samedi 24 février 2018

Repères biographiques et bibliographiques rétiviens



Un des grands écrivains du XVIIIe siècle, travailleur infatigable tourmenté par un érotisme souvent plus obscène que libertin, auteur en 35 ans de 187 volumes, sous 44 titres, totalisant près de 57.000 pages, fut aussi imprimeur.
Nicolas-Edme Rétif, aîné des sept enfants du second mariage d’un marchand, lieutenant au bailliage de Sacy [Yonne], fut baptisé le jour de sa naissance, le 23 octobre 1734 [son père signe « Retif »].
D’abord destiné à l’état ecclésiastique, il fut envoyé en 1751 à Auxerre, en apprentissage chez François Fournier, imprimeur depuis 1742, rue de l’Horloge : sur le brevet d’apprentissage, daté du 24 septembre 1751, le père et le fils adoptent pour leur nom la graphie « Retif », sans « s », ni accent.
Devenu compagnon, il décida de se rendre à Paris où il fut engagé, en 1755, à l’Imprimerie royale, fondée cent quinze ans plus tôt par le Roi Louis XIII ; installée au Louvre, elle était alors dirigée par Louis-Laurent Anisson-Duperron. Mal payé, Nicolas entra l’année suivante chez Claude Hérissant, rue Notre-Dame, et prit pension rue Galande, chez un compagnon soissonnais, Laurent-Nicolas Sellier, fils de feu Adrien Sellier qui avait été compagnon chez Jacques Quillau dans les années 1720 :

« Je travaillais avec tant d’action, les deux derniers jours de la semaine, que j’en avais les mains absolument couvertes de taches rouges. »

Sur la fin de 1757, Nicolas fut engagé chez André Knapen, trisaïeul de Mallarmé, rue Saint-André-des-Arcs, imprimeur de la Cour des Aides et spécialisé dans les factures, placards, libelles et pamphlets.
Après un détour de quelques semaines à Dijon, chez l’imprimeur Jacques Causse, il accepta la place de prote [« garçon imprimeur » dit l’acte de mariage] que son ancien maître lui offrit à Auxerre.

Là, espérant mettre un terme à ses fredaines, sa famille l’encouragea à épouser la fille d’un apothicaire dans les armées de sa majesté, Agnès Lebègue, le 22 avril 1760 [paroisse Saint-Loup]. Ils eurent quatre filles avant de se séparer, et divorcèrent en 1794. C’est au bas de son acte de mariage que Nicolas signa pour la première fois « N. E. A. [Nicolas-Edme-Augustin] Restif ». En 1767, il signa « M. de la Bretone », du nom de la ferme que ses parents avaient achetée à Sacy en 1740, et en 1769, il devint « Rétif de la Bretonne ». On doit donc le nommer « Nicolas Rétif de la Bretonne ».


Ayant regagné Paris, il reprit du service à l’Imprimerie royale avant d’assurer, à partir de 1764, la marche de l’officine de F.-A. Quillau, rue du Fouarre, imprimeur de la Faculté de médecine, qui comprit bientôt 66 ouvriers et 12 presses. Il gagnait 18 livres par semaine, outre un exemplaire des ouvrages imprimés. 



C’est là qu’il imprima lui-même, pendant les cinq premiers mois de 1767, son premier roman, La Famille vertueuse (4 vol. in-12, 2.000 ex.), qu’il avait vendu à la veuve Duchesne, libraire rue Saint-Jacques. Il résolut alors de se « consacrer tout entier à la littérature ». Il avait 33 ans.

Il ne cessa pas pour autant de fréquenter les ateliers d’imprimeurs, pour surveiller l’impression de ses ouvrages, dans le format in-12 :

« Je paie mon imprimeur, mon papetier, mon graveur, mon dessinateur, mon relieur, ma brocheuse, mon assembleur, mon crocheteur. »

Pour réduire les frais, il lui arriva donc d’imprimer lui-même certains de ses ouvrages, secondé par des compositeurs qui participèrent parfois financièrement à l’opération. Parallèlement, il lisait des épreuves pour les libraires Humblot et Ganneaux.



C’est ainsi qu’il imprima, chez Quillau, en septembre 1768, Le Pied de Fanchette (1769, 3 vol., 1.000 ex.), 



en octobre La Fille naturelle (1769, 2 vol., 1.000 ex.) 



et à la fin de l’année les Lettres de Lord Austin de N** (1769, 2 vol., 1.500 ex.).
En 1769, Nicolas était logé chez le libraire Edme Rapenot, rue des Carmes. 



Au mois d’avril, il imprima, encore chez Quillau, avec l’aide d’un nommé Michel, Le Pornographe (1769, 1 vol., 2.000 ex.), premier tome de la fameuse série des « graphes », les seuls dans le format in-8 (sauf L’École des pères, 1776, et L’Anti-Justine, 1798). 



La Mimographe (1770, 1 vol., 2.000 ex.) fut imprimée dans les mêmes conditions et achevée en mars 1770. 



Le Thesmographe (1789, 1 vol.) est le plus rare.
En 1770, Nicolas habita la maison de son imprimeur d’alors, Valeyre l’aîné.



L’année suivante, il imprima lui-même Le Marquis de T… (1771, 4 vol., 1.000 ex.), aidé par le fils de son ancien maître auxerrois.



Le 1er novembre 1775 parut Le Paysan perverti (1776, 4 vol., 3.000 ex., dont 400 sous l’adresse de Le Jay, libraire rue Saint-Jacques), premier essai de l’école naturaliste ; pour compositeur, Nicolas avait eu un nommé Laugerot. La vente fut arrêtée le 3 février 1776, car l’ouvrage fut considéré « scandaleux et contraire aux bonnes mœurs » ; la police fit saisir tous les exemplaires le 9 mars. La 4e édition, réalisée en 1782, mais portant la date de 1776, comporte 82 dessins de Binet gravés par Le Roy et Berthet.
Ce n’est qu’en 1777 que Nicolas fit appel pour la première fois à un dessinateur, André Dutertre.



Nouvellement relogé, Nicolas imprima lui-même en 1778 Le Nouvel Abeilard (4 vol.) chez André Cailleau, frère de la veuve Duchesne ; le livre contient 10 gravures qui sont peut-être les plus charmantes qu’on trouve dans ses œuvres.



Le 3 avril 1783, il travailla lui-même à la première feuille de Le Paysan et la Paysanne pervertis (1784, 4 vol., 120 fig. de Binet gravées par Le Roy, Berthet et Giraud).
L’Instituteur d’un prince-royal (1792, 2 vol.), titre de la seconde édition des Veillées du Marais, fut commencé à être imprimé en 1784 chez Chardon, imprimeur rue de La Harpe. Dans le même atelier, Nicolas travailla à l’impression des Françaises en 1786 (4 vol., 34 fig.).

Il fut présenté en 1787, par son ami l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, à la comtesse Fanny de Beauharnais qui l’invita à venir souper tous les vendredis, rue de Tournon. 



En 1787 et 1788, il imprima les 14 premières parties des Nuits de Paris (1788-1789, 3.000 ex.). Il fut du petit nombre de ceux qui sentirent l’approche de la Révolution et écrivit prophétiquement : « Une Révolution funeste se prépare ».

C’est en 1788 qu’il se fixa au 11 rue de la Bûcherie [Ve] . 



En octobre 1789, après avoir pris connaissance de l’Ingénue Saxancour (1789, 3 vol.) dirigée contre lui, son gendre Charles-Marie Augé le dénonça, en vain, comme auteur d’ouvrages contraires aux bonnes mœurs. Le Bibliophile Jacob considère que ce dernier ouvrage « est le plus rare de tous ceux de Rétif… les pages 249-252 du tome III manquent presque toujours. »




En 1789, Nicolas composa et imprima encore Le Palais Royal (1790, 3 vol., 3 fig.). Après la Révolution, il disposa d’une imprimerie rue de la Bûcherie ; il possédait deux presses en 1802. Il put donc y imprimer un certain nombre de ses ouvrages. Il y réalisa sa première composition le 9 février 1790.



Le Drame de la vie (1793, 5 vol., portrait de Rétif dans un petit nombre d’exemplaires au 1er vol.) fut « Imprimé à Paris, à la maison » en 1792 et 1793, mais n’a paru qu’en 1796.
Les 15e (1790) et 16e (1794, rarissime) parties des Nuits de Paris furent typographiquement composées et imprimées au fur et à mesure des événements par Nicolas : véritable journal personnel de l’écrivain pendant la Révolution, elles ont un intérêt exceptionnel. Les 18 figures des Nuits de Paris, dans lesquelles il est presque toujours représenté avec son costume caractéristique de spectateur nocturne, sont attribuées à Binet.
Sa santé ne lui permit pas de composer entièrement L’Année des dames nationales (1791-1794, 12 vol., 31 fig.).



Le manuscrit du récit de sa vie, Monsieur Nicolas, fut achevé le 31 janvier 1792. « Imprimé A La Maison » depuis 1796, l’ouvrage fut terminé le 21 septembre 1797 (16 vol., 139 fig.). Une note de la page 4108 explique :

« La grosseur du caractère typographique marque toujours l’importance donnée à l’héroïne de l’aventure … le caractère italique est toujours indicatif de l’immoralité d’état. »

Rue de la Bûcherie, Nicolas apprit le métier d’imprimeur à son neveu, Edme-Étienne Rétif, qui épousa sa fille Marion et qui décéda prématurément en 1794.

On ne connaît que quatre exemplaires (3 à la BnF, 1 aux U.S.A.) de L’Anti-Justine, ou les Délices de l’amour (1798, 1 vol.). C’est un des ouvrages les plus obscènes de la littérature. Resté inachevé lors de l’entrée de Nicolas dans la police secrète en mai 1798, où il resta jusqu’en juin 1802, il est un complément à son autobiographie. Deux gravures, sur soixante prévues et 40 réalisées, sont parvenues jusqu’à nous. Nicolas, alors âgé de 64 ans, a probablement détruit les feuilles tirées en 1798 ; jusqu’en 1802, aucune publication n’est sortie des presses rétiviennes.
L’attribution de L’Anti-Justine au publiciste Simon Linguet s’explique par le mépris de Rétif pour le Rémois guillotiné en 1794.

Photo Librairie Camille Sourget

En juillet 1802, la police saisit Les Posthumes (4 vol., 4 fig.) ; les gravures ne se rencontrent presque jamais dans les exemplaires remis en vente longtemps après la saisie.

Ah ! la culture des journalistes ...

Malade, et ruiné par la dépréciation des assignats, Rétif mourut en sa maison du 16 rue de la Bûcherie le lundi 3 février 1806. Le 5, après un service en l’église Notre-Dame, il fut inhumé au cimetière Sainte-Catherine. Il avait souhaité l’être au cimetière de Sacy. Agnès Lebègue lui survivra jusqu’en 1808.
Rétif laissait plusieurs ouvrages achevés, mais inédits. Certains furent remis à Louis-Sébastien Mercier, mais son héritier, un nommé Lallement, les aurait brûlés en 1819. Le plus important, L’Enclos et les Oiseaux, qui avait été saisi en 1802, tomba au début du XXe siècle entre les mains de marchands qui le dispersèrent.

À la parution de la Bibliographie et iconographie de tous les ouvrages de Restif de la Bretonne (Paris, Auguste Fontaine, 1875), par P. L. Jacob, Bibliophile, les bibliophiles se jetèrent sur les ouvrages de l’écrivain. Depuis, oubliés et dédaignés, ces livres « imprimés avec des têtes de clous sur un papier à chandelle » furent détruits comme invendables, après en avoir néanmoins retiré les gravures. Les éditions originales sont devenues rares. En dehors de la BnF et du British Museum, qui ne possèdent pas de collection complète, seule la Bibliothèque municipale de Troyes conserve une grande partie de l’œuvre, grâce au legs d’un bibliophile troyen. Quelques riches bibliothèques des U.S.A. possèdent une partie de l’œuvre de Rétif. La Bibliothèque municipale d’Auxerre conserve quelques volumes.

Dans certains exemplaires d’une même édition, des différences existent ; Rétif nous en donne lui-même l’explication :

« Si les censeurs me changeaient, j’avais la patience de tirer cinquante à soixante exemplaires, d’après leur attentat adultérin ; je rétablissais ensuite ma pensée, soit pendant le dîner des pressiers, soit la nuit. Il me fallait ensuite la plus grande attention, à la brochure, pour donner à propos les exemplaires cartonnés, au censeur lui-même »

De l’intérêt, pour un auteur, d’être aussi imprimeur.


mardi 20 février 2018

Édouard Roger (1803-1881), l’ami intime d’Adolphe Thiers



D’une famille originaire du pays de Gex [Ain], fixée en 1686 à Nyon [canton de Vaud, Suisse], puis installée à Paris sous le Directoire, Édouard-Léon Roger est né dans la capitale, 4 rue Bergère [IXe], le 6 frimaire An XII [28 novembre 1803], fils de Daniel Roger (1769-1829), né à Genève et banquier, et de Albine-Hélène Vassal (1779-1848), née à Paris et divorcée, qui s’étaient mariés le 24 août 1800 à Noisy-le-Sec [Seine-Saint-Denis].


Déjà propriétaire du château de La Garenne, à Villemonble [Seine-Saint-Denis, mairie], Daniel Roger acheta, le 9 prairial An IX [29 mai 1801], la ferme du Chesnay, à Gagny [Seine-Saint-Denis]. Il devint baron d’Empire le 10 février 1809. Albine Vassal s’étant éprise de Charles-Tristan de Montholon-Sémonville (1783-1853), ancien aide de camp du maréchal Berthier, Daniel Roger obtint la séparation de corps et de biens le 21 avril 1809.


En 1810, Daniel Roger revendit le château de La Garenne, pour construire un château [détruit en 1967, pour construire une cité H.L.M.] au Chesnay, dans la continuité de la ferme. Le divorce ayant été obtenu le 22 mai 1812, Albine Vassal épousa Charles-Tristan de Montholon-Sémonville, dans la plus stricte intimité, le 2 juillet 1812, à la mairie de Draveil [Essonne].
Maire de Gagny de 1815 à 1827, chevalier de l’Ordre royal de la Légion d’honneur le 16 janvier 1816, Daniel Roger, malade, mourut en son domicile parisien et fut inhumé au Chesnay, au lieu-dit La Grande Remise.


Édouard Roger entra dans la diplomatie sous la Restauration, comme secrétaire d’ambassade à Constantinople [Istanbul, Turquie], tenue alors par Armand-Charles Guilleminot (1774-1840), dont il épousa la fille, Henriette-Aimée Guilleminot (1811-1882), à Gagny, le 1er juin 1828 : celle-ci était l’aînée de deux jumelles mises au monde le 8 décembre 1811, à Nanterre [Hauts-de-Seine], par Marie-Adrienne-Élizabeth-Aimée-Joseph de Fernig (1777-1837), la cadette étant Augustine-Hortense Guilleminot (1811-1849). Roger fut créé comte héréditaire par Charles X, le 16 juin 1830. Après la révolution de juillet, il devint chargé d’affaires à Dresde [Allemagne], reçut en 1831 la décoration de la Légion d’honneur et fut élu, le 21 juin 1834, député du 6e collège du Nord [Dunkerque] : il soutint d’abord la politique conservatrice et doctrinaire. Comme son père, Roger, dit « du Nord », fut maire de Gagny, de 1837 à 1840. Réélu député le 4 novembre 1837, il entra, avec Thiers dont il était l’ami, dans la coalition contre le ministère Molé et opina désormais avec le tiers-parti. Il obtint successivement le renouvellement de son mandat le 2 mars 1839, le 9 juillet 1842 et le 1er août 1846. Le gouvernement de Louis-Philippe le nomma conservateur du domaine. Il continua, jusqu’à la révolution de 1848, de faire de l’opposition au cabinet Guizot, sans se joindre toutefois à ceux qui réclamèrent, en février, la mise en accusation du ministère.

« Parfois, au milieu du bruit confus des interruptions et des chuchottements, une voix grêle et aigre perce le tumulte, et vous fait dresser l’oreille. Vous regardez de tous côtés, et finissez par découvrir, non sans peine, blotti entre M. de Lasteyrie et M. de Rémusat, un petit homme maigre, à physionomie mutine, qui trépigne, se tord sur son banc en écoutant un ministre qui divague. Doué d’énergie et de vivacité, M. Roger ne sert pas son parti par ses discours, mais par une activité de tous les moments ; c’est l’agitateur par excellence du centre gauche, comme ses voisins en sont les orateurs.
Malheureusement il ose par fois essayer de la tribune, mais son fâcheux organe fait tort aux bonnes choses qu’il dit, et l’attention ne le suit pas longtemps. » [sic]
(L’Ex-Chambre des députés ou Galerie rétrospective et satyrique des derniers élus du monopole, par un sténographe. Paris, Paul Lesigne, s. d. [1848], p. 103-104)

Roger ne se rallia pas à la république de 1848 et se présenta comme candidat monarchiste à l’Assemblée législative, à la fois dans le Nord et dans la Seine : élu le 13 mai 1849 représentant du Nord et représentant de la Seine, il opta pour le Nord et prit place dans les rangs de la droite. Mais il protesta contre le coup d’État du 2 décembre, fut arrêté - « pour qu’il ne se fasse pas tuer », déclara le duc de Morny -, détenu au fort de Ham et relâché presque aussitôt. Pendant toute la durée du Second Empire, il resta étranger aux affaires. En 1870, il prit une part importante à la défense de Paris, comme lieutenant-colonel d’état-major de la garde nationale de la Seine. Les élections du 8 février 1871 pour l’Assemblée nationale le ramenèrent au parlement : nommé représentant du Nord, il prit place au centre droit. Commandeur de la Légion d’honneur le 24 juin 1871. Son attachement à la personne et aux idées de Thiers le détermina à se rallier à la république conservatrice et il passa au centre gauche. Les gauches de l’Assemblée nationale le portèrent sur la liste de leurs candidats au Sénat : élu sénateur inamovible le 10 décembre 1875, il suivit la même ligne de conduite et fit partie du centre gauche.

Édouard Roger mourut en son domicile parisien, 30 cours la Reine [VIIIe], le 11 juin 1881. Il fut inhumé comme son père sur son domaine du Chesnay. Il laissait une immense fortune, évaluée à 3.734.000 francs et composée essentiellement d’obligations françaises et étrangères, de rentes, d’actifs immobiliers et d’actions.

Il avait eu deux enfants : Charles-Ferdinand-Édouard (1829-1855), lieutenant de chasseurs à pied, mort au siège de Sébastopol, et Marie-Thècle (1835-1857), épouse en 1854 de Ferdinand Huddleston, qui n’eut pas de descendance. Après le décès d’Henriette-Aimée Guilleminot, le 20 novembre 1882, le général Georges Humann (1833-1908), fils d’Augustine-Hortense Guilleminot et du diplomate Jules-Émile Humann (1809-1857), époux en 1877 de Jeanne de Leusse (1857-1949), hérita du domaine du Chesnay. Sa fille Marie-Madeleine Humann (1880-1946), épouse en 1900 de Maxime Le Bègue de Germiny (1871-1945), fut la dernière propriétaire du domaine du Chesnay : elle l’abandonna après l’avoir transformé en « Cité-jardin du château du Chesnay ». Auparavant, le 26 juin 1920, les restes du baron Daniel Roger, du comte Roger « du Nord », de sa femme Henriette-Aimée Guilleminot et de leurs deux enfants, avaient été transférés au cimetière de Gagny.  


La bibliothèque du comte Roger « du Nord » fut vendue à l’hôtel des commissaires-priseurs, 7 rue Drouot, salle n° 3, au premier, du lundi 28 avril au mardi 6 mai 1884, en huit vacations : Catalogue des livres rares et précieux, composant la bibliothèque de feu M. le comte Roger (du Nord) (Paris, Ch. Porquet, 1884, in-8, VIII-303-[1 bl.] p., 911 lots), dont Théologie [102 lots = 11,19 %], Jurisprudence [9 lots = 0,98 %], Sciences et Arts [81 lots = 8,89 %], Belles-Lettres [258 lots = 28,32 %], Histoire [461 lots = 50,60 %].


La plus grande partie des reliures modernes de cette bibliothèque portaient sur le dos et sur les plats le chiffre couronné du comte Roger.
Le total de la vente s’est élevé à 89.576 francs. On avait espéré mieux.


1. Biblia sacra vulgatæ editionis, Sixti V pont. Max. authoritate recognita, nunc vero jussu cleri gallicani denuo edita. Parisiis, excudebat Antonius Vitré, 1652, 8 tomes en 10 vol. in-12, réglés, mar. bleu, fil., tr. dor. (Padeloup). Exemplaire de Longepierre, provenant des bibliothèques de F. Didot [1811, 84 fr.], Pixerécourt [1838, 471 fr.] et J. Pichon [5.200 fr.]. 7.900 fr.
8. Novum Jesu Christi D. N. Testamentum græcè et latinè. Lugduni, apud Ant. de Harsy, 1599, pet. in-12, mar. brun. Aux armes du roi Henri IV. 1.550 fr.
17. L’Apocalypse, avec une explication, par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, veuve de Séb. Mabre-Cramoisy, 1689, in-8, mar. rouge, fil. dos orné, tr. dor. Aux armes de Colbert. 430 fr.
36. Le Promptuaire des exemples, des vertus et vices, recueilli de l’ancien et du nouveau Testament par révérend père en Dieu, M. Nicolas Hanape, jadis patriarche de Jérusalem, traduit en François, par Antoine Tiron. Anvers, Jean Bellere, 1569, in-8, réglé, mar. brun, fil. tr. dor. Reliure molle - reliure souple dont la peau n’est pas fixée sur des cartons, mais doublée de papier ou de tissu - exécutée pour Henri III : sur le dos, les armes de France, la tête de mort et la devise du roi « Spes mea Deus » ; sur les plats, un médaillon représentant le Christ en croix. 490 fr.
38. Traitez du libre arbitre et de la concupiscence, ouvrages posthumes de messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Barthelemy Alix, 1731, in-12, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes de Louise-Élisabeth de Bourbon, veuve du prince de Conti. 250 fr.
57. L’Imitation de Jésus-Christ, traduite en vers françois par P. C. [P. Corneille], enrichie de figures de taille-douce sur chaque chapitre. Imprimé à Rouen et se vend à Paris, chez Charles de Sercy et Robert Ballard, 1653-1654, 2 vol. in-12, fig., mar. bleu, compart. de fil., dorure à petits fers, dos ornés, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 200 fr.
59. Les Œuvres de la sainte mère Thérèse de Jésus, fondatrice de la réforme des Carmes et Carmélites deschaussez ; nouvellement traduites d’Espagnol en François par le R. Père Cyprien. Paris, Sébastien Huré, 1645, in-4, mar. rouge, milieu doré à petits fers, dos orné, tr. dor. (Rel. anc.). Au chiffre couronné de la reine Anne d’Autriche. 225 fr.
70. Divers écrits ou mémoires sur le livre intitulé : Explications des maximes des Saints […], par messire Jacques-Bénigne Bossuet. A Paris, chez Jean Anisson, 1698, in-8, mar. rouge, fil., tr. dor. Aux armes de la duchesse de Bourgogne. 1.010 fr.


79. Pensées de M. Pascal sur la religion, et sur quelques autres sujets, qui ont estée trouvées après sa mort parmy ses papiers. Paris, Guillaume Desprez, 1670, in-12, réglé, mar. brun, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 320 fr.
85. Instructions sur les estats d’oraison, où sont exposées les erreurs des faux mystiques de nos jours, avec les actes de leur condamnation ; par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Jean Anisson, 1697, in-8, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes de Bossuet. 745 fr.


93. Le Livre des marchans fort utile à toutes gens pour cõgnoistre de quelles marchãdises on se doit garder destre trompe. S. l. s. n. [Neufchâtel, Pierre de Vingle], 1534, pet. in-8 goth., mar. rouge jans., tr. dor. (Thibaron-Joly). De la collection Leprévost [1857]. 1.166 fr.
98. Traitté des scandales qui empeschent aujourd’huy beaucoup de gens de venir à la pure doctrine de l’Évangile et en desbauchent d’autres ; par Jean Calvin. S. l., 1565, pet. in-8, mar. rouge, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 501 fr.
113. Les Œuvres morales et meslées de Plutarque, translatées du Grec en François par messire Jacques Amyot, grand aumosnier de France. Paris, Michel de Vascosan, 1572, 2 vol. in-fol., mar. brun, compartiments, arabesques, volutes et rinceaux, mosaïque de couleur rouge et blanche, milieu à feuillages, dorure à petits fers, dos ornés, tr. dor. (Ève). Armes de N. Moreau, sieur d’Auteuil. 2.999 fr.


133. Essais de Michel, seigneur de Montaigne. Cinquiesme édition, augmentée d’un troisiesme livre, et de six cens additions aux deux premiers. Paris, Abel L’Angelier, 1588, in-4, réglé, titre gravé, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. (Padeloup). 1.010 fr.

Librairie Hugues de Latude

136. Réflexions ou Sentences et maximes morales (par François, duc de La Rochefoucauld), précédées d’un discours sur les Réflexions [attr. à Segrais]. Paris, Claude Barbin, 1665, pet. in-12, front. gravé, mar. vert, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 275 fr.


142. Les Caractères de Théophraste, traduits du Grec avec les Caractères ou les Mœurs de ce siècle [par La Buyère]. Paris, Estienne Michallet, 1688, in-12, mar. vert, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 275 fr.


160. Éducation des filles, par monsieur l’abbé de Fénelon. Paris, Pierre Aubouin, 1687, in-12, mar. bleu, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 202 fr.


198. Project du livre intitulé De la précellence du langage françois. Par Henri Estiene [sic]. Paris, Mamert Patisson, 1579, in-8, réglé, mar. bleu, large dent., gardes de tabis, tr. dor. (Derome). De la bibliothèque de Renouard, dont il porte le nom sur le plat de la reliure. 250 fr.


216. Oraison funèbre de très-haute et très-puissante princesse Anne de Gonzague de Clèves, princesse Palatine, prononcée dans l’église des Carmélites du fauxbourg Saint-Jacques, le 9 aoust 1685, par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Séb. Mabre-Cramoisy, 1685, in-4, fleuron, vignette et cul-de-lampe, mar. noir, fil., tr. dor. Aux armes de Bossuet. 2.100 fr.


217. Oraison funèbre de très-haut et très-puissant seigneur messire Michel Le Tellier, chevalier, chancelier de France, prononcée dans l’église paroissiale de Saint-Gervais, où il est inhumé, le 25 janvier 1686, par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Séb. Mabre-Cramoisy, 1686, in-4, fleuron, vignette et cul-de-lampe, mar. noir, fil., tr. dor. Aux armes de Bossuet. 2.300 fr.


218. Oraison funèbre de très-haut et très-puissant prince Louis de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang, prononcée dans l’église Nostre-Dame de Paris, le 10e jour de mars 1687, par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Séb. Mabre-Cramoisy, 1687, in-4, fleuron, vignette et cul-de-lampe, mar. noir, fil., tr. dor. Aux armes de Bossuet. 2.900 fr.


238. Les Œuvres de maistre Françoys Villon. Le monologue du franc archier de Baignollet. Le Dyalogue des seigneurs de Mallepaye & Baillevent. Paris, Galiot du Pré, 1532, pet. in-8, lettres rondes, mar. bleu, doublé de mar. citron, riches compart., feuillages, dorure à petits fers, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 985 fr.
245. Les Œuvres poétiques d’Amadis Jamyn, au roy de France et de Pologne. Paris, Mamert Patisson, 1575, in-4, mar. rouge jans., doublé de mar. bleu (Thibaron-Joly). 395 fr.
252. Recueil de poésies chrestiennes et diverses, dédié à Monseigneur le Prince de Conty, par M. de La Fontaine. Paris, Jean Couterot, 1679, 3 vol. in-12, front. gravé, mar. rouge, fil. à la Du Seuil, dos orné, doublés de mar. rouge, tr. dor. (Rel. anc.). 430 fr.


269. Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine. Paris, Denys Thierry, 1668, in-4, fig. de Fr. Chauveau, mar. citron, fil., coins dorés, dos orné, large dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Armes du chancelier Séguier à l’intérieur du volume. 1.700 fr.


271. Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine, et par lui reveues, corrigées et augmentées. Paris, Denys Thierry et Claude Barbin, 1678-1679-1694, 5 vol. in-12, fig. de Fr. Chauveau, mar. citron, tr. dor. (Rel. molle de Trautz-Bauzonnet). 750 fr.
289. Chansons morales et autres, par M. P.-J. de Béranger. Paris, Alexis Eymery, 1816, in-18, front. gravé et vignette, mar. vert, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 770 fr.
300. Le Théâtre de P. Corneille [et Poëmes dramatiques de Th. Corneille], nouvelle édition revue, corrigée et augmentée. Paris, Guillaume Cavelier, 1706, 10 vol. in-12, réglés, mar. vert, larges dent., dos ornés, doublés de mar. rouge, dent., tr. dor. (Boyet). Aux armes de madame de Chamillart, à l’intérieur des volumes. Des bibliothèques de Soleinne et de J.-Ch. Brunet. 5.100 fr.
303. Les Œuvres de monsieur de Molière. Paris, Denys Thierry, 1674-1675, 7 vol. in-12, mar. bleu, tr. dor. (Rel. molle de Trautz-Bauzonnet). 1.150 fr.


310. Œuvres de Racine. Paris, Denys Thierry, 1697, 2 vol. in-12, front. et fig. de Le Brun et Fr. Chauveau, mar. bleu, fil., dos ornés, tr. dor. Aux armes de J.-B. Machault d’Arnouville, garde des sceaux. 800 fr.
320. Les Amours de Psiché et de Cupidon [suivis d’Adonis, poëme], par M. de La Fontaine. Paris, Claude Barbin, 1669, in-8, mar. citron, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 200 fr.
333. La Relation de l’isle imaginaire, et l’Histoire de la princesse de Paphlagonie [par Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, dite « la Grande Mademoiselle »]. Bordeaux, 1659, in-8, mar. rouge, fil. à la Du Seuil, dos orné, tr. dor. [tirée à 100 ex.]. Aux armes de la famille d’Orléans. De la bibliothèque de l’auteur. 2.850 fr.


345. Le Diable boiteux [par Le Sage]. Paris, veuve Barbin, 1707, in-12, front. gravé, mar. rouge, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 555 fr.
349. Les Mille et un Quarts d’heure, contes tartares, ornés de figures en taille-douce [par T. S. Gueullette]. Paris, Guillaume Saugrain, 1715, in-12, fig., mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes de Jules-Henri, duc de Bourbob, prince de Condé. 352 fr.
351. Histoire du chevalier des Grieux, et de Manon Lescaut [par l’abbé Prévost]. Amsterdam, aux dépens de la Compagnie ; Paris, Fr. Didot, 1753, 2 vol. in-12, fig. et vign. dessinées et gravées par Gravelot et Pasquier, mar. bleu, doubl. de mar. bleu, dent., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 520 fr.


368. Paul et Virginie ; par Jacques-Bernardin-Henry de Saint-Pierre. Paris, imprimerie de Monsieur, 1789, in-12, 4 fig. dessinées par Moreau et Vernet, mar. vert, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 350 fr.
396. L’Introduction au Traité de la conformité des merveilles anciennes avec les modernes, ou Traité préparatif à l’apologie pour Hérodote, par Henri Estienne. S. l., 1566, pet. in-8, mar. brun, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale avant les cartons. De la bibliothèque de A. Bertin. 525 fr.


445. Les Œuvres d’Étienne Pasquier, contenant ses Recherches de la France. Amsterdam [Trévoux], Compagnie des libraires associez, 1723, 2 vol. in-fol., mar. rouge, fil., dos ornés, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Louis XV. 500 fr.


468. Discours sur l’histoire universelle, à monseigneur le Dauphin : pour expliquer la suite de la religion & les changemens des Empires. Depuis le commencement du monde jusqu’à l’Empire de Charlemagne. Par Messire Jacques Bénigne Bossuet. Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1681, in-4, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes de Bossuet. 2.600 fr.
469. Discours sur l’histoire universelle, à monseigneur le Dauphin : pour expliquer la suite de la religion & les changemens des Empires. Depuis le commencement du monde jusqu’à l’Empire de Charlemagne. Par Messire Jacques Bénigne Bossuet. Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1681, in-4, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes du prince Eugène de Savoie. 2.180 fr.
492. Histoire des variations des Églises protestantes. Par Messire Jacques Bénigne Bossuet. Paris, veuve de Sébastien Mabre-Cramoisy, 1688, 2 vol. in-4, mar. rouge, fil., dos ornés, tr. dor. Aux armes de Bossuet. 5.110 fr.


498. Histoire des Juifs, écrite par Flavius Joseph, sous le titre de Antiquitez judaïques, traduite du Grec par Arnaud d’Andilly [avec l’Histoire de la guerre des Juifs contre les Romains, par le même]. Bruxelles, E. Henry Fricx, 1701-1703, 5 vol. pet. in-8, front. et fig., mar. rouge, fil., dos ornés, tr. dor. Aux armes de la comtesse d’Artois. 600 fr.

Bergé-Binoche & Giquello, Paris, 14 février 2018 : 2.256 €

510. Appian Alexandrin, historien grec, des guerres des Romains, livre XI, traduicts en françois par feu messire Claude de Seyssel. Paris, Nicolas Chesneau, 1580, in-8, mar. rouge, tr. dor. (Rel. molle de Trautz-Bauzonnet).
511. C. Crispi Sallustii. L. Sergii Catilinæ contra Romanum Senatum Conjuratio, seu Bellum Catilinarium, item Bellum Jugurtinum. Parisiis, apud Simonem Colinæum, 1543, in-8, réglé, mar. bleu, fil., tr. dor. Aux armes et aux chiffres du comte d’Hoym. Des bibliothèques Parison et J.-Ch. Brunet. 1.000 fr.


529. Histoire universelle de Jacques-Auguste de Thou, depuis 1543 jusqu’en 1637, traduite sur l’édition latine de Londres [par Le Beau, l’abbé Desfontaines, etc.]. Londres [Paris], 1734, 16 vol. in-4, portr., mar. bleu, fil. tr. dor. Aux armes et chiffre couronné du comte d’Hoym. 2.205 fr.
550. Le Premier [Second et Tiers] Volume de Enguerran de Monstrelet, en suyvant Froissart (…] des Croniques de France, d’Angleterre, d’Escoce, d’Espaigne, de Bretaigne, de Gascongne, de Flandres et lieux circonvoisins. Paris, Anthoine Vérard, s. d., 3 tomes en 2 vol. in-fol., goth. à 2 col., mar. vert, fil., dos ornés, dent. int., tr. dor. (Niedrée). 740 fr.
551. Chroniques d’Enguerran de Monstrelet. Paris, Marc Orry, 1603, 2 vol. in-fol., mar. bleu, fil. à la Du Seuil, dos ornés, gardes de pap. doré, tr. dor. Aux armes du duc de La Vieuville. 645 fr.


554. Les Mémoires de messire Philippe de Commines sieur d’Argenton. Leide, chez les Elzeviers, 1648, pet. in-12, titre gravé, mar. bleu, compart. de filets, dos orné, doublé de mar. citron, compart. et arabesques, dorure à petits fers, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 1.250 fr.


655. Mémoires des sages et royales oeconomies d’Estat, domestiques, politiques et militaires de Henry le Grand […] et des servitudes utiles, obéissances convenables & administrations loyales de Maximilien de Béthune [duc de Sully]. Amstelredam, chez Alethinosgraphe de Clearetimelée & Graphexechon de Pistariste, s. d., 2 vol. in-fol., mar. rouge, fil., dos ornés, tr. dor. Édition originale imprimée au château de Sully, en 1638, par un imprimeur d’Angers. Armes sur les plats, chiffre sur le dos et aux angles de Philippe, comte de Béthune, frère de Maximilien duc de Sully. 600 fr.
735. Testament politique d’Armand du Plessis, cardinal duc de Richelieu. Amsterdam, Henry Desbordes, 1688, 2 part. en 1 vol. pet. in-12, mar. vert, larges dent., dos orné, doublé de mar. rouge, dent., tr. dor. Aux armes de madame de Chamillart. Provient de la bibliothèque de Pixerécourt. 1.000 fr.


757. Mémoires du comte de Brienne, ministre & premier secrétaire d’État. Contenant les événemens les plus remarquables du règne de Louis XIII & de celui de Louis XIV, jusqu’à la mort du cardinal Mazarin. Amsterdam, Jean-Frédéric Bernard, 1719, 3 vol. in-12, mar. rouge, fil., tr. dor. (Derome). 400 fr.
776. Mazarinades. Recueil de plusieurs pièces curieuses, tant en vers qu’en prose, imprimées depuis l’enlèvement du roy, le 6 janvier 1649, jusques à la paix, qui fut publiée le 2e jour d’avril de la mesme année et autres choses remarquables arrivées depuis ce temps-là jusques à l’heureux retour de Sa Majesté dans sa bonne ville de Paris, qui fut le 18e jour d’aoust 1649. Paris, 1649-1651-1652, 12 vol. in-4, veau fauve (Rel. anc.). Environ 825 pièces. 900 fr.
817. Almanach pour l’année 1781. Manuscrit. Aux armes de la reine Marie-Antoinette. 655 fr.


854. Histoire du cardinal Ximenés. Par messire Esprit Fléchier, évêque de Nîmes. Paris, Jean Anisson, 1693, in-4, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. (Du Seuil). Aux armes de Bossuet. De la bibliothèque de J.-J. Debure. 2.650 fr.


893. La Gallerie des femmes fortes. Par le P. Pierre Le Moyne, de la Compagnie de Jésus. Leiden, Jean Elsevier, et Paris, Charles Angot, 1660, pet. in-12, front. gravé, fig., mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. (Derome). 500 fr.