mercredi 23 avril 2014

Bibliographie des Contes rémois de Chevigné


Edition de 1832, dans une reliure en maroquin grain long signée Carayon.
Lyon, 25 octobre 2012 : 750 €

La véritable édition originale des Contes rémois est contenue dans La Chasse et la Pêche, suivies de poésies diverses du comte Louis-Marie-Joseph de Chevigné (Chavagnes-en-Paillers, Vendée, 30 janvier 1793-Reims, 19 novembre 1876), qui fut imprimée en 1832 à petit nombre pour les amis de l’auteur, par Pierre Delaunois, natif de Verzenay (Marne), installé place Royale, à Reims.


Nicolas Galaud, conservateur, et J.-P. Fontaine
examinent l'exemplaire acheté en 1999.
Bibliothèque municipale de Reims, 9 mars 2000

On ne connaît que 7 exemplaires de ce volume in-18 de 268 pages. Pages 216 à 265 se trouvent 14 contes. Trois de ces contes ne seront pas réimprimés avant 1880 : « Le Barbet vicaire », « Le Garçon clairvoyant » et « Les Deux Missionnaires ».




L’édition des Contes rémois qui est généralement considérée comme la première est parue anonymement à Paris en 1836. Edité et imprimé par Firmin Didot frères, rue Jacob, associé pour l’occasion à Simon Delaunay, au Palais-Royal, le volume in-12 de [4]-121-[1 bl.] pages, sans table, contient 17 contes et, sur la page de titre, la célèbre épigraphe de Jean de La Fontaine, tirée de son conte intitulé « Les Rémois » :

« Il n’est cité que je préfère à Reims :
C’est l’ornement et l’honneur de la France,
Car, sans compter l’ampoule et les bons vins,
Charmants objets y sont en abondance. »


Cette édition fut l’objet d’un second tirage en 1839, avec un nouveau titre portant la même épigraphe, une réimpression de la page 121 et une augmentation du nombre des pages, formant un volume in-18 de [4]-176 pages, dont 2 pour la table.



Même couverture imprimée que celle de l’édition de 1836, avec date différente, et même vignette sur le second plat. Ce second tirage comprend 23 contes.



La 2e édition, toujours anonyme, fut publiée à Paris en 1843, chez Pierre-Jules Hetzel, rue de Seine, et imprimée par Jean-Baptiste Lacrampe, rue Damiette, dans le format in-8 ; elle contient [4]-196 pages, dont 2 pour la table.




Sur la page de titre, une vignette gravée par Louis-Joseph Brugnot, représente le comte de Chevigné assis. C’est la première édition illustrée, qui comprend 30 eaux-fortes hors-texte de Pierre-Étienne Perlet, une pour chacun des 30 contes, dont celle du premier conte en frontispice. Dans cette édition, « Le Curé breton », dont l’action se déroulait en Armorique, devient « Le Jeûne rompu », dont le décor est la Champagne.
Quelques exemplaires de cette édition ont 214 pages, sans table, car augmentés d’une réduction du poème de « La Chasse » du même auteur.




La 3e édition fut publiée à Paris en 1858, chez Michel Lévy, rue Vivienne, et imprimée par Jules Claye, rue Saint-Benoît, dans le format in-18 ; elle contient [8]-239-[1 bl.] pages, dont 3 pour la table.





La page de titre porte Les Contes rémois par M. le Cte de C… et une vignette empruntée au conte « Le Bon Docteur », représentant deux personnages à table, un bourgeois et un ecclésiastique.





Les portraits de l’auteur et de son ami Charles-Guillaume Sourdille de La Valette (1792-1852), auteur de Fables (Paris, Firmin Didot, 1828), illustrées par Jean-Jacques Grandville en 1841, ont été gravés par Jean-Marie Buland, d’après Ernest Meissonier. Cette édition comprend 40 contes illustrés en tête de page : 34 par Meissonier, 6 par Valentin Foulquier. Elle présente aussi, pour la première fois, l’épître en vers à La Valette :

« Tu veux, ami, dans une humble préface,
Qu’à mes censeurs j’aille demander grâce
Pour quelques tours faits à de vieux maris ;
Ou pour avoir égayé mes récits
De doux péchés par des curés commis ?
Mais ces curés, ce sont ceux de Boccace,
Bien différents de ceux de mon pays,
Qui sont des saints. Je le dis à leur gloire :
Pour un curé qui tombe en purgatoire,
Il en est cent qui vont au paradis. »




et un « Épilogue » :

« Est-il un vin plus gai que le champagne ?
La bonne humeur en tout lieu l’accompagne ;
Il rit de tout, même de ses amis,
Et je lui dois mes plus joyeux récits.
Je ne sais pas si le cidre en Bretagne
Peut, sans danger, se croire tout permis ;
Mais, pour leur vin, nos curés de Champagne
Sont indulgents, et, loin d’être fâchés,
Ils riront tous en lisant leurs péchés. »

Il existe un tirage in-8 en grand papier, dont des exemplaires sur papier vélin, 40 exemplaires sur Hollande avec les gravures sur Chine, et quelques exemplaires contenant 2 feuillets supplémentaires non chiffrés pour le conte « Le Travail inutile ».
L’exemplaire de l’Académie nationale de Reims, avec envoi autographe de l’auteur, reliure de Charles Meunier en maroquin bleu, doublée de maroquin framboise mosaïqué, avec gardes de soie brochée, tranches dorées et couverture imprimée sur papier glacé de couleur mauve, a été volé au cours des bombardements de Reims en 1914.
Dans une lettre adressée le 13 avril 1858 au libraire rémois Charles-Antoine Brissart-Binet, le comte de Chevigné compare la 3e édition à la 1ère :

« L’ancienne édition des “Contes rémois” est épuisée. La nouvelle vaut mieux que l’ancienne sous tous les rapports. Qu’elle ait du succès ou qu’elle n’en ait pas, je désire que mon nom ne soit pas prononcé. Comme Saint-Pierre, je renie. »

Les éditions suivantes furent publiées à Paris, sauf la 11e, toujours sous le titre Les Contes rémois, et avec le nom de l’auteur qui ne craignait plus la censure impériale.

Deux éditions semblables furent publiées en 1861 chez Michel Lévy, rue Vivienne, et imprimées par Jules Claye, rue Saint-Benoît, avec des erreurs de pagination :




-          la 4e, dans le format in-18, de [10]-323 [i.e. 321]-[1 bl.] pages [pages 284-321 chiffrées 286-323], dont 36 pages pour la première partie de l’ « Opinion des journaux sur les Contes rémois » et 3 pages de table,







avec un portrait frontispice de l’auteur, offrant un exemplaire de son livre à un ecclésiastique, gravé par Jean-Marie Buland d’après Valentin Foulquier, et un portrait médaillon de La Valette, gravé par Jean-Marie Buland, d’après Ernest Meissonier, dans un encadrement de Martin Riester.    




-          la 5e, dans le format in-8, de [12]-323 [i.e. 347]-[1 bl.] pages [pages 284-347 chiffrées 276-298, 283-320 et 321-323], dont 38 pages pour la première partie de l’ « Opinion des journaux sur les Contes rémois » et 3 pages de table, avec le portrait frontispice de l’auteur, offrant un exemplaire de son livre à un ecclésiastique, gravé par Jean-Marie Buland d’après Valentin Foulquier,



un portrait médaillon de l’auteur, gravé par Jean-Marie Buland, d’après Auguste Debay, et celui de La Valette, gravé par Jean-Marie Buland, d’après Ernest Meissonier, dans un encadrement de Martin Riester.   .
La vignette de la 3e édition est au titre. Ces éditions contiennent 49 contes illustrés en tête de page : 34 par Meissonier, 15 par Foulquier.



Reliure de Tinot, relieur rémois, élève de Capé, sur un exemplaire de l'édition de 1864 (détail)

La 6e édition fut publiée en 1864 chez Michel Lévy, rue Vivienne, et imprimée par Jules Claye, rue Saint-Benoît, dans le  format in-16 ; elle contient 320 pages, dont 66 pages pour la deuxième partie de l’ « Opinion des journaux sur les Contes rémois » et 6 pages de table. Le titre est imprimé en rouge et noir, la vignette de la 3e édition est présente, le texte est encadré et les portraits médaillons de l’auteur et de La Valette ont été gravés par Jean-Marie Buland d’après Valentin Foulquier. Cette édition comprend 53 contes, avec illustrations réduites de Meissonier et de Foulquier. Il existe un tirage sur papier de couleur et un autre sur peau de vélin qui contiennent 2 feuillets supplémentaires pour les contes « Colin-Maillard assis » et « L’Oncle et ses deux nièces ».

Deux éditions semblables furent publiées en 1868 par la Librairie de l’Académie des Bibliophiles, rue de la Bourse, et imprimées par Jules Claye, rue Saint-Benoît :



la 7e de [6]-352 pages, dans le format in-18,



la 8e de [6]-398 pages dans le format in-8. Le portrait frontispice de l’auteur dans un encadrement est signé par Jean-Marie Buland, d’après Auguste Debay. La vignette de la 3e édition est au titre. Ces deux éditions comprennent : 56 contes illustrés en tête de page, 34 par Meissonier, 22 par Foulquier ; un dessin de Foulquier pour l’ « Épilogue » ; la troisième partie de l’ « Opinion des journaux sur les Contes rémois ». Le dessin du conte « Le Jour des rois » a été refait.
Quelques exemplaires de la 8e édition contiennent un portrait de l’auteur à l’eau-forte par Léopold Flameng, et une eau-forte hors-texte par Paul Rajon, d’après Jules Worms, pour le conte « Le Mari borgne ».

La 9e édition fut publiée en 1871 par la Librairie des Bibliophiles, rue Saint-Honoré, dans le format in-24 : [4]-231 pages, dont 4 pages de table et 20 pages d’ « Opinions diverses sur les Contes rémois », avec un titre imprimé en rouge et noir. La marque de l’imprimeur Damase Jouaust est au titre. C’est une édition non illustrée, avec en-têtes et culs-de-lampe pour chacun des 50 contes. Le tirage a été limité à 380 exemplaires : 30 sur Chine et 350 sur Hollande. Cette édition comprend les 8 contes dits « réservés » : « Le Mari pris à mentir », « Colin-Maillard assis », « L’Oncle et ses deux nièces », « Le Malentendu », « Le Petit Paquet », « La Niaise », « Chacun son droit » et « Un bel enfant », qui paraît pour la première fois. À la page 196, apparaît un nouvel « Épilogue » qui commence par « Avec l’Ay, l’on se grise aisément ».

La 10e édition fut publiée en 1873 chez Alphonse Lemerre, passage Choiseul, dans le format in-16. Sortie des presses de Damase Jouaust, imprimeur de la Librairie des Bibliophiles, elle contient [6]-246-[2]-14-[2] pages, dont 5 pages de table et 14 pages d’ « Opinions diverses sur les Contes rémois ». Le titre est imprimé en rouge et noir et la marque de l’éditeur est au titre. Un nouveau portrait de l’auteur a été gravé à l’eau-forte par Léopold Flameng. Cette édition est sans les contes « réservés ». Des entêtes et des culs-de-lampe existent pour chacun des 50 contes. Une « Conclusion » paraît ici pour la première fois. Il a été tiré 25 exemplaires sur Chine. Il existe un tirage in-8 limité à 120 exemplaires, dont 100 sur Hollande et 20 sur Whatman (75 sur Hollande et 10 sur Whatman, d’après les registres de l’éditeur). Quelques exemplaires, donnés à l’auteur avant la mise en vente, portent le nom de la Librairie des Bibliophiles qui devait être l’éditeur.
À propos de cette édition, Prosper Blanchemain a fait des rimes « A Monsieur le comte de Chevigné » (in Le Bibliophile français. Paris, Bachelin-Deflorenne, 1873, t. VII, p. 192) :

« On m’a dit qu’autrefois en France
L’esprit courait les carrefours ;
On perdrait sa peine, je pense,
A le chercher dans nos faubourgs.

Nos grands auteurs, de fortes têtes,
N’en ont guère en leurs cerveaux creux ;
La Fontaine en donnait aux bêtes,
Il n’en a point laissé pour eux.

La Fontaine, aimable annaliste
Des amours piquants et badins,
Le semait jadis sur sa piste,
Comme les fleurs dans nos jardins.

Mais avec le bon La Fontaine
Son esprit est parti là-haut !...
– N’ayez pas peur, on en a la graine,
Il fleurit encore à Boursault.

C’est cette graine qu’à Ferrare
Boccace plantait autrefois,
Que Marguerite de Navarre
Implanta sur le sol gaulois ;

C’est le bouquet, naïve offrande
De La Fontaine à Sévigné,
Qui s’épanouit en guirlande
Dans les contes de Chevigné. »


La 11e édition est l’ « Édition miniature » tirée à 651 exemplaires en 1875, sur les presses de Bonnedame père et fils, imprimeurs et éditeurs à Épernay (Marne), dans le format in-32, de viij-[2]-231-[1] pages, dont 8 pages pour une « Notice bibliographique » : 1 sur peau de vélin, 150 sur Chine avec texte noir, encadrement violet et lettrines en rouge, 500 sur vergé sans encadrement. Le titre est imprimé en rouge et noir. La marque de l’imprimeur est au titre. Un portrait frontispice de l’auteur a été gravé par Adolphe Varin, graveur des encadrements et des culs-de-lampe. Cette édition, qui n’est pas illustrée, comprend 50 contes, dont les 8 « réservés ». C’est la dernière édition réalisée du vivant de l’auteur.



(Cliché Bertrand Hugonnard-Roche)

La 12e édition fut publiée en 1877 par la Librairie des Bibliophiles, rue Saint-Honoré, et imprimée par Damase Jouaust, dont la marque est au titre, dans le format in-16. De xxxvi-224 pages, elle présente un titre imprimé en rouge et noir, des lettres ornées, des en-têtes et culs-de-lampe. Le tirage a été réalisé à petit nombre sur Hollande, plus 25 exemplaires sur Chine et 25 exemplaires sur Whatman avec épreuve des gravures avant la lettre. Le portrait frontispice de l’auteur, d’après Léopold Flameng, et six hors-texte d’après Jules Worms, ont été gravés par Paul Rajon. Cette édition comporte 50 contes, sans les contes « réservés ». Elle est précédée de « La Muse champenoise » de Louis Lacour, et est suivie d’une bibliographie. Il existe un tirage en grand papier : 20 exemplaires sur Chine et 20 sur Whatman qui contiennent les gravures en double épreuve, avant et avec la lettre, et 170 sur Hollande.      



Château de Boursault (Marne)


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