jeudi 14 novembre 2019

Victor Deséglise (1839-1916), le naundorffiste

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Venu de la paroisse Saint-Germain de La Châtre [Indre], Jacques Deséglise, âgé de 29 ans, marchand chapelier, épousa, en l’église Saint-Cyr d’Issoudun [Indre], le 30 septembre 1704, Anne Dauteville, d’une dizaine d’années sa cadette, fille de Louis Dauteville, chapelier, et de Jacqueline Robillard.
Le patronyme Deséglise doit s’écrire sans accent sur le premier « e », - comme l’ont toujours écrit les membres de la famille -, et se prononcer « des église[s] », ce qui a été traduit par l’entourage, dès le XVIIe siècle, par « Déséglise ».


Des très nombreux enfants de Jacques Deséglise, Gabriel, baptisé le 27 avril 1725 en l’église Saint-Cyr d’Issoudun, fut marchand épicier et épousa en l’église Saint-Jean, le 7 novembre 1747, la fille d’un épicier, Ursule Chatelin, née à Issoudun le 5 mai 1727, qui mourut en couches le 18 septembre 1766 ; après s’être remarié le 20 août 1768, Gabriel Deséglise mourut le 15 juin 1793. L’un des fils de ce dernier, prénommé aussi Gabriel, né à Issoudun le 21 juin 1752, lui succéda et épousa, le 7 janvier 1779, Jeanne-Catherine Baron, née à Vierzon [Cher], le 30 août 1751 ; il mourut à Issoudun le 16 thermidor An VII [3 août 1799] ; son épouse mourut, également à Issoudun, le 7 août 1831.
Pierre Deséglise, grand-père de Victor Deséglise, naquit le 4 décembre 1781 à Issoudun, où il mourut le 19 avril 1839, rue de la Pierrerie ; il fut marchand tanneur, puis fabricant de chandelles ; le 1er août 1808, à La Châtre, il épousa Marie-Véronique Plaut, née le 6 novembre 1784, qui mourut à Issoudun le 16 janvier 1870.

Le Monde illustré, 10 septembre 1859, p. 169
Photographie BnF

Victor Deséglise est né le 1er avril 1839, à Paris, sur l’île de la Cité, 31 rue de la Barillerie [boulevard du Palais, IVe].
Son père, Silvain-Jacques Deséglise, brossier, était né à Issoudun le 3 septembre 1809 et avait épousé, à Paris, le 19 mai 1838, Geneviève-Clarisse Chachoin, née à Toussus-le-Noble [Yvelines] le 8 mars 1816, fille de Jean-Mathieu Chachoin, cultivateur, et de Marie-Geneviève-Constance Huvet.

17 rue Geoffroy l'Angevin (1908). Photographie Eugène Atget.
 Gabrielle d'Estrée y aurait habité
Musée Carnavalet


« Suivant acte passé devant Me Jean DUFOUR, notaire à Paris, soussigné, le vingt-quatre octobre mil huit cent soixante-deux, enregistré,
Il a été formé une société en nom collectif entre :
1° M. Sylvain-Jacques DESÉGLISE, négociant, et Mme Geneviève-Clarisse CHACHOUIN, son épouse, de lui autorisée, demeurant ensemble à Paris, rue Geoffroy-Langevin, n. 17 ;
2° Et M. Victor DESÉGLISE, leur fils, négociant, demeurant à Paris, mêmes rue et numéro.
La raison sociale est DESÉGLISE ET FILS AINÉ.
Le siège social est à Paris, rue Geoffroy-Laugevin [sic], n. 17.
M. Deséglise père et M. Deséglise fils ont chacun la signature sociale, dont ils ne peuvent faire usage que pour les besoins et affaires de la société. En cas de décès de M. Deséglise père, Mme Deséglise mère, survivante, aurait cette signature sociale.
La société a pour objet le commerce et la vente en gros et en détail des soies de sanglier et autres matières premières brutes ou préparées pour la fabrication de la brosserie.
Ce commerce s’exerce au siège social, à Paris, avec une fabrique de préparation à Issoudun (Indre), qui a été apportée dans la société par M. et Mme Deséglise père et mère.
Sa durée est de dix années, qui commenceront à courir du premier novembre mil huit cent soixante-deux. »
(Le Moniteur universel, 6 novembre 1862, p. 1.544)

Le 13 novembre 1862, à Paris [Ier], Victor Deséglise, demeurant chez ses parents au 17 rue Geoffroy l’Angevin [IVe], épousa Denise-Émilie-Jenny Bezançon, née à Paris le 8 janvier 1842, demeurant 20 rue Harlay-au-Palais [Ier], chez ses parents, Pierre-Louis Bezançon, négociant, et Marie-Élisabeth-Zoé Guérin. Le jeune couple aura quatre enfants : Gustave, né à Sceaux [Hauts-de-Seine] le 8 avril 1864 ; Jeanne, née à Paris [IVe] le 28 novembre 1866 ; Albert, né à Paris [IVe] le 22 octobre 1868 ; Charles, né à Issoudun le 2 janvier 1871.

Entrée du château de Frapesle
13 avenue de Frapesle, Issoudun (septembre 2012)

Devant l'entrée du château de Frapesle (1916)


Le 25 janvier 1868, Silvain-Jacques Deséglise acheta à François Marteau d’Autry (1818-1872), demeurant à Paris, 5 rue du Marché-Saint-Honoré, le chalet de Frapesle [13 avenue de Frapesle, Issoudun], où Balzac séjourna de 1834 à 1838, chez son amie Zulma Tourangin (1796-1889), épouse du capitaine François-Michel Carraud (1781-1864), et où il commença l’écriture de La Rabouilleuse :

« Il aurait occupé la chambre du premier étage à l’extrémité de l’aile Est, donnant sur le balcon. De son temps elle était indépendante. On ne pouvait y accéder de l’extérieur, il fallait sortir de la maison et prendre un escalier particulier, ouvert sur le jardin. L’escalier a été supprimé en même temps que l’on aménageait l’aile, qui d’abord, à l’exception de la chambre de Balzac, avait abrité des communs. »
(Chanoine M. de Laugardière. « Satellites de Balzac ». In Mémoires de la Société historique littéraire et scientifique du Cher. Bourges, Xavier Desquand, 4e série, 44e volume, 1939-1940, p. 78).


À l’emplacement d’un ancien moulin transformé en maison de maître au XVIIIe siècle, le grand bâtiment et le parc de 5 hectares furent améliorés de 1869 à 1871 : toiture avec zinc décoratif, cheminées surélevées, balcon en bois type Louisiane ; pièce d’eau avec île et kiosque, serre et orangerie, bélier et bassins, grille décorative.
Geneviève-Clarisse Chachoin et Silvain-Jacques Deséglise décédèrent au château de Frapesle, respectivement le 12 février 1884 et le 14 juillet 1895.

Victor Deséglise hérita de la propriété de Frapesle, où il réunit quantité de beaux livres, de gravures et d’autographes. Lié d’amitié avec les Goncourt et Georges Vicaire, il possédait une série de leurs ouvrages.

Photographie Jacques Laget

Son ex-libris [81 x 69 mm], gravé par Stern, porte le monogramme « J. B. V. D. » [Jenny Bezançon Victor Deséglise] dans un cartouche à enroulements Renaissance, avec la devise « DONNE ET PARDONNE », empruntée à la salonnière Marie-Thérèse Rodet-Geoffrin (1699-1777).



Ecole française du XIXe s. Guerrier grec partant au combat [18,5 x 14 cm]
Drouot, 3 décembre 2014

Pour marquer sa collection, modeste, d’estampes et de dessins, anciens et surtout modernes, ainsi que les cartes postales de sa propriété de Frapesle, qu’il envoyait à ses correspondants, Victor Deséglise utilisait un timbre humide, au même monogramme, dont Frits Lugt a identifié trois modèles (Les Marques de collections de dessins & d’estampes. Supplément. La Haye, Martinus Nijhoff, 1956, p. 54-55) : il utilisait le plus souvent celui à l’encre rouge [9,5 x 6,5 mm].

Plaque en argent [61,8 x 131 mm], par A.-L.-M. Charpentier (v. 1910)
Buste du duc d'Aumale à gauche

Victor Deséglise fut membre fondateur de la Société des Amis des livres en 1880, de la Société des Bibliophiles contemporains en 1889 et de la Société des Cent Bibliophiles en 1895. 

Pour une raison inconnue, Victor Deséglise dispersa une partie de ses collections à l’Hôtel des commissaires-priseurs, 9 rue Drouot, les mardi 17 et mercredi 18 novembre 1896 : Catalogue de la bibliothèque de Frapesle. Première partie : livres illustrés du XVIe au XVIIIe siècle, dessins originaux, portraits, suites de vignettes et autographes du XVIIIe siècle (Paris, Techener, 1896, in-8, 209 lots).

Retiré des affaires depuis plusieurs années, Victor Deséglise mourut subitement au château de Frapesle, le 27 décembre 1916. Ancien membre du Tribunal de commerce de la Seine, il était chevalier de la Légion d’honneur depuis 1878.
Passionné par la question de la survivance de Louis XVII, il fut un naundorffiste fervent, partisan de la théorie selon laquelle Karl-Wilhelm Naundorff (1785-1845), horloger prussien, aurait été Louis XVII, qui aurait survécu à sa détention à la prison du Temple [IIIe, détruite en 1810].

Photographie BnF

Sa bibliothèque fut vendue en 4 vacations, du lundi 28 novembre au jeudi 1er décembre 1921, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, 9 rue Drouot, salle n° 9 : Catalogue de livres anciens et modernes, autographes, estampes anciennes et modernes, dessins, provenant de la bibliothèque de M. Victor Déséglise [sic], de la Société des Amis des livres et des « Cent bibliophiles » (Paris, Henri Leclerc, Noël Charavay et Loys Delteil, 1921, in-8, 127-[1] p., 778 lots), dont Livres anciens [39 lots = 5,01 %], Dessins et vignettes pour l’illustration de livres des XVIIe , XVIIIe et XIXe siècles [44 lots = 5,65 %], Livres modernes [490 lots = 62,98 %], Autographes [92 lots = 11,82 %], Estampes anciennes et modernes [113 lots = 14,52 %].
La vente a produit, au total, 103.895 francs. Parmi les acheteurs : le libraire Henri Leclerc (1862-1941), 219 rue Saint-Honoré [Ier] ; Maurice Escoffier (1879-1959), professeur à l’École libre des sciences politiques, qui ouvrit l’année suivante une librairie de livres anciens, « La Maison du bibliophile », 11 rue de Miromesnil [VIIIe] ; le libraire Louis Conard (1867-1944), 6 place de la Madeleine [VIIIe].


10. Collection Coustelier. Paris, Urbain Coustelier, 1723-1724, 10 vol. in-12, mar. bleu, fil., dos ornés, dent. int., tr. dor. (Allô). 490 fr.

Photographie Musée Médard

12. Destouches (Nericault). Œuvres dramatiques ; nouvelle édition. Paris, Crapelet, 1822, 6 vol. in-8, dos et coins de mar. bleu, fil., dos ornés, non rognés (Capé). Gr. pap. vélin. Dessins, aquarelle et fig. ajoutés. De la bibliothèque Emmanuel Martin. 620 fr. à Escoffier.
15. Habert (François). Les Épistres contemplatives servants de consolation & d’exemple à toute ame fidelle. Manuscrit du XVIe siècle, pet. in-4, réglé, veau fauve 2 fil., dos orné, tr. rouges (Rel. XVIIe siècle). Chiffre couronné aux angles des plats et sur le dos [maréchal duc d’Estrées ?]. De la bibliothèque de Monmerqué. 400 fr. à Leclerc.

Photographie Bibliothèques virtuelles humanistes

16. Habert (François). La Nouvelle Pallas, présentée à Monseigneur le Daulphin par François Habert, natif d’Issouldun en Berry. Lyon, Jean de Tournes, 1547, pet. in-8, mar. vert, fil., dos orné, dent. int. tr. dor. (Koehler). Ex. Yemeniz, quelques petits raccommodages. 620 fr.


20. Habert (François). Les Divins Oracles de Zoroastre, ancien philosophe grec, interprétez en rime françoise par François Habert de Berry. Paris, Philippe Danfrie et Richard Breton, 1558, pet. in-8 réglé, mar. La Vallière à longs grains, 2 fil., dos orné, fil. int., tr. dor. (Rel. angl. mod.). En caractères de civilité. 455 fr.


21. Habert (François). Les Quinze Livres de la Métamorphose d’Ovide. Paris, Hierosme de Marnef, 1580, gros vol. in-16, fig. sur bois, mar. rouge, fil., dos orné au pointillé, doublé de mar. orange, compart. de fil. à la Duseuil, doubles gardes, tr. dor. (Brany). 305 fr.


32. Régnier. Les Satyres du Sr Regnier, reveües, corrigées & augmentées de plusieurs satyres. Rouen, Jacques Besongne, 1626, in-8, mar. rouge, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Capé). 380 fr. à Conard.

Photographie BnF

34. Sainte-Marthe. Les Premières Œuvres de Scévole de Sainte-Marthe, gentilhomme lodunois qui contiennent ses imitations & traductions recueillies de divers poètes grecs et latins. Paris, Fédéric Morel, 1569. – Scœvolæ Sammarthani Consiliarii regis et ærarii apud pictones antigraphei. Lutetiæ, Federici Morelli, 1575. 2 ouvrages en 1 vol. in-8, mar. bleu, large dent. à petits fers, milieu avec emblème et devise de la bibliothèque Génard dans un ovale de mar. rouge, dos orné au pointillé et mosaïqué, dent. int., tr. dor. et ciselées (Lortic). Première édition française des Œuvres de Sainte-Marthe. 720 fr.

Photographie Librairie Le Feu follet

37. Voiture. Œuvres. Seconde édition. Paris, Courbé, 1650, in-4, front. et portr., veau marb., fil., dos orné, tr. marb. (Rel. anc.). Ex. de Monmerqué. 350 fr. à Leclerc.


39. Weber (J.). Mémoires concernant Marie-Antoinette. Londres, Daponte et Vogel, 1804-1809, 3 vol. in-8, fig., demi-rel. dos de mar. bleu ornés, non rognés. Lettre aux souscripteurs ajoutée. Éd. originale. 420 fr.  
50. Chants et chansons populaires de la France. Réunion de 31 dessins de Steinheil (24), Giraud (1) et Staal (6), à la mine de plomb, la plupart gr. in-8, montés à la Glomy sur bristol bleu ou blanc. 4.100 fr. à Carteret.


102. Banville (Théodore de). Odes funambulesques, avec un frontispice gravé à l’eau-forte par Bracquemond d’après un dessin de Charles Voillemot. Alençon, Poulet-Malassis et De Broise, 1857, in-12, mar. rouge, large encadr. de dent. et de fil. brisés aux angles, fleurons, violon mosaïqué au centre du premier plat, dos orné, dent. int., tr. dor. (Amand). Édition originale, couv. cons., lettre autographe de Banville ajoutée. 400 fr. à Escoffier.

Photographie BnF

143. Delavigne (Casimir). L’École des vieillards, comédie en cinq actes. Paris, Barbat et Ladvocat, 1823, in-8, mar. rose foncé à longs grains, encadr. d’une étroite guirlande de roses et d’un fil. d’or., dos orné de roses et de fil., dent. int., tr. dor. (Rel. de l’époque). Édition originale. Ex. de Mademoiselle Mars portant son nom en lettres dorées sur le premier plat de la reliure. Envoi autographe de l’auteur. Portrait de l’actrice ajouté. Ex. non conforme à la description de Vicaire. 1.000 fr. à Leclerc.

Photographie Librairie des Carrés

149. Dovalle (Ch.). Le Sylphe, poésies précédées d’une notice par M. Louvet et d’une préface par Victor Hugo. Paris, Ladvocat, 1830, in-8, mar. tête de nègre, fil. et ornements à froid aux angles, fil. dor. à l’int., tr. argent (étui). Éd. originale. Ex. de Paul Arnauldet, orné au centre des plats de son chiffre mosaïqué en mar. blanc, chiffre en petites lettres dor. aux angles et sur le dos. 300 fr. à Leclerc.


164. Flaubert (Gustave). Salammbô. Paris, Michel Lévy frères, 1863, in-8, cartonn. dos de toile rouge, non rogné (Couvert.). Éd. originale. 300 fr. à Escoffier.


169. France (Anatole). Le Crime de Sylvestre Bonnard, membre de l’Institut. Paris, Calmann Lévy, 1881, in-12, cartonn. toile grenat, non rogné (Couvert.). Éd. originale avec la couv. bleue. 500 fr. à Leclerc.


179. Girardin (Mme Émile de). Essais poétiques par Mlle Delphine Gay. Paris, Impr. Gaultier-Laguionie, 1824, in-8, veau bleu, double encadr. de fil. et pet. dent. à fr. et dor., fleurons aux angles, dos orné, dent. int., tr. jasp. (Rel. de l’époque). Éd. originale, front. lithographié par Collière. Ex. de Mlle Mars. Envoi autographe de l’auteur. Portr. de Madame de Girardin ajouté. Rousseurs. 555 fr. à Leclerc.

Photographie Librairie Magic Books

203. Hugo (Victor). Hernani ou l’Honneur castillan. Paris, Mame et Delaunay-Vallée, 1830, in-8, demi-rel. mar. violet, tr. marbr. (Rel. de l’époque). Éd. originale. Envoi de l’auteur à Mademoiselle Mars. Lettre autographe de l’auteur à la même ajoutée. 800 fr. à Leclerc.


206. Hugo (Victor). Lucrèce Borgia, drame. Paris, Eugène Renduel, 1833, in-8, front., mar. bleu jans., dent. int., tête dor., non rogné (Marius Michel). Éd. originale. De la bibliothèque Noilly. Pièces ajoutées. 725 fr. à Davis.


211. Hugo (Victor). Les Misérables. Paris, Pagnerre, 1862, 10 vol. in-8, dos et coins de mar. rouge, tête dor., non rognés (Brany). Un des quelques ex. sur pap. de Hollande. Éd. originale. 25 photographies gouachées ajoutées. De la bibliothèque Eugène Paillet. 1.000 fr. à Leclerc.


237. Monselet (Charles). Les Premières Représentations célèbres. Paris, Faure, 1867, in-12, dos et coins de mar. bleu, dos orné de fil., tête dor., non rogné. Éd. originale. 52 lettres ou billets autographes ajoutés. 335 fr.

Photographie Vincent Rometti

239. Musset (Alfred de). Contes d’Espagne et d’Italie. Paris, A. Levavasseur et Urbain Canel, 1830, in-8, demi-rel. veau fauve, tr. jasp. (Rel. de l’époque). Éd. originale. 315 fr. à Escoffier.


267. Stendhal. Promenades dans Rome. Paris, Delaunay, 1829, 2 vol. in-8, fig., demi-rel. veau fauve, dos ornés à fr. et dor., tr. marb. (Rel. de l’époque). Éd. originale. 370 fr. à Leclerc.

Photographie Julien Mannoni

276. Vigny (Alfred de). Chatterton, drame. Paris, H. Souverain, 1835, in-8, front., cartonn. dos et coins toile bleu clair, non rogné (Couvert.). Éd. originale. Portr. ajoutés. 340 fr. à Leclerc.


288. Aumale (Duc d’). Les Zouaves et les Chasseurs à pied. Paris, Société des Amis des livres, s. d. [1896], in-8, mar. rouge jans., doublé de mar. bleu, gardes de soie brochée, doubles gardes, tr. dor. sur témoins, couvert., étui (Nolhac). N° 23/123 au nom de Deséglise. Dessin et portr. gravé ajoutés. 370 fr. à Escoffier.


292. Balzac (H. de). Les Contes drolatiques. Cinquiesme édition illustrée de 425 dessins par Gustave Doré. Paris, Société générale de librairie, 1855, in-8, mar. rouge, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Allô). Aux armes du vicomte Savigny de Moncorps. 470 fr.


295. Balzac (H. de). Œuvres complètes. La Comédie humaine. Paris, Houssiaux, 1855, 20 vol. in-8, fig., demi-rel. chagr. marron, dos ornés, tr. jasp. 350 fr. à Leclerc.


302. Boccace (Jean). Les Dix Journées de Jean Boccace. Paris, Librairie des bibliophiles, 1873, 4 vol. in-8, dos et coins de mar. bleu, fil., dos ornés et mosaïqués, tête dor., non rognés, couvertures (Lacornée). Un des 150 sur pap. de Hollande. 300 fr.


312. Caricature (La). Journal fondé et dirigé par Charles Philipon. Paris, Aubert, 1830-1835, 251 livraisons formant 10 vol. in-4, cartonn. demi-bas. rouge, dos ornés, tr. jaunes (Rel. de l’époque). Collection complète. Pièces ajoutées. 2.500 fr.


317. Chants et chansons populaires de la France. Paris, H.-L. Delloye, 1843, 3 vol. gr. in-8, dos et coins de mar. rouge, fil., dos ornés, tête dor., ébarbés (Brany). Ex. de premier tirage. 360 fr.


323. Claretie (Jules). La Canne de M. Michelet. Promenades et souvenirs. Paris, L. Conquet, 1886, in-8, texte réimposé, mar. rouge foncé, encadr. de fil. et dent., feuillages dor. aux angles, dos orné, dent. int., tr. dor. sur témoins, couv. (Marius Michel). N° 64 imprimé sur pap. du Japon, contenant 2 états des illustrations. 310 fr.


334. Daudet (Alphonse). Fromont jeune et Risler aîné, mœurs parisiennes. Paris, Conquet, 1885, 2 vol. in-8, mar. rouge jans., dent. int., tr. dor., couv. (Marius Michel). N° 33 imprimé sur pap. du Japon, contenant 2 états des illustrations. 325 fr.

Photographie David Baisnée

347. Dumas fils (Alexandre). La Dame aux camélias. Paris, Michel Lévy frères, 1872, in-8, pap. de Hollande, portr., cartonn. vélin blanc à recouvr., dos orné, tête dor., non rogn. Enrichi de 4 pl. et 51 en-têtes et culs-de-lampe à l’aquarelle ou au lavis d’encre de Chine par Paul Avril, de 2 portr. et lettre autographe de Paul Avril à V. Deséglise. 400 fr.


357. France (Anatole). Les Opinions de M. Jérôme Coignard. Paris, Cent Bibliophiles, 1914, pet. in-4, br., ill. de Louis Jou. N° 31 au nom de Deséglise. 600 fr.


361. Gautier (Théophile). Mademoiselle de Maupin. Double amour. Paris, L. Conquet et G. Charpentier, 1883, 2 vol. gr. in-8, mar. grenat, encadr. de 4 fil. dorés avec guirlandes de roses et épées aux angles, dos ornés, dent. int., tr. dor. sur témoins, couv. (Marius Michel). Ill. de Toudouze. N° 369 sur pap. vélin. 820 fr.


362. Gautier (Théophile). Militona. Paris, Conquet, 1887, in-8, texte réimposé, mar. orange, double encadr. de fil. et pointillé, campanules bleues mosaïquées aux angles, dos orné et mosaïqué ; même décoration formant cadre à l’int., doublé et gardes de soie brochée vieux bleu, doubles gardes, tr. dor. sur témoins, couv. (Marius Michel). N° 98 imprimé sur pap. du Japon, contenant 2 états des illustrations. 320 fr.

Photographie Librairie Le Feu follet

385. Janin (Jules). Clarisse Harlowe, précédée d’un essai sur la vie et les ouvrages de l’auteur, Samuel Richardson. Paris, Amyot, 1846, 2 part. en 4 vol. in-12, mar. rouge, fil., dos ornés à petits fers, dent. int., tr. dor., non rognés (Capé). Éd. originale de cette traduction. Ex. de Janin avec sa signature. Pièces ajoutées, fig. et 3 lettres autographes. 510 fr.

Photographie Bertrand Hugonnard-Roche

408. Maupassant (Guy de). Contes choisis. Paris, Bibliophiles contemporains, 1891-1892, 10 fascicules gr. in-8, cartonn. toile de diverses couleurs, non rognés, couv., sous une enveloppe demi-toile rouge, étui. N° 50/188 au nom de Deséglise. 680 fr.


409. Maupassant (Guy de). Cinq contes parisiens. Ill. de Louis Legrand. Paris, Cent bibliophiles, 1905, gr. in-8, br. Tiré à 130 ex. Ex. au nom de Deséglise. 560 fr.

Photographie Boston Book Company

412. Mérimée (Prosper). Chronique de Charles IX. Ill. de Edmond Morin. Paris, Amis des livres, 1876, 2 vol. gr. in-8, dos et coins de mar. bleu, fil., dos ornés de fleurons, tête dor., non rognés, couv. (Lacornée [Charles Lacornée, 32 rue Hautefeuille, VIe]). N° 56/115 au nom de Deséglise, dont le chiffre est mosaïqué au bas du dos. 330 fr.


416. Molière. Théâtre, collationné minutieusement sur les premières éditions. Lyon, Scheuring, 1864-1870, 8 vol. – Galerie historique des portraits des comédiens. Ibid., 1869. Ensemble 9 vol. in-8, portr. et vign., dos et coins de mar. rouge, fil., dos ornés et mosaïqués, tête dor., non rognés, couv. (Lacornée). Portr. et fig. ajoutés. 510 fr.


425. Musset (Alfred de). Œuvres complètes. Paris, Charpentier, 1865-1866, 10 vol. gr. in-8, portr. et 28 fig., pap. de Hollande, dos et coins de mar. rouge, fil., dos ornés et mosaïqués, tête dor., non rognés (Lacornée). 3 portr. ajoutés. N° 278 au nom de Deséglise. 820 fr.


426. Musset (Alfred de). Nouvelles. Paris, Conquet, 1887, gr. in-8, fig., mar. bleu, compart. de 7 fil. dor. dont 4 à coins brisés ; à l’int., large bande de mar. bleu encadr. de 2 fil. dont 1 au pointillé, motifs d’angles, doubl. et gardes de soie brochée, tr. dor. sur témoins (Marius Michel). N° 92 sur grand pap. vélin avec 2 états des ill. 585 fr. 

Photographie Librairie Le Feu follet

431. Nerval (Gérard de). Sylvie, souvenirs du Valois. Paris, Conquet, 1886, pet. in-8, 42 ill. par Rudaux, mar. vert, compart. de fil., encadr. de branches ornées de feuillages et de fleurs mosaïquées, dos orné et mosaïqué, dent. int., doubl. de mar. La Vallière, compart. de 3 fil. dont 1 au pointillé, motifs d’angles, gardes de tabis vert foncé, doubles gardes, tr. dor., couv. (Marius Michel). Un des 50 ex. sur pap. du Japon, avec double suite des ill. 355 fr.


438. Pauquet (H. et P.). Modes et costumes historiques français, dessinés et gravés par Pauquet frères. Paris, s. d. [1864]. – Modes et costumes étrangers. Ibid., 1865. Deux ouvrages en 1 vol. in-4, 192 pl. coloriées, demi-rel. dos de mar. brun, tête dor. 4 dessins ajoutés. 440 fr.


457. Saint-Pierre (Bernardin de). Paul et Virginie. Paris, Curmer, 25 rue Ste Anne, 1838, gr. in-8, encadr. de 16 fil. dont 9 à coins brisés et entrelacés, dos plat orné de compart. de fil. droits et courbes avec ornements de feuillage et fers azurés, fil. inter., doubl. et gardes de pap. moiré, tr. dor., étui (Corfmat [13 rue des Bernardins, Ve, rival de Koehler] ). Premier tirage. Portr. anglais du Docteur. Rousseurs dans les marges des planches. 680 fr.

Photographie Librairie Le Feu follet

466. Stendhal. La Chartreuse de Parme. Paris, Conquet, 1883, 2 vol. in-8, 32 eaux-fortes par Foulquier, mar. bleu, compart. de 8 fil. ornem. d’angles, dos ornés, dent. int., tr. dor., couv. (Marius Michel). N° 177 sur pap. vélin de cuve. 715 fr.

Photographie Librairie des Carrés

468. Sterne (L.). Voyage sentimental en France et en Italie. Paris, Librairie des bibliophiles, 1875, in-8, 6 eaux-fortes par Edmond Hédouin, dos et coins de mar. bleu, fil., dos orné et mosaïqué, tête dor., non rogn., couv. (Lacornée). Un des 170 ex. sur pap. de Hollande. 340 fr.


482. Verhaeren (Émile). Les Blés mouvants. Paris, Cent bibliophiles, 1918, in-4, bois de Georges Le Meilleur, br., étui. Un des 120 ex. sur pap. du Japon, au nom de Deséglise. 430 fr.


489. Voltaire. Zadig, ou La Destinée, histoire orientale. Paris, Amis des livres, 1893, gr. in-8, 8 fig. gravées par Gaujean et 29 pl., mar. rouge jans., doublé de mar. du même rouge, fil. dor., gardes de soie grenat brochée de dessins noirs et dorés, doubles gardes, tr. dor. sur témoins, couv., étui (Noulhac). N° 22 au nom de Deséglise. 3.600 fr.


492. Zola (Émile). Nouveaux contes à Ninon. Paris, Conquet, 1886, 2 tomes en 1 vol. in-8, front. et 30 ill. par Rudaux, mar. Havane, fil., dos orné ; à l’int., large bande de mar. Havane, encadr. de 4 fil. dont 1 au pointillé, fleurons d’angles, doubl. et gardes de soie brochée, doubles gardes, tr. dor. (Marius Michel). Un des 50 sur pap. du Japon, avec 2 états des ill. 410 fr.


514. Collection [complète] du Bibliophile français. Paris, Bachelin-Deflorenne, 1863-1869, 12 vol. in-16, portraits par G. Staal, mar. rouge, fil., dos ornés, dent. int., tr. dor. (Belz-Niedrée). 400 fr.


523. Goncourt (Edm. et J. de). L’Art du dix-huitième siècle. Paris, Dentu, 1859-1875, 12 fasc. in-4, front. et 38 fig., cartonn. dos et coins toile vert clair, non rognés, couv. (Carayon). Éd. originale. Portraits et dessins ajoutés. 310 fr.


528. Hugo (Victor). Œuvres, édition elzévirienne, ornements par E. Froment. Paris, J. Hetzel et Cie, 1869-1870, 8 vol. in-18, mar. rouge, compart. de fil. à froid, milieux et fleurons d’angles dorés, dos ornés, dent. int., tr. dor. (Smeers). 605 fr.


572. Vicaire (Georges). Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, 1801-1893. Paris, Rouquette, 1894-1910, 7 vol. gr. in-8, cartonn. dos de parchemin grenat, non rognés (Couvert.). Table parue récemment ajoutée, in-8, br. 720 fr.

Une troisième vente [tableaux, œuvres d’art, miniatures, médailles, dessins] eut lieu le 26 mai 1929 et les jours suivants, à Frapesle : Catalogue résumé de la bibliothèque de Frapesle (Issoudun, 1929, in-8, 176 lots) ; elle rapporta 81.172 francs. Le château de Frapesle fut vendu à Jean Luneau, fervent balzacien.



















jeudi 7 novembre 2019

Georges Vicaire (1853-1921) inventeur de la bibliographie moderne

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Château et hameau de Varey

Au XVIe siècle, la famille Vicaire habitait au Varey, hameau de Saint-Jean-le-Vieux [Ain], dont les archives antérieures à 1669 sont perdues. 

Hameau de Sécheron
Pont sur la rivière Le Riez

Hameau de Sécheron
N° 13 : maison Vicaire, détruite en 1842
(Blog Jacques Ruty)

Au siècle suivant, elle s’installa au hameau voisin de Sécheron, sur la même commune, où ses membres cultivèrent la vigne.


Antoine Vicaire, né à Saint-Jean-le-Vieux le 2 juin 1676, devint commis du greffier des tailles de la paroisse en 1691, se maria le 8 février 1695 et mourut le 11 novembre 1734. Son fils François Vicaire naquit à Saint-Jean-le-Vieux le 30 décembre 1702 et y mourut le 6 mars 1778 ; il se maria à Poncin [Ain] le 8 février 1724.
Vinrent ensuite Claude Vicaire, né à Saint-Jean-le-Vieux, le 19 février 1728, mort au clos de « La Jayette » [18 rue Bir Hakeim], à Jujurieux [Ain], le 16 décembre 1788, qui fut châtelain de Varey, et son frère cadet, Claude-Joseph Vicaire, né à Saint-Jean-le-Vieux, le 12 novembre 1740, qui fut notaire royal à Saint-Vulbas [Ain], où il mourut le 7 mars 1808, après s’être marié à Chavagneux-Montbertrand [Isère] le 30 janvier 1770.
Jean-Baptiste Vicaire, né à Saint-Vulbas le 3 mars 1771, devint greffier de la Justice de paix du canton d’Ambérieu-en-Bugey [Ain], s’y maria, le 30 brumaire An VII [20 novembre 1798], et y mourut, ancien notaire et membre du Conseil général du département de l’Ain, le 4 avril 1857. Son fils Louis-Henri Vicaire devint parisien, provisoirement en 1837-1838, puis définitivement en 1849.

Georges Vicaire
In Gabriel Hanotaux. Georges Vicaire 1853-1921. Paris, Henri Leclerc, 1922

Ernest-Marie-Georges Vicaire naquit à Paris, 11 rue de l’Isly [VIIIe], le 8 décembre 1853, fils de Louis-Henri Vicaire, alors administrateur général des domaines et forêts de la Couronne, né à Ambérieu-en-Bugey le 4 frimaire An XI [25 novembre 1802], ancien élève de l’École forestière de Nancy [Meurthe-et-Moselle], chevalier de la Légion d’honneur en 1842, officier en 1854, commandeur en 1861, et mort à Paris [VIIIe], directeur général des Forêts, le 16 janvier 1865, et de Marie-Marthe Blais, née à Sauxillanges [Puy-de-Dôme] le 26 août 1817 et décédée à Paris [IXe] le 11 novembre 1875, qui s’étaient mariés à Mâcon [Saône-et-Loire] le 2 février 1835.

Bachelier en 1872 au lycée Saint-Louis, Georges Vicaire suivit les cours de l’École de droit. Dès 1876, il débuta dans des journaux de province [L’Éclaireur de la Somme, Écho de la Somme, L’Abbevillois, La Vie lyonnaise], puis collabora surtout, pendant de nombreuses années, avec Le Petit Moniteur universel et La Petite Presse, publiant des articles sur des sujets divers : politique, beaux-arts, chroniques, fantaisies, bibliographie.

Le 5 juillet 1882, à Saint-Germain-en-Laye [Yvelines], Vicaire, demeurant alors 74 rue de la Tour, à Paris [XVIe], épousa Jeanne-Élisabeth-Marie Gras, née à Saint-Germain-en-Laye le 31 mai 1862, fille de Jean-Marc Gras et de Marie-Catherine Stroobant, qui lui donna : Henriette-Louise-Marie-Marthe, née le 27 décembre 1883, 1 rue de Mantes, à Saint-Germain-en-Laye ; Jean-Marie-Constant, né le 15 avril 1888, 24 bis rue Singer, à Paris [XVIe; Marcel-Marie-Émile, né le 29 septembre 1893, et Élisabeth-Marie-Odette-Jeanne, née le 25 septembre 1898, tous deux 6 Villa Scheffer, 51 rue Scheffer, à Paris [XVIe].


Primitivement gravé pour sa collection de publications gastronomiques, l’ex-libris [98 x 78 mm] de Vicaire le représente « en costume de cuisinier, le tablier garni d’un assortiment de couteaux, la broche au côté en guise de flamberge, le livre d’une main, la plume de l’autre, devant une haute et traditionnelle cheminée dans laquelle se prépare un substantiel rôti … bibliographique. » (L. Bouland. « Ex-libris de M. Georges Vicaire ». In Archives de la Société française des collectionneurs d’ex-libris. Paris, 1896, p. 25-26). En bas, à gauche, cette eau-forte est signée « F R Tatt » [Francis Tattegrain (1852-1915)] et porte la mention « ultima » [la dernière] et la date « 1888 ».

Un jour, chez le libraire Pierre-Jean Rouquette (1833-1912), 57 passage Choiseul [IIe], Vicaire fit la connaissance du baron Jérôme Pichon (1812-1896), qui lui ouvrit les portes de sa bibliothèque et le nomma, plus tard, son exécuteur testamentaire.

A la Librairie Leclerc, en 1906
De gauche à droite : Paul Lacombe, Maurice Tourneux, Georges Vicaire, François Courboin, Léon Gruel et Henri Leclerc

En 1891, Vicaire entra à la Bibliothèque de l’Arsenal, comme conservateur surnuméraire, non rétribué, puis fut nommé attaché, toujours non rétribué, à la Bibliothèque Mazarine.

Institut de France. Collection Spoelberch de Lovenjoul
23 rue du Connétable, Chantilly (août 2018)

Devenu sous-bibliothécaire à la Mazarine, l’Institut vint le chercher en 1909 pour lui confier les fonctions de conservateur de la collection de manuscrits, autographes, livres, gravures et estampes, que le vicomte Charles de Spoelberch de Lovenjoul (1836-1907) lui avait léguée, à Chantilly [Oise], dans un ancien pensionnat de jeunes filles, une grande maison voisine des Grandes Écuries, 23 rue du Connétable.

« S’il y a peut-être quelque exagération à nommer, comme on l’a fait, les archives littéraires du XIXe siècle une collection qui ne concerne guère que la France et dans la France même quelques-uns seulement de ses écrivains les plus célèbres (Balzac, Gautier, Sainte-Beuve, Musset, George Sand, Mérimée, Augier, Lamennais), il est du moins incontestable que les documents recueillis par M. de Lovenjoul seront fort précieux pour l’histoire de nos écrivains et de leurs œuvres. Il a lui-même, dans quelques livres relatifs surtout à Balzac, montré tout le parti qu’on en pouvait tirer. »
(Bibliothèque de l’École des chartes, 1907, t. 68, p. 680)

De 1914 à 1917, les Vicaire accueillirent un hôpital militaire, appelé « ambulance », dans les locaux de la bibliothèque, après évacuation de la collection avec celles du Musée Condé, localisé dans le château voisin. En 1987, la collection fut rapatriée à la bibliothèque de l’Institut de France, 23 quai de Conti à Paris [VIe], et le bâtiment de Chantilly fut vendu, en appartements, à des particuliers. 

Georges Vicaire dans son bureau

Malade, Georges Vicaire mourut le 4 novembre 1921 dans son cabinet, alors qu’il écrivait une des dernières fiches de l’inventaire de la collection Lovenjoul. Il fut inhumé au cimetière de Montmartre.
Il était membre fondateur de la Société des Bibliophiles contemporains en 1889, directeur du Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire depuis 1896 et membre de la Société des Bibliophiles françois depuis 1901. Cette dernière année, il avait publié une histoire de La Société des Bibliophiles françois, pour les membres de la Société, tirée à 34 exemplaires non mis dans le commerce.

Outre de nombreux articles publiés dans le Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, Vicaire a laissé en particulier :


Roti-Cochon ou Méthode tres-facile pour bien apprendre les enfans a lire en latin & en françois (Paris, Morgand, 1890, pet. in-8, 330 ex.). Réimpression de l’édition de Claude Michard, Dijon [v. 1690], dont il n’existe plus qu’un seul exemplaire à la Bibliothèque de l’Arsenal, pour la Société des Bibliophiles françois. Introduction par Georges Vicaire. Tiré à 30 exemplaires sur gr. pap. de Hollande pour les membres de la Société et 300 ex. sur pet. pap., tous numérotés à la presse ; 220 ex. seulement ont été mis dans le commerce.


Ode à la goinfrerie par le Sieur du Vieuget (Châteaudun, Joseph Pigelet, 1890, pet. in-8, 35 ex.) Réimpression de l’édition de Paris, 1632, pour Georges Vicaire. Tiré à 1 ex. sur pap. rose et 34 ex. sur pap. de Hollande, non mis dans le commerce. Un des 2 vol. de la « Petite collection gourmande ».

Le Brie et le Pont-l’Evesque par Saint-Amant et H. Le Cordier (Châteaudun, Joseph Pigelet, 1890, pet. in-8, 35 ex.) Réimpression de l’édition de Paris, 1629-1662, pour Georges Vicaire. Tiré à 1 ex. sur pap. bleuté et 34 ex. sur pap. de Hollande, non mis dans le commerce. Un des 2 vol. de la « Petite collection gourmande ».


Bibliographie gastronomique par Georges Vicaire (Paris, P. Rouquette et fils, 1890, gr. in-8, fac-similés, 500 ex.). Préface de Paul Ginisty. Tiré à 50 ex. sur pap. de Hollande et à 450 ex. sur pap. vélin.

Bibliographie des publications faites par M. le baron Jérôme Pichon (Paris, Aux dépens de l’auteur, 1892, pet. in-8, 51 ex. H. C.). Tiré à 1 ex. sur parchemin et à 50 ex. numérotés sur pap. vélin, non mis dans le commerce.

Photographie Librairie Le Feu follet

Photographie BnF

Le Viandier de Guillaume Tirel dit Taillevent […] par le baron Jérôme Pichon et Georges Vicaire (Paris, Techener, 1892, 2 vol. in-8, 6 planches, 354 ex.). Tiré à 300 ex. sur pap. vélin du Marais de format in-8 et à 50 ex. sur pap. de Hollande de format pet. in-4 ; il a été tiré en outre 1 ex. sur vélin et 3 ex. pet. in-4 sur pap. de Hollande, portant imprimés les noms de leurs possesseurs et non mis dans le commerce.


Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle 1801-1893 […]. Par Georges Vicaire. Préface de Maurice Tourneux (Paris, A. Rouquette, 1894-1920, 8 vol. gr. in-8). Tiré à 50 ex. sur pap. de Hollande et 1.000 ex. sur pap. vélin, tous numérotés à la presse ; il a été tiré en outre 2 ex. sur pap. de couleur, numérotés I et II, non mis dans le commerce.

« En un mot, - et dans ma pensée l’éloge n’est pas mince -, votre Manuel sera pour les écrivains du XIXe siècle ce que le livre de M. Henri Beraldi est pour les graveurs de la même période : le vade mecum indispensable à tous ceux qui, à un point de vue quelconque, voudront se rendre compte de l’effort continu de dix générations successives dans des voies et sous des influences prodigieusement diverses. »
(« Préface », t. I, p. XVIII-XIX)

« En treize ans, de 1893 à 1910, le livre fut achevé ; la table ne parut qu’en 1920. Vicaire, admirable bibliographe, apparaissait, dès lors, comme un investigateur original et comme un précurseur ; c’est à son “ Manuel ” que remonte la vogue, qui bat son plein maintenant, des éditions romantiques ; comme intérêt, comme variété, comme choix, comme scrupule, il égala et dépassa peut-être les Brunet et les Quérard. Par lui s’est débrouillée la confusion de ces éditions originales et de ces impressions et réimpressions si longtemps négligées, dont les rares exemplaires étaient perdus au fond des cabinets de lecture de province. On lui doit la bibliographie de Balzac (un monde), la bibliographie de Stendhal (un casse-tête), la bibliographie de Victor Hugo (un abîme). Il a dirigé les pas de toute la bibliographie moderne. Grâce à lui ont été sauvés des trésors inestimables. »
(Gabriel Hanotaux. « Georges Vicaire ». In Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire. Paris, Henri Leclerc, 1922, p. 53-54)



Documents pour servir à l’histoire des libraires de Paris, 1486-1600, publiés par le baron Jérôme Pichon & Georges Vicaire (Paris, Techener, 1895, in-8, 2 pl. en couleurs).


Catalogue des livres précieux composant le cabinet de feu M. le baron Lucien Double (Paris, Techener, 1897, in-8, [3]-[1 bl.]-VI-[1]-[1 bl.]-57-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p., 166 lots). Préface de Georges Vicaire.


Catalogue de la bibliothèque de feu M. le baron Jérôme Pichon (Paris, Techener, 1897-1898, 3 vol. gr. in-8, [4]-XLVI-[2]-459-[1], [4]-274-[2] et [4]-309-[3] p., 1.875, 1.910 et 2.532 lots). Le 1er volume contient « Le Baron Jérôme Pichon 1812-1896 » par Georges Vicaire et des tables ; 500 des 2.250 exemplaires ordinaires et 75 ex. de luxe sur papier de Hollande contiennent 11 planches hors-texte, dont le portrait et l’ex-libris du baron Pichon.


Collection du bibliophile parisien. Les Bourbons bibliophiles par Eugène Asse (Paris, Henri Daragon, 1901, in-12, 375 ex.). Avant-propos par Georges Vicaire. Tiré à 10 ex. sur pap. du Japon (A à J), 5 ex. sur pap. de Chine (K à 0), 10 ex. sur pap. de Hollande (P à Y), 350 ex. sur alpha vergé (1 à 350).


Imprimerie de Balzac, rue des Marais Saint-Germain
Photographies BnF

La Jeunesse de Balzac. Balzac imprimeur 1825-1828. Par Gabriel Hanotaux et Georges Vicaire (Paris, A. Ferroud - F. Ferroud, successeur, 1903, in-8, 3 estampes et 2 portraits gravés sur bois par A. Lepère, 350 ex.). Tiré à 60 ex. sur pap. du Japon et à 290 ex. sur pap. vélin d’Arches, tous numérotés.


Les Livres composant le cabinet de M. Eugène v. W*** [von Wassermann] (Bruxelles, 1913, in-4, 58 pl. en noir et en coul., [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]- VII-[1]-239-[2]-[1 bl.] p., 1.198 + 4 doubles [bis] = 1.202 lots). Préface par Georges Vicaire. Tiré à 100 ex. par la Librairie Henri Leclerc, Paris. Catalogue imprimé « ad usum amicorum ».


Le Vicomte de Savigny de Moncorps, de la Société des Bibliophiles françois et de la Société des Amis des livres 1837-1915 (Paris, Henri Leclerc, 1916, in-8, 2 pl.).

Le Figaro, 16 avril 1923

La bibliothèque de Georges Vicaire fut dispersée à l’Hôtel Drouot : Bibliothèque de feu M. Georges Vicaire. Première partie [Deuxième partie] (Paris, Henri Leclerc et L. Giraud-Badin, 1922-1923, 2 vol. in-8).