mercredi 27 mars 2019

Pierre-Victor Stock (1861-1943), éditeur des anarchistes et ardent dreyfusard


Les biographes de la maison Stock ont été abusés par la généalogie fictive que Pierre-Victor Stock a contribué à forger, en insérant, dans son Mémorandum d’un éditeur (Paris, Stock, Delamain et Boutelleau, 1935-1938, 3 vol.), la notice historique de Valéry Müller (1873-1917) et Charles Müller (1877-1914) intitulée « Une librairie » (t. I, p. 313-323), qui relia la famille Stock à une famille totalement étrangère, au prétexte d’exercer, dans un quartier différent de la capitale, une fonction semblable.  

Retable de l'église Saint-Claude de Charleville-sous-Bois
Aujourd'hui au Musée de la Cour d'Or, à Metz

Possible descendante lointaine d’une famille écossaise, installée à Charleville-sous-Bois [Moselle] aux XVIIe et XVIIIe siècles, Anne Stock naquit à 7 km au nord, à Burtoncourt [Moselle], le 17 octobre 1828, fille de Jean Stock (1800-1849), cultivateur, et de Marie-Thérèse Willaume (1799-1868), mariés à Burtoncourt le 26 janvier 1828.
Anne Stock épousa, à Paris, le 5 avril 1856, son cousin Nicolas Tresse (1822-1871), né à Burtoncourt, le 25 janvier 1822, fils de Jean-Pierre Tresse (1774-1828) et de Catherine Willaume (1781-1867) mariés à Burtoncourt le 13 janvier 1807 ; 


Nicolas Tresse, libraire depuis 1845, au Palais-Royal, Galerie de Chartres, Nos 2 et 3, derrière le Théâtre-Français [Ier], demeurait 14 rue Sainte-Anne [Ier].

Galerie de Chartres, Palais-Royal 

Le Théâtre-Français en 1886

À la mort de son mari, le 28 août 1871, Anne Stock quitta la rue Sainte-Anne et s’installa dans la maison d’édition de la Galerie de Chartres avec son jeune fils, Joseph-Victor Tresse (1855-1877). Quand ce dernier décéda prématurément le 11 décembre 1877, Anne Stock resta seule, avec sa fille Marie-Louise, née le 28 mars 1860.
Elle proposa alors à son neveu Pierre-Victor Stock (1861-1943), qui était en stage chez Georges Masson (1839-1900) depuis sa sortie du collège l’année précédente, d’entrer dans la librairie Tresse comme vendeur. De cette époque, Pierre-Victor Stock a des souvenirs imprécis et improbables : parlant de sa rencontre avec le comédien Ernest Coquelin (1848-1909), dit « Coquelin Cadet », il affirma ne l’avoir connu « qu’en 1873, lorsque je fis mes débuts dans la librairie de mes parents » (Mémorandum d’un éditeur. Ibid., t. II, p. 83).


Pierre-Victor Stock était né à Paris [XVIIIe], 4 impasse Robert, le 22 juillet 1861, fils de Jean-Victor Stock, né à Burtoncourt le 7 septembre 1835, loueur de voitures, qui avait épousé, le 24 juillet 1860, à Paris [XVIIe], Marie-Louise-Annette Tailleur, née au village de La Chapelle [intégré en 1860 au XVIIIe arrondissement], le 1er juillet 1840, fille de Pierre Tailleur, marchand de vin, et de Marie-Apolline-Angélique Masson.

« Je suis né à Paris, d’une mère parisienne, dont la famille – des cultivateurs et vignerons – était d’Argenteuil [Val-d’Oise]. J’avais trois ans lorsque ma mère est morte.
Mon père appartenait à une famille de paysans lorrains des environs de Metz. Suivant la légende chez les miens, notre famille paternelle serait originaire d’Écosse ; un Stock, lors des persécutions des réformistes, sous les Stuarts, aurait émigré et serait venu échouer en Lorraine. »
(Mémorandum d’un éditeur. Ibid., t. III, p. 14).

L’essentiel du catalogue de la librairie Tresse était un vieux fonds théâtral, constitué par Jean-Nicolas Barba (1769-1846), au Palais-Royal, derrière le Théâtre-Français, qui l’avait vendu, le 6 juillet 1839, à son commis, Christophe Tresse (1808-1867), moyennant 171.000 francs : celui-ci, pour élargir le fonds de sa maison, avait aussitôt acheté le fonds de Pierre-Joseph-Victor Bezou (1795-1860), 29 boulevard Saint-Martin et 34 rue Meslay [IIIe]. Devenu malade, Christophe Tresse avait cédé son affaire, en 1845, à son frère, Nicolas Tresse, qui semble surtout s’être contenté de vendre les œuvres éditées par ses prédécesseurs.

Jean-Victor Stock mourut à Paris [XVIIIe], 59 rue de la Goutte d’Or, le 9 décembre 1869 ; veuf de Marie-Louise-Annette Tailleur depuis le 20 mai 1864, il s’était remarié le 24 juin 1865 avec Victoire-Henriette Martin, née le 2 septembre 1846 à Venthon [Savoie], en présence de Nicolas Tresse, libraire, son beau-frère, et de Jean-Pierre Stock, cocher, son frère.

« Pour m’éviter d’assister à l’agonie de mon père – nous habitions Paris – en 1869, on m’emmena dans son pays où je suis resté jusqu’à 1874 ; je revins cependant – après la bataille de Reichshoffen [6 août 1870] – passer le siège à Paris d’où je suis reparti pour la Lorraine avant la Commune [18 mars-27 mai 1871], que je n’ai pas vue, ce que j’ai toujours regretté. »  
(Mémorandum d’un éditeur. Ibid., t. III, p. 14).


Pierre-Victor Stock commença par enrichir le fonds théâtral avec un recueil collectif de monologues à la mode : Saynètes et monologues (Paris, Tresse, 1877-1882, 8 vol.), par Charles Cros (1842-1888), Paul Ferrier (1843-1920), Gustave Nadaud (1820-1893), Charles Monselet (1825-1888), Léon Supersac (1831-1888), etc.

Pierre-Victor Stock
In Pierre de Coubertin. Une campagne de vingt-et-un an (1887-1908). Paris, Librairie de l'éducation physique, 1909

Stock était un grand sportif : il avait fait en 1883 Strasbourg-Amsterdam à l’aviron et, en 1886, il fonda une publication hebdomadaire intitulée L’Aviron, organe officiel du « rowing » [aviron].

Photographie BnF

Ayant assuré pratiquement seul le bon fonctionnement de la librairie, sa tante en fit son associé le 5 mai 1885 : la maison Stock naquit sous le nom de « Tresse & Stock ».


Stock choisit alors une nouvelle marque d’éditeur, allégorique : une femme nue [la Vérité], armée d’une faucille, cueillant des fruits [les livres] à un arbre [l’éditeur], avec la devise « A BON ARBRE BON FRUIT ». 


À partir de 1895, il utilisa, pour les éditions de Huysmans, une marque représentant la médaille de Saint Benoît, où chaque lettre représente un terme latin :
-          « C S P B », à côté des bras de la croix, signifient « Crux Sancti Patris Benedicti » [Croix du Saint-Père Benoît].
-          « C S S M L », sur le bras vertical de la croix, signifient « Crux Sancta Sit Mihi Lux [Que la Sainte Croix soit ma lumière].
-          « N D S M D », sur le bras horizontal, signifient « Non Draco Sit Mihi Dux » [Que le Démon ne soit pas mon chef].
-          autour de la médaille : « IHS », monogramme qui représente le nom de Jésus ; « V••R••S••N••S••M••V », qui signifient « Vade Retro Satana – Numquam Suade Mihi Vana » [Reculez, Satan – Ne m’attirez pas vers les vanités] ; « S••M••Q••L••I••V••B », qui signifient « Sunt Mala Quae Libas – Ipse Venena Bibas » [Vos boissons sont mauvaises – Buvez votre poison vous-même].


À partir de 1897, il utilisa, pour ses éditions de théâtre, une marque au masque portant « P V » au niveau des yeux et « STOCK » au niveau de la bouche.

Stock inscrivit à son catalogue les pièces que le metteur en scène André Antoine (1858-1943) monta au Théâtre Libre, 37 passage de l’Élysée-des-Beaux-Arts [XVIIIe, rue André Antoine depuis 1951], fondé le 30 mars 1887, révélant au public des auteurs comme Auguste Strindberg (1849-1912), Léon Tolstoï (1828-1910), Henrik Ibsen (1828-1906).


Il sentit aussi la nécessité de se tourner vers d’autres formes de littérature et édita des jeunes auteurs de l’école symboliste : Le Thé chez Miranda (Paris, Tresse et Stock, 1886), par Jean Moréas (1856-1910) et Paul Adam (1862-1920).


Par l’intermédiaire de Léon Bloy (1846-1917), dont il avait publié les Propos d’un entrepreneur de démolitions (Paris, Tresse, 1884), Stock rencontra Joris-Karl Huysmans (1848-1907), vers le milieu de l’année 1886, et lui fit signer un contrat de dix ans. Huysmans devint un des fleurons de la maison Stock : En Rade (Paris, Tresse & Stock, 1887), Un dilemme (Paris, Tresse & Stock, 1887), 


Certains (Paris, Tresse & Stock, 1889), Là-Bas (Paris, Tresse & Stock, 1891), 

Deuxième édition. Exemplaire de Mallarmé
Paris, Drouot, 9 novembre 2016 : 6.517 €

À vau-l’eau (Paris, Tresse & Stock, 1894, 2e édition [édition originale : Bruxelles, Henry Kistemaeckers, 1882]), En Route (Paris, Tresse & Stock, 1895), La Cathédrale (Paris, P.-V. Stock, 1898) - dont les 18.000 exemplaires vendus permirent à l’auteur d’imposer ses goûts de bibliophile auprès de son éditeur -, La Bièvre et Saint-Séverin (Paris, P.-V. Stock, 1898), Sainte Lydwine de Schiedam (Paris, P.-V. Stock, 1901), De Tout (Paris, P.-V. Stock, 1902), L’Oblat (Paris, P.-V. Stock, 1903) 

Exemplaire de Maurice Darantière
Un des 10 exemplaires du tirage unique non mis dans le commerce

et Les Deux Faces de Lourdes (Paris, P.-V. Stock, 1905), 

Paris, Sotheby's, 19 juin 2013 : 2.875 €

qui devinrent, après la « guérison liturgique » de l’auteur, Les Foules de Lourdes (Paris, P.-V. Stock, 1906).   

Le 10 novembre 1886, Stock refusa de mettre en vente Le Désespéré, par Léon Bloy, après avoir découvert des pages diffamatoires sur Francis Magnard (1837-1894), rédacteur en chef du Figaro. Bloy supprima ces pages et se tourna vers un autre éditeur, Alphonse Soirat (° 1847), 146 rue Montmartre [IIe] : tirée à 2.000 exemplaires, cette « édition véritable » (Paris, Nouvelle librairie A. Soirat, 1886 [1887 sur la couv.]) fut mise en vente le 15 janvier 1887, mais ne se vendit pas. 

Photographie Librairie Le Feu follet

Stock se décida en 1893 à mettre en vente son édition (Paris, Tresse & Stock, 1887), qui aurait dû être mise au pilon, expurgée [les exemplaires ayant conservé le carton original se comptent sur les doigts d’une main] et sans l’autorisation de Bloy.


La mise en vente, dans les derniers mois de 1889, de Sous-Offs, roman militaire (Paris, Tresse & Stock, 1889), par Lucien Descaves (1861-1949), valut un procès aux éditeurs associés et à l’auteur, sur plainte du ministre de la Guerre du 16 décembre 1889 : ils furent inculpés de quarante-cinq chefs d’accusation pour injures envers l’armée et de sept autres pour offense aux bonnes mœurs. Le procès, qui eut lieu devant la Cour d’assises de la Seine, le 15 mars 1890, se termina par un acquittement et favorisa le succès de l’ouvrage, qui avait été vendu à 34.000 exemplaires au jour du procès.

Encore célibataire à cette époque, Stock dînait chaque soir au Cercle de la Presse, où on jouait beaucoup, 6 boulevard des Capucines [IIe], qui devint, en mai 1894, le Cercle des Capucines.

Stock créa deux collections d’inspiration politique :


-          La « Bibliothèque sociologique », avec une couverture couleur sang de bœuf, dans laquelle on trouva : La Conquête du pain (Paris, Tresse & Stock, 1892), par Pierre Kropotkine (1842-1921) ; La Société mourante et l’Anarchie (Paris, Tresse & Stock, 1893), par Jean Grave (1854-1939) ; De la Commune à l’anarchie (Paris, P. V. Stock, Librairie Tresse & Stock, 1894), par Charles Malato (1857-1938) ; Œuvres (Paris, P.-V. Stock, 1895-1913, 6 vol.), par Michel Bakounine (1814-1876) ; Anarchistes, mœurs du jour (Paris, Tresse & Stock, 1892), par John-Henry Mackay (1864-1933) ;  Psychologie de l’anarchiste-socialiste (Paris, P. V. Stock, Librairie Tresse & Stock, 1895), par Augustin Hamon (1862-1945) ; Philosophie du déterminisme (Paris, P. V. Stock, Librairie Tresse & Stock, 1895), par Jacques Sautarel (° 1870) ; Humanisme intégral. Le Duel des sexesLa Cité future (Paris, P.-V. Stock, 1897), par Léopold Lacour (1854-1939) ; Biribi, armée d’Afrique (Paris, P.-V. Stock, 1897), par Georges Darien (1862-1921) ; Le Socialisme en danger (Paris, P.-V. Stock, 1897), par Doméla Nieuwenhuis (1846-1919) ; Les Inquisiteurs d’Espagne (Paris, P.-V. Stock, 1897), par Fernando Tarrida del Marmol (1861-1915) ; L’Évolution, la Révolution et l’Idéal anarchique (Paris, P.-V. Stock, 1898), par Élisée Reclus (1830-1905) ; Soupes (Paris, P.-V. Stock, 1898), par Lucien Descaves ;

    
    La Commune (Paris, P.-V. Stock, 1898), par Louise Michel (1830-1905) ; Sous la casaque. Notes d’un soldat (Paris, P.-V. Stock, 1899), par Gaston Dubois-Desaulle (1875-1903) ; Le Militarisme et la Société moderne (Paris, P.-V. Stock, 1899), par Guglielmo Ferrero (1871-1942) ; 



     Au pays des moines (Paris, P.-V. Stock, 1899), par José Rizal (1861-1896) ; L’Amour libre (Paris, P.-V. Stock, 1899), par Charles Albert [pseudonyme de Charles Daudet (1869-1957)] ; L’Unique et sa propriété (Paris, P.-V. Stock, 1899), par Max Stirner [pseudonyme de Johann-Kaspar Schmidt] (1806-1856) ; etc

-          Les « Recherches sociales », qui rassemblèrent : Socialisme théorique et socialdémocratie pratique (Paris, P.-V. Stock, 1900, N° 1), par Éduard Bernstein (1850-1932) ; 
      

     Le Marxisme et son critique Bernstein (Paris, P.-V. Stock, 1900, N° 2), par Karl Kautsky (1854-1938) ; Temps futurs. Socialisme – Anarchie (Paris, P.-V. Stock, 1900, N° 3), par Alfred Naquet (1834-1916) ; Les Jugements du président Magnaud, réunis et commentés (Paris, P.-V. Stock, 1900, N° 4), par Henry Leyret (1864-1944), etc.

Le 19 février 1896, à Paris [XVIIe], en présence de deux écrivains, Lucien Descaves et François de Curel (1854-1928), Stock épousa Cécile-Frédérique-Henriette Oeser, née à Dresde [Allemagne], le 4 décembre 1863, fille de Eugène-Adolphe Oeser et de Sarah Estabroock, qui lui donna deux enfants : 


Madeleine-Frédérique (1897-1983) et Jean-Pierre (1900-1950).

Par acte sous seings privés, la Société Tresse et Stock fut dissoute le 10 mars 1896 et fut vendue à Stock, le 5 juin 1896. Pierre-Victor Stock demeura enfin seul à la direction de la maison Stock. 

L’affaire Dreyfus avait débuté en automne 1894 avec l’arrestation d’Alfred Dreyfus (1859-1935) ; elle s’acheva en juillet 1906 avec sa réhabilitation.


Devenu ardent dreyfusard, Stock publia Une erreur judiciaire. La Vérité sur l’affaire Dreyfus (Paris, P.-V. Stock, 1897), par Bernard Lazare (1865-1903), brochure qui fit partie des 129 titres publiés au total sur le sujet.
Stock fit la connaissance de Georges Clemenceau (1841-1929) au cours de l’affaire, vers la fin de 1897, et réunit en sept volumes les articles de l’écrivain en faveur de la cause qu’ils défendaient tous les deux : 


L’Iniquité (1899), Vers la réparation (1899), Contre la Justice (1900), Des juges (1901), Justice militaire (1901), Injustice militaire (1902) et La Honte (1903).
Pour répondre à l’hebdomadaire antidreyfusard Psst… ! de Jean-Louis Forain (1852-1931) et Caran d’Ache [pseudonyme d’Emmanuel Poiré (1858-1909)], édité à partir du 5 février 1898 par la librairie Plon, 8 et 10 rue Garancière [VIe], 


Stock publia l’hebdomadaire Le Sifflet, du 17 février 1898 au 16 juin 1899.
Toutes ces publications de Stock lui valurent des menaces, des calomnies et des dettes.

En 1900, Stock racheta le fonds de son confrère antisémite Albert Savine (1859-1927), ruiné par ses condamnations judiciaires et déclaré en faillite en 1897. Il disposa alors d’un fonds étranger important, pour la collection « Bibliothèque cosmopolite », 


qu’il fonda en éditant Au-delà des forces (Paris, P.-V. Stock, 1901, N° 1), par le Norvégien Björnstjerne Björnson (1832-1910) ; il conserva Savine auprès de lui, comme traducteur.

L'Incendie du Théâtre-Français, 8 mars 1900
In L'Illustration, 10 mars 1900


La librairie Stock incendiée, 8 mars 1900
In The Bookman. New York, Dodd, Mead and Co, vol. XXX, november 1909, n° 3, p. 246

L’incendie du Théâtre-Français, le 8 mars 1900, obligea Stock à installer la librairie 27 rue de Richelieu [Ier] et, traversant l’immeuble, son bureau et sa comptabilité 16 rue Molière [Ier], près le Théâtre. 

Restaurant du Boeuf à la mode
Photographie Eugène Atget (1899)

N’étant plus logé dans l’immeuble du Théâtre, Stock déjeunait au « Restaurant du Bœuf à la mode », 8 rue de Valois [Ier].


En 1902, Stock commença la publication des Œuvres complètes du comte Léon Tolstoï (1828-1910), traduites par Jean-Wladimir Bienstock (1868-1933) : cette édition, prévue en 40 volumes, resta inachevée.

Librairie P. V. Stock, 155 rue Saint-Honoré
In The Bookman. New York, Dodd, Mead and Co, vol. XXX, november 1909, n° 3, p. 247

En 1905, la librairie Stock s’installa définitivement 155 rue Saint-Honoré [Ier], devant le Théâtre.

Lâché par les banquiers dreyfusards et ses auteurs fortunés, emporté par la passion du jeu et confondant souvent chiffre d’affaires et bénéfice, Stock dut vendre sa maison d’édition en 1921, qui fut achetée par l’écrivain Jacques Chardonne [pseudonyme de Jacques Boutelleau] (1884-1968), son secrétaire depuis 1909, associé avec Maurice Delamain (1883-1974).

« Il [Stock] travaillera désormais pour la maison de jeu où il s’est ruiné, puis, chassé pour avoir manqué à sa parole de ne plus jouer, il exercera divers métiers en province, de gérant d’auberge à secrétaire d’une association sportive … Enfin, réconcilié avec Boutelleau qui lui verse une petite pension, il reviendra s’installer dans la banlieue parisienne. Il y rédigera ses plus glorieux souvenirs d’éditeur, avant de mourir »
(Histoire de l’édition française. Paris, Promodis, 1886, t. IV, p. 159)

Dernier domicile de Pierre-Victor Stock (1934)
2 quai de Champagne, Le Perreux, près du pont de Bry-sur-Marne

Pierre-Victor Stock, considéré comme l’un des plus grands éditeurs de son temps, décéda à Paris [XIIe], à l’Hôpital Saint-Antoine, 184 rue du Faubourg-Saint-Antoine, le 30 avril 1943 ; il était alors domicilié au 2 quai de Champagne, Le Perreux-sur-Marne [Val-de-Marne]. Son épouse lui survivra jusqu’au 17 juin 1944, en son domicile du 141 boulevard Pereire [XVIIe].



















dimanche 17 mars 2019

Henry Meilhac (1830-1897), homme de théâtre et de plaisir



Maison natale de Henry Meilhac : 2 rue de la Lingerie
Photographie Charles Marville, 1865 [détail]

D’une famille de la moyenne bourgeoisie, originaire du village de Meilhac [prononcez « Mé-iak »], sur la commune de Hautefage [Corrèze], Henry Meilhac est né le 23 février 1830 à Paris [Ier], 2 rue de la Lingerie, fils de François Meilhac, né à Argentat [Corrèze] le 9 floréal An VI [28 avril 1798], artiste peintre, et de Christine-Aimée Billaux (° 1808), mariés à Versailles [Yvelines], le 3 janvier 1837. Lors de leur mariage, ces derniers reconnurent Henry pour leur enfant légitime, expliquant que c’était « pour des motifs faciles à deviner » que sa mère avait été alors appelée « Antoinette Chomé » dans l’acte de naissance.

[Henry Meilhac n’est pas né en 1831 – ce que confirme son acte de naissance qui figure dans son dossier de légionnaire -, comme l’ont prétendu les journaux contemporains de son décès, date erronée que même Le Petit Larousse illustré répète ! ; son père n’était pas libraire, contrairement à ce qu’a affirmé Jules Claretie, sur la base d’une homonymie, dans La Vie à Paris -1899-, Paris, Eugène Fasquelle, 1900, p. 360]

Son grand-père paternel, Jean Meilhac, né le 17 août 1764 au village de Meilhac, fut reçu docteur en médecine de la Faculté de Montpellier le 23 février 1789. Il exerça à Argentat et accueillit avec enthousiasme les idées nouvelles de la Révolution ; il fut commissaire du pouvoir exécutif près l’administration municipale. Le 2 brumaire An II [23 octobre 1793], il épousa, à Argentat, Jeanne Jourde, de dix ans sa cadette. A la Restauration, il partit pour Paris, avec une carriole et un cheval, emportant avec lui les livres les plus précieux de sa riche bibliothèque. Ces livres constituèrent le premier fonds de l’échoppe de libraire qu’il installa provisoirement entre les colonnades de l’École de médecine [VIe], puis, dès 1815, 11 rue du Cloître-Saint-Benoît [Ve, supprimée en 1855]. Ayant obtenu un brevet de libraire le 20 juin 1820, il déménagea au 10 rue du Cloître-Saint-Benoît, qui fut le rendez-vous des beaux esprits : 


là se réunissaient le chimiste François-Vincent Raspail (1794-1878), le mathématicien Jacques-Frédéric Saigey (1797-1871) et autres savants de l’époque, dont Meilhac fut l’éditeur et l’ami, Louis Hachette (1800-1864), le fondateur de la librairie éponyme. En 1842, Meilhac acheta le fonds des ouvrages qu’avait laissés le naturaliste Thomas-Edward Bowdich (1791-1824), célèbre par ses voyages dans le nord-ouest de l’Afrique. 


Installé au 14 rue du Cloître-Saint-Benoît, Meilhac annonça son désir de cesser le commerce dans le Feuilleton du Journal de la librairie du 4 octobre 1845. Il vendit une partie de ses livres les mardi 20 et mercredi 21 novembre 1849 : Catalogue de livres anciens et de quelques ouvrages modernes en nombre, provenant de la librairie de M. Meilhac. En 1853, à 89 ans, Meilhac démissionna et vendit son fonds, du 28 avril au 12 mai, en 13 vacations : Catalogue des livres relatifs aux sciences naturelles. Géologie, botanique, zoologie, médecine, et ouvrages divers, qui composaient la librairie de M. Meilhac (Paris, Delion, 1853, in-8, 104 p., 1.576 lots).

Après des études brillantes au collège Louis-le-Grand, Henry Meilhac réussit volontairement à ne pas entrer à l’École polytechnique et entra comme commis à la librairie de Louis Hachette, 12 rue Pierre Sarrazin [VIe], puis au ministère des Finances, qu’il quitta rapidement pour se consacrer au théâtre. 

Le Journal pour rire, 20 novembre 1852

De 1852 à 1855, il donna dans Le Journal pour rire, sous le pseudonyme de « Talin », des articles humoristiques agrémentés de croquis, associé avec le dessinateur Abel Damourette (1812-1883).

En 1856, il débuta au théâtre du Palais-Royal par des comédies : Garde-toi, je me garde !, La Sarabande du cardinal et Satania, qui furent remarquées par plusieurs critiques. À propos de la première, Jules Janin (1804-1874) écrivit, dans le Journal des débats politiques et littéraires du 4 février 1856 :

« Il y avait dans cette salle, ordinairement si remplie, assez peu de monde, et ce monde-là paraissait peu disposé à s’amuser. Il y a comme cela des jours où le public boude, comme on dit, contre son propre plaisir […].
Nous-même, dont le métier est d’écouter, nous écoutons distraits. Bon ! tout à coup un mot bien trouvé nous dit : Soyez attentif ! Bientôt une phrase en bel accent français, une ironie, une façon de tourner la pointe en l’air et de la laisser retomber en mille petites sagettes sur le nez de l’auditoire… Oh ! oh ! disons-nous, qu’est-ce ? Un nouveau venu, j’en suis sûr […]. J’entends une voix humaine et j’entrevois un écrivain à travers ces bourdes, ces saillies, ces velléités de comédie en sevrage ! A coup sûr l’homme est jeune qui a fait ces quatre premières scènes, et qui plus est il sait écrire. »    

À propos de la deuxième, Jules Janin écrivit le 16 juin 1856 :

« L’auteur de ce joli petit pamphlet est un jeune homme, il est nouveau dans l’œuvre, il a nom M. de Meilhac ; il ne sait pas encore, et Dieu merci, le truc et le fion de son métier. Mais il a le bel esprit, et sur ce bel esprit il compte pour se faire pardonner son inexpérience. Avant peu vous verrez, s’il persiste à rester seul à sa tâche, que M. de Meilhac aura bien fait de n’admettre personne à l’aider. Il est de ceux qui marchent seuls, parce qu’ils savent où ils veulent aller. »

À propos de la troisième, Jules Janin écrivit le 27 octobre 1856 :

« Ici je voudrais dire un mot à un jeune homme d’un véritable esprit qui se désole et qui se lamente. Il a nom M. Meilhac […]. Hier encore Satania, sa pièce nouvelle, applaudie à outrance, elle a disparu trois jours après par l’ordre absolu et capricieux du parterre élégant, difficile, aristo du Palais-Royal.
Eh bien ! sans nier l’obstacle, au contraire, en reconnaissant tout ce que cette disgrâce a d’imprévu et de trop réel, M. Meilhac aurait tort de se décourager et de s’abandonner aux impressions mauvaises […].
Au contraire, ami (dirons-nous à M. Meilhac), relevez la tête et montrez-vous ce que vous êtes, un esprit courageux. En vain le parterre vous maltraite, en vain il dédaigne et rejette votre comédie, en vain il crie, il s’irrite, il vous blesse, il vous écrase… ; il ne prévaudra pas, soyez-en sûr, contre un esprit sincère, contre un talent réel, contre une énergique volonté à toucher le but. »

Meilhac composa ensuite de nombreuses pièces qui eurent du succès, soit seul, soit en collaboration : avec Arthur Delavigne (1831-1899), Eugène Cormon (1810-1903), William Busnach (1832-1907), Charles Nuitter (1828-1899), Émile de Najac (1828-1889), Jacques Redelsperger (1847-1930), Albert Millaud (1844-1892), Arnold Mortier (1843-1885), Philippe Gille (1831-1901), Jules Prevel (1835-1889), Henry Brougham Farnie (1836-1889), Louis Ganderax (1855-1940), Albert de Saint-Albin (1843-1901) et surtout Ludovic Halévy (1834-1908), rencontré en 1860. 

Avec Offenbach à vélocipède

Avec ce dernier, - couple qu’on baptisa « les Grévins du théâtre » -, il écrivit le livret des opéras bouffes de Jacques Offenbach (1819-1880), La Belle Hélène (1864), La Vie parisienne (1866), La Grande Duchesse de Gérolstein (1867), ainsi que le livret de l’opéra-comique Carmen (1875) ; les comédies Froufrou (1869) et Tricoche et Cacolet (1872) naquirent également de leur association.

Photographie BnF

La liste de ses opéras bouffes, de ses opérettes, de ses livrets, de ses opéras comiques, de ses pièces en un acte, de ses comédies légères et de ses comédies de mœurs contient 89 titres, qui le classèrent parmi les premiers auteurs dramatiques de son temps.

La Vie parisienne, 2 mai 1863

À partir de 1863, il donna des articles à La Vie parisienne, hebdomadaire illustré, fondé cette année-là par Marcelin, pseudonyme du caricaturiste Émile Planat (1829-1887), et dirigé par lui.

Il fut nommé chevalier (1869), puis officier de la Légion d’honneur (1884) et fut élu à l’Académie française en 1888, successeur naturel d’Eugène Labiche (1815-1888).

« Meilhac ne quitte jamais le boulevard, il lui faut le bruit, le mouvement, le cri, la chanson, la poussière, les odeurs, l’air particulier de la ville, sa fausse verdure, son activité de vie enfin, c’est le condiment obligé de son œuvre. Aussi travaille-t-il surtout dehors, en voiture, au restaurant, où il dîne dans un coin réservé de la salle commune, seul presque toujours ; ou bien au Cirque, à l’Hippodrome, partout enfin où les yeux occupés laissent l’esprit libre. […]
Il a longtemps habité, pendant la belle saison, un restaurant du bois, pour entendre encore le bruit de la ville.
Aujourd’hui, il va jusqu’à Saint-Germain : il occupe, au pavillon Henri IV, l’appartement où M. Thiers a rendu l’âme ; la terrasse est son boulevard d’été. Bien que des amis de choix partagent son court exil, il vient souvent dîner à Paris, presque toujours en voiture ; il exècre le chemin de fer et son exactitude brutale. Il rentre coucher à Saint-Germain pour travailler au réveil.
Au fond, Meilhac a horreur de la vie des champs, il est de ceux qui prennent froid à la vue d’un pot de fleurs sur leur fenêtre. »
(Adrien Chabot. « Henry Meilhac ». In Revue illustrée. Paris, Ludovic Baschet, 1888, t. V, p.223-224)

Henry Meilhac au billard

Meilhac a changé trois fois de domicile, avec son billard légendaire – qu’il vendit en septembre 1896, pour agrandir sa bibliothèque - et ses livres. 

10 cité de Trévise
[deuxième immeuble à partir de la gauche]

Il a longtemps occupé un entresol 10 cité de Trévise [IXe], devant la fontaine. L’âge et la fortune l’ont conduit 30 rue Drouot [IXe], dans un logement plus vaste : là, pendant neuf ans, il a complété sa superbe collection de livres. Le nombre de ces derniers augmentant toujours, il a dû se transporter 10 place de la Madeleine [VIIIe], à l’angle du boulevard du même nom, au 2e étage, dans un immeuble de six étages construit en 1815, dont le 5e était occupé par le « grenier » de Jules Simon (1814-1896) et le rez-de-chaussée par un bar. Au numéro 8 voisin se trouvaient la Pharmacie Virenque et les corsets de Madame Léoty.

[Le domicile de Meilhac et de Simon est bien le n° 10 place de la Madeleine – ce que confirment leurs actes de décès -, et non le n° 7, comme l’a prétendu le marquis de Rochegude dans ses Promenades dans toutes les rues de Paris par arrondissements (Paris, Hachette et Cie, 1910, VIIIe Arrondissement, p. 11-12)]

Angle sud-est de la place de la Madeleine, avant 1903

Angle sud-est de la place de la Madeleine, après 1903

Statue de Jules Simon, devant les premier et deuxième étages du 10 et du 8 place de la Madeleine (après 1903)

De G à D : deuxième étage des 10 et 8 place de la Madeleine (avril 2018)

De son appartement, à l’angle sud-est de la place, il avait vue sur l’entrée de l’église de la Madeleine et sur la fontaine de Davioud, qui sera remplacée en 1903 par la statue de Simon : celle-ci fut transférée en 1933 place du Guatémala [VIIIe], à l’arrière de l’église Saint-Augustin.

Intérieur du restaurant Durand (1911)

Pendant trente années, Meilhac prit ses repas au restaurant Durand, 2 place de la Madeleine, fondé en 1836. 

Les abords du restaurant Durand au moment de la sortie du général Boulanger, à 1 h. du matin, le 28 janvier 1889
Dessin de Louis Tynaire (1861-1942). In Le Monde illustré, 2 février 1889 

Célèbre par la visite du général Georges Boulanger (1837-1891), il ferma en 1914, après la reconstruction de l'immeuble en 1900.

Henry Meilhac chez lui, place de la Madeleine
Photographie par Paul Cardon (1858-1941), dit "Dornac", v. 1890 

« Le cabinet de travail de Meilhac est situé au point le plus bruyant de Paris ; de sa fenêtre, il peut voir passer la ville, on pourrait dire le monde.
La pièce, vaste, tendue de drap rouge, est entourée de bibliothèques d’ébène, bourrées d’éditions rares. Il a, entre autres, soigneusement enfermées dans un coffret d’émail, les premières éditions de Molière et la collection de lithographies de Gavarni avec annotations et le bon à tirer.
La petite table de marqueterie sur laquelle pose sa main, dans le portrait de Delaunay, est une amie de jeunesse. Sur elle, Meilhac a écrit toutes ses pièces, au mépris du grand bureau Louis XIV, qui reste encombré de manuscrits et de livres dans un désordre pittoresque.
Il écrit sur de grandes feuilles de papier blanc non rayé, toujours avec des plumes d’oie ; son écriture est franche, nette, très lisible ; un peu dans la forme des écritures du dix-huitième siècle.
Il n’est jamais entré chez lui, ni plume métallique, ni timbre-poste, ni une lampe à huile. Il s’éclaire constamment avec un candélabre à cinq bougies. Le papier à lettre, dont il fait grand usage, porte en jarretière autour du chiffre : Lente dies, celeriter anni.
Deux tableaux dans la pièce, un portrait de femme, tout un drame, et un Diaz argenté, souvenir du Petit Duc. […]
Meilhac n’observe en rien les principes de M. de Buffon ; il n’a pas comme lui, en écrivant, le respect de ses manchettes ; en pantoufles, à peine vêtu, il travaille en tordant nerveusement le bouton d’or de sa manche, ou la patte de sa chemise, s’interrompant souvent pour courir au téléphone ou caresser un chat couché sur la cheminée, au pied de la pendule silencieuse.
A partir de quatre heures, le travail cesse, la porte s’ouvre, le whist et le billard commencent. Du haut de la cheminée de la salle, Molière, de son doux œil de bronze, semble contempler son confrère et sourire aux carambolages qu’il manque.
La soirée s’achève au théâtre, toujours dans une avant-scène, ou chez des amis sévèrement triés ; personne n’est moins banal que lui. » (Ibid., p. 224-225)

Meilhac achetait souvent des livres en se rendant aux Variétés ou au Palais-Royal, chez Fontaine, chez Morgand ou chez Conquet.
Il avait été un des premiers à courir après les Rétif de la Bretonne et avait revendu son fameux Rétif complet au vicomte François-Joseph Toustain de Richebourg (1780-1868), fils du censeur royal et ami de Rétif. Il se sépara aussi de sa collection de toutes les pièces originales de Molière, placées dans un somptueux coffret, surmonté d’un petit buste de Molière : le coffret était resté en place, mais vide.


Son ex-libris circulaire [45 mm], gravé par Stern, présente ses initiales « H M » superposées, entourées d’un ceinturon portant la légende « • LENTE • DIES • CELERITER • ANNI • » [L’heure est lente, les années passent vite].


Membre de la Société des Amis des livres à partir de 1888, il fut l’auteur de l’une des onze notices de Paris qui crie. Petits métiers (Paris, Amis des livres, 1890, pet. in-4, 30 dessins en couleurs de Pierre Vidal, tir. 120 ex.), publié par les soins de Eugène Paillet (1829-1901).

Henry Meilhac mourut, célibataire, le mardi 6 juillet 1897, en son domicile de la place de la Madeleine :

« Depuis quelques mois, il ne quittait plus que rarement son appartement. MM. Weill et Dieulafoy, ses médecins, le lui avaient interdit, bien que le malade dût en souffrir dans ses vieilles habitudes d’activité. Après avoir eu, au mois de novembre, une attaque d’urémie, des soins empressés l’avaient pour une fois mis hors de péril, mais un long repos était indispensable.
M. Henri Meilhac s’y résigna, et cette docilité eut d’heureux résultats ; déjà l’on escomptait sa guérison prochaine : le malade avait pu faire quelques sorties et notamment assister, en qualité de directeur de l’Académie française, au service funèbre du duc d’Aumale ; car, malgré sa faiblesse, il avait tenu à rendre hommage à son illustre collègue.
Quelques jours après, M. Henri Meilhac était de nouveau frappé par une attaque d’apoplexie, avec aphasie et paralysie du côté droit. Un traitement énergique, auquel il se soumit sans résistance, parut triompher encore de la maladie. M. Henri Meilhac se rétablit avec une rapidité extraordinaire ; il fit quelques promenades au Bois et décida de partir pour Saint-Germain, où une villa avait été louée pour lui par M. Ganderax.
Dimanche, après un repas très léger pris d’un excellent appétit, le malade, dont la bonne humeur s’était accrue au reçu d’une dépêche de Mme Réjane disant : “ Grand succès pour Froufrou. Heureuse d’en faire part à mon cher patron, que je suis enchantée de savoir convalescent ”, décida de faire une courte promenade en voiture. Mais, au moment de partir, un frisson subit le saisit. Il dut s’aliter aussitôt.
Le docteur Weill appelé, se montra tout de suite très inquiet. La nuit fut, en effet, fort mauvaise, car le mal faisait des progrès rapides. Lundi, le docteur Dieulafoy fut appelé à son tour en consultation ; mais les moyens énergiques employés pour soutenir le malade furent inutiles, l’état de H. Meilhac s’aggravait toujours ; il fallut enfin perdre tout espoir, le malade s’affaiblissait de plus en plus ; à onze heures du soir [le mardi], il rendait le dernier soupir, sans paraître souffrir, sans avoir repris connaissance. » (Le Monde artiste illustré, 11 juillet 1897, p. 437-438)

Après la messe en l’église de la Madeleine, l’inhumation fut faite au cimetière Montmartre [21e division]. 


En 1900, sa sépulture fut ornée d’une statue de pleureuse, œuvre du sculpteur Albert Batholomé (1848-1928).

De G à D : Ganderax et Meilhac (1889)

Henry Meilhac avait institué Louis Ganderax son légataire universel : il hérita donc de la fortune du maître, de ses droits d’auteur et de sa bibliothèque.


Cette bibliothèque fut vendue en 1922 par Ganderax, qui n’y avait apporté aucune modification, du mardi 25 au samedi 29 avril, en 5 vacations, dans une des salles des Galeries Georges Petit, 10 rue de Sèze [IXe] : Bibliothèque de feu Henry Meilhac, de l’Académie française ([Paris], Lair-Dubreuil et Jules Meynial, [1922], in-8, [4]-148-[1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p., 787 + 2 doubles [bis] + 1 triple [ter] = 790 lots), dont Livres anciens [173 lots = 21,89 %], Romantiques [270 lots = 34,17 %] et Livres modernes [347 lots = 43,92 %].

« On va vendre la bibliothèque de Meilhac ; ce qui m’étonne, ce n’est pas qu’on la vende, c’est qu’il y reste des livres ! Le bon Meilhac était l’homme le plus obligeant de la terre, et pareil à plus d’un de ses héros, il ne savait rien refuser aux jeunes femmes ; il en recevait une foule, dans son appartement de la place de la Madeleine, et il était rare qu’une de ces jolies visiteuses n’empruntât pas plusieurs bouquins. Vous connaissez la phrase : “ Je vous le rendrai, car, moi, je rends les livres ! ” Meilhac souriait, il savait par expérience qu’on rend parfois l’argent emprunté, mais qu’on ne restitue jamais les volumes prêtés.
L’auteur de Ma Camarade était trop heureux de voir évoluer autour de lui ces frivoles créatures, ses modèles favoris, les bergères des Folies, dont il fut le Watteau, et il leur pardonnait leurs larcins. De là vient sans doute que cette bibliothèque ne comprenne que 700 numéros, mais ce sont des numéros de choix, qui nous révèlent un Meilhac bibliophile : des éditions originales pour la plupart. »
(Pierre Veber. « Les Livres de Meilhac ». In Le Gaulois, 9 avril 1922)

Photographie Librairie Camille Sourget

7. Beaumarchais. La Folle Journée ou le Mariage de Figaro. Imprimerie de la Société typographique et Paris, Ruault, 1785, in-8, 5 fig. de Saint-Quentin, mar. r., 3 fil., dos orné, dent. int., tr. dor. sur bro. (Chambolle-Duru). 1.200 fr.


9. Boccace. Le Decameron. Londres (Paris), 1757-1761, 5 vol. in-8, 5 front., portr., 110 fig. et 97 culs-de-lampe, mar. vert, 3 fil., dos orné de pointillé croisé, dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). 18.400 fr.


11. Bon Genre. Observations sur les modes et les usages de Paris pour servir d’explication aux 115 caricatures publiées sous le titre de Bon Genre depuis le commencement du dix-neuvième siècle. Paris, (La Mésangère), 1822, in-fol., 115 pl. grav. et coloriées à la main, demi-veau brun, non rogné (Bauzonnet). De la bibliothèque de P. Desq. 7.100 fr.

Photographie Librairie Camille Sourget

22. Choderlos de Laclos. Les Liaisons dangereuses. Londres, 1796, 2 vol. in-8, 2 front. et 13 fig., veau granit, dent., dos orné, dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). Pap. vélin. 4.000 fr.
24. Constant. Adolphe. Paris, Treuttel et Würtz, Londres, Colburn, 1816, in-12, dos et coins mar. vert, tête dor., non rog. (David). Grand pap. 720 fr.
38. Dorat. Les Baisers. La Haye, Paris, Lambert et Delalain, 1770, in-8, mar. r., 3 fil., dos orné, doublé de mar. bleu, large dent., tr. dor., étui (Thibaron-Joly). 2.800 fr.


46. Fénelon. Les Aventures de Télémaque. Imprimerie de Monsieur, 1785, 2 vol. in-4, mar. vert, fil., fleurons d’angles, dos ornés à petits fers, dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). 3.450 fr.



50. Galerie dramatique par Joly (Petite). Paris, Martinet, 11 vol. in-8, 1.637 pl., dos et coins veau fauve, dos ornés, non rog. (Champs). 2.450 fr.


53. Goya. Les Caprices. (Madrid, 1799), 80 pl., in-4, mar. grenat, 3 fil., dos orné, dent. int., tr. dor., sur bro. (Chambolle-Duru). 5.200 fr.


58. Histoire du vieux et du nouveau Testament. Anvers, Mortier, 1700, 2 vol. in-fol., mar. r. à long grain, petite grecque et dent. de lotus, dos orné à petits fers et de mosaïque de mar. vert, doub. et gardes de moire vert d’eau, tr. dor. (Bozerian). Grand pap., avant les clous. 3.550 fr.

Exemplaire de Henry Meilhac, avec son ex-libris
Photographie Librairie Le Feu follet

62. Imbert. Le Jugement de Pâris, poëme en IV. chants. Amsterdam, 1772, in-8, titre et 4 fig. par Moreau, mar. bleu, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Chambolle-Duru). Grand papier.


65. La Bruyère. Les Caractères de Théophraste, traduits du grec. 9e édition. Paris, Estienne Michallet, 1696, in-12, mar. r. jans., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 620 fr.


68. La Borde. Choix de chansons. Paris, De Lormel, 1773, 4 tomes en 2 vol. in-8, 4 front., portr., 109 fig., mar. bleu, dent., dos orné, doublé de mar. fauve, dent., tr. dor. (Cuzin). 12.000 fr.


70. La Fayette. La Princesse de Clèves. Paris, Claude Barbin, 1678, 4 parties en 2 vol. in-12, mar. vert, comp. de fil. à la Duseuil, dos orné, dent. int., tr. dor. (Capé). Ex. de Bancel. 2.820 fr.


72. La Fontaine. Œuvres complettes. Paris, Lefèvre, 1814, 6 vol. in-8, mar. bleu à long grain, comp. de fil. et dent., dos ornés, dent. int., tr. dor. (Thouvenin). Un des 30 ex. sur gd. pap. vélin, fig. de Moreau avant la lettre. 2.800 fr.

Le Rat de ville et le Rat des champs [détail]

74. La Fontaine. Fables choisies. Paris, Desaint et Saillant, 1755-1759, 4 vol. in-fol., front. et 275 fig. par Oudry, mar. gris bleu, 3 fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Derome le père). Premier tirage sur grand papier dit « Royal », tiré à 50 ex. 15.500 fr.

Les Lunettes [détail]

75. La Fontaine. Contes et nouvelles en vers. Amsterdam, 1762, 2 vol. in-8, mar. r., fil. et pointillé, milieux dor., mosaïque de mar. bleu aux angles et aux milieux avec orn. dor., dos orn., dent. int., tr. dor. (Thibaron). Éd. des Fermiers généraux. 3.100 fr.


76. La Fontaine. Contes et nouvelles en vers. Paris, Didot, 1795, 2 vol. in-4, grand pap. vélin, mar. r., 3 fil., dos orn., dent. int., têtes dor., non rog. (Meyer). 4.000 fr. 


78. La Rochefoucauld. Réflexions ou sentences et maximes morales. Paris, Claude Barbin, 1665, in-12, front., mar. brun, 3 fil. à froid, dent. int., tr. dor. (Dumergue). 785 fr.
81. Le Sage. Histoire de Gil Blas de Santillane. Dernière édition. Paris, Libraires associés, 1747, 4 vol. in-12, 32 fig., mar. r., 3 fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Chambolle-Duru). 560 fr.
86. Longus. Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé. S. l. (Paris, Quillau), 1718, in-8, mar. r., fil., dos orné, dent.int., doublures et gardes de soie bleue, tr. dor. (Rel. anc.). 4.000 fr.


89. Marguerite de Navarre. Les Nouvelles de. Berne, Nouvelle Société typographique, 1780, 3 vol. in-8, mar. vert, 3 fil., fleur d’angles, dos orn., dent. int., non rog. (Thibaron-Joly). Ex-libris Saint-Geniès. 1.800 fr.
100. Molière. Les Œuvres. Paris Étienne Loyson et Charles de Sercy, 1666, 2 vol. in-12, 2 front., mar. r. jans., doublé de mar. bleu, fil. et dent., fleurons d’angles, tr. dor. (Motte). 3.480 fr.
101. Molière. Œuvres. Paris, Denys Thierry et Claude Barbin, 1674-1675, 7 vol. in-12, mar. r., comp. de fil. à la Duseuil, dos orné, dent. int., tr. dor. (Capé). 3.450 fr.
102. Molière. Œuvres. Paris, 1734, 6 vol. in-4, portr., fleuron, 33 fig., 198 vign. et culs-de-lampe, mar. r., 3 fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Capé-Masson Debonnelle). 4.900 fr.


103. Molière. Œuvres, avec des remarques grammaticales, des avertissements et des observations sur chaque pièce, par Bret. Paris, Compagnie des libraires associés, 1773, 6 vol. in-8, portr. et fig., mar. vert, 3 fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Derome). Figures de Moreau le Jeune avant la lettre. De la vente Gosford (1882, 7.800 fr.). 40.500 fr.
108. Montaigne. Essais. Bourdeaux, P. S. Millanges, 1580, 2 vol. in-8, vélin, tr. rouge. Court de marges. 4.700 fr.

Marque au titre

109. Montaigne. Les Essais. Paris, Michel Sonnius, 1595, in-4, mar. brun jans., dent. int., tr. dor. (Chambolle-Duru). Ex. avant le carton. 3.500 fr.


116. Ovide. Les Métamorphoses en latin et en françois. Paris, Barrois, 1767-1771, 4 vol. in-4, mar. bleu, fil., dos orn., dent. int., tr. dor. (Chambolle-Duru). 3.250 fr.


117. Pascal. Les Provinciales. Cologne, Pierre de la Vallée, 1657, in-4, mar. olive jans., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Lettres et pièces ajoutées. Ex. de J. H. Basse. 1.005 fr.

Photographie BnF

126. Pigal, Pajou et Arago. Anciens proverbes. Paris, Noël et Dauty, in-4, 66 feuilles de texte explicatif et 66 pl. lith. et coloriées, toile, tr. jasp. 390 fr.


127. Plaisirs de l’Isle enchantée (Les). Paris, Imprimerie royale, 1673, 9 pl. – Relation de la feste de Versailles du 18 juillet 1668. Paris, Impr. royale, 1679, 5 pl. – Les Divertissemens de Versailles donnez par le Roy à toute sa cour au retour de la conqueste de la Franche-Comté en 1674. Paris, Impr. royale, 1676, 6 pl. Ensemble en 1 vol. in-4, mar. r., 3 fil., comp. de fil. à la Duseuil, chiffre aux angles, dos orn., dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Louis XIV. 2.700 fr.


129. Prévost. Mémoires et avantures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde. Amsterdam, Aux dépens de la Compagnie, 1731, 7 tomes en 4 vol. in-12, mar. bleu jans., doublé de mar. brun, large dent., tr. dor. (Thibaron-Joly). Le tome VII contient l’édition originale de Manon Lescaut. 1.700 fr.


131. Prévost. Histoire de Manon Lescaut et du chevalier Des Grieux. Paris, Didot, 1797, 2 vol. in-18, mar. r., 3 fil., dos orn., doubl. mar. bleu, fil. et large dent., tr. dor., étui (Cuzin). 1 des 100 sur grand papier. 2.600 fr.
136. Racine. Œuvres complètes. Paris, Agasse, 1807, 7 vol. in-8, mar. r. à long grain, comp. de fil. et dent., dos orn., dent. int., tr. dor. (Bozerian Jeune). Au chiffre de Caroline-Ferdinande-Louise de Bourbon, duchesse de Berry. 2.500 fr.


138. Regnard. Œuvres. Paris, Pierre Ribou, 1708, 2 vol. in-12, front., fig., mar. r., milieux dorés, doublé de mar. bleu, large dent., tr. dor. (Thibaron). 755 fr.



141. et 142. Rétif de la Bretonne. Le Paysan perverti. La Haie, Esprit, 1776, 4 vol. in-12. – La Paysanne pervertie. La Haie et Paris, Veuve Duchesne, 1784, 4 vol. in-12. Mar. rouge, 3 fil., dos orn., dent. int., tr. dor. (David). 2.500 fr.


161. Térence. Les Comédies. Paris, Jombert, 1771, 3 vol. in-8, front. et 6 fig. de Cochin, mar. r., fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Calabre. Grand pap. 3.850 fr.



166. Vernet (Horace). Incroyables et merveilleuses. (Paris, v. 1820). 33 pl. grav. par Gatine et coloriées, in-fol., demi-mar. vert (Rel. anc.). 2.000 fr.


169. Voltaire. Œuvres complètes. (Kehl), Société typographique, 1785-1789, 70 vol. in-8, front. par Moreau, portr., 93 fig. et 12 portr. par Moreau, mar. vert, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). 3.920 fr.


171. Voltaire. Romans et contes. Bouillon, Société typographique, 1778, 3 vol. in-8, veau marbr., dent., dos orn., dent. int., tr. dor. (Rel. anc.). Avant les numéros. 3.500 fr.


172. Voltaire. Zadig ou la destinée. Paris, Amis des livres, 1893, in-4, ill. couleurs, debr., couv. 1 des 115 ex. 2.000 fr.    


173. Watteau. Figures de différents caractères de paysages. Paris, Audran, s. d. (v. 1735), 2 tomes en 1 vol. in-fol., veau marbré, dent., dos orné, tr. marbrée (Rel. anc.). 14.500 fr.


179. Balzac. Les Cent Contes drolatiques colligez ès abbaïes de Touraine. Paris, Charles Gosselin, 1832 et 1833, 2 vol. in-8, couv. impr. avec encadr. rouge sur papier quadrillé. – Paris, Éd. Werdet, 1837, in-8, couv. jaune [non citée par Vicaire]. Ensemble 3 vol. in-8, mar. grenat, 6 fil., dos orn., 6 fil. int., tr. dor. sur bro., couv. cons. (Chambolle-Duru). 1.800 fr.
180. Balzac. Les Contes drolatiques. 5e ed. Paris, Société générale de librairie, 1855, in-8, fig., mar. vert, fil. gras et maigre, comp. de 5 fil., dos orn., dent. int., tr. dor. sur bro. (Cuzin). 1er tirage sur papier de Chine à quelques ex. 7.000 fr.
211. Chénier (André). Poésies. Paris, Baudouin, 1820, in-12, cuir de Russie, fil. gras et maigre, dent. à froid, dos orn., dent. int., tr. dor. (Lefebvre). Des bibliothèques Nodier, Pixerécourt, A. Martin et G. Bolle où Meilhac l’a payé 50 fr. en mai 1849. 6.800 fr.
242. Gautier (Théophile). Mademoiselle de Maupin. Paris, Renduel, 1835-1836, 2 vol. in-8, mar. r. jans., dent. int., tr. dor. (Reymann). Édition originale. 1.900 fr.    
308. Mérimée. Carmen. Paris, Michel Lévy, 1846, in-8, mar. orange jans., dent. int., tête dor., non rog., couv. cons. (Canape rel., Domont dor.). Édition originale. La couv. porte 1847. Ex. de J. Noilly. 5.600 fr.


362. Stendhal. Le Rouge et le Noir. Paris, Levavasseur, 1831, 2 vol. in-8, vign. sur les titres, dos et coins veau rouge, dos ornés, têtes jasp., tr. ébarb. (Rel. romantique). Édition originale. 2.030 fr.


364. Stendhal. La Chartreuse de Parme. Paris, Ambroise Dupont, 1839, 2 vol. in-8, demi-veau fauve, dos ornés, tr. marbr. (Rel. romantique). Édition originale. 3.000 fr.  



Photographies Librairie Camille Sourget

388. Caricature (La). Journal fondé et dirigé par Ch. Philipon. Paris, Aubert, 1831-1835, 10 vol. in-fol., 524 pl. coloriées ou en noir, demi-toile r., non rog., couv. cons. 6.000 fr.


390. Daumier (H.). Les Cent Robert Macaire. Paris, Aubert, 100 lith. montées sur onglets, in-fol., dos et coins mar. rouge. 2.200 fr.

L'Atelier du lithographe

440. Gavarni. Œuvre composée de 5.000 pièces de divers tirages. Ensemble 25 vol. demi-rel. (Petit) et le reste en feuilles. Provenant en partie de Édouard Bocher. 19.100 fr.


473. Baudelaire (Charles). Quinze histoires d’Edgar Poë. Ill. de Louis Legrand. Paris, Amis des livres, 1897, in-4, mar. vert à long grain, dos et coins, non rog., couv. cons. (Paul Vié). 1 des 50 ex. des membres titulaires. 2.500 fr.
555. Flaubert. Salammbô. Paris, Michel Lévy, 1863, in-8, dos et coins mar. rouge, dos orn., tête dor., non rog. (Raparlier). Éd. originale sur pap. de Holl. Envoi de l’auteur à Meilhac. 2.050 fr.


556. Flaubert. L’Éducation sentimentale. Paris, Michel Lévy, 1870, 2 vol. in-8, dos et coins mar. brun, têtes dor., non rog. (Raparlier). Édition originale sur papier de Hollande, avec sur le faux titre du tome I cet envoi autographe : « mauvais titre ? Le véritable titre aurait dû être “ Les Fruits secs ” ? Je soumets cette observation au confrère Meilhac qui s’entend aussi bien à nommer les œuvres qu’à les faire. son tout dévoué G. Flaubert. ». 2.750 fr.


681. Maupassant. La Maison Tellier. Paris, Victor Havard, 1881, in-12, mar. r., 3 fil., dos orn., dent. int., doublé de mar. vert, comp. de fil. et fleurons d’angles, gardes de soie, broch., tr. dor. sur broch. (Marius Michel). Éd. originale. 1 des 25 sur pap. de Hollande. 3.000 fr.
688. Maupassant. Monsieur Parent. Manuscrit autographe signé, de 41 feuillets écrits recto, in-4, vélin, fil. et fleurons dor. 6.700 fr.   

La vente s’est terminée sur un total de 465.152 francs.