jeudi 2 février 2017

Urbain Canel (1789-1867), oublié et rare



Urbain-Louis-François Canel est né à Nantes, rue Dauphine [rue Jean-Jacques Rousseau], le 1er janvier 1789, de Louise-Marie-Rose-Thérèse-Augustine Foucher et de Nicolas-Urbain-Charles Canel, négociant. Il fut baptisé le lendemain en l’église Saint-Nicolas : on y admirait, derrière le grand autel, un superbe vitrail de 1499 qui fut brisé en 1793, lorsque l’église devint un atelier d’armes ; détruite vers 1848, la première pierre de l’église actuelle fut posée le 1er août 1844.

Abandonnée par son mari, Madame Canel et ses trois enfants vinrent s’installer à Paris en 1816. 


Ayant fait de bonnes études, Urbain Canel trouva un emploi de teneur de livres [comptable] chez Madame Nattier, plumassier-fleuriste, 89 rue de Richelieu [IIe].

Depuis longtemps intéressé par la librairie, il finit par demander un brevet de libraire à la résidence de Paris, le 8 septembre 1822.
Sa demande fut appuyée par un certificat attestant son attachement à la famille royale et la régularité de ses mœurs et de sa conduite, et par un certificat attestant sa capacité pour exercer la librairie, signé par les libraires Jacques-Frédéric Lecointe et Étienne Durey, 49 quai des Augustins [quai des Grands Augustins, VIe], Aimé-François-Louis André, 59 quai des Augustins, Pierre-Jacques Heu, 18 rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice [partie de la rue Saint-Sulpice, VIe], et Alexandre-Pierre-Victoire Crevot, 11 rue de l’École-de-Médecine [Ve].


Il reçut son brevet le 4 décembre 1822 et s’installa à l’hôtel de Fécamp, 5 rue Hautefeuille [VIe].

Jean-Marie Audin
In J. Barbey d'Aurevilly. Notice sur J.-M. Audin (Paris, L. Maison, 1856, front.) 

Il s’associa alors, pour de nombreuses éditions jusqu’en 1826, avec Jean-Marie-Vincent Audin (1793-1851), breveté le 4 décembre 1815, qui avait ouvert, 25 quai des Augustins, un humble magasin de librairie, dont les cases furent d’abord garnies des livres de sa propre bibliothèque.


Ils commencèrent par éditer l’Histoire de l’administration du royaume d’Italie pendant la domination française (Paris, Audin et Urbain Canel, 1823, in-8), par Frédéric Coraccini [pseudonyme de Giuseppe Valeriani], traduite de l’Italien par Charles-Jean Lafolie, 


et le Guide du voyageur en France (Paris, Urbain Canel et Audin, et Toulon, Bellue, 1823, in-12), par Richard [pseudonyme de J.-M.-V. Audin], imprimés par Alexandre-Joseph-Eugène Guiraudet (1792-1860), 315 rue Saint-Honoré [Ier], vis-à-vis Saint-Roch, breveté le 27 mars 1820.


Puis ce furent les Nouvelles méditations poétiques (Paris, Urbain Canel et Audin, 1823, in-8) et la Lettre de M. Alphonse de Lamartine à M. Casimir Delavigne, qui lui avait envoyé son École des vieillards (Paris, Urbain Canel et Audin, 1824, in-18 et in-8), par Alphonse de Lamartine, imprimées par Thomas-François Rignoux (1781-1865), 8 rue des Francs-Bourgeois-S.-Michel [partie de la rue Monsieur-le-Prince, VIe], breveté le 14 mars 1820.
Ulfrand Ponthieu, Palais-Royal, galerie de bois [Ier], breveté le 1er décembre 1820, se joignit à eux à la fin de l’année 1823, pour quelques éditions.


En 1824, Canel déménagea 30 place Saint-André-des-Arts [VIe] et publia L’An 1860, ou Pline le jeune, historien de Charles X (Paris, Audin, Urbain Canel et Ponthieu, 1860 [i.e. 1824], in-8), par J.-M.-V. Audin, imprimé par Marie-Jean-Christophe Lebègue, breveté le 1er avril 1811, 8 rue des Noyers [disparue en 1855, Ve] ; avec Jean-Nicolas Barba, breveté le 1er octobre 1812, au Palais-Royal, Fiesque, tragédie en cinq actes et en vers (Paris, Urbain Canel, Audin, Ponthieu et Barba, 1824, in-8), par Jacques-François Ancelot, imprimée par Joseph Tastu (1787-1849), breveté le 12 août 1822, 36 rue de Vaugirard [VIe].

L’année 1825 fut une grande année pour Urbain Canel. Elle commença par l’édition de La Fiancée de Bénarès. Nuits indiennes (Paris, Urbain Canel et Audin, 1825, in-12), par Philarète Chasles, imprimée par Tastu, et la Suite des chants héroïques et populaires des soldats et matelots grecs (Paris, Urbain Canel et Audin, 1825, in-8), traduits en vers français par Népomucène-Louis Lemercier, imprimée par Rignoux.

Demi-maroquin à coins de V. Champs
Paris, Drouot, 12 juin 2015 : 2.200 €

Canel devint l’éditeur des Tablettes romantiques (Paris, Persan et Pelicier, 1823, in-18), qui n’avaient paru qu’une année et qui prirent alors le titre d’Annales romantiques. Recueil de morceaux choisis de littérature contemporaine (Paris, Urbain Canel et Audin, 1825, in-18) : recueil annuel, rival moderne de l’Almanach des muses, qui fut imprimé par Rignoux en 1825 et 1826 et par Honoré Balzac (1799-1850) en 1828 et qui passa en 1829 chez Louis Janet (1788-1840), 59 rue Saint-Jacques [Ve], perdant alors sa première physionomie.
Canel s’associa avec François-Marie Maurice, breveté le 24 août 1824, 1 rue des Mathurins-Saint-Jacques [rue Du Sommerard, Ve], pour publier Louis-Antoine-François de Marchangy : La Gaule poétique (6 vol. in-8), imprimée par Tastu, et Tristan le voyageur, ou la France au XIVe siècle (6 vol. in-8), dont les deux derniers tomes sont datés de 1826, imprimé par Rignoux.


Le 31 mars 1825, Canel s’associa avec Augustin Delongchamps, breveté le 20 juin 1820, 3 boulevard Bonne-Nouvelle [IIe], pour une édition de Molière en un volume in-octavo. Le 14 avril 1825, il s’engagea à partager avec Honoré Balzac, au 5e étage du 2 rue de Tournon [VIe], qui lui avait été présenté par le journaliste Horace Raisson (1798-1854), les bénéfices de cette édition : en résumé, l’entreprise fut faite pour 2/4 par Delongchamps, pour 1/4 par Canel et pour 1/4 par Balzac ; Balzac et Canel, étant courts d’argent, empruntèrent à un ami du père de Balzac, Jean-Louis-Henri Dassonvillez de Rougemont (° Paris, 1788), demeurant au château de Montglas, à Cerneux [Seine-et-Marne]. 

Simultanément, Canel entreprit avec Balzac, qui demeurait alors momentanément 7 rue de Berry [partie de la rue Charlot, IIIe], mais cette fois sans Delongchamps, une édition de La Fontaine, pour laquelle ils s’associèrent avec Charles Carron, médecin demeurant 17 rue de l’Odéon [VIe], et Jacques-Édouard Benet de Montcarville, officier en réforme demeurant 41 rue Meslay [IIIe].

Pour interpréter sur bois les vignettes d’Achille Devéria (1800-1857) dans les deux ouvrages, Balzac s’adressa au graveur Pierre-François Godard (1797-1864), 16 rue aux Sieurs, à Alençon [Orne], qui lui avait été recommandé par Nicolas-Edme Roret (1797-1860), libraire 10 bis rue Hautefeuille, mais qui fut rapidement remplacé par l’anglais Charles Thompson (1789-1843), introducteur en France de la gravure sur bois de bout.

Oeuvres complètes de Molière (1826)
Reliure de Joseph Thouvenin l'Aîné
Paris, Drouot, 12 juin 2015 : 22.500 €

Le Molière fut annoncé dans la Bibliographie de la France du 23 avril 1825 [n° 2.123], pour paraître en quatre livraisons. Le La Fontaine fut annoncé dans la Bibliographie de la France du 14 mai 1825 [n° 2.799], pour paraître en huit livraisons : les six premières livraisons furent annoncées avec les noms des éditeurs Urbain Canel et Baudouin frères.
Le 31 décembre 1825, le Molière était terminé : les frères Baudouin, brevetés en 1820, 17 rue de Vaugirard [VIe], derrière l’Odéon, s’étaient joints à Canel et Delongchamps, pour les Œuvres complètes de Molière, ornées de trente vignettes dessinées par Devéria et gravées par Thompson (Paris, Delongchamps, Urbain Canel et Baudouin frères, 1826, in-8), imprimées par Rignoux.
À cette date, la 5e livraison du La Fontaine était encore à paraître. La Société constituée pour le La Fontaine fut dissoute le 1er mai 1826, Canel, Carron et Montcarville cédant à Balzac seul tous les droits de propriété sur le La Fontaine, pour l’indemniser des sommes qu’il avait servies à Canel en vue de l’entreprise : Canel, tombé en déconfiture, était dans l’impossibilité de continuer. La dernière livraison du La Fontaine fut enfin annoncée dans la Bibliographie de la France du 29 juillet 1826 [n° 4.901].
Les Œuvres complètes de La Fontaine, ornées de trente vignettes dessinées par Devéria et gravées par Thompson (Paris, A. Sautelet et Cie ou Baudouin frères, 1826, in-8), imprimées par Rignoux, furent publiées par Auguste Sautelet (1800-1830), breveté le 22 mars 1825, place de la Bourse [IIe], et les frères Baudouin. On lit au verso du faux titre : « H. Balzac, éditeur-propriétaire, rue des Marais-S.-Germain, n° 17 ».

L’insuccès du Molière et du La Fontaine fut complet : on ne vendit pas vingt exemplaires en un an. Depuis, le La Fontaine sur Chine de la vente Brivois [1920, n° 677] a fait 2.100 fr. et le Molière sur Chine de la vente Descamps-Scrive [1925, 2e partie, n° 157] a fait 2.700 fr.

Entre-temps, Wann-Chlore (Paris, Urbain Canel et Delongchamps, 1825, 4 vol. in-12), roman anonyme de Balzac, était paru le 3 septembre 1825.  En octobre 1825, Victor Hugo et Charles Nodier s’étaient rendus à Chamonix, aux frais d’Urbain Canel, qui espérait de cette illustre collaboration un Voyage poétique et pittoresque au Mont-Blanc et à la vallée de Chamouny. L’ouvrage en question n’a jamais été écrit, mais on peut lire, dans la Revue des deux mondes (Paris, Bureau de la Revue, 1831, t. III-IV), le « Fragment d’un voyage aux Alpes (Août 1825) » de Hugo (p. 47-54), ainsi que « Le Mont Saint-Bernard » de Nodier (p. 571-594).

Le catalogue de Canel ne comportait pas que des titres de littérature, mais aussi de nombreux livres pratiques, édités avec Pierre-Adam Charlot, dit « Charles Béchet », breveté le 27 juillet 1824, 57 quai des Augustins : 


Le Vignole des ouvriers, des propriétaires et des artistes, renfermant les ordres d’architecture (Paris, Audin, Urbain Canel, Ponthieu et Charles Béchet, 1825, 2 vol. in-12) ; Astronomie enseignée en 22 leçons, ou les Merveilles des cieux (Paris, Audin, Urbain Canel, Ponthieu, Henri, Roux-Dufort, 1825, in-12), traduit de l’anglais par M. C. [Coulier] ; 


Manuel du manufacturier (Paris, Audin, Urbain Canel, Ponthieu et Charles Béchet, 1826 [sic], in-12), par Pelouze ; 


L’Art de jouer et de gagner à l’écarté, enseigné en 8 leçons (Paris, Audin, Urbain Canel, Ponthieu et Charles Béchet, 1826, in-12), par Teyssèdre.

À la fin de l’année 1825, Canel avait déménagé 9 rue Saint-Germain-des-Prés [partie de la rue Bonaparte, entre la rue Jacob et la place Saint-Germain-des-Prés, VIe], au 3e étage : il était le locataire, pour 1.800 francs par an, du libraire Charles Gosselin (1795-1859).


Il avait édité de nouveau Jacques-François Ancelot : Marie de Brabant, poème en six chants (Paris Urbain Canel, Ponthieu, 1825, in-8).


Et Alphonse de Lamartine : Chant du sacre ou la Veille des armes (Paris, Baudouin frères et Urbain Canel, 1825, in-8) ; 


Épitres (Paris, Urbain Canel et Audin, 1825, in-8) ; 

Frontispice t. I

avec Jules Boquet, 8 rue Vivienne [IIe], et Charles Gosselin, les Œuvres d’Alphonse de Lamartine (Paris, Jules Boquet, Ch. Gosselin et Urb. Canel, 1826, 2 vol. in-8).
Etait apparu un nouvel associé pour certaines publications : Ambroise Dupont, breveté le 1er février 1825, 37 quai des Augustins, qui travailla en 1825 et 1826 en association avec Jean-Pierre Roret, sans brevet, commissionnaire en librairie, sans lien de parenté avec Nicolas-Edme Roret : 


Le Couronnement d’un roi, essai allégorique en un acte et en prose (Paris, Urbain Canel, Dupont et Roret, Henri Jannin, 1825, in-8), par Louis-Jérôme Gohier ; 


Le Classique et le Romantique, dialogue (Paris, Urbain Canel , Ambroise Dupont et Roret, 1825, in-8), par P.-M.-L. Baour-Lormian ; 


Les Épreuves de Marguerite Lindsay (Paris, Ambroise Dupont et Roret, Urbain Canel, 1825, 4 vol. in-12), roman traduit de l’anglais d’Allan Cuningham par Mme la comtesse M*** [Molé] ; Encore un mot, seconde satire (Paris, Ambroise Dupont et Roret, Urbain Canel, 1826, in-8), par Baour-Lormian ; 


Collection de résumés géographiques, ou Bibliothèque portative de géographie physique, historique et politique, ancienne et moderne (Paris, Ambroise Dupont et Roret, Urbain Canel, 1826, 8 vol. in-18), sous la direction du colonel Bory de Saint-Vincent ; 


Nouveaux essais poétiques (Paris, Urbain Canel, Ambroise Dupont et Roret, 1826, in-18), par Delphine Gay [future épouse du publiciste Émile de Girardin].
Il avait édité aussi Alfred de Vigny : Poèmes antiques et modernes (Paris, Urbain Canel, 1826, in-8) ; 

Librairie Camille Sourget, catalogue n° 9 : 9.500 €

Cinq-Mars, ou une Conjuration sous Louis XIII (Paris, Urbain Canel, 1826, 2 vol. in-8). Et Jean-Gabriel Cappot de Feuillide : Vendéennes et chants hellènes (Paris, Urbain Canel, 1826, in-16) ; Le Jubilé, ode (Paris, Urbain Canel, 1826, in-8) ; avec Thomas Potey, brevet du 1er octobre 1812 renouvelé le 6 janvier 1820, 46 rue du Bac [VIIe], La Mort du duc Mathieu de Montmorency, chant élégiaque (Paris, Urbain Canel et Potey, 1826, in-8). Et encore deux tragédies en cinq actes de Népomucène-Louis Lemercier : Les Martyrs de Souli ou l’Épire moderne (Paris, Urbain Canel, 1825, in-8) et Camille ou le Capitole sauvé (Paris, Urbain Canel et Barba, 1826, in-8).   

Frontispice

Il avait publié Victor Hugo : Bug-Jargal, par l’auteur de Han d’Islande (Paris, Urbain Canel, 1826, in-12), imprimé par Alexandre Lachevardière (1795-1855), dit « Lachevardière fils », breveté le 9 décembre 1823, 30 rue du Colombier [partie orientale de la rue Jacob, VIe].


À partir de 1826, il utilisa parfois une marque portant son chiffre « UC » et la devise du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, « IE LAY EMPRINS. » [Je l’ai osé] : Bonaparte et les Grecs (Paris, Urbain Canel, 1826, in-8), par Louise Swanton-Belloc.

Honnête homme, dont la clairvoyance lui faisait dire « Sans emphase, sans charlatanisme, rien ne se vend », Urbain Canel fut suffisamment maladroit en affaires pour devoir déclarer sa faillite le 13 juillet 1826. Le règlement de la faillite intervint au mois de mars de l’année suivante, mais dès le mois de mai, Canel publia de nouveau : Armance, ou quelques scènes d’un salon de Paris en 1827 (Paris, Urbain Canel, 1827, 3 vol. in-12), anonyme par Stendhal ; L’Art de donner à dîner […] ; enseigné en douze leçons (Paris, Urbain Canel, 1828, in-18), « par un ancien maître d’hôtel du président de la Diète de Hongrie, ex-chef d’office de la princesse Charlotte » [Émile-Marc Hilaire] ; 


Tableaux poétiques (Paris, Urbain Canel, 1828, in-8), par le comte Jules de Rességuier.

Le 20 août 1828, en l’église Saint-Germain-des-Prés [VIe], Urbain Canel épousa Marie-Louise-Anna Roch, née à Lainville [Lainville-en-Vexin, Yvelines], le 5 thermidor An XII [24 juillet 1804], fille de Françoise-Rosalie d’Ausbourg et de François Roch, « vivant de son bien ».


Canel dut déménager 3 rue des Fossés-Montmartre [partie de la rue d’Aboukir, IIe, entre la place des Victoires et la rue Montmartre], partie de l’ancien hôtel de Rambouillet de La Sablière ou hôtel de Clairambault : 


Études françaises et étrangères (Paris, Urbain Canel, 1828, in-8), par Émile Deschamps ; Le Dernier Chouan ou la Bretagne en 1800 (Paris, Urbain Canel, 1829, 4 vol. in-12), par Honoré Balzac, imprimé par Tastu.

Pour la quatrième fois, Canel déménagea en 1829, 16 rue Jean-Jacques Rousseau [Ier].
Il s’associa avec Alphonse-Théodore-Hortensius Levavasseur, breveté le 26 mars 1829, au Palais-Royal, qui avait acheté en 1828 une partie du fonds de Ponthieu, pour éditer :  Poèmes par M. le comte Alfred de Vigny, auteur de Cinq-Mars ou une Conjuration sous Louis XIII (Paris, Charles Gosselin, Levavasseur, 1829, in-8) ; 


La Divine Comédie de Dante Alighieri, traduite en vers français par M. Antoni Deschamps (Paris, Charles Gosselin, Urbain Canel, Levavasseur, 1829, in-8) ; 


Fragoletta. Naples et Paris en 1799 (Paris, Levavasseur, Urbain Canel, 1829, 2 vol. in-8), anonyme par Henri de Latouche ; 


Contes d’Espagne et d’Italie par M. Alfred de Musset (Paris, A. Levavasseur et Urbain Canel, 1830, in-8) ; 

Reliure Semet et Plumelle
Librairie Koegui : 770 €

Le More de Venise, Othello (Paris, Levavasseur, Urbain Canel, 1830, in-8), tragédie traduite de Shakspeare en vers français, par le comte Alfred de Vigny ; Physiologie du mariage, ou Méditations de philosophie éclectique, sur le bonheur et le malheur conjugal (Paris, Levavasseur et Urbain Canel, 1830, 2 vol. in-8), par un jeune célibataire [Balzac] ; 


Les Sociétés secrètes de France et d’Italie (Paris, Levavasseur et Urbain Canel, 1830, in-8), par Jean Witt ; 

Envoi de l'auteur à Alexandre Dumas
Librairie Camille Sourget : 19.500 €

Les Consolations, poésies (Paris, Urbain Canel et Levavasseur, 1830, in-16), anonyme par Sainte-Beuve.


Pour éditer un ouvrage du célèbre Docteur Prosper Ménière (1799-1862), qui a donné son nom à une maladie de l’oreille interne et qui avait été le témoin de son mariage, Canel s’associa avec Chrétien-Victor-Gustave-Charles Heideloff (1800-1879), 1 quai Malaquais [VIe], qui avait acheté en 1828 une partie du fonds de Ponthieu : L’Hôtel-Dieu de Paris en juillet et août 1830 (Paris, Charles Heideloff et Urbain Canel, 1830, in-8).

Canel édita les grands noms de la littérature française et beaucoup d’écrivains célèbres, mais qui se vendirent mal. Le Corsaire, journal des spectacles, de la littérature, des arts, mœurs et modes, s’en fit l’écho, à sa manière, le 21 juin 1830 :

« Pauvre libraire romantique
Quoi, tes livres mignons, imprimés avec soin
Presqu’au sortir de ta boutique
Sont roulés en cornet chez le marchand du coin !
Je les plains, c’est mourir d’un trépas monotone
Mais je trouve pourtant leur destin naturel
Il ne faut pas que l’on s’étonne
De voir chez l’épicier des livres de Canel. »

Pour la dernière fois, Canel déménagea sa librairie en 1831, 104 rue du Bac [VIIe]. Il publia d’abord La Peau de chagrin, roman philosophique (Paris, Charles Gosselin, Urbain Canel, 1831, 2 vol. in-8), par M. de Balzac, imprimé par Claude-Jacques Cosson (1789-1866), breveté le 27 juillet 1818, 9 rue Saint-Germain-des-Prés.
Puis il s’associa avec Adolphe Guyot, 18 place du Louvre [Ier] : 

Librairie Eric Grangeon : 1.000 €

Iambes (Paris, Urbain Canel et Ad. Guyot, 1832, in-8) par Auguste Barbier ; 


Le Saphir. Morceaux inédits de littérature moderne (Paris, Urbain Canel et Adolphe Guyot, 1832, in-18) ; L’Émeraude, morceaux choisis de littérature moderne (Paris, Urbain Canel et Ad. Guyot, 1832, in-18) ; 


Contes bruns. Par une [tête à l’envers : vignette de Tony Johannot, gravée par Thompson] (Paris, Urbain Canel et Adolphe Guyot, 1832, in-8), imprimés par Adolphe-Auguste Éverat, breveté le 1er août 1832, 16 rue du Cadran [rue Léopold Bellan, IIe] ; La Coucaratcha (Paris, Canel, Guyot, 1832, 2 vol. in-8), par E. Sue ; 


L’Élysée-Bourbon (Paris, Urbain Canel, Adolphe Guyot, 1832, in-18), anonyme par Jules Janin ; Heures du soir. Livre des femmes (Paris, Urbain Canel, Adolphe Guyot, 1833, 4 vol. in-8) ; 


Le Livre rose, récits et causeries de jeunes femmes (Paris, Urbain Canel, Adolphe Guyot, 1834, 4 vol. in- 8) ; Étude sur Mirabeau (Paris, Adolphe Guyot et Urbain Canel, 1834, in-8), par Victor Hugo ; Cécile, par Eugène Sue (Paris, Urbain Canel et Adolphe Guyot, 1834, in-12).

Ces volumes, élégants et imprimés sur papier vélin, coûtaient cher et se vendaient mal. Adolphe Guyot fit faillite le 8 novembre 1834 et fut détenu pour dettes à la nouvelle Maison d’arrêt, 70 rue de Clichy [IXe, fermée en 1867 et démolie en 1872] :

« Une visite de quelques heures à la Prison pour Dettes, suffit pour convaincre l’esprit le plus rebelle de l’inutilité de la contrainte par corps. Elle n’atteint jamais le débiteur solvable, et dès-lors, de mauvaise foi quand il ne paie pas. Elle ne frappe que le malheur ; elle ne sert qu’à grossir la liste des frais ; elle augmente le montant de la dette, et elle enlève les seules ressources qui puissent la payer, le travail, la confiance et l’industrie. »
(Jules Mayret. « La Nouvelle Prison pour dettes. » In Paris, ou le Livre des cent-et-un. Paris, Ladvocat, 1834, t. XV, p. 363)

Urbain Canel, ruiné, dut quitter la librairie. Il redevint teneur de livres dans une grande maison de commerce. Après avoir sollicité en vain une place de lecteur pour le colportage auprès de la Direction de la Librairie, l’ami de Balzac et de George Sand mourut le 17 décembre 1867, en son domicile parisien, 20 rue du Cirque [VIIIe]. Sa veuve se retira dans sa famille maternelle, à Lainville, où elle mourut le 28 juin 1888.











mardi 27 décembre 2016

Le Président de Rieux (1687-1745), nouveau riche et libertin



Le président de Rieux a souvent été présenté sous les traits d’un libertin, qui aurait mené une vie indécente, consacrée aux plus célèbres danseuses de l’Opéra :

« M. le comte de Clermont, prince du sang, abbé de Saint-Germain-des-Prés, avoit depuis sept à huit ans pour maîtresse mademoiselle Camargo, fameuse danseuse de l’Opéra, d’où elle étoit sortie ; elle faisoit sa résidence dans le château de Berny, terre de l’abbé de Saint-Germain, mais on n’en parloit plus.
M. le comte de Clermont a changé de maîtresse ; on dit même que la Camargo y a donné les mains pour sortir de l’esclavage où elle étoit. Ce prince a pris mademoiselle Le Duc, autre danseuse de l’Opéra, qui n’est pas jolie, mais bien faite, et il l’a enlevée au président de Rieux, fils du grand Samuel Bernard, et pour qui il a fait des dépenses considérables.
La Camargo, qui aime infiniment la danse, est rentrée à l’Opéra, peut-être aussi comme asile de protection. Le président de Rieux, pour se venger du tour qui lui avoit été fait, a déterminé avec de l’argent mademoiselle Camargo à l’écouter. Cela a fait du bruit dans Paris. Le président se ruine avec cette conduite, et il n’a que soixante mille livres de rentes substituées avec lesquelles il ne pouvoit plus vivre. On avoit parlé de l’obliger à se défaire de la charge de président des enquêtes, dont la conduite doit être plus grave et moins indécente ; mais cela est tombé, et il est en place. » [sic]
(Chronique de la Régence et du règne de Louis XV (1718-1763) ou Journal de Barbier (Paris, Charpentier, 1866, t. III, p. 341-342, « Avril 1742 »)

Marie-Anne de Cupis, dite "La Camargo", par Nicolas Lancret
Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg

« La Camargo a toujours été très-laide, & trente personnes se sont dérangées pour elle, moins parce qu’elle se disoit la niéce d’un Cardinal, que parce qu’elle avoit le talent de faire un entrechat. Le Président de Rieux, fils du fameux Samuel Bernard, qu’on a cru faussement Juif à cause de ces deux noms, avoit la manie d’être bien auprès de toutes les femmes qui faisoient du bruit, & vouloit voir de près la Danseuse ; il se fit annoncer chez elle par un écrin de soixante mille francs, & par une écuelle d’or remplie de doubles louis. Camargo sensible à un compliment aussi éloquent, reçut le grave Sénateur qui, aprenant le lendemain que la fille d’un chapelier étoit courue par un Prince, voulut l’avoir, & usa pour y réussir des moyens efficaces qu’il avoit employés auprès de la Camargo ; croiroit-on que ce superbe prodigue avoit l’impudence de dire qu’il ne savoit comment on pouvoit se ruiner ? L’insolent l’auroit apris si la petite vérole, qui s’étoit méprise, ne l’eût pas emporté ; je me rappelle à propos de cela qu’il mourut le même jour que l’Abbé Desfontaines, le fléau des Auteurs, aussi mal-honnête homme que le vil Fréron, mais plus éclairé & plus amusant que lui ; ce fut à l’occasion de ces deux morts que l’athée Boindin fit ces vers :
Desfontaines & Rieux ont fini leurs destins,
Riez Auteurs, pleurez Catins. » [sic]
(Almanach des gens d’esprit. Londres, Jean Nourse, 1763, p. 63-64)

Sans doute, le président de Rieux a mené l’existence facile des grands seigneurs de son temps, mais il était avant tout un lettré et un amateur d’art. Il tenait ses goûts artistiques de ses ancêtres. 


Son grand-père, Samuel [I] Bernard (1615-1687), 10 rue de l’Université [VIIe], avait acquis une assez grande renommée comme peintre et graveur et avait été professeur à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Son trisaïeul, Noël Bernard, avait été lui-même maître peintre au faubourg Saint-Germain [VIIe].

Arbre généalogique simplifié

Appartenant à la religion protestante et venus d’Amsterdam [Hollande], les Bernard s’étaient installés à Paris vers la fin du XVIe siècle. Samuel [I] Bernard s’était converti au catholicisme le 20 octobre 1685, dans l’église Saint-Sulpice [VIe], son fils Samuel [II] Bernard (1651-1739) le 17 décembre suivant, en l’église Saint-Michel de Saint-Denis [Seine-Saint-Denis]. Le nom patronymique des Bernard tendit à devenir un simple prénom ajouté aux titres qu’ils conquirent.

Le président de Rieux, Gabriel Bernard, est né à Paris, rue du Bourg-l’Abbé [IIIe], le 8 novembre 1687, second fils de Samuel [II] Bernard, marchand mercier, et de Madeleine Clergeau (1669-1716), sa première femme, fille d’une faiseuse de mouches de la rue Saint-Denis, qu’il avait épousée au début de l’année 1681.
Gabriel Bernard entra jeune dans la magistrature et fut reçu conseiller au Parlement de Paris le 31 août 1714.

Eglise Saint-Eustache

Il épousa, le 23 août 1717, en l’église Saint-Eustache, Bonne de Saint-Chamans (1690-1718), fille de François de Saint-Chamans et de Bonne de Chatellux, qu’il perdit le 9 novembre 1718, morte des suites de couches. Il avait reçu, à l’occasion de ce premier mariage, la seigneurie de Rieux [Rieux-Minervois, Aude], qui avait été attribuée à son père le 21 juin 1707, après confiscation de ce fief appartenant au comte de Mérinville endetté : il était devenu ainsi comte de Rieux, baron et seigneur de La Livinière [Hérault], Ferrals [Ferrals-les-Montagnes, Hérault], Fief-Madame [Peyriac-Minervois, Aude], Saint-Julia-de-Bec [Aude] et Azille[Aude].  


Il se remaria, le 29 mai 1719, à Boissy-Saint-Léger [Val-de-Marne], dans la chapelle du château de Grobois, acheté par son frère aîné Samuel-Jacques le 4 mars 1718, avec Suzanne-Marie-Henriette de Boulainvilliers (1696-1776), fille d’Henri de Boulainvilliers (1658-1722), le célèbre historien, et de Marie-Anne-Henriette Hurault († 1696). Son épouse lui apporta la seigneurie de Saint-Saire [Seine-Maritime].
Il devint, le 7 janvier 1727, président de la seconde chambre des enquêtes du Parlement, fonction qu’il remplit jusqu’à sa mort.

Samuel [II] Bernard, par Hyacinthe Rigaud

Son père, Samuel [II] Bernard, était devenu le plus grand banquier de l’Europe et avait déménagé dans une petite maison qu’il louait rue Mauconseil [Ier], avant d’acheter, le 16 juin 1714, une grande maison 7 place des Victoires [Ier], où il avait établi ses comptoirs de banque, 

Plan de Turgot



Les Messageries royales, 22 rue Notre-Dame-des-Victoires

et une autre 22 rue Notre-Dame-des-Victoires [IIe], qui resta la propriété de la famille jusqu’en 1785, quand elle fut vendue aux Messageries royales [détruit en 1809]. Il avait perdu Madeleine Clergeau le 17 novembre 1716, au cours d’une épidémie de variole, et s’était remarié le 12 août 1720, à Méry-sur-Oise [Val-d’Oise], avec Pauline-Félicité de Saint-Chamans (1695-1763), sœur cadette de l’épouse de son fils.

Le 17 août 1733, à Saint-Eustache, eut lieu le mariage de la fille du président de Rieux, Anne-Gabrielle-Henriette Bernard (1722-1736), avec Gaston-Charles-Pierre de Lévis (1699-1757), marquis de Mirepoix : 

In Mercure de France, septembre 1733, p. 2.108

la fête, qui dépassa en splendeur tout ce qu’on avait vu jusqu’alors, eut lieu la veille dans l’hôtel de la rue Notre-Dame-des-Victoires.

Le 18 janvier 1739, le président de Rieux perdit son père, mort place des Victoires, qui laissait un avoir évalué à trente millions de livres, partagé entre ses trois enfants survivants. Outre de l’argent, ils reçurent : Samuel-Jacques, le comté de Coubert [Seine-et-Marne], acheté par son père en 1719 ; Gabriel, le château de Glisolles [Eure, détruit en 1741, reconstruit en 1753, détruit en 1940], acheté par son père en 1736, et les maisons des rue et place Notre-Dame-des-Victoires ; Bonne-Félicité, épouse du premier président Molé, des diamants. 

Méry-sur-Oise : le château et le clocher de l'église Saint-Denis

La veuve de Samuel [II] Bernard hérita d’une rente et préféra aller vivre à Méry-sur-Oise. Le comte de Mérinville obtint l’annulation de l’adjudication du comté de Rieux aux Bernard et rentra dans l’entière possession de son héritage.

Château de Passy, par  Charles-Léopold  Grevenbroeck, 1743
Musée Carnavalet

Le 18 mars 1739, le président de Rieux racheta le château de Passy, que son père avait offert, le 30 avril 1722, à sa maîtresse, Marie-Armande Carton (1684-1745), dite « Manon Dancourt », veuve de Jean-Louis-Guillaume de Fontaine (1666-1714), qui lui avait donné trois filles. Il passa dès lors la plus grande partie de sa vie dans cette résidence, une des plus belles des environs de Paris. Il y donna des fêtes magnifiques, où il reçut une société brillante, grands seigneurs, écrivains et artistes. Le château, détruit en 1826, était situé au niveau du 2 rue des Marronniers [XVIe] :

« Le château, comprenant deux corps de bâtiments coupés à angles droits, avait du côté d’Auteuil une façade longue de 48 mètres où se trouvaient un grand salon de compagnie, éclairé de cinq fenêtres, et deux autres pièces plus petites ; trois perrons de sept marches descendaient aux terrasses superposées, et le regard était conduit des parterres en gazon de la première terrasse, ornés de sculpture, aux bassins et aux vasques en marbre de la seconde, enfin aux bosquets géométriques et aux salons en verdure des derniers plans. L’autre aile du château donnait sur la Seine ; là, au rez-de-chaussée, se trouvait la salle à manger, longue pièce de 24 mètres, où sept fenêtres s’ouvraient de plain-pied sur les jardins. La vue s’étendait sur la rivière et ses bateaux à voiles, sur les berges occupées par le halage et enfin sur la route de Paris à Versailles toujours retentissante du perpétuel va-et-vient des carrosses, qui, la nuit, mettaient un cordon de lumière sur les chemins.
Un théâtre et une chapelle terminaient les deux ailes. […]
Une vaste cour grillée s’étendait devant le château. On apercevait à gauche une salle de marronniers ornée au centre d’un groupe de sculptures ; un portique de treillage entourait un bassin rond, un bosquet de tilleuls se découpait en arcades sur l’horizon : ainsi se terminait le parc dessiné par Le Nôtre.
En contre-bas d’une des terrasses étaient l’orangerie, les volières en filigrane d’or, des serres remplies de plantes et d’essences rares. Les jardins potagers, qu’il ne faut pas omettre, étaient en partie clos de murs. »
(E. de Clermont-Tonnerre. « Le Château de Passy » In La Revue hebdomadaire. Paris, Tome XI-Novembre 1912, p. 357-358)
 
Dans l’hôtel de la rue Notre-Dame-des-Victoires était réunie une collection de 80 tableaux à l’huile et au pastel, des paysages, des scènes de genre, et surtout des portraits. Le président de Rieux s’intéressa à la peinture et se prit d’une grande admiration pour le pastelliste de Saint-Quentin [Aisne], qui avait exposé pour la première fois au Salon de 1737. 

Gabriel Bernard, président de Rieux, par Maurice-Quentin de La Tour

Son portrait, par Maurice-Quentin de La Tour (1704-1788), fut exposé au Salon de 1741. Jamais le peintre n’avait exécuté d’œuvres aussi grandes, jamais il n’en devait refaire de cette dimension : le pastel mesure, hors cadre, 210 x 151 cm.   

« Dans l’enfoncement qu’on trouve ensuite est placé au grand Pastel qui est le Portrait en pié de M. le President de Rieux dans son Cabinet. Il est assis dans un Fauteuil de Velours Cramoisi, adossé à un Paravant, & ayant sur sa droite une Table couverte d’un Tapis de Velours bleu, enrichi d’une Crepine d’or. Entre les objets qui chargent cette Table on remarque come inimitables une Tabatiere de ces Maubois entrelassees & une Plume un peu jaspée d’encre sur ses barbes.
Quant à la figure, ele est d’une ressemblance qui passe toute expression, toute imagination mème, & d’une Etude qui tient du Prodige. Ele est terminée avec le dernier soin, & a cependant un air de liberté qui en déguise le travail. Ele est vétüe d’une Simarre noire & d’une Robe rouge. L’un se recrie : la Peruque, l’autre, le Rabat ; les plus somptueux sont jaloux des Manchetes. On sent la legereté du Cheveu, la finesse de la Trame du Linge & l’Aprêt de l’Ouvriere, la délicatesse & le détail immense de la Dentele. C’est un Ouvrage miraculeux, c’est de la Saxe mème, il n’est pas possible que ce ne soit que du crayon. Cete figure a sous les Pieds un Tapis de Turquie, qui n’est pas moins admirable dans son genre. Ce M. la Tour a les secrets de toutes les Manufactures.
Tout ce que les Gens les plus dificiles trouvent à redire dans ce grand morceau, roule sur les accidens. C’est que le Paravant est trop près du Fauteüil : il ne fait pas bien son effet. Une Table couverte les choque : ils disent qu’un Burau à pié de Biche doneroit plus de dégagement, & n’auroit pas mis tant d’étofe l’une sur l’autre. Enfin, malgré ces legeres circonstances, ce Tablau sera toujours un Chef-d’œuvre en son espéce ; & pour vous doner une idée de son Prix, on prétend que la Glace & le Cadre coutent seuls cinquante loüis. » [sic]
(« Lettre à Monsieur de Poiresson-Chamarande, lieutenant-général au bailliage & siège présidial de Chaumont en Bassigny, au sujet des tablaux exposés au Salon du Louvre. Paris, le 5. Septembre 1741. » In Les Amusemens du cœur et de l’esprit. Amsterdam, Zacharie Chastelain, 1741, t. XI, p. 14-15)

Vendu en 1918 par le duc de Clermont-Tonnerre, il devint la propriété de Maurice de Rothschild en 1931, fut saisi par les Allemands en 1940, retrouva son propriétaire après la guerre et fut acheté en 1994 par le J. Paul Getty Museum [Los Angeles, États-Unis]. 

Suzanne de Boulainvilliers, présidente de Rieux, par Maurice-Quentin de La Tour

Le peintre représenta aussi Madame de Rieux en habit de bal, tenant un masque à la main : ce pastel figura au Salon de 1742.

Le président de Rieux aima aussi les livres. Le calligraphe Siméon Le Couteux fut son bibliothécaire vers 1720. Plusieurs de ces livres furent achetés en 1738, à la vente du comte d’Hoym (1694-1736). 


Ses livres étaient habillés de maroquin rouge, frappés de ses armes, 


et portaient un ex-libris [100 x 68 mm.], dessiné par Duflocq (1702-1749) et gravé par Gabriel Huquier (1695-1772), à ses armes : « D’azur, à l’ancre d’argent senestrée en chef d’une étoile de même, rayonnée d’or » ; l’écu est surmonté d’une couronne comtale et est soutenu, à droite, par un amour ; à gauche, Minerve, symbole de la sagesse, assise, casquée et tenant une lance, l’égide à ses pieds ; au bas, « EX LIBRIS G. BERNARD DE RIEUX. ».

Le président de Rieux mourut le 13 décembre 1745, en son hôtel de la rue Notre-Dame-des-Victoires. 



Il fut inhumé dans les caveaux de Saint-Eustache, où était la sépulture de sa famille, sous la chapelle de la Vierge. Ses biens et ses collections furent alors en partie dispersés. Le château de Glisolles passa aux mains de son fils, Anne-Gabriel-Henri Bernard de Rieux (1724-1798), marquis de Boulainvilliers, dit « le président de Boulainvilliers », qui s’y retira quelques années plus tard : il y fit transporter plusieurs des œuvres d’art qui avaient embelli les demeures de Paris et de Passy, notamment les portraits exécutés par La Tour. Le château de Passy, avec son mobilier et les œuvres d’art qu’il contenait, fut loué, le 4 mai 1747, au fermier général Alexandre-Jean-Joseph Le Riche de La Popelinière (1693-1762), qui avait épousé une nièce de Manon Dancourt.



La bibliothèque fut vendue, en son hôtel de la rue Notre-Dame-des-Victoires, à partir du 27 février 1747 : Catalogue des livres de la bibliothèque de feu Monsieur le Président Bernard de Rieux (Paris, Barrois, 1747, in-8, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-xv-[1]-351-[1]-40-[2] p., 3.314 – 1 [pas de n° 510] + 6 * = 3.319 lots).
Avec une « Table des auteurs », les « Auteurs de l’édition des Elzeviers », les « Auteurs avec les notes qu’on appelle Variorum », les « Auteurs à l’usage de Monseigneur le Dauphin » et une « Note des livres qui ont été mis dans ce catalogue par erreur ».
Théologie [510 lots = 15,36 %], Jurisprudence [436 lots = 13,13 %], Sciences et Arts [423 lots = 12,74 %], Belles-Lettres [750 lots = 22,59 %], Histoire [1.200 lots = 36,15 %]. Nombreux manuscrits, dont les Registres du Conseil du Parlement de Paris [nos 2.885 et 2.887-2.890], qui furent acquis par le frère aîné du défunt, Samuel-Jacques Bernard.

Cette bibliothèque produisit 53.395 livres 17 sols, sans compter les livres retirés.
  

Catalogue p. xv
 
58. Histoire du V. & du N. Testament enrichie de plus de 400 figures gravées par les plus habiles maîtres, avec l’explication par David Martin. Amsterd., P. Mortier, 1700, 2 vol. in-fol., v. b. 65 livres.
89. L’Année chrétienne, contenant les messes des dimanches, fériés & fêtes de l’année en latin & en françois, avec les explications des épîtres & évangiles & un abrégé de la vie des saints dont on fait l’office (par Nicolas le Tourneux). Paris, Elie Josset, 1685 & suiv., 12 vol. in-12, mar. r. 96 livres.
196. Œuvres de Mes. Jacq. Bégn. Bossuet, ev. de Meaux. Paris, le Mercier, 1743 & suiv., 10 vol. in-4, v. b. 139 livres.


363. De l’Abus des nudités de gorge, seconde édition. Paris, de Laize de Bresche, 1677, in-12, v. m. 1 livre 16 sols.
585. Le Bouclier de la France, ou les Sentimens de Gerson & des Canonistes touchant les differens des Rois de France avec les Papes, par Eust. le Noble. Cologne (Paris), 1692, in-12, v. m. 1 livre 16 sols.
653. Ordonnances des Rois de France de la troisième Race recueillies, avec des observ. sur le texte par Eusèbe de Lauriere & Denys Fr. Secousse. Paris, Imprimerie Royale, 1723 & suiv., 6 vol. in-fol., v. é. 120 livres.
759. Coutumes de Beauvoisis par Phil. de Beaumanoir : Assises & bons usages de Jerusalem, par Jean d’Ibelin & autres anciennes Coutumes, avec des Notes & un Glossaire, par Gasp. Thaumas de la Thaumassiere. Bourges, Fr. Toubeau, 1690, in-fol., v. b. 13 livres 19 sols.
847. Coustumes de Rheims, avec les commentaires de J. Bapt. de Buridan. Paris, L. Billaine, 1665, in-fol., v. b. 3 livres.
865. Coutumes du Bailliage de Vermandois, de Chaalons, de Rheims, de S. Quentin. Rheims, N. Bacquenois, 1557, in-fol. sur vélin. 11 livres 11 sols.
917. Caroli Molinaei Opera, editio novissima auctior & emendiator. Paris, Nicolas Pepingué, 1681, 5 vol. in-fol., v. b. 100 livres.
1.073. De la Sagesse, trois livres par Pierre Charron. Leide, les Elseviers, 1646, in-12, mar. r. 9 livres 10 sols.
1.110. Histoire physique de la Mer, enrichie de figures dessinées d’après le naturel, par Louis Ferdinand, comte de Marsilli. Amsterdam, 1725, in-fol., v. f. 27 livres 2 sols.


1.156. Phytantoza Iconographia, sive conspectus aliquot millium à Joanne Guillelmo Weinmanno plantarum, arborum, fruticum, florum, fructuum, fungorum &c. collectarum. Ratisbonae, 1737 = 1745, 4 vol. in-fol., Cart. M., v. b. 800 livres.
1.205. Le Cuisinier moderne qui apprend à donner toutes sortes de repas en gras & en maigre, avec figures, par Vincent de la Chapelle, chef de cuisine du prince d’Orange. La Haye, Antoine de Groot, 1735, 4 vol. in-8, v. é. 18 livres.


1.223. Godefridi Bidloo Anatomia humani corporis 105 tabulis per Guil. de Lairesse ad vivum delineatis demonstrata. Amstel., Vid. à Someren, 1685, in-fol., Carta Maxima, mar. r. 190 livres.
1.247. Thrésor de la philosophie des anciens, où l’on conduit le lecteurs par degrés à la connoissance de tous les métaux & minéraux, la manière de les travailler & de s’en servir pour arriver enfin à la perfection du grand œuvre, par Barent Comders-Van-Helpen. Cologne, Cl. le Jeune, 1693, in-fol., vél. 24 livres.
1.275. Traité de l’horlogerie méchanique & pratique, par Thiout. Paris, Charles Moette, 1741, 2 vol. in-4, v. m. 15 livres 10 sols.
1.287. Le Diverse & Artificiose Machine del’Agostino Ramelli, composte in lingua italiana & francese. A Parigi, 1588, in-fol., v. é. 59 livres 50 sols.
1.311. Les Dix Livres d’architecture de Vitruve, corrigés & traduits avec des notes & des figures, par Cl. Perrault, seconde édition augmentée. Paris, J. B. Coignard, 1684, in-fol., v. b. 30 livres.



1.321. Architecture de Philibert de Lorme. Paris, Féd. Morel, 1568, in-fol., v. m. [vendu avec le n° 1.320 : 5 livres 10 sols.]. Sotheby's, Paris, 19 novembre 2012 : 16.250 €



1.348. L’Art des armées navales, ou Traité des évolutions navales, & théorie de la construction des vaisseaux, enrichie de figures, par le P. Paul Hoste. Lyon, Bruyset, 1727, in-fol., v. f. 22 livres.
1.560. Œuvres de Jean de La Fontaine, nouvelle édition. Anvers (Paris), 1726, 3 vol. in-4, v. f. 48 livres.
1.617. La Destruction de Troye la grant, mise par personnaiges par Jacq. Milet (ou Millet). Lyon, Methys Huss, 1491, in-fol., mar. r. 80 livres.
1.715. Œuvres de François Rabelais. Nouvelle édition ornée de figures de Bernard Picart, & augmentée de nouvelles remarques de le Duchat, de le Motteux & autres pièces. Amst., Fréd. Bernard, 1741, 3 vol. in-4, gr. pap., mar. bl. 67 livres.
1.775. Il Decamerone di Giovanni Boccaccio nuovamente corretto & con diligentia stampato. In Firenze li heredi di Phil. di Giunta, 1527, in-8 maggiore, mar. cit. 100 livres.
1.872. Les Avantures de Télémaque fils d’Ulysse, par François de Salignac de la Mothe Fénelon, nouvelle édition, avec des figures en taille douce de Bernard Picart. Amst., Westein, 1734, in-fol., mar. bl. 180 livres.
1.912. Le Roman de Lancelot du Lac, avec figures. Paris, Ant. Vérard, 1494, 3 vol. in-fol., gr. pap., mar. r. 126 livres.


2.043. Œuvres diverses de M. (Bernard) de Fontenelle, nouvelle édition, augmentée & enrichie de figures gravées par Bernard Picart. La Haye, Gosse, 1728, 3 vol. in-fol., mar. bl. 90 livres. Sotheby’s, Paris, 6 novembre 2014 : 9.375 € [les roulettes au chasseur ainsi que les doubles rameaux dans les angles des caissons rappellent la façon des décors du doreur de Boyet].
2.078. Cymbalum mundi, ou Dialogues satyriques de Bonaventure des Périers : nouvelle édition augmentée d’une Préface & des notes de Bernard de la Monnoye. Amst. (Paris), 1732, in-12, v. b. 2 livres 11 sols.


2.121-2.122. Méthode pour étudier l’Histoire, avec un catalogue des principaux Historiens & des remarques par Nic. Lenglet du Fresnoy. Paris, P. Gandouin, 1729, 4 vol. in-4, gr. pap., v. f. - Supplément. Paris, Rollin, 1740, 2 vol. in-4, gr. pap., v. f. 612 livres. Sotheby’s, Paris, 19 novembre 2012 : 4.750 €.



2.137. Théâtre contenant la description de la carte du monde, avec celles de l’Europe, de la France, de l’Espagne, d’Angleterre &c. avec un discours sur chacune d’icelle. Paris, Melch. Tavernier, 1642, in-fol. magno, v. m. 60 livres 10 sols.
2.142. Le Grand Atlas ou Cosmographie Blaviane, en laquelle sont décrits la Terre, la Mer & le Ciel, par Jean Blaeu (ouvrage enrichi de cartes, de figures en taille douce, lavées & mises en couleurs). Amst., Jean Blaeu, 1667, 12 vol. in-fol., vél. 399 livres 19 sols.
2.145. Atlas contenant le monde, les 4 hémisphères, l’Europe, les Isles Britanniques, les Royaumes du Nord, la Moscovie, la France, l’Espagne, l’Italie & la Turquie d’Europe, l’Allemagne, les Provinces-Unies, la Pologne, l’Asie, la Turquie d’Asie, l’Afrique, les deux Amériques & la Géographie ancienne, par Hubert Jaillot. 2 vol. in-fol. maximo, m. r. 270 livres.
2.195. Collectiones variarum peregrinationum in Indiam Orientalem & in Indiam Occidentalem, XXV. partibus comprehensae : cum figuris fratrum de Bry & Meriani. Francof. ad Moen., 1590 & seqq., 7 vol. in-fol., mar. r. 300 livres.
2.211. Histoire universelle, sacrée & profane, par D. Augustin Calmet. Strasbourg, J. Ren. Doulssecker, 1735, 6 vol. in-4, v. b. 48 livres.
2.255. Cérémonies & Coutumes religieuses de tous les peuples du monde, représentées par des figures dessinées par Bernard Picard, avec une explication historique & quelques dissertations.Amst., J. F. Bernard, 1723 & suiv., 9 vol. in-fol., gr. pap., v. f. 390 livres.
2.274. Histoire des Papes depuis S. Pierre jusqu’à Benoît XIII. inclusivement. La Haye, Henr. Scheurleer, 1732, 5 vol. in-4, mar. v. 122 livres.

Librairie Camille Sourget
Catalogue hors-série Automne 2013

2.490. Nouvelle description de la France, par Jean Piganiol de la Force. Paris, Flor. Delaulne, 1718, 6 vol. in-12, v. f. 10 livres.
2.505. Les Grans Croniques de France (dites les Chroniques de S. Denis), depuis l’origine des François jusqu’en 1513 (exemplaire imprimé sur vélin avec des miniatures). Paris, Guill. Eustace, 1514, 3 vol. in-fol., velours. 399 livres 19 sols.
2.512. Histoire de France depuis Faramond jusqu’à la paix de Vervins sous Henri IV en 1598. par Franç. Eudes de Mézeray. Paris, Matthieu Guillemot, 1643 & 1651, 3 vol. in-fol., gr. pap., l. r., mar. bl. 310 livres.


2.570. Légende de Charles Card. de Lorraine & de ses frères de la Maison de Guise, par Franç. de l’Isle. Reims, Jacques Martin, 1576, in-8, mar. verd. 29 livres 1 sol.
2.597. Chronologie Novenaire contenant l’histoire de la guerre depuis 1589 jusqu’en 1598 par Pierre Victor Palma Cayet. Paris, J. Richer, 1608, 3 vol. in-8, v. b. 193 livres 5 sols.
2.619. Chronologie septenaire de l’histoire de la paix entre les Rois de France & d’Espagne depuis 1598 jusqu’en 1604 (par Pierre Victor Palma Cayet). Paris, J. Richer, 1606, in-8, v. b. 396 livres.
2.711. Histoire militaire du règne de Louis XIV, enrichie des plans nécessaires, avec un Traité de pratiques & de maximes de l’art militaire, par M. le marquis de Quincy. Paris, Den. Mariette, 1726, 8 vol. in-4, gr. pap., v. f. 96 livres.


2.724. Mémoires de M. (René) du Guay-Trouyn, nouvelle édition faite sur l’original, avec un abrégé de sa vie : publiée par M. de la Garde. Paris, 1740, in-4, gr. pap., v. b. 14 livres.
2.740. Histoire de la ville de Paris, par D. Michel Félibien, revue & augmentée & mise au jour par D. Guy Alexis Lobineau, avec les preuves, les plans de Paris & figures. Paris, Guill. Desprez, 1725, 5 vol. in-fol., gr. pap., v. f. 73 livres.
2.770. Histoire de Bretaigne, des Roys, Ducs, Comtes & Princes d’icelle, jusqu’à Anne dernière Duchesse, par Bertrand d’Argentré. Paris, Jacq. du Puys, 1588, in-fol., v. m. 4 livres 10 sols.
2.789. Histoire générale du Languedoc avec des notes & les pièces justificatives par les PP. DD. Cl. de Vic & Joseph Vaissete. Paris, Jacques Vincent, 1730 & suiv., 3 vol. in-fol., v. m. 45 livres.


2.818. Le Dessein de l’histoire de Rheims avec diverses curieuses remarques touchant l’établissement des peuples & la fondation des villes de France, par Nicolas Bergier. Reims, Nic. Hécart, 1635, in-4, v. é. 7 livres 19 sols.
2.902. Recherches curieuses des monnoyes de France, depuis le commencement de la monarchie, par Cl. Bouteroue. Paris, Seb. Cramoisy, 1666, in-fol., mar. bl. 62 livres.
2.905. Traité de la police, où l’on trouvera l’histoire de son établissement, les fonctions & les prérogatives de ses magistrats, les loix & réglemens qui la concernent, par Nicolas de la Mare, avec la continuation, par le Clerc du Brillet. Paris, M. Brunet, 1713-1738, 4 vol. in-fol., v. b. 103 livres.
2.939. Le Grand Théâtre sacré du duché de Brabant. La Haye, Chr. Van Lom, 1729, 3 vol. in-fol., gr. pap., v. m. 80 livres.
2.978. Histoire générale d’Espagne, trad. de l’Espagnol de Jean de Ferreras avec des notes par M. d’Hermilly. Paris, Ch. Osmont, 1742, 4 vol. in-4, gr. pap., mar. r. 77 livres 1 sol.
2.996. Nouveau Théâtre de la Grande Bretagne, ou Description exacte des palais du Roy, & des Maisons les plus considérables du royaume avec un Supplément. Londres, Jos. Smith, 1724-1728, 6 vol. in-fol. magno, v. m. 120 livres.
3.079. Description géographique, historique, chronologique, politique & physique de l’empire de la Chine & de la Tartarie chinoise, avec des cartes, par le P. J. Bapt. du Halde. Paris, le Mercier, 1735, 4 vol. in-fol., gr. pap., v. m. 130 livres.
3.097. Histoire des avanturiers flibustiers, des boucaniers, par Alex. Olivier Oexmelin. Paris, Jacques le Fèvre, 1699, 3 vol. in-12, v. f. 4 livres 12 sols.
3.115. Armorial général de la France, par Louis Pierre d’Hozier. Paris, Jacq. Collombat, 1738 & suiv., 4 vol. in-fol., v. f. 100 livres.


3.131. Abrégé de l’histoire de la royale Maison de Savoye, par Thomas Blanc. Lyon, J. Girin, 1668, 3 vol. in-12, v. f. 85 livres.

Bibliothèque de l'Institut de France


Avec un " G " en bas à gauche

3.139. Thesaurus antiquitatum graecarum congestus & editus à Jacobo Gronovio. Lugd. Bat., Pet. Vander-Aa, 1697 & seqq., 13 vol. in-fol., vél. [vendu avec les numéros 3.140 à 3.143 : 480 livres].
3.168. Commentaires historiques contenant l’histoire générale des empereurs, impératrices, césars & tyrans de l’empire romain, enrichie de médailles, par Jean Tristan. Paris, Seb. Huré, 1657, 3 vol. in-fol., v. é. 50 livres.


3.185. Le Cabinet de la Bibliothèque de Sainte Geneviève, par le P. Claude du Molinet. Paris, Ant. Dezallier, 1692, in-fol., gr. pap., v. é. 26 livres.
3.209. Bibliothèque d’Antoine du Verdier seigneur de Vauprivas, avec le supplément latin de Gesner par le même du Verdier. Lyon, Barth. Honorat, 1585, in-fol., v. f. 40 livres.
3.271. Plutarchi Vitae illustrium & Opera moralia, Gr. Lat. cum latina interpretatione & annot. Henr. Stephani. Henr. Stephanus, 1572, 13 vol. in-8, mar. bl. 66 livres.
3.313. Dictionaire historique & critique par Pierre Bayle : troisième édition, revue, corrigée & augmentée. Rotterd., Mic. Boom, 1720, 4 vol. in-fol., v. f. 160 livres.   

Jeton aux armes du président de Rieux et de Suzanne de Boulainvilliers (1727)