vendredi 30 novembre 2018

Nicolas-Damas Marchant (1767-1833), médecin sphygmique et prince des numismates



D’une famille originaire de Billy-sous-Mangiennes [Meuse], Nicolas-Damase Marchand, dit « Nicolas-Damas Marchant » [a prétendu, à tort, que ses ancêtres avaient indifféremment pris ou adopté le « d » ou le « t » pour terminer leur patronyme], est né à Pierrepont [Meurthe-et-Moselle], le 11 décembre 1767, troisième enfant de Hubert Marchand († Metz, Moselle, 10 février 1808), ancien médecin des armées, médecin de l’hôpital de Longwy [Meurthe-et-Moselle], et de Marguerite Arnould, qui s’étaient mariés à Pierrepont, le 19 juin 1764.


Arbre généalogique simplifié

Aujourd'hui 16 quai Paul Wiltzer

Dès ses plus jeunes années, il se prépara à suivre la même carrière que son père, devenu médecin en chef de l’hôpital militaire de Metz, et fut reçu, en 1784, docteur en médecine à l’Université de Nancy [Meurthe-et-Moselle].
En 1788, Marchant entra dans les hôpitaux militaires, fit la campagne de 1792 en Belgique et obtint l’année suivante la place de médecin en second à l’hôpital militaire de Metz, où il resta jusqu’en 1816. Il porta le secours de son expérience dans l’épidémie qui ravagea le canton de Sierck [Moselle], plus tard la banlieue de Sarrelouis [Sarre, Allemagne] et le village de Brettnach [Moselle]. Il prit les mesures pour préserver la ville de Metz de l’invasion du typhus. Il avait étudié avec un tel soin les signes fournis par le pouls, que ses amis l’avaient surnommé « le médecin sphygmique ».

Royaliste constitutionnel de 1789 à 1793, Marchant fut membre de la première réunion politique de la ville de Metz, capitaine de la première garde nationale, secrétaire du conseil d’administration de cette garde, et prit la part la plus active à tous les actes remarquables de ce temps.


Marchant faisait partie du Conseil municipal de Metz depuis quelques années, lorsqu’il fut nommé maire par décret impérial du 10 brumaire an XIV [1er novembre 1805]. La promenade publique, l’hippodrome de la porte de France, le jardin des plantes, la bibliothèque, les bureaux du mont-de-piété au profit de l’hospice général, la maison de charité, la maison des dames de la charité-maternelle, les rues neuves de Goussaud, de la Grande Armée et de l’Esplanade, la création de la Compagnie des sapeurs-pompiers datent de son administration.

Coll. BM Metz

Côté sud de la chapelle des Petits Carmes en 1903
photographie coll. BM Metz
Aujourd'hui

La Bibliothèque municipale, installée en 1803 dans l’ancienne chapelle des Carmes, 2 rue du Haut Poirier, fut ouverte au public en 1811 [remplacée par la Médiathèque en 1977].


En 1810, Marchant reçut des lettres de baron et, en 1814, le grade d’officier de la Légion d’honneur.
Le baron Marchant se démit de ses fonctions le 7 février 1816, après avoir été destitué pendant les Cent jours, - du 6 mai au 5 août 1815 -, et reçut alors la décoration de l’Ordre de Saint-Michel pour récompense des éminents services qu’il avait rendus à la ville de Metz.
En 1819, il présida le conseil général de la Société d’Assurance mutuelle de Metz contre l’incendie.
En 1820, il fut nommé conseiller de préfecture du département de la Moselle, et en 1831, il accepta le poste de sous-préfet de l’arrondissement de Briey [Meurthe-et-Moselle].

Château de Logne

Divorcé le 28 messidor an VI [16 juillet 1798] de Anne-Marie-Catherine Poirey, qu’il avait épousée en premières noces, à Vernéville [Moselle], le 6 décembre 1785, Marchant avait épousé, en secondes noces, Agnès de Guerschin (1765-1847), qui lui apporta le château de Logne [Rurange-lès-Thionville, Moselle] et qui lui donna deux fils : Hubert-Philippe-Damas, né à Logne, le 9 thermidor an VII [27 juillet 1799], capitaine-commandant au 6e régiment de Lanciers, mourut à Logne, le 23 août 1856, sans avoir été marié ; Édouard, né le 26 mars 1804, officier des haras royaux, marié en premières noces avec Émilie Bouquet, et en secondes noces avec Julie Rousseaux, n’eut pas d’enfant de ces mariages et mourut à Metz le 7 août 1887.

Le baron Marchant était membre de l’Académie des sciences, lettres et arts de Metz, et correspondant de l’Académie de médecine de Paris. Lorsque les affaires politiques et administratives lui laissèrent des loisirs, il les consacra spécialement à la numismatique, et particulièrement à la numismatique byzantine :

« Ses savantes investigations rectifièrent des erreurs historiques, précisèrent des dates incertaines, évoquèrent de l’oubli où l’histoire les avait laissés ensevelis, des événemens importans, des princes, des dynasties entières. Ses opinions devinrent des autorités, et furent souvent adoptées par les érudits les plus célèbres, tels que MM. Sylvestre de Sacy et Mionnet en France, Cattaneo à Milan, Münter à Copenhague, et surtout l’abbé Sestini, de Florence, qui, depuis long-temps en possession du sceptre numismatique, le proclama le prince des numismates pour les médailles latines et bysantines. » [sic]
(Charles Dosquet. Notice sur M. le baron Marchant. Metz, S. Lamort, 1834, p. 8)


Son principal ouvrage est Mélanges de numismatique et d’histoire, ou Correspondance sur les médailles et monnaies des empereurs d’Orient, des princes croisés d’Asie, des barons français établis dans la Grèce, des premiers califes de Damas, etc. (Paris, F. J. Fournier le Jeune, et Metz, L. de Villy, 1818, in-8, [3]-[1 bl.]-122-[6] p., 4 pl. et 19 vign., tirage à petit nombre) ; depuis sa publication, jusqu’en 1829 inclus, Marchant a publié 14 suites sous forme de lettres. L’extrême rareté de cette publication donna l’idée d’en former une nouvelle édition : Lettres du baron Marchant sur la numismatique et l’histoire (Paris, Leleux, 1851, in-8, [3]-[1 bl.]-VIII-567-[1 bl.] p., 30 pl.).


Outre un grand nombre d’articles insérés dans les journaux de la Moselle, on doit aussi au baron Marchant différents écrits sur des matières politiques et économiques :

Discours prononcé à la Société populaire de Metz, en faveur de la liberté de la presse (Metz, Lamort, 13 vendémiaire an III [octobre 1794], in-4, 4 p.).

Lettre de M* à M** [Wendel], membre de la chambre pour le département de la *** [Moselle], sur le système électif le plus convenable à la monarchie française (Metz, Lamort, 26 décembre 1815, in-8, 22 p.).

Rapport fait au Conseil général du département de la Moselle, sur la destination ultérieure du dépôt de mendicité de Gorze (Metz, Verronnais, 1818, in-8, 20 p. et 2 tableaux).

Des réunions des communes formant une seule mairie. Opinion émise au Conseil général du département de la Moselle dans la session de 1818 (Metz, Verronnais, juillet 1818, in-8, 20 p.).

Société d’Assurance mutuelle et gratuite de Metz. Réponse à la dernière note officielle de M. Chedeaux, fondé de pouvoir d’une des compagnies d’assurances à prime (Metz, Lamort, 15 octobre 1819, in-8, 12 p.).

Statuts de la Société anonyme d’Assurances mutuelles contre l’incendie pour la ville de Metz (Metz, Collignon, 1820, in-8).

Photographie Marc de Metz

Le 30 juin 1833, le baron Marchant mourut d’une cardiopathie, en son domicile, 11 rue des Grands Carmes [rue Marchant, par arrêté municipal du 9 février 1835], maison du XVIe siècle [dite aujourd’hui « Îlot Trésor »], qui avait appartenu à ses parents et à ses grands-parents.  

En 1833, la ville de Metz acheta aux héritiers du baron Marchant une partie de son cabinet, - qui renfermait une collection naturaliste originale par la présence d’oiseaux albinos, dont une partie provenait du cabinet du prince des Deux-Ponts et du cabinet de Dupré de Genest -, et quelques manuscrits, parmi lesquels les Mémoires du notaire Baltus sur l’Histoire de Metz, des travaux de Nicolas Dilange sur les Coutumes et de Dupré de Genest sur la Numismatique, un recueil des Coutumes des Juifs de Metz en 1744 et une copie du XIIIe siècle du roman des Quatre fils Aimon.
La magnifique collection de minéralogie qu’il avait formée fut vendue à l’étranger, malgré les offres désintéressées de ses héritiers pour en faciliter l’acquisition par la ville.


La bibliothèque du baron Marchant fut vendue, du mercredi 26 février au vendredi 7 mars 1834, en 9 vacations, dans la salle haute de la Maison Silvestre, 30 rue des Bons-Enfants, à Paris : Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le baron N.-D. Marchant, officier de la Légion d’honneur et de l’Université royale de France, chevalier de Saint-Michel, membre de plusieurs Sociétés savantes, nationales et étrangères. Collection curieuse de livres sur les diverses branches des sciences, de la littérature et de l’histoire, dans laquelle on remarque des éditions aldines et d’autres éditions anciennes d’une grande rareté, une suite nombreuse d’Elzeviers, dont partie d’une belle conservation, la collection byzantine du Louvre, les mémoires de l’Académie des inscriptions, etc. (Paris, Merlin, 1834, in-8, [3]-[1 bl.]-84 p., 850 + 11 doubles [bis] = 861 lots), dont Théologie [94 lots = 10,91 %], Jurisprudence [25 lots = 2,90 %], Sciences et Arts [134 lots = 15,56 %], Belles Lettres [349 lots = 40,53 %], Histoire [223 lots = 25,90 %], Supplément [36 lots = 4,18 %].

53. Œuvres de Bossuet. Paris, 1743-1753, 20 vol. in-4, v. m. – Sermons du même. Paris, Boudet, 1772, in-4, v. m. (3 tomes). 40 fr.


125. Aristotelis Opera, gr. ; Theophrastus de historia plantarum et de causis plantarum. Venetiis, Aldus Manutius, 1495-1498, 5 vol. in-fol. 70 fr. 05.


145 bis. Les Essais de Michel de Montaigne. Bruxelles, Fr. Foppens (Holl., Elzev.), 1659, in-12, 3 vol. v. br. 60 fr.


181. Les Vrayes Centuries et prophéties de Michel Nostradamus. Amst., J. Jansson, 1668, pet. in-12, mar. bl., dent., tr. dor. (Simier). 50 fr.
246. Belisarius Aquivivus Aragoneus, de venatione et de aucupio, de re militari et singulari certamine. Neapoli, Joa. Pasquet de Sallo, 1519, in-fol., v. br. 50 fr.


261. Dictionarium græcum, cum interpretatione latina. Venetiis, in ædibus Aldi et Andr. Soceri, 1524, in-fol., mar. vert, fil., d. de tabis et gardes de vélin. Ex. de Renouard. 45 fr.
278. Quintiliani institutionum oratoriarum Libri XII. Lugd.-Bat., ex offic. Hackiana, 1663 et 1665, 2 vol. in-8, mar. r., fil., tr. dor. (Derome). 61 fr. 95.


343. Les Odes d’Horace en vers burlesques. Leyde, J. Sambix (Elzevier), pet. in-12, vél., dent. 60 fr. 95.
394. Deliciæ poetarum hujus superiorisque ævi illustrium. 1608-1693, 20 tomes en 19 vol. pet. in-12. Rel. en vélin et 3 vol. en mar. vert (Derome). 137 fr. 05.
436. L’Art de régner, ou le Sage Gouverneur, tragi-comédie, par Gillet. Suivant la copie imprimée à Paris, 1649 (Holl., à la Sphère), pet. in-12, mar. bl., dent., gardes de vin, tr. dor. (Simier). 66 fr. 95.


437. L’Eschole de Salerne, en vers burlesques (par Martin), et duo poemata macaronica de bello huguenotico. Suivant la copie imprimée à Paris (Holl., Elzevir), 1651, pet. in-12, mar. bl., fil. d’or. et dent. à froid, d. de moire, tr. dor. (Simier). 64 fr. 55.
438. Le même, et à la suite : L’Ovide en belle humeur de M. Dassoucy. Suivant la copie imprimée à Paris (Holl., Elzev.), 1651, pet. in-12, mar. bl., larges dent., d. de moire avec gardes de vélin, tr. dor. (Derome). 201 fr. 05.


492. Les Œuvres de Fr. Rabelais (Holl., Elzevier), 1663, 2 vol. pet. in-12, mar. r., dent., doublé de moire blanche avec dent., tr. dor. 52 fr.


553. Ciceronis Opera, cum optimis exemplar. collata accurate. Lugd.-Bat., ex offic. Elzevir, 1642, 10 vol. pet. in-12, v. f., fil., tr. dor. 51 fr.
581. Collection des œuvres de Balzac, imprimées par les Elzeviers, pet. in-12, 7 vol. mar. bleu, fil., tr. dor. (Simier). 105 fr. 95.


637. Histoire des Juifs écrite sous le titre d’antiquités judaïques et Histoire de la guerre des Juifs contre les Romains, trad. du grec de Flav. Joseph par Arnauld d’Andilly. Bruxelles, Frick, 1701-1703, 5 vol. pet. in-8, fig., mar. r., tr. dor. (Padeloup). 60 fr.


640. Thucydidis de Bello Peloponnesiaco Libri VIII, cum adnotationibus Henr. Stephani et J. Hudsoni. Amst., Wetstenii, 1731, in-fol., v. m., fil. 56 fr.


668. C. Sallustius Crispus, cum veterum historicorum fragmentis. Lugd.-Batav., ex offic. Elzev., 1634, pet. in-12, vél. 40 fr. 05.


712. Histoire de Henry le Grand, par Hardouin de Péréfixe. Amst., D. Elzevier, 1664, pet. in-12, mar. bl., fil., gardes de vél., tr. dor. (Simier). 52 fr.
779. Histoire et Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, de 1701 à 1779. Paris, I. R., 1780-1786, 42 vol. in-4, fig. v. m., 2 br. en cart. 180 fr.


813. Collection publiée par J.-B. Gail en 1794, gr. pap. vél., 10 vol. in-18, rel. vél. blanc, dent., doublés de tabis, tr. dor. 47 fr. 
829. Theocriti Eglogæ XXX, Genus Theocriti et de inventione bucolicorum. Venetiis, characteribus ac studio Aldi Manutii, 1495, in-fol., v. br. 71 fr. 95.
    
















Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire