vendredi 8 mai 2020

Émile Nourry (1870-1935), libraire d’ancien, historien et philosophe


Tour de Drousson (XIVe siècle)



D’une famille de laboureurs originaire de Drousson, hameau de la commune de Saint-Denis-de-Péon [Saône-et-Loire] - rattachée à la commune de Curgy depuis le 12 août 1818 -, passée à Saint-Pantaléon en 1801, puis à Autun en 1870, Émile-Dominique Nourry est né dans cette dernière ville, le 6 décembre 1870, 27 place du Champ de Mars, au coin de l’avenue de la Gare [avenue Charles De Gaulle].


27 place du Champ de Mars (à gauche) et avenue de la Gare
Ses parents, Dominique Nourry (1842-1915), voyageur de commerce, et Marie Bourillot (1846-1926), demoiselle de magasin, fille d’un charron, s’étaient mariés à Autun le 15 janvier 1870. Devenu marchand papetier, Dominique Nourry déclara sa librairie à Autun le 12 mars 1871, 27 place du Champ de Mars, 


qu’il déménagea, vers 1880, à environ 100 m, au 17 avenue de la Gare.

La profession de ses parents contribua vraisemblablement à donner l’amour des livres à Émile Nourry. Il s’intéressa très tôt à la botanique, passion qu’il partagea avec son père, et s’inscrivit pour l’année 1888 à la Société d’histoire naturelle d’Autun. Après des études théologiques au grand séminaire d’Autun, puis au séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux [Hauts-de-Seine], Émile Nourry renonça au professorat pour la librairie ancienne, la recherche folklorique et l’édition.

Place Saint-Etienne, Dijon.
La librairie est au rez-de-chaussée de la première maison à gauche.


Il fut employé 10 place Saint-Étienne [place du Théâtre] à Dijon, dans la librairie de Gustave Lamarche (1840-1899) : celui-ci avait succédé le 1er juillet 1874 à son père, Antoine Lamarche (1811-1882), successeur lui-même, le 21 juillet 1837, de son ancien patron, Victor Lagier (1788-1857), moyennant la somme de 60.000 francs. À cette époque, Émile Nourry publia, sous son nom, la traduction qu’il avait faite de l’anglais de James-Mark Baldwin : Le Développement mental chez l’enfant et dans la race (Paris, Félix Alcan, 1897, in-8). Ce fut lui qui déclara à l’état civil le décès de son employeur, le 17 juin 1899. 


Il lui succéda, rejoint aussitôt par son frère, Joseph Nourry.

La librairie de Thomas Le Meur, successeur de Alfred Bellais, 10 place Saint-Etienne, Dijon
Collection Christian Le Meur
Ce dernier, né à Autun le 6 octobre 1875, se maria le 13 avril 1901 à Asnières-sur-Seine [Hauts-de-Seine] et mourut le 17 novembre 1965 à Lyon [Rhône], où il s’était installé en 1925, laissant la librairie de Dijon à Alfred Bellais († 1929), auquel succéda Thomas Le Meur :

Librairie de Joseph Nourry, 3 rue du Bât-d'Argent, Lyon
 « Mes relations avec celui, qui fut pendant plus de cinquante ans, le maire de Lyon, sont nées au 3 de la rue du Bât-d’Argent dans la Librairie de Joseph Nourry, frère du grand libraire parisien, Emile Nourry, éditeur d’Alfred Loisy et ami de Maurice Garçon. Le père Nourry, à la barbe fleurie, que les Lyonnais chercheurs et bibliophiles ont connu, m’a appris à aimer les livres, et je lui conserve une reconnaissance infinie. Autodidacte, Joseph Nourry était un répertoire vivant des bons auteurs. Aussi, le Président Herriot venait souvent le matin, vers 10 heures, pour s’évader du travail municipal. Le père Nourry mettait ainsi de côté les ouvrages de choix, qui pouvaient plaire à son éminent client. Edouard Herriot recherchait plutôt les textes, il n’était sensible à la reliure que lorsqu’elle correspondait à la qualité de l’écriture.
Ainsi, Joseph Nourry avait découvert un magnifique exemplaire du “ Discours sur l’Histoire Universelle ”. C’est pour le Président, m’avait-il dit, en me le faisant admirer. Je me trouvais dans le magasin, quand il présenta l’exemplaire au maire de Lyon. “ C’est pour moi ? ”dit ce dernier en prenant le livre dans ses fortes mains, devenues brusquement caressantes. Feuilletant, page après page, il se mît à lire de cette voix de bronze, le dernier chapitre. La prose magnifique de l’évêque de Meaux semblait s’élever de la chaire d’une cathédrale. »
(Pierre Antoine Perrod. L’Honneur d’être dupe. Henri Colliard (1915-1945). Roanne, Horvath, 1982)

(in-8, XVI-326 p., 1.685 lots)

11 rue des Saints-Pères, Paris VI (mai 2019)
 Le 8 décembre 1899, Émile Nourry fut admis à la Société bourguignonne de géographie et d’histoire. Après son mariage à Paris [XIXe], le 4 décembre 1902, avec Caroline Fesquet, née à Autun le 9 mars 1863, il ouvrit l’année suivante une librairie à Paris, au 11 rue des Saints-Pères [VIe], dans un immeuble construit en 1882. Il se fit connaître en publiant, sous le pseudonyme de « P. [Pierre] Saintyves », La Réforme intellectuelle du clergé et la liberté d’enseignement (Paris, Nourry, 1904, in-12). Dès lors, il conserva ce pseudonyme pour ses publications.

14 rue Notre-Dame de Lorette, Paris IX (juillet 2019)


Il déménagea sa librairie en 1906 au 14 rue Notre-Dame-de-Lorette [IXe], dans un immeuble construit en 1859, qui prit le nom de « Librairie critique ». 



Ce fut alors qu’il publia son livre fameux : Les Saints successeurs des dieux (Paris, Nourry, 1907, in-8), première pierre d’un édifice où il se montra féru des mythes et des contes. Suivirent : Les Vierges Mères et les Naissances miraculeuses (Paris, Nourry, 1908, in-12), Le Discernement du miracle. Le Miracle et les Quatre Critiques : 1° Critique historique ; 2° Critique scientifiqueCritique philosophiqueThéologie critique [sic] (Paris, Nourry, 1909, in-8).

62 rue des Ecoles, Paris V, près le boulevard Saint-Michel

Photographie Jean Hélias


La librairie déménagea, pour la dernière fois, en 1910, au 62 rue des Écoles [Ve], dans un immeuble construit en 1865. Émile Nourry fut admis membre titulaire de la Société d’histoire naturelle d’Autun, à la séance du 19 mars 1911. La même année, il devint membre de la Société préhistorique française, où il se fit inscrire membre à vie en 1919. Il devint gérant de la Revue anthropologique en 1921, maître de conférences à l’École d’anthropologie de Paris en 1923, expert en douane en 1925. Il fut élu président du Syndicat de la librairie ancienne et moderne le 26 mai 1925 et président fondateur de la Société du folklore français en 1930.

Emile Nourry

Veuf de Caroline Fesquet le 30 décembre 1922, Émile Nourry avait épousé Jeanne Grillot, née au Creusot [Saône-et-Loire] le 11 janvier 1880 : mais celle-ci décéda très prématurément de maladie le 20 juillet 1925. Le 28 mai 1927, Émile Nourry épousa en troisièmes noces, à Paris [XVIIIe], Camille-Zélia-Victoire Quinchon, née le 23 avril 1889 à Suresnes [Hauts-de-Seine], inspectrice des écoles maternelles.

Saintyves poursuivit ses publications personnelles : Les Reliques et les Images légendaires (Paris, Mercure de France, 1912, in-12) ; La Simulation du Merveilleux (Paris, Ernest Flammarion, 1912, in-12) ; La Guérison des verrues. De la magie médicale à la psychothérapie (Paris, Nourry, 1913, in-8) ; La Force magique. Du mana des primitifs au dynamisme scientifique (Paris, Nourry, 1914, in-8) ; Les Responsabilités de l’Allemagne dans la guerre de 1914 (Paris, Nourry, 1915, in-12) ; Le Mystère des Évangiles (Paris, Nourry, 1916, in-8, 110 ex. numérotés H. C.) ; Essai sur les grottes dans les cultes magico-religieux et dans la symbolique primitive (Paris, Nourry, 1918, in-12) ; Rondes enfantines et quêtes saisonnières. Les Liturgies populaires (Paris, Édition du Livre mensuel, 1919, in-12) ; Les Origines de la médecine. Empirisme ou magie ? (Paris, Nourry, 1920, in-8) ; L’Éternuement et le Bâillement dans la magie, l’ethnographie et le folklore médical (Paris, Nourry, 1921, in-8) ; Essais de folklore biblique. Magie, mythes et miracles dans l’Ancien et le Nouveau Testament (Paris, Nourry, 1922, in-8) ; Les Contes de Perrault et les Récits parallèles (Paris, Nourry, 1923, in-8) ; La Légende du docteur Faust (Paris, H. Piazza, 1926, in-12), « A la mémoire de Jeanne Nourry le dernier livre que j’aie écrit dans la douce atmosphère de sa chaude affection » ; Apologie du folklore ou de la science de la tradition populaire (Paris, Nourry, 1927, in-8) ; Mes deux visites à Glozel (Paris, Nourry, 1927, in-8, H. C.), où il expose les raisons qui lui inspirèrent un doute sur l’authenticité des objets préhistoriques trouvés en 1924 à Glozel [Allier] ; Le Massacre des Innocents ou la Persécution de l’Enfant prédestiné (Paris, Rieder, 1928, in-8) ; En marge de la Légende dorée. Songes, miracles et survivances (Paris, Nourry, 1930, in-8) ; Les Cinquante Jugements de Salomon ou les Arrêts des bons juges d’après la tradition populaire (Paris, Domat-Montchrestien, F. Loviton et Cie, 1933, in-12) ; Corpus du folklore des eaux en France et dans les colonies françaises (Paris, Nourry, 1934, in-8, 200 ex.) ; Corpus du folklore préhistorique en France et dans les colonies françaises (Paris, Nourry, 1934-1935, 2 vol. in-8).


Parallèlement, entre 1897 et 1935, il publia une centaine d’articles, dans de nombreuses revues : Annales de philosophie chrétienne, Revue des traditions populaires, Revue des études ethnographiques et sociologiques, Revue moderniste internationale, Bulletin de la Société d’histoire naturelle d’Autun, La Revue des idées, Revue de l’histoire des religions, Æsculape, Revue de l’Université de Bruxelles, Revue d’histoire et de littérature religieuses, Mercure de France, Bulletin de la Société préhistorique française, Revue archéologique, Revue anthropologique, Revue d’ethnographie et des traditions populaires, Revue de folklore français.


Ses activités d’éditeur s’orientèrent vers la publication d’ouvrages de cynégétique : Chasseurs du temps passé (1910), Les Gentilshommes chasseurs (1922), Un capitaine de Beauvoisis (1925), par le marquis Théodore de Foudras (1800-1872) ; Le Savoir-Vivre à la chasse (1911), 


Les Chasses du lièvre (1928), par Michel Anty ; La Vénerie royale (1929), par Robert de Salnove (1597-1670) ; Les Ruses du braconnage (1926), par L. Labruyerre ; Les Chasses au marais (1929), par Robert Villatte des Prûgnes (1869-1965) ; Traité sur l’art de chasser avec le chien courant (1929), par le comte Jacques Boisrot de Lacour (1758-1832) ; 

Photographie BnF
Bibliographie des ouvrages français sur la chasse (1934), par Jules Thiébaud.


Il publia aussi des textes liés à la crise moderniste, conflit d’idées au sein de l’Église catholique, déclenché en 1902 par l’abbé Alfred Loisy (1857-1940). Celui-ci, excommunié en 1908, donna 26 titres à Nourry, de 1909 à 1934 : Leçon d’ouverture du cours d’histoire des religions au Collège de France (1909), Jésus et la tradition évangélique (1910), À propos d’histoire des religions (1911), L’Évangile selon Marc (1912), Choses passées (1913), Guerre et religion (1915), Mors et vita (1916), 


L’Épître aux Galates (1916), La Religion (1917), Les Mystères païens et le Mystère chrétien (1919), La Paix des nations et la Religion de l’avenir (1919), De la discipline intellectuelle (1919), Les Actes des apôtres (1920), Essai historique sur le sacrifice (1920), Le Quatrième Évangile (1921), Les Livres du Nouveau Testament (1922), L’Apocalypse de Jean (1923), La Morale humaine (1923), L’Évangile selon Luc (1924), 


L’Église et la France (1925), Religion et humanité (1926), Mémoires pour servir à l’histoire religieuse de notre temps (1930-1931), La Religion d’Israël (1933), La Naissance du christianisme (1933), Y-a-t-il deux sources de la religion et de la morale ? (1933), Le Mandéisme et les origines chrétiennes (1934).


Émile Nourry publia également des textes liés à l’érudition ésotérique : La Kabbale juive (1923), 


Les Rose-Croix lyonnais au XVIIIe siècle (1929), Traduction intégrale de Siphra Di-Tzeniutha. Le Livre secret (1930), par Paul Vulliaud (1875-1950) ; 


Le Tarot des imagiers du Moyen Âge (1927), Les Mystères de l’art royal (1932), par Oswald Wirth (1860-1943), ancien secrétaire de Stanislas de Guaita (1861-1897).  


Chevalier de la Légion d’honneur en 1934 et, depuis peu, membre à vie de la Société des Africanistes, Émile Nourry mourut le samedi 27 avril 1935, 8 bis rue Léon Delhomme, Paris [XVe], après une opération chirurgicale et de longues souffrances.
Ses obsèques eurent lieu le mardi 30 avril, en l’église Saint-Lambert de Vaugirard [XVe], suivies d’une cérémonie au cimetière du Père Lachaise, avant d’être inhumé au cimetière de Verrières-le-Buisson [Essonne].

« Comme on le sait, M. Nourry unissait les caractères d’un folkloriste scientifique avec la vocation pratique d’éditeur et de libraire en ouvrages anciens. Il bénéficia ainsi d’occasions uniques de se familiariser avec la littérature du folklore et il en profita pour réunir une bibliothèque de la plus grande valeur concernant la science à laquelle il a consacré sa vie. Cette bibliothèque, monument de son savoir et de son activité, est actuellement réunie et artistement disposée dans sa charmante propriété de Verrières, dans les environs de Paris [« Clair Logis », place du Poulinat, Verrières-le-Buisson]. Les longues rangées de volumes bien reliés et bien ordonnés sur les rayons sont vraiment un spectacle impressionnant pour le folkloriste et lui donnent idée de la patience, du savoir et de l’habileté qui ont été nécessaires pour sa formation. C’est, en vérité, probablement l’une des bibliothèques du Folklore les plus complètes et les mieux ordonnées du monde. Telle quelle, elle forme un splendide instrument pour l’étude de cette science. Aussi, dans l’intérêt du Folklore, est-il fort désirable que sa bibliothèque soit conservée et non point dispersée. D’une manière ou le l’autre, elle devrait être réservée à la Société du Folklore français. »
(Discours de Sir James George Frazer. In Un grand folkloriste. P. Saintyves (Emile Nourry). 1870-1935, p. 14)   

« Emile Nourry, dit Pierre Saintyves, […] courtois et obligeant, mais anticlérical déclaré, dont l’action anticatholique et maçonnique fut considérable ; éditeur d’Alfred Loisy, ami des modernistes et de tous les défroqués fameux ; auteur de divers ouvrages, dont quatre ont été condamnés par un décret de l’Index le 17 mars 1908. »
(Revue des lectures. Paris, 1935, p. 655)

« Et sa générosité ne s’exerçait pas seulement à l’égard des belles entreprises intellectuelles qu’il régénérait par son dévouement et sa libéralité : souvent, aux approches de juillet, un peu surpris d’une acquisition qu’il venait de faire, nous lui demandions si ce livre avait des acheteurs ; il souriait … “ Il n’en a guère, mais si je l’avais refusé, celui qui me le vendit n’aurait pu prendre de vacances …” »
(Léo Crozet. « Emile Nourry-Saintyves ». In Archives et bibliothèques. Paris, Emile Nourry, 1935, N° 1, p. 121)

« Que d’entretiens aimables, érudits, pleins de renseignements critiques et précieux, ont eu lieu dans son cabinet de travail, au-dessus de son magasin de vieux livres de la rue des Ecoles. Dans la vie civile, Emile Nourry était bouquiniste, dans l’acception la plus noble et la plus élevée du terme. Nul mieux que lui ne connaissait la valeur scientifique ou littéraire de tel vieux livre rare ou curieux, de telle édition préférable à telle autre. Ce n’était pas tant l’habit, la belle reliure qu’il appréciait, que le fond même de l’œuvre. »
(Cte B. « Émile Nourry-Saintyves ». In Journal des débats politiques et littéraires, 11 mai 1935)

Le 2 avril 1939, sur la maison natale d’Émile Nourry, fut inaugurée une plaque qui portait l’inscription :
PIERRE SAINTYVES
(EMILE NOURRY)

FOLKLORISTE ET HISTORIEN DES RELIGIONS
EST NÉ DANS CETTE MAISON LE 6 DÉCEMBRE 1870
IL EST MORT A PARIS LE 27 AVRIL 1935



Jules Thiébaud avait succédé à son ancien patron ; il exerça jusqu’en 1964 :

« J. Thiébaud, à la fin de sa vie, était paralysé. Il ne pouvait plus parler. Seuls ses yeux pouvaient bouger. On avait pour habitude de le laisser devant la cheminée, assis dans son fauteuil roulant, les genoux protégés par une couverture. Sa femme avait quelque raison d’en vouloir à son mari. Elle lui en voulait même beaucoup.
Tout au long de sa vie de libraire, Thiébaud avait réuni une somptueuse bibliothèque de livres et de manuscrits d’occultisme, tous rangés dans un meuble, non loin de la cheminée. Régulièrement, juste après qu’elle eut amené son mari devant le foyer de la cheminée, Madame Thiébaud prenait l’un des précieux documents en s’assurant bien que rien n’échappa à l’attention de son mari. Le malheureux assistait, impuissant, jour après jour, à la disparition dans les flammes de ses chers trésors.
C’est un employé [source de cette anecdote] de la librairie qui comprit l’infernale vengeance ; le regard implorant de son patron allait sans cesse des espaces vides de la bibliothèque à la cheminée. »
(Frédérick Coxe. « Les Librairies anciennes et leurs grimoires ». In La Nouvelle Revue des livres anciens. Reims, 2009, n° 2, p. 46)

Après le décès de Camille Quinchon, la bibliothèque d’Émile Nourry, conservée jusqu’alors au château de Grémonville [Seine-Maritime, incendié par les Allemands en 1940, sauf le rez-de-chaussée], a été dispersée à Rouen, au Palais des Consuls, quai de la Bourse, les samedi 11 et dimanche 12 décembre 1976, au bénéfice de l’Institut Pasteur, à qui elle avait été léguée par la défunte : Bibliothèque de feu M. Émile Nourry (Rouen, s. n., 1976, in-8), dont 31 incunables.

« Un livre d’heures du XVe avec 28 grandes miniatures, en reliure XVIIIe, provenait de la famille Le Tellier de Courtanvaux : 67 000 F ; un autre, très joliment calligraphié et richement décoré, venait de Hollande : 58 000 F. Parmi les incunables, nous retiendrons les Evangiles et heures de Notre Dame, en vers français (Lyon, 1488), avec ses petites figures naïves : 54 100 F ; le Recueil des histoires de Troyes de Raoul Lefevre (Lyon, 1490), in-folio gothique aux superbes gravures à pleine page : 30 000 F ; 


Horologium devotionis circa vitam Christi (Bâle, vers 1492), avec 36 figures coloriées : 34 000 F. Il y avait bien d’autres choses encore ; 

Photographie BnF
des livres de voyages comme l’Histoire de la Navigation de Jean Hugues de Linschot (Amsterdam, 1638), avec ses superbes planches : 50 000 F ; 


des livres de fleurs, comme la Flore des Antilles, recueil de 600 aquarelles originales d’une grande finesse de Théodore Descourtilz, exécutées vers 1820 : 105 500 F. »
(Librarium. Zurich, 1977, p. 179)


Émile Nourry utilisait un ex-libris [50 x 45 mm] montrant des livres sur une tablette, devant deux branches de laurier et un flambeau, et portant uniquement son patronyme « NOURRY » et la devise « FELIX A LIBRIS » [heureux grâce aux livres].   

(1932)






























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