mardi 13 septembre 2016

Le Comte de Fleurieu (1738-1810), ministre de la Marine sous Louis XVI

D’une famille de marchands, originaire de Nantua [Ain], Pierre Claret s’installa, vers 1570, à Lyon [Rhône], sur la paroisse Saint-Pierre et Saint-Saturnin.

Château de La Tourette

Ses petit-fils, Blaise Claret (1614-1688) et Jean Claret (1620-1704), s’étant enrichis, achetèrent le château de La Tourette [Éveux, Rhône], le 23 septembre 1681. 


Anoblie par l’échevinage de Blaise Claret en 1687, puis de Jean Claret en 1689, la famille choisit pour blason « D’argent, à la bande d’azur, chargée d’un soleil d’or. » et s’installa dans le quartier d’Ainay.


Quatrième des dix enfants de Jean Claret et de Marguerite Vial (1628-1713), Jacques [et non « Jacques-Claude »] Claret a été ondoyé en l’église Saint-Saturnin, le 28 juin 1656. 

Château de Bel-Air, Fleurieux


6, rue de Boissac, Lyon

Seigneur de La Tourrette [sic], de Fleurieu [sic] et autres lieux, il acheta le château de Bel-Air [Fleurieux, Rhône] et un hôtel particulier, à Lyon, 6 rue de Boissac, construit en 1646. Il devint conseiller du Roi, lieutenant criminel en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon et président en la cour des monnaies, dit « président de La Tourrette ».
Protecteur des peintres et des sculpteurs, le président de La Tourrette fit richement orner par Daniel Sarrabat (1666-1748) son hôtel lyonnais. Les camaïeux du vestibule et le beau plafond de la même pièce faisaient l’admiration des visiteurs. Outre ces décorations, on y voyait quelques tableaux de cet artiste et d’artistes italiens. On y admirait aussi le célèbre médaillier du chanoine Jean-François Roman de Rives (1666-1740), acquis le 14 décembre 1717, avec des livres de médailles et deux figures de bronze, pour 2.500 livres comptant et une rente viagère de 175 livres.


Armes de Jacques Claret de La Tourrette

Le président de La Tourrette fut aussi le fondateur d’une belle bibliothèque, constituée à partir de celle de son beau-père.
Il avait épousé, le 29 juin 1690, Bonne Michon, née le 2 novembre 1669, fille d’Annibal Michon (1642-1694), receveur des dons et octrois de la ville, et de Bonne Bathéon. 

Eglise d'Ainay
In Lyon ancien et moderne (Lyon, L. Boitel, 1838, t. I, p. 20)

Veuf depuis le 26 octobre 1741, il mourut le 26 août 1746 et fut inhumé le lendemain dans l’église d’Ainay.

Deuxième des sept enfants de Jacques Claret et de Bonne Michon, Jacques-Annibal Claret est né le 28 mai 1692, comme le précise son acte de baptême, fait en l’église Saint-Pierre :

« Jaques Annibal fils de Jaques Claret escuyer seigneur de la Tourrette conseiller du Roy en la senechaussee, & siege presidial de Lyon, & de dame bonne michon sa femme né ce matin a la place de st pierre, a esté baptisé par moy Curé soussigné ce vingt huict may 1692, & ont esté parrain sieur Annibal michon ancien receveur des dons & octroys de cette ville, & marraine dame marguerite vial femme de noble Jean Claret ancien Eschevin de cette ville qui ont signé » [sic]

Plan géométral de la Ville de Lyon
Gravé par Claude Séraucourt, 1740 (détail)

Connu sous le nom de « président de Fleurieu », Jacques-Annibal Claret de La Tourette et de Fleurieu, fut conseiller du Roi, président en la cour des monnaies le 1er août 1718, à la place de son père, lieutenant criminel en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, prévôt des marchands et commandant pour le Roi en la ville de Lyon du 11 décembre 1740 à la fin de décembre 1745 :

« Il a de l’esprit, de l’érudition, de la douceur et de la modestie, toutes ces qualités sont accompagnées des biens de fortune et soutenues d’un vrai fond de religion. Tout ce qui peut être aujourd’hui à son désavantage c’est qu’il est d’une fort petite taille et qu’il a un accent et une prononciation qui se sent tout à fait du pays dont il n’a jamais pu se défaire et qui ne prévient pas d’abord en sa faveur. »
(Léonard Michon. Mémoires ou Journal historique et politique de ce qui s’est passé de plus remarquable dans la ville de Lyon et dans la province depuis l’année 1715. Musée historique de Lyon, Ms. N 2480)

Il épousa, en l’église Saint-Pierre et Saint-Saturnin, le 15 décembre 1722, Agathe Gaultier, née le 12 septembre 1705 et baptisée le lendemain en l’église Saint-Pierre et Saint-Saturnin, fille de Pierre Gaultier, seigneur de Dortan [Ain] et autres lieux, conseiller secrétaire du Roi, et de Marie-Louise de Barcot.
Le président de Fleurieu fut un lettré, à l’exemple de son père dont il augmenta la bibliothèque et les collections :

« M. Claret de la Tourrette de Fleurieu, Président honoraire à la Cour des Monnoies, ancien Prévôt des Marchands, a une Bibliothéque nombreuse, composée de Livres rares & des plus parfaites éditions ; ils ont pour objet principal l’Histoire, les Poëtes, les Orateurs, les Grammairiens & tout ce qui peut regarder les Belles-Lettres & la Jurisprudence : la propreté de la reliüre répond au choix des Livres. Il a joint à cela plusieurs Tableaux des grands Maîtres d’Italie & autres en différens genres ; un très-grand nombre de Portraits gravés & d’Estampes des plus excellens Graveurs, sur tout parmi les modernes, & un recueil fort curieux d’Empreintes de Pierres antiques des plus fameux Cabinets d’Italie & de celui du Roi, tirées en soufre & cinnabre, qui ont la dureté & le poli des véritables Pierres. » [sic]
(Almanach astronomique et historique de la ville de Lyon et des provinces de Lyonnois, Forez et Beaujolois. Lyon, Aymé Delaroche, 1754, p. 143)

Il ne conserva pas le médaillier acquis par son père : il le vendit à la ville de Lyon, le 16 octobre 1733, moyennant la somme de 2.400 livres et une rente viagère de 175 livres, réversible sur la tête de Roman de Rives. 

Jeton de l'Académie de Lyon, fondée en 1700

Reçu à l’Académie des sciences et belles-lettres de Lyon en 1716, il en devint le secrétaire perpétuel en 1736, pour la classe des belles-lettres.




Le président de Fleurieu possédait quatre ex-libris, de facture identique, portant ses armes et un texte en latin dans un cartouche, datés de 1718, 1719, 1740 et 1758 [date de la fusion de l’Académie des sciences et belles-lettres avec la Société des beaux-arts pour former l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon].


Il fit graver sur cuivre un soleil, dont il faisait parer le dos des livres reliés pour lui. On trouve rarement ce petit fer poussé aux angles des plats et en semé.
Le président de Fleurieu mourut au château de La Tourette le 18 octobre 1776 et fut inhumé dans la chapelle de la Vierge de l’église d’Éveux. Son épouse, Agathe Gaultier, était décédée le 6 novembre 1756 et avait été inhumée le lendemain dans l’église d’Ainay.
Au château de Laye [Saint-Georges-de-Reneins, Rhône], sont conservés les portraits au pastel du président de Fleurieu, celui de sa femme, par Robineau, 1780, et celui de son fils Marc-Antoine-Louis Claret (1729-1793), par Valade, 1747.

Charles-Pierre Claret de Fleurieu

Huitième des neuf enfants de Jacques-Annibal Claret et d’Agathe Gaultier, Charles-Pierre Claret naquit le mercredi 2 juillet 1738 à Lyon et fut baptisé le lendemain en l’église d’Ainay. Entré dès 1752 dans la marine royale à Toulon [Var], il fit la guerre de Sept ans, fut nommé enseigne de vaisseau en 1762 et se livra à l’étude théorique des sciences nautiques. Bien qu’absent de Lyon, il avait été nommé membre de l’Académie de Lyon en 1761.

Horloge marine n° 6 de Berthoud

En 1766, le « chevalier de Fleurieu » aida l’horloger Ferdinand Berthoud (1727-1807) à construire des horloges propres à déterminer les longitudes en mer et en fit l’essai au cours d’une campagne de 376 jours, sur la frégate « Isis », au départ de Rochefort [Charente-Maritime], et en rendit compte dans le Voyage fait par ordre du Roi en 1768 et 1769, à différentes parties du monde, pour éprouver en mer les horloges marines inventées par M. Ferdinand Berthoud (Paris, Imprimerie royale, 1773, 2 vol. in-4, fig.).
Lieutenant de vaisseau en 1773, capitaine de vaisseau et directeur des ports et arsenaux en 1776, il travailla, en cette dernière qualité, à la réorganisation de la marine royale et eut la direction des opérations navales pendant la guerre de l’Indépendance américaine (1778-1783). En 1785, il fut chargé de tracer le plan du voyage de La Pérouse. Il composa l’ouvrage intitulé Découvertes des François, en 1768 & 1769, dans le sud-est de la Nouvelle Guinée. Et reconnoissances pstérieures des mêmes terres par des navigateurs anglois qui leur ont imposé de nouveaux noms ; précédées de l’abrégé historique des navigations & des découvertes des Espagnols dans les mêmes parages (Paris, Imprimerie royale, 1790, in-4, 13 cartes et plans), dans le but de restituer aux navigateurs français les découvertes dont les Anglais cherchaient à s’attribuer l’honneur.
Ministre de la marine et des colonies, du 26 octobre 1790 au 17 mai 1791, il démissionna et fut alors nommé gouverneur du Dauphin, le 17 avril 1791, poste qu’il occupa jusqu’au 10 août 1792.

Château du Bousquet, Arcambal

Au début du mois d’avril 1792, il épousa Aglaé-Félicité-Françoise Deslacs du Bousquet, née à Paris le 10 janvier 1775, fille d’Antoine-Joseph-François Deslacs du Bousquet, marquis d’Arcambal [Lot], et de Françoise-Félicité du Crest de Chigy. Elle partagea volontairement la captivité de son mari, quand, déclaré suspect au début de la Terreur, il fut enfermé à la prison des Madelonnettes, rue des Fontaines du Temple [IIIe], jusqu’au 9 thermidor An II [27 juillet 1794]. Elle fut l’auteur de Pauline, comédie en deux actes et en vers (Paris, s. n., 1791, in-8) et du roman intitulé Stella, histoire anglaise (Paris, Maradan, 8 [1800], 4 vol. in-12, fig.).

Rappelé dans les bureaux du ministère de la marine, il devint successivement membre de l’Institut en 1795, du Conseil des Anciens en 1797, du Bureau des longitudes en 1798, du Conseil d’État en 1799, avec présidence de la section de la marine de 1801 à 1806. 


Il avait repris ses travaux de prédilection et publié le Voyage autour du monde, pendant les années 1790, 1791, et 1792, par Étienne Marchand, précédé d’une introduction historique ; auquel on a joint des recherches sur les terres australes de Drake, et un examen critique du voyage de Roggeween ; avec cartes et figures (Paris, Imprimerie de la République, An VI-An VIII [1797-1800], 4 vol. in-4 et in-8).

Il avait acquis le riche cabinet d’estampes du conseiller Antoine Trollier (1697-1759), seigneur de Messimieux, après sa mort, et formé une importante bibliothèque, dont il avait rédigé le catalogue manuscrit en 1782, et la plus importante collection de cartes géographiques et hydrographiques qu’on eût vue jusqu’alors.

Fer de Charles-Pierre Claret de Fleurieu
Couronne de marquis


Fer de Charles-Pierre Claret de Fleurieu
Coupé au 1 d'azur, à un soleil d'or et une lune d'argent ;
au 2 de sinople, au compas d'argent, les pointes tournées vers le centre des astres
Couronne de comte




Son ex-libris [115 x 63 mm.] porte ses armes, une petite pièce de canon et la carte des Açores. Son épouse utilisait un ex-libris gravé portant des initiales enlacées et accolées : C F [Claret Fleurieu] et A D A [Aglaé Deslacs Arcambal].

Des revers de fortune, occasionnés par la Révolution et ses publications, l’obligèrent à vendre ses livres et ses collections géographiques, en la Maison d’agence et de commerce des citoyens Mauger, Amelot et Hubert, 4 rue des Fossés-Montmartre [rue d’Aboukir, IIe], du 23 prairial [11 juin] au 26 messidor An VI [14 juillet 1798], en 28 vacations :  


Catalogue des livres de la bibliothèque du C. *** (Paris, Mauger, An VI [1798], in-8, 3-[1 bl.]-xvj-208 p., 1.921 + 119 bis + 9 ter + 163 [« Supplément »] + 2 bis = 2.214 lots [pas de n° 44, lot n° 548 chiffré 348, lot n° 914 chiffré 614]), avec une « Note d’articles précieux qui se trouvent au Magasin de Librairie des Cit. Mauger, Amelot et Hubert, rue des Fossés-Montmartre, n.° 4. » [p. 205-208].
Hormis le « Supplément », sans indication des divisions : Théologie [43 lots = 2,09 %], Jurisprudence [28 lots = 1,36 %], Sciences et Arts [517 lots = 25,23 %], Belles-Lettres [536 lots = 26,15 %], Histoire [925 lots = 45,14 %].
La classe Histoire domine, en particulier dans l’histoire récente et contemporaine. De nombreuses éditions sont de qualité : Elzevier, Alde, Baskerville, Colines, Blaeu, etc.

« La Bibliothèque dont nous offrons le Catalogue au Public, est celle d’un homme distingué, non-seulement par les places importantes qu’il a remplies, mais plus encore par ses connoissances profondes dans les Sciences et dans les Arts, et sur-tout dans la Navigation. Quoique cette Bibliothèque n’existe pas dans son entier, et qu’elle ne présente aucune partie absolument complète, il y a cependant des classes où on trouvera des objets infiniment précieux et rares, qu’on chercheroit inutilement maintenant dans les Cabinets particuliers. Tels sont entre autres dans la partie des Voyages et dans l’Histoire des deux Indes, la Collection de Théodore de Bry, connue sous le nom des Grands et des Petits Voyages ; la Collection espagnole de Barcia ; les Collections hollandaises de Gottfried et de Valentyn, et les Collections anglaises de Hackluyt, de Purchass, de Harris, d’Osborn et Churchill. On trouvera dans l’Histoire littéraire la suite peut-être la plus précieuse qui existe des Mémoires des Académies et Sociétés littéraires, tant françaises qu’étrangères ; on y distinguera sur-tout les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres, dont il est presqu’impossible aujourd’hui de se procurer des exemplaires complets. La partie des Sciences Mathématiques offre également une quantité d’objets de détail, qu’on trouve très-rarement rassemblés. Je passe sous silence les autres classes qui, quoiqu’elles n’entrassent pas dans le but principal de l’homme savant qui a formé cette collection, ne laissent pas encore d’offrir des articles que les Amateurs verront avec intérêt. Au surplus, je dois laisser au Public à juger du mérite et du choix des Ouvrages qui composent l’ensemble de ce Catalogue. » [sic]
(« Avertissement », p. v-vj)

187. Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du cabinet du Roi, par MM. de Buffon et d’Aubenton. Paris, 1749 et suiv., 39 vol. in-4, v. m., fig. 480 liv.
244. The natural History of Carolina, Florida and the Bahama Islands, by Marc Catesby. London, 1771, 2 vol. in-fol. magn., v. éc., d. s. t., fig. coloriées. 260 liv.
1.032. Œuvres complètes de Voltaire. Genève, 1768, et le Théâtre de P. Corneille, avec les Commentaires sur la Henriade. 39 vol. in-4, v. f., dos de mar. 99 liv. 19.
1.057. Geographiæ veteris Scriptores Græci minores, gr. et lat. edente Edmundo Wells. Oxoniæ, 1698 et 1712, 4 vol. in-8, mar. r. dent. 168 liv. 9.
1.102. Collectio Peregrinationum in Indias Orientales. Francofurti, 1598, 12 part. en 4 vol. in-fol., m. bl. – Collectio Peregrinationum in Indiam Occidentalem. Francofurti, 1590 et aliis annis, 13 parties en 6 vol. in-fol., m. bl., fig. Ces deux recueils sont connus sous le nom de Collection des grands et des petits Voyages. 500 liv.
1.108. Recueil de Voyages, en hollandais, par Johan Lodewyk Gottfrietd. Leyde, Vander-Aa, 8 vol. in-fol., v. m., fig. 150 liv.
1.109. Collection de Voyages aux Indes, en hollandais, par François Valentyn. Amst., 1724, 9 vol. in-fol., v. m., fig. 218 liv.
1.111. A Collection of Voyages and Travels. London, Churchill and Osborne, 1732 et seqq., 8 vol. in-fol., v. m., fig. 160 liv.
1.214. Voyage du chevalier Chardin en Perse et autres lieux de l’Orient. Amst., 1735, 4 vol. in-4, v. m., fig. 120 liv. 11.
1.283. Voyage d’Egypte et de Nubie, par Norden. Copenhague, 1755, 2 tom. en 1 vol. in-fol., v. marb. allem., dos de mar., fig. 264 liv.
1.287. A Voyage to the Islands Madera, Barbados, Nieves, S. Christophers, with the Natural History, by Hans Sloane. London, 1707, 2 vol. in-fol., cuir de Russie, d. s. t., fig. 120 liv.
1.360. Voyage Pittoresque de Naples et de Sicile, par l’abbé de Saint-Non. Paris, 1782, 2 vol. in-fol., v. éc., d. s. t. Plus 9 cahiers broch. du tom. 3. 148 liv. 1.
1.410. Histoire Universelle, trad. de l’angl. d’une Société de Gens de Lettres. Amst., 1742 et années suiv., 44 vol. in-4, v. b., cartes et fig. 180 liv.

Membre de la Légion d’honneur le 9 vendémiaire An XII [2 octobre 1803], grand officier le 25 prairial An XII [14 juin 1804], il devint intendant général de la Maison de l’empereur le 21 messidor An XII [10 juillet 1804], entra au Sénat le 5 thermidor An XIII [24 juillet 1805] et fut fait gouverneur du Palais des Tuileries le lendemain, puis comte en 1808. 


Il publia un atlas intitulé Neptune du Cattégat et de la mer Baltique (Paris, 1809, gr. in-fol., 30 exemplaires) qui, commencé en 1785, lui coûta plus de 200.000 francs : il se compose d’un tableau allégorique servant de faux titre, d’un frontispice, de 2 feuillets d’explication et de 65 cartes, plans et vues ; les cuivres furent détruits après la mort de Fleurieu, excepté celui du plan de Saint-Pétersbourg. On doit joindre à cet atlas les Fondemens des cartes du Cattégat et de la Baltique (Paris, Imprimerie nationale, An II [1793], in-4).
Le 11 février 1809, Napoléon ordonna au maréchal Duroc de payer les dettes du comte de Fleurieu, de lui remettre sur le champ 12.000 francs et de lui payer le reste par mois sur la Caisse des théâtres, jusqu’à ce que la somme de 40.000 francs soit soldée. 

Hôtel Fleurieu, 18 rue Taitbout (façade sur le jardin)
La bibliothèque était au rez-de-chaussée de la tour gauche

Tandis qu’il jouait avec ses enfants, le comte de Fleurieu mourut brutalement d’une hémorragie cérébrale, à Paris, en son hôtel, 18 rue Taitbout [IXe], le 18 août 1810. Ses obsèques eurent lieu en l’église Saint-Roch [I er], sa paroisse, d’où il fut transporté à l’église de Sainte-Geneviève [Panthéon, Ve], destinée à la sépulture des grands hommes. Il laissait deux filles et une veuve. Cette dernière épousa, à Paris, le 18 juillet 1815, Anne-Joseph-Eustache-Eusèbe Baconnière de Salverte (1771-1839) et mourut le 1er décembre 1828.


Après sa mort, la bibliothèque du comte de Fleurieu fut vendue en 25 vacations, du 17 décembre 1810 au 18 janvier 1811, en son hôtel de la rue Taibout : Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le comte C. P. Claret de Fleurieu, sénateur, grand officier de la Légion d’honneur, gouverneur du palais impérial des Tuileries, Louvre, etc. conseiller d’État à vie, membre de l’Institut et du Bureau des longitudes, etc. (Paris, Théodore Le Clerc Jeune, 1810, in-8, [3]-[1 bl.]-3-[1 bl.]-199-[1 bl.] p., 1.990 + 2 * [n° 839 * et n° 1775 *] = 1.992 lots). Théologie [22 lots = 1,10 %], Jurisprudence [23 lots = 1,15 %], Sciences et Arts [363 lots = 18,22 %] – dont « Marine » [87 lots = 4,36 %] -, Belles-Lettres [283 lots = 14,20 %], Histoire [1.285 lots = 64,50 %], « Atlas ou Collections de cartes géographiques et hydrographiques » [16 lots = 0,80 %].  
  



mardi 6 septembre 2016

L'Imprimerie à Reims sous l'Ancien Régime *

* Dans l'espoir de voir cesser la publication de textes erronés sur le sujet.

































In Bulletin du bibliophile, n° 2 - 2004, p. 355-370


vendredi 2 septembre 2016

Les Delessert, banquiers philanthropes et collectionneurs


Château de Cossonay

Descendant d’une famille de cultivateurs protestants, originaire de Peney-le-Jorat [Jorat-Menthue, Suisse] au XVe siècle, passée à Cossonay [Suisse] deux siècles plus tard, 

Arbre généalogique simplifié des Delessert

Benjamin [I] Delessert (1690-1765) vint, en 1725, fonder un commerce de soies et d’indiennes à Lyon, où il réalisa également des opérations de banque. Il y épousa Marguerite Brun (1707-1799), fille d’Étienne Brun, banquier d’origine marseillaise, et de Marie Sabatier. Le couple aura trois fils.

Etienne Delessert

Deuxième fils de Benjamin [I] Delessert, Étienne Delessert, né le 30 avril 1735 à Lyon, épousa dans cette ville, le 9 octobre 1766, Madeleine-Catherine Boy de La Tour, née le 7 août 1747 à Neuchâtel [Suisse], fille de Pierre Boy de La Tour (1706-1759), négociant, et de Julie Roguin (1715-1780), la protectrice du philosophe Jean-Jacques Rousseau (1712-1778).
En 1777, Étienne Delessert décida de fonder à Paris un établissement de banque, « De Lessert & Compagnie », rue Mauconseil [Ier]. Il finança des fabriques de gaze, fut administrateur de la Caisse d’escompte de 1781 à 1783 et de 1791 à 1792, participa en 1786 à la formation de la Compagnie royale d’assurances contre l’incendie, dissoute en 1793. Cette dernière année, tandis que l’établissement paternel fermait à Lyon, Étienne fut incarcéré du 11 frimaire An II [1er décembre 1793] au 14 fructidor An II [31 août 1794], à la prison de Port-libre [abbaye de Port-Royal], puis à l’infirmerie de la Conciergerie.
Libéré, il confia la direction de la banque à son fils Jules-Paul-Benjamin et s’intéressa à l’agriculture, à l’amélioration des assolements, à la fabrication de nouvelles machines agricoles, à l’introduction d’un troupeau de 6.000 moutons mérinos venus d’Espagne, à la Compagnie de l’Isle de France [Île Maurice] et créa deux écoles gratuites pour les enfants de la population protestante. Amateur de tableaux, il forma une collection des chefs-d’œuvre des écoles hollandaise et flamande.
Veuf depuis le 23 mars 1816, Étienne Delessert mourut le 18 juin de la même année, en son domicile, situé, depuis 1786, à l’arrière de l’hôtel de Bullion, 3 rue Coq-Héron [Ier, détruit en 1880] ; 

Cimetière de la rue Lekain en 1912

il rejoignit son épouse dans le cimetière familial, 3-5 rue Lekain [XVIe].
Son épouse avait entretenu des relations d’amitié avec le physicien Benjamin Franklin (1706-1790) et le philosophe Jean-Jacques Rousseau, qui lui dédia ses Lettres élémentaires sur la botanique

Herbier réalisé par J.-J. Rousseau pour Madelon en 1774
Musée J.-J. Rousseau-Montmorency. Photographie P. Gaudibert

tandis qu’il offrait un herbier à sa fille Marguerite-Madeleine Delessert (1767-1838), qu’il appelait Madelon.

Benjamin [III] Delessert

Troisième des huit enfants d’Étienne Delessert, Jules-Paul-Benjamin Delessert, né à Lyon le 14 février 1773, reçut une formation scientifique en Angleterre, où il rencontra l’économiste Adam Smith (1723-1790) et l’ingénieur James Watt (1736-1819). De retour en France, Benjamin [III] Delessert entra en 1793 à l’École d’artillerie de Meulan-en-Yvelines, puis fit la campagne de Belgique dans l’armée de Pichegru. En 1795, il fut rappelé par son père, qui lui confia la direction de sa banque. 

Sucrerie de Passy en 1859

Il s’investit dans les actions sociales et dans l’industrie : il participa à la fondation de la Société d’encouragement pour l’industrie et à celle de la Société philanthropique, fut nommé au Conseil général des Hospices de Paris, créa à Passy sa première raffinerie de sucre à partir de la betterave (1801), puis une des premières filatures mécaniques de coton (1803). Devenu régent de la Banque de France le 12 octobre 1802, il épousa, le 22 août 1807, sa cousine germaine Laure-Renée-Livie-Jacqueline Delessert, née le 1er mars 1772 à Bougy [Suisse], fille de Jean-Jacques Delessert (1731-1817) et de Madeleine-Françoise de Mestral (1749-1827). Parallèlement, il débuta une carrière politique : maire du IIIe arrondissement de Paris le 18 ventôse An VIII [8 mars 1800], juge au Tribunal de commerce en 1810, député de la Seine de 1817 à 1824, conseiller général de la Seine de 1819 à 1822, député du Maine-et-Loire de 1827 à 1842, il proposa l’abolition de la peine de mort et la suppression de la loterie royale et des jeux publics, encouragea la construction des routes, des canaux et des monuments. En 1812, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur et baron d’Empire.   


Ce fut à l’initiative de Benjamin [III] Delessert que, le 22 mai 1818, fut signé l’acte constitutif d’une Société anonyme, sous la dénomination de Caisse d’Épargne et de Prévoyance, ayant pour objet de recevoir en dépôt les petites sommes qui lui seraient confiées par les personnes économes et industrieuses. Le 29 juillet suivant, une ordonnance du Roi autorisa l’établissement de la Caisse d’Épargne de Paris. Les bureaux s’ouvrirent pour la première fois le dimanche 15 novembre 1818, dans un local dépendant de la Compagnie royale d’Assurances maritimes, fondée par Benjamin [III] Delessert en 1817, qui était situé au 104 rue de Richelieu [IIe]. La Caisse d’Épargne s’installa, le 27 février 1820, dans un local appartenant à la Banque de France, 3 rue La Vrillière [Ier], puis, le 8 décembre 1844, dans l’hôtel Thoynard de Jouy, 9 rue Coq-Héron [Ier]. Succédant à François-Alexandre-Frédéric de La Rochefoucauld (1747-1827), duc de Liancourt, Benjamin [III] Delessert en fut le deuxième président à partir de 1827.
Benjamin [III] Delessert fut l’auteur de deux ouvrages, où il mit en exergue les valeurs de travail, d’éthique, de bienfaisance et de solidarité : Le Guide du bonheur, ou Recueil de pensées, maximes et prières, dont la lecture peut contribuer à rendre heureux dans cette vie et dans l’autre, choisies dans différents auteurs (Paris, Gratiot, 1840, in-8) et, avec le baron Joseph-Marie de Gérando (1772-1842), vice-président de la Caisse d’épargne de Paris, La Morale en action, ou les Bons Exemples (Paris, Kugelmann, 1842, in-4).  

In L'Illustration, 25 juillet 1844, p. 344

Benjamin [III] Delessert collectionna les autographes, les monnaies, les médailles et les tableaux, mais fut surtout passionné par la botanique et la conchyliologie. Il devint membre libre de l’Académie des sciences en 1816. Ami du botaniste genevois Augustin-Pyramus de Candolle (1778-1841), il reçut des spécimens des plus grands naturalistes de son époque et acheta plusieurs herbiers importants. Son herbier finit par réunir 250.000 échantillons de plantes. 

Ex-libris de Benjamin [III] Delessert

Parallèlement, il constitua l’une des plus grandes bibliothèques botaniques de l’époque, recensant plus de 6.200 titres, la deuxième après celle des Jardins de Kew, à l’ouest de Londres. Il édita les Icones selectæ plantarum (Parisiis, s. n., 1820-1846, 5 vol.), contenant 500 planches en couleur, décrites par Augustin-Pyrame de Candolle. Il constitua également une collection de plus de 150.000 spécimens de coquillages, dépassant alors celles du Muséum d’histoire naturelle de Paris et du British Muséum, et sa bibliothèque malacologique [étude des mollusques] était aussi importante. 

(Planche 31, détail)

Il édita un Recueil de coquilles décrites par Lamarck dans son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres et non encore figurées (Paris, Fortin, Masson et Cie, 1841).
Il soutint encore le docteur Jean-Baptiste-Marc Bourgery (1797-1849), dans la rédaction de son œuvre maîtresse : 

Frontispice

Traité complet de l’anatomie de l’homme, comprenant la médecine opératoire (Paris, C.-A. Delaunay, 1832-1854, 8 vol. de texte in-fol., 1 front. ; 1831-1844, 8 vol. d’atlas in-fol., 726 pl. lith.).
Domicilié rue Coq-Héron jusqu’en 1825, Benjamin [III] Delessert mourut d’une péricardite, le 1er mars 1847, 

In L'Illustration, 25 juillet 1844, p. 344

en l’hôtel d’Uzès, 172 rue Montmartre [IIe, détruit en 1870], qu’il avait acheté le 18 mai 1824. Veuf sans enfant depuis le 18 mai 1823, il fut inhumé près de son épouse, dans le cimetière de la rue Lekain.

François Delessert

Sixième des huit enfants d’Étienne Delessert, François-Marie Delessert, né à Paris le 2 avril 1780, banquier, d’abord associé avec son père et ses frères, puis, à la fin, avec son frère Benjamin [III] Delessert, enfin seul chef de la Maison Delessert. Président de la Chambre de commerce de Paris à plusieurs reprises, entre 1821 et 1838, il fut élu régent de la Banque de France après la mort de son frère. Il fut député du VIe arrondissement de Paris de 1831 à 1834, puis du Pas-de-Calais de 1838 à 1848. La crise financière provoquée par la révolution de 1848, marquée par la fermeture de la Bourse et les demandes de remboursement de leurs dépôts par les clients, obligea François Delessert à liquider la Banque Delessert et Cie le 24 mai 1848. Celle-ci resta toutefois dans la famille, malgré l’absence de descendance masculine, grâce à l’un de ses gendres, le baron Jean-Henry Hottinguer (1803-1866), qui la reprit dès 1848.

Julie Gautier en 1851, par Winterhalter

François Delessert avait épousé, à Paris, le 30 octobre 1812, sa nièce, Julie-Élisabeth-Sophie Gautier, née à Paris, le 29 janvier 1796, fille de sa sœur Marguerite-Madeleine Delessert (1767-1838) et de Jean-Antoine Gautier (1756-1800), banquier, qui furent inhumés tous deux dans le cimetière de la rue Lekain. Le couple avait eu trois enfants : Stéphanie-Madeleine-Caroline Delessert, née le 7 mai 1814, épousa, le 9 avril 1832, le baron Jean-Henry Hottinguer, banquier ; François-Benjamin-Marie Delessert, dit Benjamin [V], né le 17 novembre 1817 ; Anne-Caroline-Madeleine Delessert, née le 13 février 1831, épousa, le 2 février 1850, le baron Frédéric-Henri Bartholdi (1823-1893).
Devenu membre libre de l’Académie des sciences en 1852, François Delessert mourut le 15 octobre 1868, à l’hôtel Lauzon, 27 rue Raynouard [XVIe], son domicile. Ses tableaux, accumulés par plusieurs générations, furent vendus du 15 au 18 mars 1869 : Catalogue des tableaux composant la Galerie Delessert (Paris, Imprimerie de Pillet, 1869, in-8, 93-[1 bl.] p., 213 lots) ; la vente produisit au total 1.795.330 francs. Ses collections botanique et conchyliologique, héritées de son frère, furent données par sa famille au Muséum d’histoire naturelle de Genève.

Timbre humide apposé par la Bibliothèque de l'Institut

Ses livres, hérités également de son frère, avaient été légués à l'Académie des sciences pour la Bibliothèque de l'Institut.
Sa veuve lui survécut jusqu’au 3 avril 1877. Ils furent tous les deux inhumés dans le cimetière de la rue Lekain.


Septième des huit enfants d’Étienne Delessert, Abraham-Gabriel-Marguerite Delessert, né à Paris, le 17 mars 1786, fit ses études à Genève durant la Révolution. Gabriel Delessert devint adjudant-commandant dans la Garde nationale de Paris, tout en étant associé à la gestion de la banque de son père, qu’il quitta en 1833. Promu colonel d’état-major de la Garde nationale le 12 août 1830, il fit partie d’une commission chargée de réorganiser les gardes nationales du royaume. Général de brigade de la Garde nationale en 1831, il fut nommé préfet de l’Aude, puis d’Eure-et-Loir en 1834. Préfet de police de Paris le 10 septembre 1836, avec le titre de Conseiller d’État, il travailla à l’amélioration des transports, de la voirie et des prisons. Chevalier de la Légion d’honneur le 31 décembre 1814, officier le 7 janvier 1832, commandeur le 28 décembre 1839, il fut élevé à la dignité de pair de France en 1844 et promu grand officier de la Légion d’honneur le 27 avril 1845. Gabriel Delessert quitta le monde politique après la révolution de 1848 et mourut en son domicile, 19 rue Raynouard, le 31 janvier 1858.

Valentine de Laborde

Sa femme, Marie-Charlotte-Joséphine-Valentine de Laborde, née le 11 nivôse An XIV [1er janvier 1806], fille du comte Alexandre de Laborde et de Marie-Anne-Thérèse Sabatier de Cabre, qu’il avait épousée le 1er juin 1824, devint l’égérie de Mérimée et reçut dans son hôtel les principales figures de la génération romantique ; elle devint la troisième femme membre de la Société des Bibliophiles français le 22 juillet 1846, après la maréchale duchesse de Raguse (30 janvier 1820) et la vicomtesse de Noailles (17 juin 1846), et démissionna le 11 février 1862, remplacée par le comte Octave de Béhague (1826-1879). Valentine de Laborde mourut en son domicile, le 13 mai 1894 ; elle fut inhumée, près de son mari, au cimetière de la rue Lekain.

Benjamin [V] Delessert

Deuxième enfant de François Delessert et de Julie Gautier, François-Benjamin-Marie Delessert, né à Paris le 17 novembre 1817, entra dans la maison de banque qui portait son nom et devint juge au Tribunal de Commerce de Paris. Député de la Seine le 8 juillet 1849, il rentra dans la vie privée au coup d’État du 2 décembre 1851.

Blanche Triqueti, par son père (1852)

Le 2 mars 1858, à Paris, Benjamin [V] Delessert épousa Blanche-Cécile-Eugénie-Sophie Triqueti, née le 29 novembre 1837, fille du baron Joseph-François-Henri Triqueti (1803-1874), sculpteur célèbre, et de Julia Forster (1814-1875).
Il s’occupa d’art et de sciences et fut l’un des promoteurs de la photographie. Membre de la Société héliographique, fondée en 1851, il publia une Notice sur la vie de Marc-Antoine Raimondi, graveur bolonais, accompagnée de reproductions photographiques de quelques-unes de ses estampes (Paris, Goupil et Cie, et Londres, D. Colnaghi et Cie, 1853), qui a paru en trois livraisons, une grand in-4 (12 reproductions), une petit in-folio (14 reproductions) et une in-folio (10 reproductions). Il fut également membre de la Société des Bibliophiles français, du 3 juin 1846, en remplacement de Malartic, au 11 décembre 1861, alors démissionnaire et remplacé par Félix-Sébastien Feuillet de Conches (1798-1887).
Ayant demeuré longtemps à l'hôtel d'Uzès, il mourut à son récent domicile, 21 rue Raynouard, le 25 janvier 1868, et fut inhumé dans le cimetière de la rue Lekain. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur le 22 mai 1867.
Sa veuve, qui épousa en secondes noces, le 26 novembre 1868, Edward Lee-Childe (1837-1911), ami de Prosper Mérimée (1803-1870), résidait l’hiver à Paris, 1 rue François Ier [VIIIe], et l’été au château de Varennes [Amilly, Loiret] ; 

Château de Varennes


Bibliothèque du château de Perthuis

elle avait hérité en 1866 du château du Perthuis [Conflans-sur-Loing, Loiret]. Très liée à l’écrivain Pierre Loti (1850-1923), elle publia dans la Revue des deux mondes : « Le Général Robert E. Lee » (juin 1873), « Impressions de voyage. Alexandrie et Le Care » (juillet 1882), « Impressions de voyage. La Haute-Egypte » (août 1882) et « En Tunisie. Souvenirs de voyage » (août 1884).


Elle décéda le 28 février 1886, en son domicile parisien, d’une tuberculose pulmonaire et fut inhumée au Père-Lachaise [division 42]. 


Les héritiers de Benjamin [V] Delessert mirent en vente sa bibliothèque, du lundi 22 au jeudi 25 janvier 1912, en 4 vacations, 9 rue Drouot, salle n° 7 : Catalogue des livres rares et précieux composant le cabinet de feu M. Benjamin Delessert (Paris, Em. Paul et fils et Guillemin, 1912, in-8, VIII-172 p., ill., portrait-front. et 15 pl. h.-t., 483 lots de livres + 86 lots d’estampes [numéros 484-569] + 3 lots de lettres et herbier de J.-J. Rousseau = 572 lots).
Théologie [33 lots = 6,83 %], Jurisprudence [1 lot = 0,20 %], Sciences et Arts [35 lots = 7,24 %], Livres à figures [137 lots = 28,36 %], Belles-Lettres [221 lots = 45,75 %], Histoire [56 lots = 11,59 %]. 87,20 % [75 lots] des estampes sont de Marc-Antoine Raimondi (v. 1480-v. 1534) et ses deux principaux élèves, Augustin de Venise et Marc de Ravenne.
La vente produisit au total 245.900 francs.


9. Les Conférences des Pères, recueillies par S. Jean Cassian, hermite, autheur fort ancien et excellent, mises en françois par Jean de Lavardin, abbé de l’Estoille. A Paris, chez Guill. Chaudière, 1589, in-8, mar. vert, riches comp. de feuillage sur le dos, aux angles et au centre des plats, tr. dor. (Rel. anc.). Très bel exemplaire réglé, recouvert d’une belle reliure de la fin du seizième siècle. A appartenu au chancelier Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain, dont la signature autographe figure au bas du titre et il provient en dernier lieu de la bibliothèque de J.-J. De Bure. 650 fr.


14. La Dévotion réconciliée avec l’esprit (par Lefranc de Pompignan). Troisième édition. Montauban, Teulières, et Paris, Chaubert, 1755, in-12, mar. r. dos orné et fleurdelisé, large dent. sur les plats, doublé et gardes de moire bleue, tr. dor. (Rel. anc.). Bel exemplaire aux armes de la Reine Marie Leczinska, femme de Louis XV. 980 fr.
43. Les Essais de Michel, seigneur de Montaigne. Nouvelle édition, faite sur les plus anciennes et les plus correctes ; augmentées de quelques lettres de l’auteur […] avec de courtes remarques et de nouveaux indices […] par Pierre Coste. Londres, J. Tonson et J. Watts, 1724, 3 vol. – Supplément aus Essais de Michel, seigneur de Montagne [sic], contenant la Vie de Montagne, par M. le Président Bouhier, le Caractère et comparaison d’Epictète et de Montagne, par Mr. Pascal et autres pièces […] Londres, Guill. Darres et Jean Brindley, 1740, 1 vol. – Ens. 4 vol. in-4, portrait gr. par Chereau le Jeune d’après Genest, mar. r. dos orné à petits fers, fil. dent. int. tr. dor. (Padeloup). Ex. réglé provenant de la bibliothèque de J.-J. De Bure. 3.001 fr.


59. Témoignage de temps, ou Enseignemens et enhortemens [sic] pour l’Institution d’un Prince ; composé par feu maistre Guillaume Budé. A Lyon, par Guillaume Gazeau, Imp. à Lyon par Denys de Harsy, 1547, in-8, mar. r. dos et angles des plats ornés, fil. dent. int. tr. dor. (Boyet). Au centre des plats, marque rarissime, sinon unique, dit Guigard, qui la cite d’après le baron Roger de Portalis, attribuée à Madame de Maintenon. 1.190 fr.


62. Charles IX. La Chasse royale. Paris, 1625, pet. in-8, mar. r. fil. à fr., dent. int. tr. dor. (Niedrée). 730 fr.


70. Meditationes Johannis de Turrecremata. Rome, 1473, in-fol. goth. de 30 f. sans chiffres, réclames ni signatures, fig. sur bois, mar. noir, fil. et encadrement à froid, dent. int. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Premier ouvrage avec illustrations publié en Italie. 9.400 fr.


71. La Comedia di Dante Alighieri. Impresso in Firenze, per Nicholo di Lorenzo della Magna, a di XXX dagosto M.CCCC.LXXXI, gr. in-fol., 366 f., car. ronds, fig., ais de bois couverts de v. noir estampé, fermoirs en cuivre (Rel. de l’époque). 2.000 fr.


72. Ulrich Molitor. De Laniis et Phitonicis. 1489, in-4 goth., 22 f. n. ch. à 34 lignes par page, fig. sur bois, mar. bleu jans. dent. int. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Rarissime, 7 gravures sur bois qui mettent en scène des pythonisses, des sorcières, des loups-garous, etc. 750 fr.


73. Der Schatzbehalter. Nuremberg, 1491, in-fol. goth. à 2 col., 352 f., fig. sur bois, mar. r. jans. dent. int. tr. dor. (Hardy). Traité mystique très rare, 93 grav. sur bois pleine page par Michel Wolgemuth, maître d’Albert Dürer. 2.610 fr.


75. Passio Sancti Meynhardi. Bâle, Michel Furter, 1496, in-4 goth., 14 f. n. ch. à 38 lignes par page, 21 fig. sur bois, mar. vert dos orné, fil. dent. int. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 700 fr.


76. Jacobi Philippi Bergomensis. De plurimis claris mulieribus opus. Ferrare, 1497, in-fol. goth., fig. sur bois, mar. bleu dos orné, grand milieu de feuillage, dent. int. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Un des premiers livres avec portraits. 1.600 fr.


84. Figuræ passionis Domini Nostri Jesu Christi ab Alberto Durer effigiata. S. l. n. d. [Nuremberg, 1510], in-4, fig., mar. vert, fil. et comp. à la Du Seuil à froid, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Suite rare et précieuse connue sous le nom de Petite Passion, de 36 planches portant le monogramme d’Albert Dürer et quelques-unes la date de 1510. 4.650 fr.


85. Abbas Joachim magnus propheta. Venise, 1516. (A la fin :) Impressum Venetiis per Laçaz de Soardis, 1516, die 5 aprilis, in-4 goth. de 76 f. ch. à 2 col. nombr. fig. gr. sur bois, mar. bleu, dos orné, fil. encadrement et riches comp. au pointillé, dent. int. tr. dor. (Niedrée). Plusieurs bois sont signés de la lettre M, qui seraient dûs à Mantegna.


88. Prognosticatio Johannis Liechtenbergers. Cologne, 1526, in-4, 60 f. non ch., fig. sur bois, mar. brun, dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil dor. et à froid, dent. int. tr. dor. (Capé). 45 fig. sur bois, y compris celle du titre donnant le portrait de l’auteur. De la bibliothèque de Colbert. 520 fr.


91. Le Rommant de la roze. Paris, Galliot du Pré, 1531, in-fol. goth. à 2 col., fig. sur bois, mar. bleu à long grain, dos orné, fil. et dent. dor. et à froid sur les plats, dent. int. tr. dor. (Simier). Ex. réglé. 1.300 fr.


93. L’Amour de Cupido et de Psiché. Paris, Jeanne de Marnef, 1546. – Le Plaint du passionnaire infortuné : avecq’aucuns épigrammes de divers propoz d’amour. Le tout par le Petit Angevin (Jean Maugin). Paris, Jeanne de Marnef, vefve de feu Denis Janot, 1546. Ens. 2 parties en 1 vol. in-16, 48 f. non ch., titres encadrés et fig. sur bois, mar. bleu dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil, doublé de mar. r. large dent. et fil. tr. dor. (Koehler). 32 vignettes gravées sur bois représentant les célèbres peintures de Michel Cocxie, l’élève de Raphaël, d’après des gravures exécutées en Italie par des élèves de Marc-Antoine. 1.360 fr.
100. Pourtraits divers. Lyon, Jean de Tournes, 1557, pet. in-8, mar. bleu à long grain, dos orné, fil. et comp. dor. et dent. à froid, tr. dor. (Rel. anc.). Titre et 62 pl. sur bois, la plupart exécutées par le Petit Bernard ; la 9e porte la croix de Lorraine. De la bibliothèque de J.-J. De Bure. 505 fr.


133. Labyrinte [sic] de Versailles (avec l’explication en prose par Ch. Perrault et trente-neuf fables en vers par Benserade). A Paris, de l’Imprimerie royale, 1679, in-8, titre gr. et fig., mar. r. dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil, tr. dor (Rel. anc.). 41 planches de Sébastien Le Clerc représentant les bosquets du Labyrinthe construit par le célèbre Le Nôtre dans le parc de Versailles, de 1667 à 1674. Aux armes et au chiffre de Louis XIV. Provient de la bibliothèque de J.-J. De Bure. 1.290 fr.
162. Les Œuvres de Monsieur de Molière. Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée d’une nouvelle Vie de l’auteur et de la princesse d’Elide […]. Amsterdam, Wetstein et Smith, 1741, 4 vol. pet. in-12, portr. et fig., mar. vert dos orné, fil. dent. int. tr. dor (Padeloup). Première édition contenant les fig. de J. Punt, d’après les dessins de Boucher. Ex. de Châteaugiron, de Méon et de Nodier, provenant en dernier lieu de la vente Riva. 4.500 fr.


166. L’Eloge de la folie, traduit du latin d’Erasme, par M. Gueudeville. Nouvelle édition revue et corrigée sur le texte de l’édition de Basle […] avec des notes (par Meunier de Querlon). S. l. [Paris], 1751, in-4, front. et fig. d’Eisen, mar. vert dos orné, large dent. tr. dor. (Derome). Sur grand papier avec toutes les pages et les figures dans un encadrement gravé et tiré en sanguine. 6.050 fr.
170. Contes et nouvelles en vers, par M. de La Fontaine. Amsterdam [Paris], 1762, 2 vol. in-8, fig. d’Eisen, vignettes, fleurons et culs-de-lampe de Choffard, mar. vert dos orné, fil. dent. int. tr. dor. (Derome le Jeune). Edition des fermiers-généraux provenant de la bibliothèque du prince N. Camerata. Fig. du Cas de conscience et du Diable de Papefiguière découvertes, celle du Remède en premier état, le portrait en médaillon de Choffard avant les tailles. Rel. signée. 3.200 fr.
178. Fables nouvelles (par Dorat). A La Haye et se trouve à Paris, chez Delalain, 1773, 2 tomes en 1 vol. in-8, 2 front., 1 fig. en tête de chaque tome, vign. et culs-de-lampe par Marillier, v. f. dos et coins ornés, fil. tr. dor. (Rel. anc.). Grand papier de Hollande. Le nom de Delalain est recouvert par une petite cache portant celui de Monory. 4.110 fr.


188. Les Aventures de Télémaque, par Fénelon. Paris, de l’Imprimerie de Monsieur, 1785, 2 vol. gr. in-4, pap. vélin, fig. par Monnet, gr. par Tilliard, mar. r. dos orné, large dent. avec ornements champêtres aux angles, doublé et gardes de tabis vert, dent. tr. dor. (Rel. anc.). Titre-frontispice gravé par Montulay, 72 estampes de Monnet gravées par Tilliard, 24 planches gravées donnant les sommaires des chants placés dans un encadrement et ornés de culs-de-lampe. 14.100 fr.
190. Fables de La Fontaine, avec fig. gravées par MM. Simon et Coiny. A Paris, de l’Imprimerie de Didot l’Aîné, 1787, 6 tomes en 12 vol. in-18, front. et 275 fig. gr. d’après les dessins de Vivier, mar. bleu, dos orné, dent. et comp. dor. sur les plats, doublé et gardes de moire r. dent. tr. dor. (Bradel). Ex. sur papier vélin, avec les figures en double état : avec la lettre et eau-forte (sauf une, le Torrent et la Rivière, non tirée en eau-forte). Seul exemplaire connu possédant les eaux-fortes. De la bibliothèque d’A.-A. Renouard, qui a ajouté à la fin du 12e vol. le poème d’Adonis, édition Didot, 1794, avec 4 fig. de Moreau et divers prospectus, titres, portraits et fig. en épreuves de choix. 11.000 fr.


195. Les Simulachres et Historiées Faces de la mort. Lyon, 1538. – Historiarum veteris testamenti icones ad vivum expressæ. Lyon, 1539. Ens. 2 ouvrages en 1 vol. pet. in-4, fig. sur bois, mar. r. dos orné, dent. tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque du comte Léon de Laborde. 7.000 fr.


216. Anacréon vengé, ou Lettres au sujet de la nouvelle traduction d’Anacréon, annoncée dans l’Année littéraire (par David). A Criticopolis, chez Pierre l’Observateur, 1755, in-12, mar. r. dos orné, fil. doublé et gardes de tabis bleu, tr. dor. (Rel. anc.). Sur grand papier, aux armes de la marquise de Pompadour, provenant de la bibliothèque du comte de La Bédoyère. 2.420 fr.


220. Clément Marot. Œuvres. Paris, 1582, in-16, portrait sur le titre, mar. r. dos orné, fil. doublé de mar. r. dent. tr. dor. (Boyet). Ex. réglé. De la bibliothèque de Nodier. 1.000 fr.


221. Œuvres de Joachim du Bellay, Angevin. Paris, Federic Morel et Vincent Sertenas, 1558-1560. Ens. 11 ouvrages en éditions originales en 1 vol. in-4, cart. ital. mar. vert, dos orné, fil. et riches comp. d’entrelacs et de fers azurés couvrant les plats, dent. int. tr. dor. (Hardy). Exemplaire réglé.
225. Les Œuvres de P. de Ronsard gentilhomme Vandomois, rédigées en six tomes. A Paris, chez Gabriel Buon au cloz Bruneau a l’enseigne de S. Claude. 1567. 6 tomes en 5 vol. in-4 car. ronds et ital. lettres ornées, portraits gr. sur bois, mar. r. dos orné, fil. dent. int. tr. dor. (Duru, 1858). Première édition collective, rare et recherchée. 4.250 fr. 


246. La Muse historique, ou Recüeil des lettres en vers, escrites à Son Altesse Mademoiselle de Longueville, par le sieur Loret. Année mil six cens cinquante. Livre premier. A Paris, chez Charles  Chenault, 1656, in-4, portr., mar. r. dos orné à petits fers, dent. sur les plats et dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). Première édition collective de la Muse historique de Loret. Portrait de Jean Loret gravé par Michel Lasne. Aux armes de Henri II de Savoie, dernier duc de Nemours, mari de Mademoiselle de Longueville. Acquis à la vente du marquis de Coislin. 1.050 fr.



247. La Lyre du jeune Apollon, ou la Muse naissante du petit de Beauchasteau (François-Mathieu Chastelet). Paris, Ch. de Sercy, 1657, 2 parties en 1 vol. in-4, front. et portr., mar. r. dos et plats entièrement couverts de riches comp. à petits fers et au pointillé, tr. dor. (Rel. anc.). Portraits du jeune auteur de 12 ans et de 26 des destinataires de ses vers. Edition originale. Exemplaire réglé. Reliure genre Le Gascon.



274. Jean Fox. Le Triomphe de Jésus-Christ. Genève, 1562, in-4, 78 f. non ch., car. ronds et musique notée, lettres ornées, mar. r. jans. dent. int. tr. dor. (Duru, 1857). On n’en connaît que 2 ou 3 exemplaires. 920 fr.



284. Poèmes dramatiques de T. Corneille. Paris, Pierre Trabouillet, 1692, 5 vol. in-12, mar. r. dos orné et fleurdelisé, fil. doublé de mar. r. dent. tr. dor. (Rel. anc.). Exemplaire réglé, aux armes de Marie-Adélaide de Savoie, duchesse de Bourgogne, provenant de la bibliothèque du marquis de Coislin. 2.050 fr.






293. Les Œuvres de Monsieur Molière. Reveuës, corrigées & augmentées. A Paris, chez Denys Thierry, Claude Barbin et chez Pierre Trabouillet, 1682, 8 vol. pet. in-8, fig. par Brissart, mar. r. dos orné, fil. dent. int. tr. dor. (Capé). Première édition complète, renfermant 6 pièces en éditions originales, ornée de figures dont plusieurs contiennent le véritable portrait de Molière dans ses principaux rôles. Un des quatre exemplaires connus (avec ceux de Soleinne, Regnault-Bretel à la BnF et Rochebilière) avec de nombreux feuillets du tome VII non cartonnés. Provient de la vente Chaudé, en 1867, y fut vendu 2.560 fr. à Delessert qui le fit relier à nouveau : il y ajouta à la fin du tome VII les pages 133 à 146, 169 à 184 et 203 à 218, cartonnées. 3.010 fr.



366. Le Bourru bienfaisant, comédie en trois actes et en prose, de Mr Goldoni. A Paris, chez la Vve Duchesne, 1771, in-8, mar. bleu dos orné, fil. doublé et gardes de papier à ramages dorés, tr. dor. (Vente). Exemplaire sur grand papier de Hollande, aux armes du chancelier de Maupeou. Reliure exécutée par Pierre Vente, le célèbre relieur des Menus plaisirs du Roi. 510 fr.



372. Segunda comedia de Celestina. Salamanque, 1536, in-4 goth., 108 f. non ch., titre encadré et vign. gr. sur bois, mar. orange, dos orné, milieu d’arabesques et de feuillage à petits fers, dent. int. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Edition fort rare, mise à l’index par l’Inquisition. 720 fr.



402. Gabriel de Minut. De la beauté. Lyon, 1587, in-8, mar. vert pomme, dos orné, dent. sur les plats, doublé et gardes de moire rose, dent. tr. dor. (Derome le Jeune). Titre doublé et déchiré en marge. Rel. signée. 510 fr.



410. Dante. L’Amoroso Convivio. Venise, 1531, in-8, mar. vert, fil. à froid, dent. int. tr. dor. (Duru). 660 fr.



469. Almanach royal, année M.DCC.LXXXVII. Paris, Debure, 1787, in-8, mar. r. dos fleurdelisé, riches comp. sur les plats, doublé et gardes de tabis bleu, tr. dor. (Rel. anc. armoriée).



480. Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le duc de La Vallière […] par Guill. De Bure, fils aîné. Paris, Guill. De Bure, 1783, 3 vol. in-8, portr. et fig., mar. r. dos orné, dent. sur les plats, tr. dor. (Bradel-Derome). Aux armes du baron Louis-Auguste de Breteuil, célèbre diplomate et ministre de Louis XVI, avec son ex-libris, et les prix d’adjudication manuscrits.  

          
Le 27 février 1961 eut lieu l’exhumation et le transfert des ossements des 12 membres de la famille Delessert, du cimetière de la rue Lekain au cimetière de Passy [Division 6], rue du Commandant Schloesing [XVIe].