jeudi 27 septembre 2018

Étienne-Marie Bancel (1809-1893), un grand bibliophile forézien


Empurany (Ardèche)


D’une famille originaire d’Empurany [Ardèche], Jean-Pierre Bancel y est né le 22 décembre 1766, fils de Jean Bancel (1708-1789), conseiller du Roi, et de Jeanne-Marie Mure († 1794).
Il fit ses études au collège de Valence [Drôme], où il rencontrait Bonaparte, qui était en garnison à Valence, dans la librairie de Marc Aurel (1775-1834).

Machine Jacquard à Saint-Chamond

Jean-Pierre Bancel souhaitait devenir manufacturier. La ville de Saint-Chamond [Loire] était alors la métropole de la fabrique de rubanerie française : en 1789, il entra dans la maison Dugas en qualité de commis. Bientôt distingué par ses chefs, il fut associé à la maison en 1794. En 1805, il fonda, sous le nom de « Bancel et Cie », une maison qui s’acquit un renom mérité pour la qualité et la distinction de ses produits.  
Le 27 mai 1807, Jean-Pierre Bancel épousa Marie-Antoinette-Françoise Rozet (1780-1846), dite « Fanny Rozet », fille d’Étienne Rozet, rubanier, et de Magdelaine Pelletier. De ce mariage naquirent, à Saint-Chamond : Marie-Magdelaine-Antoinette-Étiennette, le 11 juin 1808 ; Jean-Étienne-Marie, le 24 septembre 1809 ; Marie-Madelaine-Jeanne-Antoinette, le 21 octobre 1810 ; Jean-Étienne-Camille, le 28 mars 1815.
Le beau-père et le gendre s’associèrent et la maison de commerce progressa dans des proportions énormes : la fabrique et les magasins étaient à l’angle des places Dorian et de la Liberté.
La fin de la guerre continentale et la diminution graduelle du prix de la soie imprimèrent à la fabrication des rubans une nouvelle activité, favorisée par l’application des métiers à tisser Jacquard au tissage des rubans et l’invention d’un ruban en gaze dit « ruban marabout » par Jean-Pierre Bancel en 1817. Cette invention fit sa réputation et sa fortune, et lui valut la croix de chevalier de la Légion d’honneur en 1831. Ses concitoyens l’appelèrent à diverses fonctions municipales, dans l’attente de la liquidation de ses affaires en 1833.
Il mourut dans son jardin, frappé d’une apoplexie foudroyante, le 20 août 1842.

Etienne-Marie Bancel

Son fils Jean-Étienne-Marie Bancel voulut être manufacturier comme son père.
Il fit son apprentissage du commerce et de l’industrie à Londres, puis à Lyon, chez François-Barthélemy Arlès-Dufour (1797-1872), le futur fondateur du Crédit Lyonnais. Il devint l’associé d’Arlès-Dufour en 1840, dirigeant la succursale de Saint-Étienne [Loire].
Étienne-Marie Bancel aimait la littérature, la bibliographie et les beaux-arts. À côté des toiles de grands maîtres, il avait une bibliothèque dont il s’occupait avec passion :

« On y voyait les reliures des artistes les plus vantés : Nicolas et Clovis Eve, Boyet, du Seuil, Pasdeloup, Derome. Parmi les modernes : Trautz, Bauzonnet, Niedrée, Duru, Capé, Cazin, et, avec les éditions rares ou splendides, les livres ayant appartenu à des personnages célèbres, à Claude de Lorraine, Claude d’Urfé, Olivier de Magny, Bossuet, Huet, au prince Galitzin, à Labédoyère, Nodier, Brunet, Yemeniz ; ajoutons-y surtout les manuscrits ornés de miniatures originales. Parmi ces derniers, on remarquait : Les Abus du monde, par Gringoire, ornés de quatorze miniatures ; volume qui avait appartenu à Marie de Lorraine, reine d’Ecosse, et à sa fille, l’infortunée Marie Stuart. Les Sept psaumes de la pénitence, de Melle de La Vallière, écrits pour la princesse de Soubise ; manuscrit sur vélin, orné de quatorze miniatures d’un incomparable éclat, et cet Office de la Vierge Marie, en latin, qui avait appartenu à Catherine de Médicis et qu’illustraient soixante-sept vignettes dignes des plus illustres enlumineurs. » [sic]
(Aimé Vingtrinier. « Les Deux Bancel ». In La Revue du siècle. Lyon, 1890, t. IV, p. 745)

En 1865, riche et honoré, Bancel quitta les affaires et alla se fixer à Paris.


Le 7 juin 1880, il envoya à la ville de Lyon un exemplaire des Études sur la formation de la langue et sur la littérature françaises au Moyen Age, par F.-D. Bancel, ancien représentant du peuple et député au Corps législatif, précédées d’une notice historique sur sa vie, de son portrait, gravé par A. Lalauze, et d’un fac-simile de son écriture (Paris, A. Claudin, 1878, in-8), tiré à petit nombre, qu’il avait fait imprimer après la mort de son parent, député du Rhône et de la Drôme, François-Désiré Bancel (1822-1871)  : papier de Hollande, maroquin rouge, ébarbé, tête dorée, janséniste, dentelles intérieures (Thibaron-Joly).
Bancel utilisait trois ex-libris :
-          un ex-libris héraldique ovale [25 x 18 mm], aux armes « De gueules à 3 flèches d’argent posées 1 en pal et 2 en sautoir, au chef d’azur chargé de 3 étoiles d’or » et portant « BIBLIOTHEQUE E. M. BANCEL », doré à la manière d’un fer et fixé sur papier maroquiné rouge ou noir.
-          un ex-libris [74 x 55 mm] aux armes « D’azur au faucon d’argent longeté du même ». Cimier : un bras armé tenant une rose tigée. Supports : deux faucons. Devise : « FORTIS ET FIDELIS ».
-          un ex-libris [63 x 43 mm] portant d’azur à la lettre B d’argent [à l’intérieur du ceinturon].


Bancel mit en vente sa bibliothèque, du lundi 8 au samedi 13 mai 1882, en 6 vacations, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, rue Drouot, salle n° 3 : Catalogue des livres précieux et des manuscrits avec miniatures composant la bibliothèque de M. E. M. B. [Étienne-Marie Bancel] (Paris, Adolphe Labitte, 1882, in-8, XXXII-303-[1 bl.] p., 2 pl. h.-t. en noir, 882 + 2 doubles [bis] = 884 lots), dont Théologie [49 lots = 5,54 %], Jurisprudence [20 lots = 2,26 %], Sciences [60 lots = 6,78 %], Beaux-Arts [68 lots = 7,69 %], Arts industriels [24 lots = 2,71 %], Exercices gymnastiques [10 lots = 1,13 %], Belles Lettres [480 lots = 54,29 %], Histoire [173 lots = 19,57 %].

« Le catalogue que nous présentons aujourd’hui aux amateurs et aux libraires se recommande à toutes les personnes qui aiment les beaux livres, les livres rares, les livres curieux et les belles reliures.
Il contient la partie la plus précieuse d’une bibliothèque commencée il y a plus de trente ans, et, quoiqu’elle soit séparée de la partie où se trouvent les livres d’étude, elle représente assez bien le cabinet d’un homme du monde à notre époque.
On y voit réunis de beaux et précieux volumes provenant des rois, des reines de France, des princes et des princesses de leur famille.
On y voit aussi des livres ayant appartenu soit à des personnages célèbres […], soit enfin aux amateurs les plus renommés […]. » (p. IX)   

On doit ajouter au catalogue la Table alphabétique des noms d’auteurs et des ouvrages anonymes du Catalogue de la bibliothèque de M. E. M. B. (Paris, Vve Adolphe Labitte, 1882, in-8, 31-[1 bl.] p.), qui contient la « Liste des prix d’adjudication ».


1. Psalterium Davidis ad exemplar Vaticanum, anni 1592. Lugduni (Batav.), apud Joh. et Dan. Elzevirios, 1653, pet. in-12, titre gravé, mar. vert à compart. de couleurs, doublé de papier doré, tr. dor. (Padeloup). 1.100 fr.


2. Les Pseaumes mis en ryme françoise, par Cl. Marot, & Théodore de Bèze. Lyon, par Jan de Tournes, pour Antoine Vincent, 1563, in-8, fig. sur bois et musique imprimée, mar. La Vallière, compart., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Provient de la vente Yemeniz et a été recouvert depuis d’une belle reliure de Trautz. 1.000 fr.


4. Historiarum veteris instrumenti icones ad vivum expressæ. Lugduni, sub scuto Coloniensi, 1538. (Melchior et Gaspar Trechsel), pet. in-4, fig., mar. brun, dos orné, fil. et compart. genre Du Seuil, milieu avec mosaïque de mar. vert, dent. int., tr. dor. (Lortic). 92 gravures de Hans Holbein. Exemplaire de John Bidwell. 1.060 fr.



11. Horæ Beatissimæ Mariæ Virginis, horæ de sancta cruce, cum calendario. In-8, mar. bleu, riches compart. avec armes sur les plats, doublé de vélin blanc, tr. dor., fermoirs en argent doré. (Trautz-Bauzonnet). Manuscrit sur vélin du XVe siècle, 43 miniatures dont plusieurs de J. Memling. A appartenu à D. Huet, évêque d’Avranches ; la reliure a été remplacée par Trautz. 16.000 fr. 
12. Horæ cum calendario. Pet. in-4, mar. bleu, dos orné, riches compart., doublé de vélin blanc, dent. int. et compart., tr. dor., fermoirs en vermeil (Simier, dorure de Debèse). Manuscrit sur vélin, seconde moitié du XVe siècle, 18 grandes miniatures. 5.000 fr.
13. Horæ Beatissimæ Mariæ Virginis, cum calendario. Pet. in-8, mar. La Vallière, dos orné, très riches compart., doublé de vélin blanc, tr. dor. (Thibaron-Échaubard). Manuscrit sur vélin, seconde moitié du XVe siècle, exécuté pour Anne de Graville, mariée à Pierre de Balzac., 15 miniatures. 5.100 fr. 

Photographie BnF


Photographie BnF

19.
Officium Virginis Mariæ, secundum usum Romanum. In-12, ais de bois couverts de velours cramoisi, doublés de tabis bleu, enrichis d’écoinçons, de fermoirs et de médaillons en vermeil finement gravés, tr. dor. et ciselée. Les médaillons présentent au centre une fleur de lis surmontée de la couronne royale de France. Manuscrit sur vélin de la première moitié du XVIe siècle, 67 miniatures. Aurait appartenu à la reine Catherine de Médicis. 11.000 fr.
20. Livre d’Heures de François II. In-8, mar. bleu jans., doublé de vélin blanc, tr. dor., fermoirs (Trautz-Bauzonnet). Manuscrit sur vélin du milieu du XVIe siècle, 23 miniatures. A appartenu à D. Le Tellier, marquis de Courtanvaux. Acheté au libraire Bohn, à Londres, et revêtu d’une reliure de Trautz. 5.000 fr.


23. Prières de la messe, écrites par Rousselet. Paris, 1725, in-8, mar. citron, compart. en mosaïque de mar. noir et rouge dorés à petits fers et au pointillé, doublé de mar. noir, large dent., tr. dor. (Padeloup). Manuscrit au chiffre de la reine Marie Leczinska. 3.500 fr. [Paris, Sotheby’s, 2 décembre 2004, 321.600 €].


24. Heures imprimées par Antoine Vérard : A la louenge de Dieu, de sa tressaincte et glorieuse meree et à ledification de tous bōs catholiques. Pet. in-4 goth., bordures à compart. à chaque page, fig. sur bois, mar. La Vallière, fil. à froid et large bordure dorée au centre, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Almanach de 1488 à 1508. 1.900 fr.


25. Ces presentes heures à lusaige de Romme furent achevees le XVII. jour de Avril Lan mil CCCC.IIII.XX. et XVII. (1497) pour Simon Vostre libraire, in-8 goth., mar. brun, compart. à froid, doublé de vélin blanc, fil., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). Sur vélin, 14 grandes planches et nombreuses vignettes. 1.350 fr.

Photographie Librairie Jonathan A. Hill

28. Horæ in laudē Beatiss. Virginis Mariæ, ad usum romanum. Paris, Geofroy Tory, 1531, gr. in-8, réglé, lettres rondes, v. f. ant., compart. de mosaïque de v. noir, tr. dor. et ciselée (Rel. XVIe siècle). 17 planches. Exemplaire rempli de témoins et le plus grand connu (205 mm de hauteur). Les plats de la reliure sont ornés de compartiments à la Grolier et portent le nom de Humberte Favre. Des bibliothèques de W. D. Conybear, doyen de Landolf, qui l’avait acheté en 1815 à Chambéry, puis de Sir W. Tite, qui l’avait acheté en 1857, vendu 1.800 fr. à sa vente. 2.905 fr.



100. Les Roses, par P.-J. Redouté. Paris, Firmin-Didot, 1817-1824, 3 vol. gr. in-4, pap. vélin, cart., ébarbé. Exemplaire de De Bure l’Aîné, 1843. Deux suites de fig., l’une en noir sur papier de couleur [pap. chamois], l’autre coloriée sur pap. vélin blanc : il n’a été tiré que 5 ex. ornés de cette manière. 350 fr. [Paris, Alde, 2 octobre 2015 : 55.000 €].


116. La Decoration dhumaine nature et aornement des dames. Paris, Jehan Sainct-Denis et Jehan Longis, 1530, in-8 goth., mar. La Vallière jans., dent. int., tr. dor. (Hardy-Mennil). Des bibliothèques Charles Nodier [ex-libris ; 1844, n° 130] et Nicolas Yemeniz [ex-libris ; 1867, n° 896). Note manuscrite contrecollée sur une garde indique que l’exemplaire fut relié trois fois : Nodier avait fait relier le volume en maroquin rouge par Thouvenin ; Yemeniz fit casser la reliure et la remplaça par un autre maroquin rouge de Niedrée ; Bancel fit de nouveau casser la reliure pour confier le volume à Hardy-Mennil. 180 fr. [Drouot, 6 mars 2015, 7.000 €].


176. Lentree de la Royne en sa ville & Cite de Paris, Imprimée par le Commādemēt du Roy nostre Sire. Paris, Geofroy Tory, 1531, pet. in-4, encadr. sur bois, mar. bleu semé de fleurs de lis, doublé de mar. grenat, large dent., tr. dor. (Masson-Debonnelle). De la vente Ruggieri. 1.810 fr. 


180. C’est l’ordre qui a este tenu à la nouvelle et joyeuse entrée, que treshault, tresexcellent, & trespuissant Prince, le Roy treschrestien Henry deuzieme de ce nom, à faicte en sa bonne ville & cité de Paris, capitale de son Royaume, le sezieme jour de Juin M. D. XLIX. Paris, Jehan Dallier, s. d. [1549], in-4, 11 fig. sur bois, mar. r., fil. et compart. genre Du Seuil, dent. int., tr. dor., armes de France (Thibaron). 3.000 fr.  


203. Esemplario di lavori, dove le tenere fanciulle & altre donne nobile potranno facilmente imparare il modo & ordine di lavorare, cusire, raccamare, & finalmēte far tutte quelle gentilezze & lodevoli opere, lequali puo fare una dõna virtuosa cõ l’aco in mano, cõ li suoi compassi, & misure. Stampato in Vinegia per Nicolo d’Aristotile detto Zoppino, 1530, in-4, titre gravé et pl., mar. La Vallière, riches compart., dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). 1.500 fr.

Photographie Petit Palais, Paris
Photographie Petit Palais, Paris

205. La Gloria et l’Honore di Ponti tagliati a fogliami (le plus riche et le plus compliqué de tous les points). Venetia, Mathio Pagan, 1556, in-4, mar. La Vallière, compart. avec la lettre B au centre et la lettre E en bordure, à froid, dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). 1.000 fr.

Photographie Petit Palais, Paris

208. Nouveaux pourtraicts de point coupé et dantelles (sic) en petite, moyenne & grande forme. Nouvellement inventez & mis en lumière. Montbéliard, Jaques Foillet, 1598, pet. in-4, mar. La Vallière, compart., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 83 planches de modèles. 1.300 fr.
214. Le Pastissier françois. Amsterdam, Louys et Daniel Elzevier, 1655, pet. in-12, mar. vert, front. gravé, riches compart. à mosaïque de mar. citron et rouge, dorure à petits fers couvrant le dos et les plats, doublé de mar. citron, dent., tr. dor. (Thibaron ; dorure de Marius Michel). Des bibliothèques du cardinal de Brienne et de la duchesse douairière de Manchester, revêtu depuis de la reliure de Thibaron. 1.000 fr.


238. Sensuit le romant du duc Guillaume lequel en son vivant fut roy dēgleterre et aussi duc de normēdie dont il tint paisiblement son peuple. Paris, s. d., mar. citron, compart. formés de branches de feuillage et d’un semé d’anneaux, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Seul exemplaire connu complet. De la vente Morel, à Lyon. 3.070 fr.
248. Les Abus du monde (par Pierre Gringore). Pet. in-4, mar. bleu jans., doublé de vélin blanc à riches compart., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Manuscrit sur vélin du commencement du XVIe siècle, portant les armes d’Écosse sur le titre, orné de 14 grandes miniatures, dont la première représente le poète Gringore présentant l’exemplaire au sire Jacques d’Estouteville, qui en fit don, non pas au duc de Lorraine comme le croyait Charles Nodier, mais à sa petite-fille Marie de Lorraine, épouse du roi d’Écosse, qui le transmit à sa fille Marie Stuart. Des bibliothèques Morel de Vindé [1823, n° 1.400], Nodier [1844, n° 344, 620 fr.], Yemeniz [1867, n° 1.723, 4.100 fr.]. 8.820 fr.


257. Les Œuvres de Clément Marot, de Cahors, valet de chambre du Roy. Lyon, Etienne Dolet, 1543, 2 parties en 1 vol. in-8, mar. r., dos orné, fil., doublé de mar. vert, orné d’une guirlande de fleurs (Trautz-Bauzonnet). 1.900 fr.
259. L’Aventurier rendu a dāgier conduit par advis, traictat des guerres de bourgongne. Paris, s. d. (1510), pet. in-4 goth. à 2 col., 15 fig. sur bois, mar. r., dos orné, compart., dent. int., tr. dor. (Niedrée). Exemplaire de De Bock. Des bibliothèques des barons Pichon [1869, n° 475, 1.050 fr.] et Paradis [1879, n° 237, 1.500 fr.]. 1.250 fr.
263. Lesperit trouble. Joyeulx devis recreatif de lesprit trouble, contenant plusieurs ballades epistres chansons cōplainctes rescriptz dizains huyctains epitaphes rōdeaulx. Lyon, Olivier Arnoullet, s. d. (vers 1536), pet. in-8 goth., mar. bleu, couronne de feuillage, riches compart., doublé de mar. citron, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Seul connu. De la vente Potier (1.400 fr.), relié depuis. 1.950 fr.


270. Le Tombeau de Marguerite de Valois, royne de Navarre. Paris, Michel Fezandat et Robert Granjon, 1551, in-8, portr. mar. bleu milieu, doublé de mar. orange avec guirlande de feuillage, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 1.900 fr. 


276. Élégies de la belle fille lamentant sa virginité perdue. Besançon, Antoine Ludin, 1557, in-8, fig. sur bois, mar. bleu, couronne de feuillage, doublé de mar. orange avec un semé de roses et de soucis, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Seul exemplaire connu complet. Des bibliothèques Nodier, Baudelocque et Yemeniz, depuis relié par Trautz. 1.460 fr.


284. Les Odes d’Olivier de Magny, de Cahors en Quercy. Paris, André Wechel, 1559, in-8, réglé, mar. r. jans. doublé de mar. bleu, riches compart. avec armoiries au centre, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). De la bibliothèque de Turquety, relié depuis. 1.010 fr.

Photographie Librairie Eric Zink

296. Les Œuvres et Mélanges poétiques d’Estienne Jodelle, sieur du Lymodin.Lyon, Benoist Rigaud, 1597, in-12, mar. r., fil., tr. dor. (Bauzonnet). 195 fr. [Drouot, 15 mars 2013 : 1.600 €].
355. Les Diverses Poésies du sieur de la Fresnaie Vauquelin. Caen, Charles Macé, 1612, in-8, mar. r. jans., doubl. de mar. bleu, riches compart. à petits fers, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 2.360 fr.


523. Œuvres de Corneille, première partie. Paris, Antoine de Sommaville et Augustin Courbé, 1644, front. et portr. – Œuvres de Corneille, tome II. Paris, Aug. Courbé, 1647, portr. Ensemble 2 vol. pet. in-12, mar. r. jans. doublé de mar. bleu, riches compart. à petits fers, armoiries au centre, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale du théâtre de P. Corneille, dont on ne connaît que 2 ou 3 exemplaires. De la bibliothèque Casimir Delavigne, relié depuis. 4.510 fr.
524. Œuvres de Corneille, première partie. Paris, Augustin Courbé, 1648, front. et portr. – Œuvres de Corneille, seconde partie. Paris, Toussainct Quinet, 1648. 2 vol. pet. in-12, mar. r. jans. doublé de mar. bleu, riches compart., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Première édition avec pagination suivie dans les deux vol. et la seconde sous le titre d’Œuvres. On n’en connaît que 4 ou 5 exemplaires. 4.000 fr. 


550. Œuvres de Molière, avec des remarques grammaticales, des avertissements et des observations sur chaque pièce, par M. Bret. Paris, Libraires associés, 1773, 6 vol. in-8, portr. et fig., mar. r., dos orné, large dent. sur les plats, dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). Enrichi de portraits et de diverses suites de fig. (172 pièces au total). 1.290 fr.


554. Œuvres complètes de Jean Racine. Paris, Deterville, impr. Didot Jeune, 1796, 4 vol. in-8, fig., mar. r. doublé de tabis bleu, dos orné, dent., tr. dor. (Bozerian). Gr. pap. vélin avec suite des fig. avant la lettre et les eaux-fortes. 1.205 fr.   
559. Les Œuvres de M. D*** R. (J.-F. Regnard). Paris, Pierre Ribou, 1698, in-12, mar. bleu, dos orné, fil. et compart. à la Du Seuil, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Première édition sous le titre d’œuvres : on n’en connaît qu’un très petit nombre d’exemplaires. Recueil factice de pièces en éditions originales. 3.800 fr.


591. Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé. S. l. (Paris), 1718, pet. in-8, fig. du Régent gravées par Audran, mar. citron à compart. de couleurs, doublé de mar. bleu, large dent., tr. dor. (Thibaron-Joly). 1.530 fr.


607. Le Roman comique, par Scarron. Paris, Impr. de Didot Jeune, chez Janet, an IV (1796), 3 vol. in-8, portr. et fig., mar. bleu, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). Gr. pap. vélin, portr. par Le Mire, suite des 15 fig. de Le Barbier avant la lettre et rares épreuves à l’état d’eaux-fortes. 1.720 fr.
629. Julie ou la Nouvelle Héloïse (par J.-J. Rousseau). Paris, Didot, 1824, 3 vol. in-8, portr. et fig., mar. r., dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). Avec suites et lettre autographe de Rousseau. 395 fr. [12.500 $ Ars libri, Boston].
706. Recueil de pièces curieuses et nouvelles, tant en prose qu’en vers. La Haye, Adrien Moetjens, 1694-1701, 30 parties en 5 vol. pet. in-12, mar. bleu, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Contient la véritable édition originale des Histoires ou contes du temps passé de Charles Perrault. 1.070 fr.


714. (Christophori Colombi epistola). De insulis nuper in mari indico repertis. S. l., 1494, in-4, mar. La Vallière, riches compart. dorés, chiffre à froid au centre, dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). 4 fig. en bois. Première lettre du célèbre navigateur. 3.300 fr.


733. Les Gestes ensemble la Vie du preux chevalier Bayard avec sa genealogie. Paris, Jehan Trepperel, s. d. [v. 1525], in-4 goth., fig. en bois, mar. r., compart., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). De la vente Yemeniz, relié depuis dans le genre Grolier. 1.550 fr.

Librairie Camille Sourget : 4.500 €

780. La Magicienne estrangère, tragédie. Rouen, David Geoffroy et Jacques Besongne, 1618. – La Victoire du Phébus françois contre le Pithon de ce temps, tragédie. Paris et Rouen, Thomas Mallart, s. d. Deux pièces en 1 vol. pet. in-8, mar. orange jans., dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). 145 fr.  

Les Fiançailles de Charles VIII et d’Anne de Bretagne

En 1884, il offrit au Musée du Louvre le chef-d’œuvre d’un peintre lyonnais : « Les Fiançailles de Charles VIII et d’Anne de Bretagne », par Jehan Perréal, tableau peint en 1491. En 1885, il offrit à la Bibliothèque nationale une lettre autographe de ce même peintre, datée de Lyon, 8 août 1511, et une autre de Lemaire de Belges, datée de Bourg, 22 novembre 1510, qui recommande Perréal à Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas.


Bancel avait étudié la vie de Jehan Perréal :  Jehan Perreal, dit Jehan de Paris, peintre et valet de chambre des rois Charles VIII, Louis XII et François Ier. Recherches sur sa vie et son œuvre par E.-M. Bancel. Ouvrage orné de nombreuses gravures et une lettre de J. Perreal en fac-similé (Paris, H. Launette, 1885, in-4), tiré à 120 exemplaires numérotés.
En 1891, Bancel légua ses collections à la ville de Saint-Étienne. 


Il mourut, célibataire, le 21 mars 1893, à son domicile du 13 bis rue des Mathurins, à Paris [IXe], à l’angle de cette rue et de la rue Godot de Mauroy.





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