mardi 6 décembre 2016

Joseph-Marie Portalis (1778-1858), grand magistrat, fils de grand magistrat


Arbre généalogique simplifié

D’origine italienne, et vraisemblablement de lointaine ascendance grecque, la famille Portalis était établie au village provençal de Le Beausset [Var], dès la fin du XVe siècle.

Maison natale de Joseph-Marie Portalis
25 rue de l'Opéra, Aix-en-Provence [Bouches-du-Rhône]

Joseph-Marie, dit « Charles », Portalis naquit à Aix-en-Provence [Bouches-du-Rhône], 25 rue de l’Opéra, le 19 février 1778, de Marguerite-Françoise Siméon, née à Aix le 24 février 1752, et de 

Maison natale de Jean-Etienne-Marie Portalis
25 rue Saint-Sébastien [aujourd'hui rue Portalis], Le Beausset [Var]

Jean-Étienne-Marie Portalis, né au Beausset le 1er avril 1746, avocat, mariés au Beausset le 8 août 1775. Par ses parents, il appartenait à deux familles importantes de la bourgeoisie de Provence.

Château Pradeaux, Saint-Cyr-sur-Mer [Var]

Son père l’éleva dans le culte du droit : à l’âge de dix ans, il analysait De l’esprit des loix [sic], par Montesquieu. Quand survint la Révolution, Jean-Étienne-Marie Portalis fut obligé de quitter la ville d’Aix, où il n’était plus en sûreté : en 1790, il se retira, avec sa famille, dans sa terre des Pradeaux [Saint-Cyr-sur-Mer, Var], dont il avait hérité en 1752. Menacé de mort jusque dans cette retraite, il refusa d’émigrer et chercha, en 1793, un asile à Lyon [Rhône], puis à Villefranche-sur-Saône [Rhône], avant de se réfugier à Paris. Comme il fallait s’y attendre, il fut découvert et emprisonné dans la pension Belhomme [détruite en 1972], rue de Charonne [XIe], jusqu’à la chute de Robespierre [9 thermidor An II, 27 juillet 1794]. 

5 rue du Croissant, Paris II






Hôtel Portalis, 2 rue La Vrillière, Paris I

La famille s’installa alors 5 rue du Croissant [IIe], puis 2 rue La Vrillière, à l’angle de la rue Croix-des-Petits-Champs [Hôtel de Jaucourt, Ier]. Les universités ayant été fermées par les révolutionnaires, Joseph-Marie Portalis poursuivit sa formation intellectuelle chez les bouquinistes des quais de la Seine.
Élu membre du Conseil des anciens en 1795, Jean-Étienne-Marie Portalis, toujours réputé contre-révolutionnaire, fut compris dans le coup d’État du 18 fructidor An V [4 septembre 1797] et n’échappa à la déportation que par la fuite : retiré d’abord en Suisse, à Bâle et à Zurich, puis à Fribourg-en-Brisgau [Allemagne], il fut invité à s’établir dans le Schleswig-Holstein [Allemagne], alors territoire danois, chez le comte Christian de Stolberg, au château de Tremsbüttel [détruit par un incendie en 1851], 

Château d'Emkendorf 

puis chez le comte Frédéric de Reventlau, au château d’Emkendorf, où il arriva en mai 1798.

Frédérique-Ernestine de Holck
Marseille, 24 novembre 2012 : 2.600 €

À Emkendorf, Joseph-Marie Portalis rencontra Frédérique-Ernestine, dite « Ina », de Holck, née à Kiel [Schleswig-Holstein, Allemagne] le 24 octobre 1784, et l’épousa le 9 mai 1801 à Königsbrück [Saxe, Allemagne]. Après le renversement du Directoire, le 18 brumaire An VIII [9 novembre 1799], Jean-Étienne-Marie Portalis fut rappelé en France, où il arriva le 18 février 1800, et fit partie, comme conseiller d’État, de la commission d’étude du Code civil.

Dès l’année même de son retour en France, Joseph-Marie Portalis entra dans la carrière diplomatique. Il fut tour à tour surnuméraire au ministère des Relations extérieures (1800), secrétaire d’ambassade en Saxe (novembre 1800), premier secrétaire d’ambassade en Angleterre (octobre 1802), premier secrétaire d’ambassade près de la cour de Prusse (mai 1803), ministre plénipotentiaire à Ratisbonne (novembre 1803), et resta cinq ans dans cette carrière. 

Portefeuille à soufflet de Jean-Etienne-Marie Portalis
Marseille, 24 novembre 2012 : 13.000 €

Il en sortit le 2 juin 1805, rappelé auprès de son père, pour être son auxiliaire dans l’administration des cultes. Son père dut subir, au printemps de 1806, l’opération de la cataracte, qui échoua et le rendit aveugle. Il mourut peu de temps après, enlevé par une pneumonie, le 25 août 1807 : son cercueil fut déposé au Panthéon avec une pompe nationale.
L’administration des cultes fut laissée quelque temps à Joseph-Marie Portalis, qui fut bientôt nommé conseiller d’État (1808), créé comte de l’Empire (1809), chargé de la direction de l’Imprimerie et de la Librairie en 1810. Mais le 4 janvier 1811, l’Empereur, qui voulait « faire cesser cette lutte scandaleuse de la prêtraille » contre son autorité, lui reprocha d’avoir méconnu ses obligations en ne l’avertissant pas d’avoir reçu communication d’un bref apostolique lancé par le pape Pie VII contre Jean-Sifrein Maury (1746-1817), qu’il avait nommé archevêque de Paris.
Chassé du Conseil d’État et privé de toutes ses places, Joseph-Marie Portalis fut exilé à 40 lieues de Paris, où il habitait 105 rue de Grenelle-Saint-Germain [rue de Grenelle, VIIe]. Il se rendit d’abord à Auxerre [Yonne], puis à Lyon et enfin dans sa terre des Pradeaux. Pendant près de trois années, il se livra aux travaux des lettres et devint président, en 1813, de la Société des sciences, des lettres, de l’agriculture et des arts d’Aix, fondée en 1808 [Académie en 1829].
Le 14 décembre 1813, réparant une injustice, Napoléon lui conféra la première présidence de la cour d’Angers [Maine-et-Loire]. 
En 1815, il devint conseiller à la Cour de cassation et redevint conseiller d’État.

4 place des Vosges, Paris IV

De 1817 à 1851, il demeura 4 place des Vosges [IVe]. Il fut nommé ministre plénipotentiaire près le Saint-Siège (1818), puis membre de la Chambre des pairs (1819).
Ses talents l’appelèrent deux fois au gouvernement pendant la Restauration : la première en 1820 comme sous-secrétaire d’État au ministère de la Justice, 

Grande tenue de ministre de Joseph-Marie Portalis
Paris, Ader, 1er juillet 2015

la seconde en 1828 comme ministre de la Justice et en 1829 comme ministre des Affaires étrangères. Après la révolution de 1830, il demeura étranger au maniement des affaires politiques, sans l’être aux intérêts fondamentaux du pays : à la Chambre des pairs, il prit une part active et considérable à tout ce qui se fit en matière de législation et d’État. 

Joseph-Marie Portalis
Vice-président de la Cour de cassation

Mais nulle part sa supériorité n’a été plus éclatante qu’à la Cour de cassation, où il a siégé durant trente-huit années, d’abord comme conseiller (1815), ensuite comme président de chambre (1824), et depuis 1829 comme premier président.

Bijou de grand-croix de la Légion d'honneur de Joseph-Marie Portalis
Marseille, 24 novembre 2012 : 7.500 €

Grand-croix de la Légion d’honneur en 1833, il fut nommé sénateur le 26 janvier 1852 et résigna, le 2 novembre 1852, la première présidence de la Cour de cassation, atteint par la limite d’âge dans la magistrature. 

Rue de la Tour, Paris XVI

Retiré à Passy, 60 rue de la Tour [Paris XVIe], il y vécut dans une maison agréable et modeste qu’il y avait fait construire lui-même, au milieu d’un jardin, dont il avait planté les arbres [détruit entre 1924 et 1933 par l’avenue de la Muette, devenue avenue Paul Doumer]. Il possédait deux autres résidences, au 65 rue d’Anjou-Saint-Honoré [rue d’Anjou, VIIIe] et au 11 rue de Caumartin [IXe]. Tous les samedis, il quittait sa retraite pour venir aux séances de l’Académie des sciences morales et politiques, dont il était membre libre depuis 1837 et titulaire depuis 1839. Il ne manquait pas non plus d’assister aux diverses assemblées de bienfaisance dont il avait toute sa vie mêlé les œuvres aux œuvres de la Justice. Il poursuivit des travaux restés inachevés. Tous les ans, il entreprenait un voyage, à l’automne, avant d’aller aux Pradeaux passer les mois les plus rudes de l’hiver : lors du dernier, en 1857, il avait parcouru l’Allemagne, accompagné de ses petits-enfants et de leur mère, Philippine Mounier, fille de son vieil ami Édouard Mounier (1784-1843).
Il n’entreprenait jamais rien au mois d’août, qui était pour lui un mois funeste : il avait perdu son père le 25 août 1807 ; 

Château de Gennevilliers [Hauts-de-Seine], en 1896

le 25 août 1813, sa mère, atteinte d’une maladie de cœur, avait succombé au château de Gennevilliers [Hauts-de-Seine, démoli en 1905] ; à quelques années d’intervalle, il avait vu mourir le 25 août deux de ses enfants en bas âge ; sa femme avait été frappée au mois d’août 1838 et était morte à Paris le 2 septembre ; ce fut le 30 août 1846 que son fils Frédéric-Étienne Portalis (1804-1846) était décédé prématurément.
Le 5 août 1858, il s’éteignit soudainement et sans souffrance. 

Cimetière de Passy, Paris XVI

Il fut inhumé au cimetière de Passy [Division 10], auprès de son épouse et de son fils Frédéric-Étienne.


Sa bibliothèque fut vendue à la Maison Silvestre, 28 rue des Bons-Enfants, du lundi 18 avril au mercredi 4 mai 1859, en 15 vacations :
Catalogue des livres composant la bibliothèque de M. le comte J.-M. Portalis, ancien ministre de la Justice et des Affaires étrangères, membre de l’Institut, ancien premier président de la Cour de cassation (Paris, L. Potier, 1859, in-8, [3]-[1 b l.]-212 p., 2.035 -1 [n° 114 absent] + 2 bis = 2.036 lots).
Théologie [113 lots = 5,55 %], Jurisprudence [300 lots = 14,73 %], Sciences et Arts [266 lots = 13,06 %], Belles-Lettres [361 lots = 17,73 %], Histoire [987 lots = 48,47 %]., Articles omis [8 lots = 0,39 %].


Depuis 1809, Joseph-Marie Portalis avait utilisé un ex-libris [80 x 62 mm.] portant la mention « Ex libris bibliothecæ. Comitis J. M. PORTALIS » et ses armes : « Parti, au premier d’azur, à la fasce cousue de gueules, au signe de chevalier, accompagnée en pointe d’une tour ouverte, crénelée de trois pièces échiquetées de sable et d’argent, au quartier de comte conseiller d’État brochant au neuvième de l’écu ; au second écartelé ; au premier d’argent à la fasce de gueules, au second aussi d’argent à sept billettes d’azur ; au troisième d’azur, à la chausse-trape évidée d’or ; au quatrième d’argent, au mur de sable maçonné d’or, crénelé de trois pièces. »

La vente produisit environ 30.000 francs :

291. Recueil alphabétique des questions de droit, par Merlin. Paris, 1829, 9 vol. in-4, demi-rel. bas. Répertoire universel et raisonné de jurisprudence, par le même. Paris, 1827, 18 vol. in-4, demi-rel. bas. 171 fr.


338. Collection de lois maritimes antérieures au XVIIIe siècle, par Pardessus. Paris, Impr. royale, 1828-1845, 6 vol. in-4, demi-rel., v. bl. 102 fr.
442. Œuvres de Descartes, publiées par Victor Cousin. Paris, 1824, 10 vol. in-8, pl., demi-rel., v. ant. 59 fr.
452. G. G. Leibnizii opera omnia, collecta a Lud. Dutens. Genevæ, de Tournes, 1768, 6 vol. in-4, demi-rel. 63 fr.
552. Histoire naturelle, générale et particulière, par Buffon et Lacépède, avec la description du cabinet du roi (par Daubenton). Paris, 1749-1798, 45 vol. in-4, fig., v. éc., fil., tr. dor. 171 fr.



564. Traité des arbres et arbustes que l’on cultive en France en pleine terre, par Duhamel, édition considérablement augmentée par M. Vieillard, Jaume de Saint-Hilaire, Mirbel et Loiseleur-Deslongchamps. Ouvrage orné de planches d’après les dessins de Bessa et Redouté. Paris, 1800-1819, 7 vol. in-fol., fig. color., demi-rel., m. r. 225 fr.
567. Les Liliacées (d écrites par de Candolle, F. de la Roche et Reffeau-Delille), peintes par P. J. Redouté. Paris, Didot, 1802, 10 vol. gr. in-fol., pap. vél., 486 planches coloriées, demi-rel. m. r. 275 fr.
573. Choix des plus belles fleurs prises dans les différentes familles du règne végétal et de quelques branches des plus beaux fruits, par Redouté. Paris, 1827, in-fol., fig. color., demi-rel. m. r. 77 fr.
580. Nouveau recueil de planches coloriées d’oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, publié par Temminck. Paris, 1838, 5 vol. in-4, tiré in-fol., demi-rel. m. bl. 400 fr.
581. Histoire naturelle des oiseaux de paradis et des rolliers, suivie de celle des toucans et des barbus, par Fr. Levaillant. Paris, 1806, 2 vol. in-fol., pap. vél., fig. color., demi-rel., m. r. 70 fr.


587. Histoire naturelle des poissons, par le baron Cuvier et par Valenciennes. Paris, 1828-1844, 22 vol. in-4, fig. color., demi-rel. (tomes 19 à 22 brochés). 280 fr.
645. Recueil d’estampes gravées d’après des peintures antiques italiennes, etc., par Auguste Boucher-Desnoyers, ou exécutées sous sa direction d’après les dessins qu’il a faits dans les années 1818-1819. Paris, F. Didot, 1821, gr. in-fol., 34 pl., demi-rel. 100 fr.
647-648. Le Musée français, publié par Robillard-Péronville et Laurent. Paris, 1803-1809, 4 vol. gr. in-fol., pap. vél., demi-rel. mar. r. – Le Musée royal, publié par Henri Laurent. Paris, Didot, 1816, 2 gr. in-fol., pap. vél., demi-rel. m. r. Ensemble, les 6 vol. 1.515 fr.
886. Œuvres de Jean Racine. Paris, Imprimerie de Didot, 1801, 3 vol. gr. in-fol., pap. vél., 57 fig., cart., non rog. 175 fr.
898. Chefs-d’œuvre des théâtres étrangers, traduits en français. Paris, Ladvocat, 1822, 25 vol. in-8, gr. pap. vél., demi-rel. m. 185 fr.
906. Œuvres complètes de Shakspeare, traduites de l’anglais par Letourneur, édition revue par M. Guizot. Paris, Ladvocat, 1821, 13 vol. in-8, gr. pap. vél., demi-rel. mar. v. 137 fr.


1.033. Bibliothèque latine française, publiée par Panckoucke. Paris, Panckoucke, 178 vol. in-8, cart. et 1 vol. gr. in-8 pour l’iconographie. 640 fr.
1.034. Collection des meilleurs ouvrages de la langue française, dédiée aux amateurs de l’art typographique. Paris, Imprimerie de Pierre Didot, 73 vol. in-8, cart. 355 fr.
1.039. Collection orientale, manuscrits inédits de la Bibliothèque royale, traduits et publiés par ordre du roi. Paris, Imprimerie royale et impériale, 1836-1855, 8 vol. in-fol., cart., n. rog. 180 fr.
1.046. Géographie de Strabon, traduite du grec en français. Paris, Imprimerie impériale, 1805-1819, 5 vol. gr. in-4, br. 145 fr.
1.058. Voyage autour du monde exécuté sur la corvette la Coquille, pendant les années 1822-25, par Duperrey. Paris, Arth. Bertrand, 1826 et années suivantes, 6 vol. in-4 de texte et 4 vol. in-fol. de pl., demi-rel. mar. 80 fr.


1.059. Voyage de l’Astrolabe, pendant les années 1826 à 1829, par J. Dumont d’Urville. Paris, 1830-34, 22 livr. in-8 de texte, cart., 1 vol. in-4, demi-rel. et 4 vol. in-fol. d’atlas, demi-rel. mar. 101 fr.
1.062. Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, par Ch. Nodier, Taylor et A. de Cailleux. Ancienne Normandie. Paris, 1820, 2 vol. gr. in-fol., demi-rel m. r. 111 fr.
1.064. Id. Le Languedoc. Paris, Didot, 1834, 4 tomes en 3 vol., demi-rel. m. r. 200 fr.
1.065. Id. L’Auvergne. Paris, Didot, 1829, 2 vol. in-fol., demi-rel. m. r., n. rog. 100 fr.
1.389. Recueil des historiens des Gaules et de la France, par Dom Bouquet, etc. Paris, 1738-1833, 19 vol. in-fol., bas. 1.550 fr.
1.391. Nouvelle collection de mémoires pour servir à l’histoire de France, par Michaud et Poujoulat. Paris, 1836-1839, 33 vol. gr. in-8, demi-rel. v. viol. 181 fr.
1.392. Archives curieuses de l’histoire de France, par Cimber et Danjou. Paris, 1834-1848, 27 vol. in-8, br. 59 fr.
1.394. Collection de documents inédits sur l’histoire de France, publiés par les soins du ministre de l’Instruction publique. Paris, Imprimerie royale et impériale, 1835-1856, 113 vol. in-4 et atlas pet. in-fol., cart. 399 fr.
1.470. Le Moniteur universel. 1795-1857, 110 vol. in-fol., demi-rel. et rel. en bas. 300 fr.
1.474. Collection complète des tableaux historiques de la Révolution française (par Fauchet, Chamfort et Ginguené). Paris, 1804, 3 vol. gr. in-fol., pap. vél., fig., demi-rel. mar. r. 121 fr.
1.553. Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, par l’abbé Lebeuf. Paris, Prault, 1754-1758, 15 vol. in-12, v. m. 101 fr.


1.602. Histoire de Bresse et de Bugey, par Samuel Guichenon. Lyon, Huguetan, 1650, 2 vol. in-fol., fig., bas. 101 fr.
1.828. Les Tournois du roi René, d’après le manuscrit et les dessins originaux de la Bibliothèque royale, publiés par Champollion-Figeac pour le texte ; pour les dessins, par L. J. J. Dubois. Paris, Motte, 1826, gr. in-fol., 21 planches lith. coloriées, demi-rel. mar. r. 100 fr.
1.846. Collection d’ouvrages sur les antiquités et l’architecture, gravés par J. B. F. et Ch. Fr. Piranesi. 26 vol. in-fol., mar. r., fil., tr. dor. 570 fr.
1.863. Musée des antiques, dessiné et gravé par P. Bouillon. Paris, Didot, 3 vol. gr. in-fol., fig., demi-rel. 150 fr.


1.866. Les Ruines de Pompéi, dessinées et mesurées par Mazois. Paris, Didot, 1824-1838, 4 vol. gr. in-fol., fig., demi-rel. m. r. 196 fr.
1.872. Collection des vases grecs de M. le comte de Lemberg, expliquée et publiée par Alexandre de La Borde. Paris, 1813-1828, 2 vol. in-fol., fig. en couleur, demi-rel. m. r. 140 fr.
1.923. Iconographie ancienne, ou Recueil des portraits authentiques des empereurs, rois et hommes illustres de l’antiquité, par E. Q. Visconti. Iconographie grecque. Paris, P. Didot, 1808, 3 vol. – Iconographie romaine. Paris, 1817-1833, 4 vol. Ensemble 7 vol. gr. in-fol., pap. vél., demi-rel. mar. r. 160 fr.
2.014. Bibliothèque historique de la France, par Jacques Lelong ; nouvelle édition, revue par Fevret de Fontette. Paris, Hérissant, 1768, 5 vol. in-fol., v. m. 135 fr.


  

lundi 5 décembre 2016

Le 55 passage des Panoramas, Paris IIe, en 1897


Émile Goudeau (1849-1906), fondateur en 1878 du Cercle des Hydropathes, était employé au ministère des Finances et consacra sa vie à la poésie.

La Librairie Morgand et Fatout, 55 passage des Panoramas, Paris II
Bois gravé par H. Paillard, d'après Ch. Jouas
(Photographie Hugues de Latude) 

Parmi ses publications, le bibliophile s’arrête surtout à la page 303 de ses Poèmes parisiens, imprimés en 1897 sur les presses à bras de Lahure, pour Henri Beraldi : on y trouve le poème « Bibliophilie », dédié « A Madame Henri Beraldi », avec une illustration de Charles Jouas (1866-1942), gravée sur bois par Henri Paillard (1846-1912), représentant la Librairie de Damascène Morgand (1840-1898) et de Charles Fatout (1839-1882).
Le 20 octobre 1897, les bois gravés par Paillard furent brûlés par Moret, chef mécanicien de l’Imprimerie générale, en présence de Beraldi, de Lahure et de Bauche.

En 1875, Morgand et Fatout avaient succédé à Ernest Caen, établi à la même adresse depuis 1854. Édouard Rahir (1862-1924) succéda à Morgand en 1898.




Aujourd’hui, le 55 passage des Panoramas est occupé par un magasin pour philatélistes : « La Postale. Le Vermillon ». Le célèbre escalier est toujours en place.


Bertrand Hugonnard-Roche en pèlerinage
(Photographie Eric Zinc)

Avec mes remerciements à Hugues de Latude.


samedi 26 novembre 2016

Henri Nicolle (1767-1829), barbiste et ami des Bertin

Carte de Cassini

Parmi les nombreux libraires et éditeurs que la Normandie a fourni à la capitale, Gabriel-Henri Nicolle est né à Fresquiennes [Seine-Maritime], le 23 mars 1767, descendant d’une famille de laboureurs originaire de Roumare, en pays de Caux. 

Arbre généalogique simplifié des Nicolle


Il était le sixième des neuf enfants de Marie-Françoise Neufville, née à Pôville [Pissy-Pôville depuis 1822] le 4 juin 1734 et décédée à Fresquiennes le 11 messidor An X [30 juin 1802], et de Charles Nicolle, né le 9 février 1730 à Roumare et décédé à Fresquiennes le 1er frimaire An XII [23 novembre 1803] ; ils s’étaient mariés à Pôville le 12 juillet 1757 et tenaient la ferme du château de Nicolas-Louis Romé (1693-1773), officier au régiment de Condé cavalerie.

Maison de Sainte-Barbe
Entrée rue de Reims en 1830

Fils de laboureur aisé, Henri Nicolle put faire d’excellentes études à Paris, dans la célèbre Maison de Sainte-Barbe, dont l’entrée était rue de Reims [Ve, disparue en 1880], fondée le 30 mai 1430, le plus ancien collège de Paris. Il y avait été précédé par son frère aîné, Charles-Dominique Nicolle (1758-1835), devenu en 1782 maître de conférences, puis préfet des études. Henri Nicolle se destinait, comme son frère, à l’instruction publique, lorsque la Révolution renversa ses projets ; le collège Sainte-Barbe fut dissous avec les autres collèges de l’Université.

L’abbé Charles-Dominique Nicolle, précepteur, depuis 1790, du second fils du comte Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier (1752-1817), ambassadeur à Constantinople, ayant refusé le serment imposé aux ecclésiastiques, fut obligé de quitter sa patrie en 1792 : il conduisit son élève chez son père, qu’il suivit ensuite à Saint-Pétersbourg, où il établit un institut pour la jeune noblesse russe.

Resté à Paris, Henri Nicolle concourut à la rédaction de plusieurs journaux.
Il fut propriétaire et rédacteur en chef du quotidien Journal français, ou Tableau politique et littéraire de Paris, qui parut du 15 novembre 1792 au 2 juin 1793 :  

« La stupeur profonde qui avait brisé la plume de nos écrivains s’est dissipée ; la terreur, cette arme perfide entre les mains des scélérats, s’est émoussée. On peut enfin témoigner hautement l’horreur qu’ont inspirée les effroyables journées des 2 et 3 septembre ; il est permis de vouer à l’exécration de la postérité ce comité des boucheries dit de surveillance ; on peut appeler la vindicte publique sur cette meute de scélérats qui, lâchés dans les départements par la régence tripolitaine de Paris, prêchent partout le carnage et la sédition […]. Arracher le masque de l’hypocrisie à ces individus d’un jour, publicistes par famine, anarchistes par besoin, assassins par tempérament, voilà la tâche honorable et périlleuse que nous nous sommes imposée. » (Prospectus)

Les opinions contre-révolutionnaires qu’il y manifesta le firent incarcérer en janvier 1793, mais la Convention, considérant sa détention comme attentatoire à la liberté de la presse, ordonna sa mise en liberté le 1er février. 

Bertin l'Aîné en 1802
Par François-Xavier Fabre

Son ami et ancien barbiste, Louis-François Bertin (1766-1841), dit « Bertin l’Aîné », y fit ses débuts comme journaliste.

Bertin de Veaux en 1815
Par Anne-Louis Girodet de Roucy dit "Girodet-Trioson"

Henri Nicolle prit aussi part à la rédaction du Courrier universel de J.-H.-Alexandre Poujade de Ladevèze (v. 1770-v. 1840), qui parut du 21 décembre 1792 au 27 nivôse An VIII [17 janvier 1800], où il eut pour collaborateurs les deux frères Bertin, Bertin l’Aîné et Louis-François Bertin (1771-1842), dit « Bertin de Veaux ». Ceux-ci eurent l’idée de former, entre les jeunes écrivains politiques de leur opinion, une sorte de société qui se réunissait chez un petit restaurateur de la place du Louvre [Ier], où on dressait les plans d’attaque contre les Jacobins.



En l’An IV, les Bertin créèrent L’Éclair, qui s’imprimait, comme le Courrier universel, chez Jean-Baptiste-Étienne-Élie Lenormant (1765-1832), 42 rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois [Ier, emplacement sur lequel fut construit l’agrandissement du magasin 2 de la Samaritaine en 1928], et qui parut du 17 vendémiaire An IV [9 octobre 1795] au 17 fructidor An V [3 septembre 1797]. Henri Nicolle le faisait parvenir à ses abonnés du nord de la France par une berline, qui précédait le courrier ordinaire. « Pierre » était le pseudonyme de Bertin de Veaux, qui, lors de son arrestation au sujet d’un article très vif contre Germain-Théodore Abolin (1757-1842), membre du Conseil des Cinq-Cents, fut provisoirement remplacé par son frère, Bertin l’Aîné, durant sa détention à la prison de La Force, rue Saint-Antoine [3 rue Mahler, IVe], et qui signa ensuite en toutes lettres. Après le coup d’État du 18 fructidor An V [4 septembre 1797], Bertin de Veaux et Nicolle continuèrent à publier L’Éclair sous le nom des Annales politiques et littéraires.

Le Courrier universel et L’Éclair menèrent côte à côte la même existence précaire jusqu’au jour où –
1er et 2 pluviôse An VIII [21 et 22 janvier 1800] - les frères Bertin achetèrent à l’imprimeur François-Jean Baudouin (1759-1835) le Journal des débats et à Ladevèze le Courrier universel, qui, sous leur direction, devinrent une seule et même feuille dont leur nom reste inséparable : le Journal des débats prit le format de L’Éclair - petit in-4 -, l’imprimeur fut Lenormant – 42 [17, à partir de 1806] rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois -, le service des voitures imaginé par Nicolle pour L’Éclair emporta le nouveau journal dans les départements, la rédaction fut composée de ceux qui avaient lutté dans L’Éclair et le Courrier universel, des amis de la réunion du restaurant de la place du Louvre et des anciens barbistes.


La prudence avait imposé de séparer, aux yeux du pouvoir, les intérêts du journal et ceux de la librairie que Nicolle avait établie dès la fin de l’année 1797, avec le soutien financier de Bertin de Veaux, 56 rue du Bouloy [Ier], à l’entrée de la rue, près la rue de la Croix-des-Petits-Champs, dans la maison natale du cardinal de Richelieu, devenue hôtel de La Reynie [détruit en 1880].


En décembre 1802, la librairie déménagea 26 rue des Jeûneurs [IIe].

Le 14 germinal An XI [4 avril 1803], Henri Nicolle épousa, à Saint-Eustache, Reine-Jeanne Prévost, qui lui avait donné deux filles, Clémentine-Louise-Françoise, en 1800, et Henriette, le 1er jour complémentaire An IX [18 septembre 1801] ; elle lui donna une troisième fille, Louise-Clémentine-Gabrielle, en 1809.


En juillet 1803, la librairie déménagea dans le Petit Hôtel Bouillon, 15 quai Malaquais [VIe].


En 1797, Louis-Étienne Herhan (1768-1854), employé du graveur Jean-Pierre Droz (1740-1823), avait perfectionné un procédé de fabrication des assignats par clichage, pour imprimer en stéréotype. N’ayant pu rendre son entreprise rentable, il loua, le 27 novembre 1804, à Bertin de Veaux le droit exclusif de se servir de son procédé pendant dix-huit ans, puis, le 30 octobre 1805, lui vendit fictivement son imprimerie pour 24.000 francs, à condition de ne plus travailler que pour Nicolle et Jean-Baptiste Garnéry (1764-1843).


Entre-temps, au mois de décembre 1804, Henri Nicolle avait installé sa « Librairie Stéréotype » 9 rue Pavée-Saint-André-des-Arts [rue Séguier, VIe]. 





Il la déménagea, au mois de juin de l’année suivante, 33 rue des Petits Augustins [rue Bonaparte, VIe], puis, en 1806, 15 rue des Petits Augustins.

Il entreprit alors de donner une immense collection de livres classiques, connus sous le nom d’« éditions stéréotypes ».

In Bibliographie de la France, samedi 28 mars 1818, p. 184

Il conçut le premier le plan d’une « Bibliothèque latine, ou Collection d’auteurs classiques latins, avec des commentaires dits perpétuels, et des index. », mais il dut y renoncer après en avoir publié quelques volumes, pour éviter une concurrence fâcheuse avec Nicolas Éloi Lemaire (1767-1832), professeur à la Faculté des lettres de Paris, ancien maître de Sainte-Barbe.
Il se fit l’éditeur des Nouveau dictionnaire latin-français (1807) et Nouveau dictionnaire français-latin (1808), par François Noël (1756-1841), inspecteur général des études, et du Dictionnaire grec-françois (1808), par Joseph Planche (1762-1853), professeur et ancien barbiste, devenus ensuite la propriété de Lenormant.

« Je vous dirai qu’en me trouvant à dîner avec un M. Nicolle, que Marmontel et moi nous avons connu comme instituteur au collège de Sainte-Barbe, et qui est aujourd’hui libraire, à la tête du magasin d’Herhan, auteur d’une nouvelle manière de stéréotyper, il m’a engagé à aller voir l’atelier de M. Herhan. J’ai été frappé de la beauté et de la grandeur de l’établissement : j’y ai trouvé quarante presses en mouvement à la fois, occupées à tirer à cinquante mille exemplaires le catéchisme qui doit servir à tous les diocèses de France.
Herhan et Nicolle m’ont fait suivre toutes ces opérations que j’entreprends de vous décrire en peu de mots. Figurez-vous donc de petites lames de cuivre sur une des extrémités desquelles on grave les lettres en creux qu’on compose comme des caractères ordinaires pour en faire une page solide. Cette page ensuite est enfoncée avec force dans une matière de caractères d’imprimerie en demi-fusion et donne une planche ou page en relief formant aussi une seule masse, chaque page ou planche n’ayant guère que quatre à cinq lignes d’épaisseur. C’est de ces planches, assemblées dans un châssis de construction nouvelle, que se forme la feuille qui doit passer sous la presse.
J’ai vu là des ouvrages stéréotypes in-octavo, ce qu’on n’avait point encore fait jusqu’ici, et d’une netteté, d’une correction vraiment admirables.
J’ai vu les formes de tout un Racine n’occupant qu’un très-petit espace et pouvant être envoyées dans une caisse au bout du monde, sans risque d’aucun dérangement. »
(Mémoires inédits de l’abbé Morellet, de l’Académie française, sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution. Paris, Ladvocat, 1822, t. II, p. 193-194)



Tableau historique et pittoresque de Paris
Frontispice

En février 1809, un dernier déménagement de la « Librairie stéréotype » eut lieu 12 rue de Seine [VIe], dans l’hôtel de La Rochefoucauld [détruit en 1825]. Henri Nicolle fut breveté libraire le 1er octobre 1812.
Après le décès de son épouse, Reine-Jeanne Prévost, arrivé le 5 janvier 1813, il épousa, le 26 octobre 1815, Angélique-Justine Dussault, qui lui donna une quatrième fille, Gabrielle-Joséphine-Louise, le 5 août 1816.


« Le goût du théâtre, qui se répand de jour en jour, a suggéré depuis quelques années l’idée d’offrir aux nombreux amateurs de l’art dramatique la collection de tous les ouvrages restés au répertoire, qu’il seroit difficile de se procurer autrement, sans des frais considérables et sans des recherches longues et pénibles, et qui d’ailleurs, à raison de la différence des formats, de l’impression et du papier, ne peuvent jamais composer un recueil élégant et commode. Dans le nombre de ces collections, on a toujours distingué celle qui a été donnée par H. Nicolle, en soixante-sept volumes in-18, et imprimée d’après le procédé stéréotype d’Herhan. On connoit les avantages de cette découverte, qui seule a atteint le but principal que l’imprimerie doit se proposer, celui de produire des éditions exemptes de fautes. Déjà plusieurs tirages successivement épuisés ont prouvé combien cette collection étoit agréable au public. Cette considération a persuadé à l’éditeur qu’un nouveau tirage imprimé avec soin, d’après une révision plus sévère, dans un format plus élégant, sur du plus beau papier, enfin avec cette sorte de luxe que peuvent admettre les éditions stéréotypes, trouveroit aussi de nombreux amateurs dans la classe de ceux à qui leur fortune permet de rechercher à la fois les bons livres et les belles productions de l’imprimerie. C’est donc une édition in-12 du Répertoire du Théâtre Français qu’annonce aujourd’hui l’éditeur : les vingt-sept premiers volumes sont consacrés aux auteurs du premier ordre, c’est-à-dire à Pierre et Thomas Corneille, dont les chefs-d’œuvre sont accompagnés des Commentaires de Voltaire, à Racine, à Crébillon, à Voltaire, à Molière et à Regnard. Les quarante volumes suivants renferment, par ordre de temps, tous les ouvrages restés au théâtre, depuis Scarron jusqu’aux auteurs de nos jours, et les pièces de chacun d’eux sont précédées d’une notice biographique, rédigée avec autant de précision que d’exactitude.
Cette belle collection composée, ainsi que nous venons de le dire, de soixante-sept volumes in-12, paroîtra par livraisons de trois volumes chacune, à l’exception de la dernière qui sera de quatre. Le prix de chaque livraison sur papier fin, sera pour les souscripteurs de 9 fr., et de 15 fr. sur papier vélin satiné. Le prix, pour les personnes qui n’auront pas souscrit, sera de 3 fr. 50 c. le volume en papier fin, et 6 fr. en papier vélin satiné, dont il ne sera tiré qu’un très petit nombre d’exemplaires. La souscription sera fermée le 15 août prochain. Les deux premières livraisons ont paru. On souscrit sans rien payer d’avance, chez H. Nicolle, à la librairie stéréotype, rue de Seine, n° 12 ; chez le Normant, même rue, n° 8 ; et chez les principaux libraires de province. » [sic]
(Journal des débats politiques et littéraires, vendredi 26 juin 1818, p. 4)

Tome 1


Tome 67

À partir d’octobre 1819, Henri Nicolle fit gérer sa librairie par son commis et neveu Charles Gosselin (1795-1859), en faveur de qui il se démit le 12 décembre 1821 et qui succéda à son brevet le 24 janvier 1822.


Retiré des affaires, Henri Nicolle rejoignit son frère, qui venait de rétablir le Collège de Sainte-Barbe.

Dès que la tourmente révolutionnaire fut passée, la Maison de Sainte-Barbe, dénommée « Collège des sciences et des arts », s’était réorganisée, en 1798, dans les bâtiments de la rue de Reims, sous l’habile direction de Victor de Lanneau (1758-1830), ex-théatin et ex-vicaire épiscopal, alors sous-directeur du Prytanée français [lycée Louis-le-Grand, Ve].
Pendant ce temps, des anciens barbistes avaient repris l’enseignement, dans les bâtiments de la communauté de femmes de Sainte-Aure, situés rue Neuve-Sainte-Geneviève [rue Tournefort, Ve] ; ils avaient été transférés, en 1806, rue des Postes [rue Lhomond, Ve], dans les bâtiments du couvent des religieuses de la Présentation Notre-Dame, sous le titre « Association des anciens élèves de la communauté de Sainte-Barbe », puis achetés, en 1818, par l’abbé Nicolle.
Une lutte s’était engagée entre les deux établissements pour la possession exclusive du titre de « Maison de Sainte-Barbe ». L’autorité administrative avait donné plusieurs fois gain de cause à Victor de Lanneau, notamment en 1808 et en 1818, mais l’abbé Nicolle, revenu définitivement de Russie et ayant été nommé recteur de l’Académie de Paris en 1821, la question fut alors tranchée dans son intérêt, sous le nom de « Collège de Sainte-Barbe ».


L’abbé Nicolle plaça son frère, libraire et attaché à la rédaction du Journal des débats, à la tête du Collège de Sainte-Barbe de la rue des Postes. Après la mort de Henri Nicolle, le collège fut racheté par la ville de Paris et prit le nom de « Collège Rollin », le 6 octobre 1830 ; il déménagea, en 1876, avenue Trudaine [IXe] et devint, en 1944, le Lycée Jacques Decour.


La Maison de Sainte-Barbe, devenue Collège Sainte-Barbe, eut, en 1882, son entrée 4 rue Valette [Ve], fut fermé en 1999 et devint, en 2009, la Bibliothèque Sainte-Barbe.

Malade depuis les derniers mois de 1828, Henri Nicolle mourut d’apoplexie le mercredi 8 avril 1829. Une épouse et trois filles lui survécurent. Ses obsèques eurent lieu le vendredi 10 avril 1829, en l’église Saint-Étienne-du-Mont [Ve], sa paroisse. Il fut inhumé au cimetière du Montparnasse, où Charles-Auguste Defauconpret (1797-1865), préfet des études et son successeur dans la place de directeur du Collège Sainte-Barbe, prononça un discours.

Le 20 février 1841, quelques mois avant la mort de Bertin l’Aîné, arrivée le 13 septembre 1841, son fils Édouard Bertin (1797-1871) épousa la petite-fille de Henri Nicolle, Amélie-Henriette-Joséphine Gobert (1822-1915).