophiles n’est jamais qu’une conspiration contre un libraire.

Le bibliophile sera célibataire ou il ne sera pas.

Les hommes ne diffèrent que par la nature de leurs collections.

Acheter un livre pour sa reliure, c’est épouser une femme pour sa toilette.

Un bibliothécaire qui aime les livres est un garde-chasse qui aime le gibier.

Celui qui prête un livre ne mérite pas qu’on le lui rende ; celui qui l’emprunte ne mérite pas qu’on le lui confie.

La conscience humaine est un exemplaire à grandes marges.

On ne ramasse rien sans se baisser.

Les enchères sont un feu où l’on se chauffe la tête et où l’on se brûle les doigts.

Omar, le destructeur de la bibliothèque d’Alexandrie, était un bibliophile qui spéculait à la hausse.

Selon Pascal, la chasse est supérieure à la poésie ; suivant moi, le bibliophile est l’égal du chasseur.

En fait de livres, la possession ne vaut rien sans le titre.

Beaucoup d’épelés et peu de lus.

La ponctualité et la ponctuation sont les deux choses les plus difficiles de ce monde.

C’est dans l’obscurité qu’on pêche les perles.

Un érudit sans talent est une bibliothèque sans catalogue.

Donner commission c’est s’exposer à devenir, à la fois, victime et complice d’un abus de confiance.

Mieux vaut avoir du monde à sa vente qu’à son enterrement.

Charles Dumercy (Anvers, 1848-1934), avocat et homme de lettres.
In L’Art moderne, dimanche 26 octobre 1890.

vendredi 22 mars 2013

Les Fermiers généraux des Contes et Nouvelles en vers, par M. de La Fontaine (Amsterdam [Paris], s.n. [Barbou], 1762, 2 vol. in-8)

Le projet de l’édition des Contes de La Fontaine fut étudié dans la société des Fermiers généraux dans l’année 1758, puisque la plus ancienne date qui se trouve consignée sur les gravures est celle de 1759. Aucune de ces estampes ne porte la date de 1760, ce qui paraît indiquer que les travaux des graveurs furent alors suspendus. Beaucoup de gravures sont datées de 1761 et de 1762, et tous les culs-de-lampe de Pierre-Philippe Choffard (1730-1809) datent de l’année même de la publication.
L’édition étant acceptée, fut commencée par les graveurs, d’après les quatre-vingts dessins de Charles Eisen (1720-1778), qui avait mis six ans à les exécuter.

La liste des soixante-cinq Fermiers généraux qui contribuèrent, dans des proportions différentes, aux dépenses de cette édition, dite « des Fermiers généraux », distribuée à 1.000 exemplaires, selon la tradition, ou à 2.000 exemplaires, selon le libraire Chevalier, aurait mérité d’y être inscrite.
 
François-Antoine Alliot (?, 1699–Saint-Mihiel, Meuse, 11 septembre 1779), en Lorraine. Fermier général de 1756 à 1779.

François Baudon (Fontainebleau, Seine-et-Marne, 12 janvier 1696-Paris, 5 août 1779), rue de Richelieu, vis-à-vis la rue Feydeau. Fermier général de 1756 à 1779.

François de Beaumont (Paris, 19 mai 1686- 21 juillet 1761), place de Louis-le-Grand. Fermier général de 1741 à 1761. 

Jean-Baptiste de Bouilhac (?- ?), place des Victoires, au coin de la rue des Fossés-Montmartre. Fermier général de 1756 à 1778.

Étienne-Michel Bouret (Paris, 19 janvier 1710-10 avril 1777), dit « le Grand Bouret », rue de la Grange-Batelière. Fermier général de 1744 à 1777.

François Bouret d’Érigny (Paris, 1713 – 27 mars 1775), frère du précédent, rue des Jeûneurs. Fermier général de 1754 à 1775.

Antoine-François Bouret de Valroche (Paris, 29 novembre 1711- 15 juin 1776), frère des précédents,  rue de la Magdeleine, Faubourg Saint-Honoré. Fermier général de 1762 à 1776.

Auguste-Simon Brissart (Paris, 3 décembre 1726-1779), rue Saint-Honoré, près l’Assomption. Fermier général de 1753 à 1762.

Anne-Nicolas-Robert de Caze (Paris, 4 février 1718-Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine, 8 juin 1793), dit « de Javincourt », place de Louis-le-Grand. Fermier général de 1751 à 1763.


Geoffroy Chalut de Vérin (Lyon, Rhône, 17 janvier 1705-Paris, 22 août 1787), place de Louis-le-Grand. Fermier général de 1754 à 1787. 

Laurent Charron (?, 1706-Cellettes, Loir-et-Cher, 17 août 1769), rue Sainte-Avoie. Fermier général de 1757 à 1768.

Jean-Joseph-François Chicoyneau de La Valette (Montpellier, Hérault, 23 juillet 1720-Paris, 19 février 1776), rue des Bons-Enfants. Fermier général de 1753 à 1761.

Léonard du Cluzel de La Chabrerie (?, 1680-Paris, 30 novembre 1765), rue de Richelieu, près le Boulevard. Fermier général de 1726 à 1762.

Philippe de Cuisy (Le Grand Andely, Eure, 11 mai 1691-Paris 23 novembre 1779), rue de Cléry. Fermier général de 1744 à 1764.

François-Balthazard Dangé (Loches, Indre-et-Loire, 13 décembre 1696-Paris, 6 mars 1777), place de Louis-le-Grand. Fermier général de 1736 à 1777.

Jean-Hyacinthe Davasse de Saint-Amarand (Albi, Tarn, 22 février 1692-Paris, 20 mai 1770), dit « Saint-Amaranthe », rue Neuve-Saint-Augustin, vis-à-vis l’Hôtel de Gesvres. Fermier général de 1756 à 1770.

Nicolas de Delay de La Garde (Paris, 25 octobre 1709- 11 juillet 1783), rue Saint-Honoré, vis-à-vis les Capucins. Fermier général de 1755 à 1780. 

Claude Douet (Vichy, Allier, 9 novembre 1698-Paris, 14 avril 1778), rue Gaillon. Fermier général de 1756 à 1778.

Claude Dupin (Châteauroux, Indre, 8 mai 1686-Paris, 25 février 1769), rue Plâtrière. Fermier général de 1726 à 1768. C'est à Louise Dupin, sa seconde femme, qu’on attribue la différence d’orthographe entre le nom de la ville « Chenonceaux » et celui du château « Chenonceau ».

Louis-Claude Dupin de Chenonceaux (? - ?, 3 mai 1767), fils du précédent, rue Plâtrière. Fermier général de 1750 à 1762.

Alexandre-Marc-André Estienne d’Augny (?, v. 1710- Paris, 28 nivôse an VII [17 janvier 1798]), rue Grange-Batelière. Fermier général de 1738 à 1768.


Pierre Faventines (Le Vigan, Gard, 6 octobre 1695-12 janvier 1776), rue de Richelieu, près la Fontaine. Fermier général de 1756 à 1776.

Laurent-René Ferrand (?, v. 1717-?, v. 1788), rue et porte Montmartre. Cousin de Madame de Pompadour. Fermier général de 1751 à 1761.

François Fontaine de Cramayel (Paris, 1714-24 avril 1779), rue du Sentier, près la rue du Rempart. Fermier général de 1747 à 1771. 

Jean-Baptiste-Louis Fournier (?-Paris, 26 juin 1782), rue Saint-Honoré, vis-à-vis les Jacobins. Fermier général de 1755 à 1768.

Charles-François Gaillard de La Bouexière (?-Paris, 14 novembre 1773), rue d’Antin. Fermier général de 1729 à 1762.

Étienne-Paschal Gigault de Crisenoy (Toucy, Yonne, 18 juillet 1695-Paris, 12 janvier 1782), rue Coquillière, Hôtel de Laval. Fermier général de 1755 à 1762.

Claude Godard d’Aucour (Langres, Haute-Marne, 27 décembre 1716-Paris, 13 thermidor an III [31 juillet 1795]), rue Vivienne. Fermier général de 1754 à 1780.



Laurent Grimod de la Reynière (Paris, 11 février 1734- 6 nivôse an II [6 décembre 1793]), rue Neuve-des-Petits-Champs, près la place des Victoires. Fermier général de 1754 à 1780.

Jules-Armand Guillaume de Fontaine (?- Paris, 4 mars 1758), rue Couture et vis-à-vis Sainte-Catherine. Fermier général de 1756 à 1758.

Jean Haran de Borda (Berraute, Pyrénées-Atlantiques, 15 juillet 1707-Paris, 3 novembre 1784), rue Neuve-des-Capucines. Fermier général de 1750 à 1783.



René Hatte (?-Paris, 10 octobre 1759), rue Neuve-de-Luxembourg. Fermier général de 1726 à 1759.

André Haudry (Corbeil, Essonne, 11 novembre 1688-Paris décembre 1769), rue du Bouloy. Fermier général de 1744 à 1769.

André-Pierre Haudry de Soucy (?, 1736-Paris, 24 avril 1815), fils du précédent, rue du Bouloy. Fermier général adjoint auprès de son père de 1756 à 1769, puis titulaire de 1769 à 1781.

Jean-Hyacinthe Hocquart (?, 1694-Paris, 3 mai 1764), place de Louis-le-Grand. Fermier général de 1721 à 1762.

Gilles-Marie Hocquart de Coubron (?, 1735-Paris, [guillotiné] 1794), fils du précédent, place de Louis-le-Grand. Fermier général adjoint de 1736 à 1762, puis titulaire de 1762 à 1763.

Gabriel de Jort de Fribois (Rouen, Seine-Maritime, 7 mars 1689- ?, v. 1773), rue des Vieilles-Audriettes. Fermier général de 1752 à 1765.


Jean-Benjamin de La Borde (Paris, 5 septembre 1734- [guillotiné] 4 thermidor an II [22 juillet 1794]), rue et porte Montmartre. Fermier général adjoint auprès de son père de 1756 à 1758, puis titulaire de 1761 à 1762.

Jean-François de La Borde (?-Bonneval, Eure-et-Loir, 1er janvier 1769), père du précédent, rue et porte Montmartre. Fermier général de 1744 à 1758.

Denis-Joseph Lalive d’Epinay (Paris, 16 février 1724-15 février 1782), rue Saint-Honoré, près les Capucins. Fermier général de 1752 à 1762.

Michel-Joseph-Haycinthe Lallemant de Betz (Paris, 28 mars 1694-21 sept 1773), rue Neuve-Saint-Augustin. Fermier général adjoint de 1711 à 1716, puis titulaire de 1716 à 1760.


Étienne-Charles-Félix Lallemant de Nantouillet (Paris, 20 mai 1696-28 avril 1781), frère du précédent, rue Neuve-Saint-Augustin. Fermier général de 1752 à 1761.

Marie-Charles-François-Xavier Lallemant de Nantouillet de Marly (Paris, 14 juillet 1733-17 décembre 1816), fils du précédent,  rue Neuve-Saint-Augustin. Fermier général adjoint de 1757 à 1761, puis titulaire en 1762.

Philippe-Charles Le Gendre de Villemorien (Paris, 27 janvier 1717-Marly-le-Roi, Yvelines, 5 avril 1789), rue Basse-du-Rempart, près le Marché Daguesseau. Fermier général de 1756 à 1789.

Thomas Le Monnier (Elbeuf, Seine-Maritime, 1677-Le Thuit, Eure, 6 juillet 1761), rue Neuve-des-Petits-Champs, près la place des Victoires. Fermier général de 1721 à 1761.


Charles-Guillaume Le Normant (Paris, 8 mai 1717-28 ventôse an VIII [19 mars 1800]), époux de la marquise de Pompadour, rue de la Grange-Batelière. Fermier général de 1752 à 1768.



Alexandre-Jean-Joseph Le Riche de la Poupelinière (?, 1692-Paris, 5 décembre 1762), rue de Richelieu, près la Bibliothèque. Fermier général de 1716 à 1762. L’un des six fermiers renvoyés en 1762 avec Brissart, Chicoyneau de La Valette, de Caze, de La Bouexière et Lalive d’Épinay.

Gabriel-André Le Subtil de Boisemont (Sens, Yonne, 1702- Paris, 6 février 1776), rue Coqhéron. Fermier général de 1756 à 1776.

Charles Mazières (?-Paris, 15 juin 1783), rue du Chaume, au Marais. Fermier général de 1756 à 1783.

Alexis-Emmanuel Ménage de Pressigny (Paris, 17 décembre 1699-8 septembre 1763), place de Louis-le-Grand. Fermier général de 1754 à 1763.

Louis Mercier de Montplan (Paris, 15 février 1717-[guillotiné] 24 floréal an II [3 mai 1794]), rue du Chantre, vis-à-vis Saint-Honoré. Fermier général de 1756 à 1786.


Louis-Antoine Mirleau de Neuville (?, 1701-Charenton, Val-de-Marne, 3 mars 1780), rue et près la Fontaine de Richelieu. Fermier général de 1757 à 1779.

Jean-Jacques Papillon de Fontpertuis (Paris, 11 juin 1715-5 février 1774), rue Neuve-Saint-Augustin, près la rue Sainte-Anne. Fermier général de 1754 à 1763.

Philibert Parseval (Nogent-le-Rotrou, Eure-et-Loir, 17 juillet 1696-Paris, 11 octobre 1766), rue Saint-Marc. Fermier général de 1756 à 1766.

Étienne Perrinet (Paris, 1670-8 juillet 1762), à l’entrée du Faubourg-Saint-Honoré. Fermier général de 1721 à 1762.

Claude-Jean-Baptiste Preaudeau (? –Paris, 4 juillet 1758), rue Montmartre, près l’Hôtel d’Uzès. Fermier général de 1756 à 1758.

Adrien-Jacques Puissant (Paris, 17 avril 1699-20 février 1782), rue Saint-Marc. Fermier général de 1756 à 1782.

Pierre-Louis-Paul Randon de Boisset (Reims, Marne, 25 octobre 1709-Paris, 28 septembre 1776), rue des Fossés-Montmartre. Fermier général de 1756 à 1758.

Brice Richard de Pichon (?-Paris, 23 octobre 1769), place de Louis-le-Grand, près les Capucines. Fermier général de 1756 à 1769.

Jean-Baptiste-Paulin-Hector-Edme Roslin (Alençon, Orne, 9 décembre 1721-Paris, 17 juin 1790), rue Vivienne. Fermier général de 1756 à 1787.

Jacques-Jérémie Roussel (Paris, 19 avril 1712-v. 1785), rue Plâtrière. Fermier général de 1736 à 1768.

Alexandre-Victor de Saint-Amand (Marseille, Bouches-du-Rhône, 8 septembre 1720-Paris, [guillotiné] 19 floréal an II [8 mai 1794]), rue Plâtrière. Fermier général de 1756 à 1791.

Marie-Joseph Savalette de Buchelay (Paris, 15 juillet 1727-Rome, Italie, 18 janvier 1764), rue Saint-Honoré, près les Jacobins. Fermier général de 1749 à 1764.

Jacques Verdeilhan des Fourniels (Nîmes, Gard, 2 mars 1697-Paris, 7 novembre 1763), rue de Cléry, à l’Hôtel le Blanc. Fermier général de 1754 à 1763.

Jean-François Verdun (?-Paris, 25 juillet 1782), rue de Gaillon. Fermier général de 1756 à 1780.



Un de la douzaine d'exemplaires de présent, dans une reliure de Derome le Jeune (avec son étiquette).
Des bibliothèques de Johann-Nathanael Petzoldt (1739-1813) et du vicomte Jacques Couppel du Lude (1918-2008)
(Paris, Alde, 23 novembre 2009, n° 85)






mardi 19 mars 2013

Fables choisies mises en vers (Paris, Desaint et Saillant, 1755-1759, 4 vol. in-fol.)

« Souscription pour les Fables de la Fontaine, avec les Estampes coloriées, 4 vol. in-fol.

Tous les amateurs connoissent cette magnifique édition, l’un des chef-d’œuvres de la Typographie Françoise, à laquelle ont contribué tant d’habiles Artistes ; mais parmi les exemplaires qui en ont été coloriés, plusieurs l’ont été sans goût, sans principes, sur des épreuves retouchées, peu propres à recevoir le coloris, & on ne s’y est pas même attaché à rendre les vrais couleurs des animaux ; au lieu que les exemplaires que nous annonçons, sont des épreuves-tirées avant la retouche des planches, qui, au moyen des soins qu’on apporte pour les colorier, sont très-propres à imiter la Gouache, & à devenir précieux aux connoisseurs, qui sauront les distinguer de ce qu’on nomme enluminure.
Les quatre Volumes sont divisés en douze Livres, & seront délivrés dans cet ordre aux Souscripteurs. Le prix en est de 400 livres, dont on paiera 37 livres en souscrivant, & 33 livres en recevant les planches coloriées de chaque Livre, excepté celles du dernier Livre pour lesquelles on ne paiera rien.
Le texte des Fables sera délivré gratis avec la douzième livraison des planches ; à moins qu’on n’en demande les fleurons coloriés, pour lesquels on paiera alors 40 livres, ou 440 livres pour la totalité, y compris le portrait d’Oudry, qui ne se trouve pas dans tous les exemplaires de cet Ouvrage.
Ceux qui n’auront pas souscrit, paieront 500 livres sans les fleurons coloriés, & 550 livres avec les fleurons coloriés.
On souscrit à Paris, chez Mesdemoiselles Neviance, rue du Foin, la porte cochère attenant la Chambre Syndicale, en entrant par la rue de la Harpe, où l’on verra les exemplaires dont elles s’occupent actuellement, & qui ne sont point inférieur à ceux qu’elles ont déjà coloriés, & qui ont été vendus 600 livres, vu que le texte n’en étoit pas gratis comme dans cette souscription. »
(L’Année littéraire. Paris, Mérigot, 1782, p. 351-353)


mardi 12 mars 2013

Le Rémois Randon de Boisset

Longtemps oublié de toutes les biographies, on avait, pour conserver la mémoire de Randon de Boisset, que les anecdotes données par son ami l’expert Sireuil pour l’« Avertissement » du catalogue de sa vente de tableaux, un article nécrologique de l’Almanach historique et raisonné des architectes (Paris, veuve Duchesne, 1777) répétant à peu près cet avertissement, le passage d’une lettre de Diderot dans le « Salon de 1767 » (Œuvres de Denis Diderot. Paris, J. L. J. Brière, 1821, t. II, p. 443-444), et une ligne dans la Gazette littéraire de Grimm (Paris, Eugène Didier, 1854, p. 225). Il ne restait, pour sauver son nom de l’oubli, que son portrait par Jean-Baptiste Greuze, la représentation de sa galerie par Gabriel-Jacques de Saint-Aubin et deux catalogues de livres et d’œuvres d’art.



Portrait de Randon de Boisset, par J.-B. Greuze

Les « historiens » les plus récents persistant à ne pas remonter aux sources plutôt que de donner des dates fantaisistes, nous donnerons les transcriptions de son acte de baptême, en l’église Saint- Jacques de Reims (Marne), et de son acte d’inhumation, paroisse de Saint-Roch de Paris.

« Lan Mil Sept Cens Neuf le Vingt cinquieme jour du Mois Doctobre je Anthoine Curiot prètre docteur En Theologie Recteur de Luniversité de Reims et Curé de cette paroisse ay [baptisé] le fils de Monsieur Pierre Larandonniere Directeur des Aides de Lelection de Reims et de Madamme françoise Delacroix ses pere et Mere mariée Ensemble auquel on a imposé le nom de Pierre Louis Paul le parein a Eté Mr Paul Malin Receveur des dittes Aides a Reims et la Mareine Mde Louise Loyer Soussignés » [sic]
En marge est écrit qu’il se nomme Pierre Louis Paul Randon, suivant l’ordonnance du lieutenant général au bailliage de Vermandois, siège royal et présidial de Reims, du premier avril 1741.

Au sortir du collège, Randon de Boisset se destina au barreau et devint avocat au Parlement en 1736. Il finit par suivre l’intention de ses parents qui le destinaient aux affaires, et, après avoir été receveur des Aides à Épernay, il devint fermier général en 1757. Témoignant du peu de rapport qu’il y avait entre son mince travail et une aussi énorme masse d’argent qui lui revenait, il échangea sa place de fermier général avec le protégé de la marquise de Pompadour, Jean-Baptiste Darnay, et devint dès 1758 receveur général des finances de la généralité de Lyon : il eut alors plus de temps pour se livrer à son goût pour les lettres et pour les beaux-arts.
À partir de 1758, il demeura rue des Fossés-Montmartre, aujourd’hui rue d’Aboukir (IIe), près la place des Victoires, à Paris.
La recherche des livres, dès 1740, précéda celle des tableaux. Celle-ci le prit en 1752 au cours d’un premier voyage en Italie. Il ne cessa alors de se livrer conjointement à ces deux passions. C’est pendant ce voyage qu’il se lia avec le peintre Joseph Vernet. Il retourna une seconde fois en Italie en 1763, on ne sait dans quelles conditions. En 1766, il fit le voyage de la Hollande et de la Flandre, accompagné par le peintre François Boucher.
Ce fut donc dans son « Salon de 1767 » que Diderot écrivit, à propos d’un tableau de Philippe-Jacques de Loutherbourg (1740-1812) appartenant à Randon de Boisset :

« Cet honnête homme, honnête, et très-honnête, fait peu de cas du genre humain, et vit beaucoup pour lui. Il est receveur-général des finances. Il s’appelle Randon de Boisset. Vous ne verrez pas ses tableaux ; mais vous saurez une de ses actions, qui ne vous déplaira pas. Au bout de cinq à six mois de son installation dans la place de fermier-général, lorsqu’il vit l’énorme masse d’argent qui lui revenait, il témoigna le peu de rapport qu’il y avait entre son mince travail et une aussi prodigieuse récompense ; il regarda cette richesse si subitement acquise, comme un vol, et s’en expliqua sur ce ton à ses confrères, qui en haussèrent les épaules, ce qui ne l’empêcha pas de renoncer à sa place. Il est très-instruit. Il aime les sciences, les lettres et les arts. Il a un très-beau cabinet de peinture, des statues, des vases, des porcelaines et des livres. Sa bibliothèque est double. L’une, des plus belles éditions, qu’il respecte au point de ne les jamais ouvrir. Il lui suffit de les avoir et de les montrer. L’autre, d’éditions communes, qu’il lit, qu’il prête, et qu’on fatigue tant qu’on veut. On sait ces bizarreries ; mais on les pardonne à la probité, au bon goût, et au vrai mérite. »

En 1771, Randon de Boisset déménagea pour venir rue Neuve des Capucines, aujourd’hui rue des Capucines (Ier), près la place Vendôme, habiter un hôtel acquis en 1768 de la veuve du receveur général Dodun, réaménagé par Gabriel et devenu plus tard le siège du Crédit foncier de France. La maladie termina sa vie le 28 septembre 1776. Il décéda en un hôtel de la place Vendôme (actuel n° 18), dont il était locataire, sans avoir été marié ; sa fortune passa à ses deux neveux.

« L’an 1776, le 30 septembre, a été inhumé au cimetière le corps de messire Pierre-Louis-Paul Randon de Boisset, écuyer, conseiller du Roy, receveur général des finances de la généralité de Lyon, garçon, décédé avant-hier rue Neuve des Capucines en cette paroisse, âgé de soixante-huit ans.
Présents : Messire Jean-Louis Millon Dainval, receveur général des finances de la généralité de Lyon, et Augustin Millon Dailly, receveur général des domaines et bois de la généralité de Paris, ses neveux, qui ont signé avec nous, curé soussigné. »



Les ventes de Randon de Boisset se firent en sa maison de la rue des Capucines. Elles commencèrent le lundi 3 février 1777 et continuèrent jusque vers la fin du mois de mars.
Les livres furent vendus d’abord. L’« Avertissement » du Catalogue des livres du cabinet de feu M. Randon de Boisset, Receveur Général des Finances (Paris, Debure fils aîné, 1777, in-12, [2]-iv-6-188-28 p., 1.450 lots) est très court :

« La Collection des Livres de feu M. Randon de Boisset, mérite à tous égards l’attention des Amateurs. Chaque classe leur offrira les articles les plus curieux, tant par la rareté & le choix des éditions, la beauté des exemplaires qui sont pour la plûpart en grand papier, que par l’élégance & la richesse des reliures (*). Plusieurs voyages que M. de Boisset avoit faits en Italie pour y satisfaire son goût pour les Arts & pour augmenter son Cabinet, un des plus précieux qu’il y ait en Europe, en Tableaux, Bronzes, &c. lui avoient inspiré le goût de la Littérature italienne, & l’avoient mis à portée de rassembler les meilleurs Auteurs qui ont écrit en cette Langue. (*) La plus grande partie a été reliée par MM. de Rome pere & fils. » [sic]

Le catalogue ne donne aucun nom de relieur, ni aucune provenance :

124. Liber moralis, italica lingua scriptus, qui dicitur Luctus Christianorum. Venetiis, per Nic. Jenson, anno 1471, in-4. m. cit. Liber eximia raritatis. Voyez Bibliographie instructive N° 1.336. 360 liv.
158. Caii Plinii Secundi naturalis Historiae Libri XXXVII. Venetiis, Jenson, 1474, in-fol. m. r. 99 liv. 19 s.


190. Le diverse ed artificiose machine del Capitano Agostino Ramelli. Parigi, in-fol. v. f. 76 liv. 19 s.
193. Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts & des Métiers. Par. 1751, 28 vol. in-fol. gr. pap. fig. v. m.
194. Supplément au Dictionnaire des Sciences, des Arts & des Métiers.Paris, Panckoucke, 1776, 2 vol. in-fol. gr. pap. br. 3.220 liv. pour les deux lots 193 et 194.
211. Les édifices antiques de Rome dessinés & mesurés par Ant. Desgodets, Paris, Coignard, 1682, in-fol. m. r. 143 liv. 19 s.
223. Architecture Françoise, par Jac. Fr. Blondel. Paris, Jombert, 1752, 4 vol. in-fol. gr. pap. 2 vol. m. r. & 2 vol. en feuilles. 301 liv. 2 s.
229. Mes Rêveries, ouvrage posthume de Maurice, Comte de Saxe. Paris, Desaint, 1757, 2 vol. in-4. gr. p. m. r. fig. 62 liv. 19 s.
272. M. T. Ciceronis Opera omnia cum delectu Commentariorum, studio Josephi Oliveti. Paris. Coignard, 1740, 9 vol. in-4. ch. mag. m. v. l. r. 1.260 liv.
352. Pub. Virgilii Maronis Opera. Birminghamiae, Baskerville, 1757, 2 vol. in-4. m. r. à compartiments. On a joint à cet exemplaire les Figures d’Hollart & autres. 318 liv.
382. Les Métamorphoses d’Ovide, trad. par Ant. Banier, avec fig. de B. Picart. Amsterd. Wetstein, 1732, in-fol. très gr. pap. m. b. Ce Livre est très rare de ce format. 630 liv.
404. Valerii Martialis Epigrammata. Venetiis, Vindelinus de Spira, anno 1470, in-fol. m. bl. Editio primaria, & rarissima. 510 liv.
449. Les Fables de la Fontaine, avec les figures d’Oudry. Paris, Desaint, 1755, 4 vol. in-fol. très gr. p. m. r. 420 liv.
453. Les Œuvres de Nicolas Boileau Despréaux, avec des éclaircissements historiques donnés par lui-même, publiés par Cl. Brossette. Amst. Mortier, 1718, 2 vol. in-fol., m. viol. dent. fig. de B. Picart. 240 liv.
475. Œuvres de J. Bapt. Poquelin de Moliere. Paris, 1734, 6 vol. in-4. m. r. fig. 160 liv.
528. La divina Comedia di Dante Alighieri, col commento di Benevenuto da Imola, e la vita di Dante, scritta da Giov. Boccaccio. In Venetia, Vindeli de Spira, 1477, in-fol. m. r. 68 liv.
549. Rime di Franc. Petrarcha. In Venetia, Jenson, 1473, in-fol. m. r. Voyez Bibliographie Inst. n° 3.343. 153 liv.
864. Le Temple des Muses, avec des figures gravées par Bernard Picart. Amsterd. Chatelain, 1733, in-fol. m. bl. 143 liv. 19 s.
885. Les Etrennes de la S. Jean. Troyes, veuve Oudot, 1742, in-12. m. bl. imprimé sur vélin, avec des fermoirs d’argent. 150 liv.
891. Il medesimo Decamerone. In Firenze, Giunti, 1527, in-8. m. à compartimens, t. l. r. dans une boîte de m. r. Exemplar elegans. Editio originalis. 600 liv.
917.  Hieronymi Morlini Novellae, Fabulae & Comedia. Napoli, in aedibus Jo. Pasqueti de Sallo, 1520, in-4. m. à compartiments. Exemplar elegans libri rarissimi. 900 liv.
927. Les Amours pastorales de Daphnis & Chloé. Paris, 1718, in-8. m. à compartiments. 174 liv.
940. Les Aventures de Télémaque. Amsterdam, Wetstein, 1734, in-fol. m. viol. t. d. fig. de Bern. Picart. 500 liv.



Le Recueil des Histoires Troyennes
Recto du dernier feuillet

975. Le Recueil des Histoires Troyennes, contenant la Généalogie de Saturne & de Jupiter ; les faits & prouesses du vaillant Hercule, & la Réédification de Troyes. Paris, Vérard, in-fol. gothique, imprimé sur vélin avec miniatures. 760 liv. [vient de Gaignat, n° 2.340, 531 liv. 4 s.]
1.031. Œuvres diverses de M. Bern. le Bovier de Fontenelle. La Haye, Gosse, 1728, 3 vol. in-fol. très g. pap. m. r. t. d. fig. de Bern. Picart. 350 liv.




1.054. Cymbalum mundi, ou Dialogues sur divers sujets, par Bonaventure Desperiers, avec les Remarques de Prosper Marchand. Paris, 1732, in-12. fig. m. bl. Imprimé sur vélin. 160 liv.
1.102. Collectiones peregrinationum in Indiam Orientalem & Occidentalem, 25 partibus comprehensae, opus illustratum figuris fratrum de Bry & Meriani. Francofurti ad Moenum, 1590, 12 vol. in-fol. m. bl. Liber rarissimus. 1.002 liv. [imparfait]



1.139. Histoire de la Papesse Jeanne, trad. de Spanheim, par Jacq. Lenfant. La Haye, Scheurleer, 1720, 2 vol. in-12. m. viol. l. r. 271 liv.
1.200. Caii Julii Caesaris Commentariorum de Bello Gallico, Libri V, ex recognitione Jo. And. Episcopi Aleriensis. Romae, in domo Petri de Maximis, anno 1469, in-fol. m. r. Editio princeps Libri eximiae raritatis. 900 liv.
1.208. C. Cornelii Taciti Opera. 1468, in-fol. m. bl. t. d. Editio primaria & rarissima. 801 liv.
1.228. Leonardus Aretinus de bello Italico adversus Gothos. Romae, 1470, petit in-fol. m. r. t. d. Editio Princeps, Rarissima. 360 liv.
1.264. Jo. Simonetae Commentarii rerum gestarum Franc. Sfortiae Ducis Mediol. Mediolani, Zarotus, 1479, in-fol. ch. mag. m. bl. 120 liv.
1.274. Histoire de France, par François Eudes de Mezeray, avec les Portraits & les Médailles. Paris, Guillemot, 1643, 3 vol. in-fol. gr. pap. m. viol. 580 liv.



1.345. Histoire des Yncas du Pérou, trad. de Garcilasso de la Vega, par Jean Baudouin. Amsterd. Bernard, 1737, 2 vol. in-4. gr. pap. v. f. fig. de B. Picart. 96 liv.
1.352. Les Ruines de Palmyre, autrement dite Tedmor au desert, par Rob. Vood. Londres, Millar, 1753, in-fol. gr. pap. m. viol. 199 liv. 19 s.



1.367. Recueil de peintures antiques, imitées fidellement [sic] pour les couleurs & pour le trait, d’après les desseins coloriés, faits par Pierre Santi [sic] Bartoli, par MM. le Comte de Caylus & Mariette. 1757. La Mosaïque de Palestrine, avec des explications par M. l’Abbé Barthelemy. Paris, 1760, in-fol. gr. pap. m. l. r. 1.251 liv.
1.368. Le Pitture antiche e Bronzi d’Ercolano, incise, con qualche spiegazione. Napoli, nella Regia Stamperia, 1757, 7 vol. in-fol. br. en carton. 680 liv.
1.373. Traité des Pierres gravées, par M.Mariette. Par. Mariette, 1750, 2 vol. in-fol. m. r. t. d. 200 liv.
1.375. Musaeum Florentinum exhibens insigniora vetustatis Monumenta, cum observationibus Anton. Franc. Gorii. Florentiae, 1731, 10 vol. in-fol. v. 970 liv.
1.416. Probi Æmilii, liber de virorum excellentium vita. Venetiis, per Nic. Jenson, 1471, in-fol. m. r. Editio princeps, & exemplar elegans libri rarissimi. 186 liv.
1.443. Valerii Maximi, factorum & dictorum memorabilium, libri IX. Moguntiae, per Petrum Schoyffer de Gernsheym, anno 1471, in-fol. m. b. Editio princeps, & exemplar elegans libri rarissimi. 139 liv. 19 s.
1.449. Dictionnaire historique & critique, par Pierre Bayle. Rotterdam, Bohm, 1720, 4 vol. in-fol. gr. pap. m. viol. t. d. l. r. 751 liv.
       
La vente de cette bibliothèque fut l’une des ventes les plus importantes de la décennie 1770. Tous les bibliophiles connaissent ces beaux in-octavo reliés en maroquin rouge, bleu ou vert, par Derome père et fils ou par Padeloup : avec ses armes sur les plats – « D’azur, à la fasce d’or, chargée d’un cœur de gueules, et accompagnée en chef de deux gerbes du second, et en pointe d’une ancre d’argent » – ou une petite étiquette portant son nom sur le contreplat supérieur.



La vente de la bibliothèque produisit 64.631 liv. 2 s.
Les prix furent regardés comme excessifs. Le petit ouvrage de Charles de Fieux, chevalier de Mouhy, intitulé Opuscule d’un célèbre auteur égyptien, contenant l’histoire d’Orphée (Londres, 1752, in-12, mar. r.) fut vendu 11 livres et 19 sols (n° 1.007) : le libraire Mérigot fit aussitôt annoncer qu’il le vendait 2 livres broché.
Derome l’aîné a laissé sur cette bibliothèque la note suivante :
« La reliure d’un in-12 en veau fauve coûtait 3 livres à M. Randon de Boisset, et les autres formats en proportion. Cette reliure était travaillée et dorée avec une exactitude presque géométrique. M. Randon de Boisset achetait toujours six exemplaires en blanc du même ouvrage, pour en avoir un parfait. Il regardait le jour à travers toutes les feuilles et réformait impitoyablement celles qui avaient le moindre défaut. D’ailleurs ses exemplaires étaient ornés de tout ce qui était capable de satisfaire et d’instruire un curieux ; variantes, cartons, estampes rares, tout s’y trouvait réuni. Une addition non imprimée, comme tables, épigrammes, éloges, etc., y était faite de la main du fameux Monchausset [Étienne Monchaussé], copiste du La Fontaine de M. Gaignat. » 


La vente des tableaux et objets d’art vint ensuite : Catalogue des Tableaux & Desseins précieux des Maîtres célèbres des trois Ecoles, Figures de marbres, de bronze & de terre cuite, Estampes en feuilles & autres objets du Cabinet de feu M. Randon de Boisset, Receveur Géneral des Finances. Par Pierre Remy, On a joint à ce Catalogue celui des Vases, Colonnes de marbres, Porcelaines, des Laques, des Meubles de Boule & d’autres effets précieux, par C. F. Juliot (Paris, Musier père, 1777, in-12, xij-149-[1 bl.]- 158 p., 887 lots). Elle commença le jeudi 27 février 1777, se continua jusqu’au 25 mars et produisit 1.249.632 liv. 9 s.  

Randon de Boisset possédait toutes les qualités de l’amateur par excellence : le goût, l’instruction et la grande fortune.