dimanche 27 septembre 2020

Un touche-à-tout de talent : Benjamin Fillon (1819-1881)

 

Fontenay-le-Comte en 1840
In B. Fillon et O. de Rochebrune. Poitou et Vendée. Niort, L. Clouzot, 1887

Descendant d’une famille originaire de Fontenay-le-Comte [Vendée], ancienne capitale du Bas-Poitou, Benjamin Fillon est né à Grues [Vendée], le 15 mars 1819, fils de Joseph-Louis Fillon (1787-1858), percepteur des contributions directes, chevalier de la Légion d’honneur en 1812, et de Joséphine Joussemet (1791-1873), qui s’étaient mariés à Luçon [Vendée], le 17 juin 1818.



Comme ses frères et sœurs, Joseph-Louis Fillon n’avait été légitimé qu’au mariage de ses parents, Pierre-Jean Fillon (1744-1818), notaire, et Marie-Anne Deslandes (1754-1823), qui eut lieu à Fontenay-le-Comte, le 15 frimaire An III [5 décembre 1794].

Benjamin Fillon en 1865
par Ferdinand Birotheau


Benjamin Fillon fut élevé à Fontenay-le-Comte à partir de 1824 et fit ses études à Poitiers, puis à l’école de droit de Paris. Licencié en droit en 1842, il rentra à Fontenay-le-Comte et accepta les fonctions de juge suppléant à La Roche-sur-Yon [Vendée]. Il devint membre titulaire non résidant de la Société des Antiquaires de l’Ouest, se consacra à la numismatique sous les auspices de son oncle Faustin Poey D’Avant (1792-1864) et publia des travaux d’érudition dès 1844 dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest et la Revue numismatique.

« De loin en loin, il lui suffisait de se retremper quelques semaines parmi nous ; mais il ne venait pas à Paris, comme le provincial vulgaire, promener ses étonnements et vider son porte-monnaie. Son but était d’apporter à la Société ses travaux longuement mûris. De tous côtés, chez ses amis, dans les musées et dans les bibliothèques, il faisait une ample provision de documents et de renseignements. Rentré chez lui, dans cette Vendée qu’il affectionnait et dont chaque sentier et chaque pli de terrain évoquaient dans son esprit un souvenir, Fillon groupait, dans le silence de la retraite, les matériaux qu’il avait rapidement amassés et il édifiait alors, à l’aide de sa profonde érudition, ses ouvrages, désormais impérissables monuments pour l’histoire artistique de notre pays. » (Paul Eudel. L’Hôtel Drouot et la Curiosité en 1882. Paris, G. Charpentier, 1883, p. 125) 

Après être devenu vice-président de la Société des Antiquaires de l’Ouest, ses publications se multiplièrent : Recherches historiques et archéologiques sur Fontenay (Fontenay, Nairière-Fontaine, 1846), Entrée des Vendéens à Ancenis (Fontenay, Robuchon, 1847), Les Vendéens à Fontenay (Fontenay, Nairière-Fontaine, 1847), Notice sur Saint Cyr (Fontenay, Robuchon et Nairière-Fontaine, 1847), Une fondation de Saint Vincent de Paul à Luçon (Fontenay, Robuchon, 1848), Pièces curieuses concernant Notre Dame de Fontenay (Fontenay, Robuchon, 1849), Notice sur la vie et les ouvrages de François Viete (Nantes, Ch. Gailmard, 1849) – avec Frédéric Ritter -, Description de la villa et du tombeau d’une femme artiste gallo-romaine découverts à Saint-Médard-des-Prés (Fontenay, Robuchon et Nairière-Fontaine, 1849) ; 



ses Considérations historiques et artistiques sur les monnaies de France (Fontenay-Vendée, Robuchon et Nairière-Fontaine, 1850) soulevèrent d’abord quelques polémiques, mais leur valeur fut finalement reconnue :

« Beaucoup moins développé, parce qu’il se rapporte à une période mieux connue de notre histoire monétaire, le chapitre IV (de Philippe Auguste à l’époque actuelle) se recommande néanmoins, par le mérite des recherches, à l’attention des numismatistes ; mais les considérations historiques qu’on y rencontre ont trop souvent l’inconvénient de ne se rattacher par aucun lien nécessaire au sujet du livre. Il faut bien ajouter qu’elles sont de nature à trouver peu d’approbateurs parmi les hommes sérieux auxquels s’adresse cet ouvrage. […] Ces appréciations, très-contestables, n’ajoutent rien au mérite des recherches numismatiques de M. Fillon ; nous souhaitons qu’elles ne nuisent pas au succès de son livre qui a, d’ailleurs, des titres réels à l’estime des hommes d’étude. » (Bulletin de la Société de l’Histoire de France. N° 7 -Juillet 1850, p. 292)

Quand il apprit le coup d’État du 2 décembre 1851, Benjamin Fillon donna sa démission, ne voulant pas servir un gouvernement non républicain.

Tandis qu’il écrivait plusieurs articles dans la Revue des provinces de l’Ouest, de 1853 à 1856, il publia Lettres à M. Ch. Dugast-Matifeux sur quelques monnaies françaises inédites (Fontenay-Vendée, Robuchon et Nairière-Fontaine, 1853), Études numismatiques (Paris, Jules Charvet, 1856), puis Mémoire sur une découverte de monnaies, de bijoux et d’ustensiles des IIe et IIIe siècles faite en Vendée (Napoléon-Vendée, J. Sory, 1857), Recherches historiques sur une famille poitevine (Fontenay-le-Comte, Robuchon, 1857) et Lettres écrites de la Vendée à M. Anatole de Montaiglon (Paris, Tross, 1861, 120 ex.). 



Il commença, avec l’aquafortiste Octave de Rochebrune (1824-1900), sous le titre de Poitou et Vendée. Études historiques et artistiques (Fontenay-le-Comte, Robuchon, et Niort, Clouzot, 1862-1887, XII livraisons), une suite de monographies dont la publication, longtemps interrompue par la mort de Benjamin Fillon, fut terminée en 1887 par la publication des livraisons XI et XII, grâce aux notes trouvées dans ses papiers.



Ce fut Octave de Rochebrune qui grava son ex-libris [5,2 x 6 cm], qui porte : « B. FILLON TRAVAIL EST HONNEUR »

Le 10 février 1863, à Fontenay-le-Comte, Benjamin Fillon épousa sa cousine germaine, Clémentine Fillon, née à Nalliers [Vendée] le 27 février 1830, première jumelle de Joseph-René Fillon (1792-1860), notaire, et de Pauline Poey D’Avant (1795-1843), fille du naturaliste Jean-Augustin Poey D’Avant (1739-1801) et sœur du numismate Faustin Poey D’Avant. 




Comme cadeau de mariage, Octave de Rochebrune offrit une réplique, en faïence du céramiste tourangeau Charles-Jean Avisseau (1796-1861), de la fontaine figurée sur un des bas-reliefs de la fontaine des Quatre-Tias, à Fontenay-le-Comte, datée de 1542.

Le couple habita une maison qui leur venait des Poey D’Avant :

« Je la vois d’ici, cette demeure, dans une des rues tortueuses de cette petite ville intelligente. Elle ne ressemblait guère à un palais, mais à la maison d’un bon bourgeois du XVe siècle, avec sa porte basse et cintrée, ses fenêtres étroitement percées, et sa façade crépie à la chaux. Seulement, à peine entré, quel changement ! Les murs étaient tapissés de tous côtés de dessins précieux ; les grands bahuts du salon recélaient des richesses inestimables en émaux, en faïences italiennes et en porcelaines de Chine, et le cabinet de travail, où l’on arrivait par un grand escalier de bois, renfermait les manuscrits, les estampes et les livres les plus curieux. » (Paul Eudel. Ibid., p. 127) 

Benjamin Fillon fut le secrétaire-général de la XXXIe session du Congrès archéologique de France, tenue à Fontenay-le-Comte en 1864, et prit part aux Expositions universelles de Paris, en 1867 et en 1878.

Outre des articles dans Mémoires de la Société de statistique, sciences et arts du département des Deux-Sèvres, en 1864 et 1865, Benjamin Fillon publia encore L’Art de terre chez les Poitevins, suivi d’une Étude sur l’ancienneté de la fabrication du verre en Poitou (Niort, L. Clouzot, 1864), L’Effondrement du Palais de Justice de Fontenay-le-Comte arrivé le 8 janvier 1699, suivi d’un Poème sur le même sujet et de Stances à la gloire de M. le maire perpétuel de cette ville (Niort, Clouzot, 1866), Recherches sur le séjour de Molière dans l’ouest de la France en 1648 (Fontenay-le-Comte, P. Robuchon, 1871), Département de la Vendée. Coup d’œil sur les élections sénatoriales de 1876 (Fontenay-Vendée, P. Robuchon, 1876) et des articles dans la Gazette des beaux-arts, en 1878 et en 1880.



Clémentine Fillon décéda à Fontenay-le-Comte le 16 juillet 1873. Benjamin Fillon se retira alors dans son château de la Court, à Saint-Cyr-en-Talmondais [Vendée], dont il devint le maire en 1876. Il avait mis comme devise sur la porte de son château : « Caritas generis humani » [Amour de l’humanité].



« Dans la crainte de leur donner peut-être trop de sa vie » (Paul Eudel. Ibid., p. 129), Fillon se sépara de ses autographes, en six ventes, à Paris. Sa collection, commencée dès 1839, était peut-être la plus importante de l’Europe.

Vente les vendredi 16 et samedi 17 février 1877, 28 rue des Bons-Enfants : Inventaire des autographes et des documents historiques composant la collection de M. Benjamin Fillon. Séries I et II. Initiateurs-Inventeurs, Chefs de gouvernement (Paris, Étienne Charavay, et Londres, Frédéric Naylor, 1877, in-4, 298 lots).

Vente les 20 et 21 avril 1877, 28 rue des Bons-Enfants : Inventaire des autographes et des documents historiques composant la collection de M. Benjamin Fillon. Séries III et IV. Hommes d’État, Révolution française (Paris, Étienne Charavay, et Londres, Frédéric Naylor, 1877, in-4, lots 299-652).

Vente du lundi 15 au vendredi 19 juillet 1878, rue Drouot : Inventaire des autographes et des documents historiques composant la collection de M. Benjamin Fillon. Séries V à VIII. NavigateursSavantsÉcrivainsArtistes dramatiques (Paris, Étienne Charavay, et Londres, Frédéric Naylor, 1878, in-4, lots 653-1.579).

Vente du mardi 15 au jeudi 17 juillet 1879, rue Drouot :Inventaire des autographes et des documents historiques composant la collection de M. Benjamin Fillon. Séries IX et X. ArtistesCompositeurs de musique (Paris, Étienne Charavay, et Londres, Frédéric Naylor, 1879, in-4, lots 1.580-2.426).

Vente du mardi 19 décembre 1882, rue Drouot : Inventaire des autographes et des documents historiques composant la collection de M. Benjamin Fillon. Séries XI et XII. Clergé catholiqueRéformateurs et réformés (Paris, Étienne Charavay, et Londres, Frédéric Naylor et A.-W. Thibaudeau, 1882, in-4, lots 2.427-2.634).

Vente du vendredi 27 juillet 1883, rue Drouot : Inventaire des autographes et des documents historiques composant la collection de M. Benjamin Fillon. Séries XIII, XIV et XV. Hommes de guerreVendée contre-révolutionnaire - Divers (Paris, Étienne Charavay, et Londres, A.-W. Thibaudeau, 1883, in-4, lots 2.635-2.986).



Benjamin Fillon aurait inventé certaines de ses découvertes archéologiques, dont celle du trésor de l’étang de Nesmy [Vendée], qu’il relate dans sa Lettre à M. Jules Quicherat […] sur une découverte d’objets gaulois en or faite en 1759 dans l’étang de Nesmy (La Roche-sur-Yon, Ve Cochard-Tremblay, 1879, 150 ex.).

« Personne ne me contredira : Fillon était un maître. Quand il s’était prononcé sur un objet douteux, tout le monde s’inclinait. Son arrêt faisait loi. Il aurait influencé l’aréopage du Louvre. Et comme les autres, il se trompait et il était trompé. Pauvres amateurs ! Décidément c’est à ne plus croire à rien » (Paul Eudel. L’Hôtel Drouot et la Curiosité en 1883. Paris, G. Charpentier et Cie, 1884, p.44-45)

Chevalier de la Légion d’honneur en 1880, en récompense de ses savants travaux, il préparait d’autres travaux quand il mourut, le 23 mai 1881, à Saint-Cyr-en-Talmondais. 

Tombeau de la famille Fillon, à Fontenay-le-Comte
par Octave de Rochebrune

In Le Figaro, 14 août 1881


Ses obsèques eurent lieu le 27 mai à Fontenay-le-Comte, où il fut inhumé, au cimetière Saint-Jean.

« Fillon luttait depuis très longtemps contre un terrible cancer à l’estomac. Râblé, très brun, de taille moyenne, les traits accusés, la voix bien timbrée et un peu narquoise ; bâti à “ chaud et à sable, ” [sic] descendant de cette forte race des Vendéens du Bocage, il paraissait devoir vivre cent ans. […] Il avait légué ce qui lui appartenait à sa belle-sœur, Mlle Gabrielle Fillon [° 1833] ; mais il laissait une situation obérée [sa passion pour les arts avait compromis une fortune territoriale s’élevant à plus de 1.500.000 francs]. La succession ne fut acceptée que sous bénéfice d’inventaire et son fidèle compagnon d’étude et de travail, Dugast-Matiffeux [Charles Dugast-Matifeux (1812-1894)], dut procéder à la vente à l’amiable. Un groupe de grands seigneurs et de marchands auxquels on pourrait presque donner une raison sociale : la Béraudière et Cie [comte de La Béraudière et Lacroix, marchand d’estampes] après avoir tourné autour de l’héritage, acheta le tout pour une somme de cent soixante mille francs. » (Paul Eudel. L’Hôtel Drouot et la Curiosité en 1882. Paris, G. Charpentier, 1883, p. 129-130)   



La collection d’objets d’art fut vendue en 5 vacations, à l’Hôtel Drouot, salle N° 8, du lundi 20 au vendredi 24 mars 1882 : Catalogue des objets d’art et de haute curiosité. Bronzes antiques ; Bijoux mérovingiens ; Monnaies et Médailles antiques du Moyen âge [sic] et de la Renaissance ; Vierge du XIIIe siècle en ivoire ; Emaux de Limoges ; Faïences de Perse ; Plats de Bernard Palissy ; Statue en marbre par J. Fancelli ; Porcelaines de la Chine ; Objets variés ; TableauxDessinsEstampes. Composant la collection de feu Benjamin Fillon (Paris, Rollin et Feuardent, Charles Mannheim, E. Féral, Danlos et Delisle, 1882, in-4, 200 p., 619 lots).



La perle de la vente [n° 249], la Vierge processionnelle en ivoire [hauteur 36,5 cm], de l’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp [Oise], sculptée sous le règne de Philippe-Auguste, cédée en 1856 par Georges Combrouse à Fillon, qui l’avait donnée à sa mère, fut adjugée 13.000 francs. Elle est conservée aujourd’hui au Petit Palais, à Paris [legs Dutuit, 1902].



Une première partie de la bibliothèque fut vendue en 2 vacations, les lundi 22 et mardi 23 janvier 1883, 28 rue des Bons-Enfants, salle N° 1 : Catalogue des monuments typographiques et d’un choix de livres rares et précieux provenant du cabinet de feu M. Benjamin Fillon avec quelques éclaircissements historiques & des notes bibliographiques (Paris, A. Claudin, 1883, in-8, [3]-[1 bl.]-57-[3] p., 207 lots). La condition des exemplaires est en général très ordinaire, mais le catalogue rédigé par Claudin contient de sérieux renseignements bibliographiques.    



1. Biblia historiata seu Biblia pauperum. Édition xylographique dite « Bible des pauvres », imprimée dans les Pays-Bas dans la première moitié du XVe siècle, pet. in-fol., vél. 2.020 fr. à Belin.

Photographie BnF


2. Lettre d’indulgence imprimée sur vélin par Gutenberg, 1455, in-4. 5.200 fr. à Delisle, pour la B.n.F.



3. Incipit summa quæ vocatur Catholicon. [À la fin :] hic liber egregius Catholicon dominice incarnacionis annis M. CCCCLX, alma in urbe Maguntina nacionis inclite Germanice. Gr. in-fol. goth. à 2 col., couvert. en papier. 2.350 fr. à Belin.

4. Manifeste de Thierry d’Isembourg, archevêque de Mayence, contre Adolphe de Nassau, son compétiteur. Pièce en allemand. Papier in-fol. sous forme de placard, 6 avril 1462. 3.350 fr. à Albert Cohn, libraire à Berlin, qui depuis l’a rétrocédé à la B.n.F.

5. Augustini de vere vite cognicione libellus. [Mayence, J. Fust, v. 1465]. Pet. in-4 goth. à longues lignes, mar. citr., fil., comp., tr. dor. 175 fr. à Cohn.



6. Opus de arte predicandi Sancti Augustini. [Strasbourg, J. Mentelin, v. 1466]. Pet. in-fol. goth. à longues lignes, cart. 300 fr.



8. Incipit liber Beati Augustini de vita cristiana. – Augustini Aureli episcopi liber de singularitate Clericorum. [À la fin :] Moguntinensis anno ZC sexagesimo septimo [1467]. Ensemble deux ouvrages en 1 vol. pet. in-4 goth., initiales rubriquées, cart. 360 fr. à Cohn.

9. Epistole S. Hyeromini. [Strasbourg, J. Mentelin, 1468]. Gr. in-fol. goth. à 2 col., initiales rubriquées, peau de truie. 150 fr.



10. Prologus super tractatum de instructione seu directione simplicium Confessorum, editum a Domino Antonino archiepiscopo Florentino. [Mayence, P. Schoyfer, v. 1468]. Pet. in-4 goth., marque de Schoyfer en rouge au v° du dernier f., mar. rouge, tr. dor. (Hardy). 305 fr.

16. Corn. Taciti annales et historiarum libri superstites. [Venise, Vindelin de Spire, v. 1470]. Pet. in-fol., mar. citr., comp. avec entrelacs en mosaïque de diverses couleurs, fil., dos à mosaïque, doublé de mar. rouge, large dent. int. à petits fers, tr. dor. (Duru, Marius Michel doreur). 690 fr. à Cohn.

17. Ciceronis opera philosophica varia. Romæ, Conradus Sweinheym et Arnoldus Pannartz, 1471, in-fol., v. viol. 250 fr.

21. M. Valerii Martialis Epigrammatum opus. Impressum Venetiis impensis Joannis de Colonia sociique ejus Joannis Manthen de Gheretzen, M. cccc.lxxv, pet. in-fol., rel. vénitienne d’époque en bois. 220 fr. 

Photographie BnF


26. Geographia di Francesco Berlinghieri Fiorentino. [À la fin :] Impresso in Firenze per Nicolo Todescho et emendato con somma diligentia dallo auctore [v. 1480]. Gr. in-fol. à 2 col., mar. r., fil., comp. (Gruel). 620 fr.



28. Cladii [sic] Ptolomei viri Alexandrini Cosmographie liber primus incipit. [À la fin :] finit M. CCCC.LXXXII, Augusti vero Kalendas XVII, impressum Ulme per ingeniosum virum Leonardum Hol prefati oppidi civis. Gr. in-fol. à 2 col., initiales historiées et gravées sur bois, 32 cartes gravées sur bois, v. br. 290 fr.

30. C’est l’ordre qui a esté gardée [sic] à Tours pour appeller devant le roy nostre souverain Seigneur ceulx des Troys Estatz de ce royaume. [Paris ou Tours, 1483]. Pet. in-fol. goth., mar. br. (Capé). Exemplaire de J. Taschereau. 200 fr. 

Photographie BnF


35. Hypnerotomachia Poliphili. Venise, Alde Manuce, 1499. In-fol., fig. gravées sur bois, mar. vert (Rel. anglaise). 950 fr. à Morgand.

Photographie BnF


38. Hore christifere Virginis Marie secundum usum Romanum. [Paris], Simon Vostre, [almanach de 1508 à 1528]. Pet. in-4 goth., fig. sur bois et bordures historiées à chaque page, mar. r. (Rel. anc.). 1.100 fr. à Morgand.

41. Hore divine Virginis Marie, secundum usum Romanum. Paris, Hardouin, v. 1520, in-8, fig. sur bois et bordures historiées, v. m., fil., fermoirs. 850 fr.



43. Horæ in laudem Beatissime Virginis Marie secundum consuetudinem Ecclesie Parisiensis. Paris, Simon du Bois pour Geofroy Tory, 1527, pet. in-4 goth., fig. et encadrements sur bois, v. br., fil., comp. 470 fr.

Photographie University of Virginia Library


45. Imagines de Morte et epigrammata, e gallico idiomate, a Georgio Aemylio in latinum translata. Lyon, frères Frellon, 1542, pet. in-8, fig. sur bois d’après Holbein, vel. 205 fr.



46. Horae in laudem beatiss. Virginis Mariae, ad usum Romanum. Paris, Simon de Colines, 1543, pet. in-4, impr. en rouge et noir, v. br., comp. (Rel. époque). De la bibliothèque de Didot, avec son ex-libris. 1.650 fr. à Morgand.



47. Le Décaméron de Mess. Jean Bocace, Florentin, nouvell. traduit d’italien en françois par Maistre Anthoine Le Maçon, conseiller du roy. Paris, Estienne Roffet, dit Le Faulcheur, 1545, in-fol., v. marb. 810 fr.

Photographie Camille Sourget


51. Les Vies des hommes illustres, grecs et romains, par Plutarque, translatées en françois par Jacques Amyot. Paris, Vascosan, 1567, 6 vol. – Décade contenant les vies des empereurs Trajanus, Adrianus, etc., par Ant. Allègre. Paris, Vascosan, 1567, 1 vol. – Les Œuvres morales et meslées de Plutarque, translatées en françois. Paris, Vascosan, 1574, 5 vol. Ensemble 12 vol. pet. in-8, mar. r. (Rel. anc.). 500 fr.

Photographie BnF


57. Biblicæ historiæ artificiosissime depictæ. Francofurti, 1537, pet. in-4, fig. sur bois par Hans Sebald Beham, vélin. 351 fr.



68. Les Provinciales. Cologne, Pierre de la Vallée, 1657, in-4, mar. olive foncé jans., nerfs, dent. int., tr. dor. (Thibaron). 150 fr.



69. Institution de la Religion chrestienne, par Jean Calvin. Genève, Conrad Badius, 1561, in-4, réglé, v. f., comp., tr. dor. et ciselée. Signature de Charles du Moulin, ministre de l’Eglise réformée de Fontenay-le-Comte, sur la page de titre. Mauvaise condition. 215 fr.

Photographie BnF


83. Dicearchiæ Henrici regis christianissimi Progymnasmata. S. l. [Paris], s. d. [1556], pet. in-8, mar. br., fil., compart., mosaïque de mar. noir, dent. int., tr. dor. (Capé). Titre en latin, ouvrage en français. Ex. Double, avec son ex-libris. 150 fr.



88. Réflexions ou Sentences et maximes morales. Paris, Claude Barbin, 1665, in-12, front. gravé, mar. r. doublé de mar. bleu, fil., large dent. (Thibaron-Joly). Edition originale. 305 fr.



98. Usaige et description de l’holomètre, inventé par Abel Foullon, vallet de chambre du Roy. Paris, Pierre Beguin, 1555, pet. in-4, fig. sur bois, demi-rel. mar. vert. 140 fr.

Photographie BnF


99. Recepte véritable, par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs thrésors. La Rochelle, Barthelemy Berton, 1563, pet. in-4, vél. 150 fr.

Photographie BnF


105. L’Arétin d’Augustin Carrache, ou Recueil de postures érotiques. A la Nouvelle Cythère, s. d. [Paris, Pierre Didot, 1798]. In-4, pap. vél., 20 fig. grav. par Coiny, mar. bl. jans., doublé de mar. citr., large dent., tr. dor. étui (Marius Michel). 1.330 fr. à Belin.



106. Caprices de Francesco Goya [Los Caprichos. Madrid, 1799]. 80 planches à l’eau-forte, y compris le portrait de l’auteur. Gr. in-4, mar. r. (Hardy). 380 fr.

Exemplaire de Benjamin Fillon



132. Les Œuvres de Jacques Poille, sieur de S. Gratien. Paris, Thomas Blaise, 1623. Pet. in-8, mar. olive, fil., comp., fleurs de lis aux angles des plats, tr. dor. (Rel. anc.). Provient de la bibliothèque de Emmanuel Viollet-le-Duc, avec son ex-libris [n° 1.623, 1843, et n° 408, 1849]. Adjugé à Am  Berton [1892]. Drouot, 21 février 2018 : 450 €. [Librairie Emmanuel Fradois : 2.500 €]



137. Poème de la captivité de Saint-Malc, par M. de La Fontaine. Paris, Claude Barbin, 1673, in-12, mar. br. jans., dent. int., tr. dor. (Masson et Debonnelle). 120 fr.

143. Recueil factice de 55 pièces facétieuses en italien, du seizième siècle. Pet. in-8, fig. sur bois, demi-rel. 225 fr.

Photographie BnF


145. Œuvres de Corneille. Première partie. Rouen et Paris, Aug. Courbé, 1648, front. gravé daté 1645. – Théodore, vierge et martyre. Rouen et Paris, A. Courbé, 1646. Ensemble 2 tomes en 1 vol. pet. in-12, v. br. 550 fr.

146. Le Théâtre françois, par le sieur Corneille. S. l., 1652, 2 vol. in-12, mar. r., fil., dent. (Chambolle-Duru). Seul exemplaire connu. 365 fr.

Photographie BnF


149. Le Cid, tragi-comédie. Paris, Augustin Courbé, 1637. – La Suitte et le Mariage du Cid, tragi-comédie [par Chevreau]. Paris, Toussainct Quinet, 1638. Ensemble, 2 pièces en 1 vol. pet. in-4, v. br., fil. Aux armes du marquis d’Astorga. 570 fr.



154. Les Œuvres de Monsieur de Molière. Paris, Denys Thierry, Claude Barbin et Pierre Trabouillet, 1682, 8 vol. in-12, fig. gravées par Jean Sauvé d’après Pierre Brissart, v. br. Première édition complète et première édition illustrée des œuvres de Molière. 250 fr.



157. Le Misantrope [sic], comédie. Paris, Jean Ribou, 1667, front., in-12, mar. citr. (David). 190 fr.



167. Esther, tragédie. Paris, Denys Thierry, 1689, in-4, fig., mar. r. (Hardy). Ed. originale. 160 fr.



168. Athalie, tragédie. Paris, Denys Thierry, 1691, in-4, fig., mar. r. (Hardy). Ed. originale. 155 fr.



176. La Hypnerotomachia di Poliphilo. Venise, les fils d’Alde, 1545, in-fol., demi-rel. mar. bl. Réimpression de l’édition de 1499. 225 fr.



185. Portulan de Grazioso Benincasa d’Ancône. Pet. in-fol., cart., couv. en soie. Manuscrit sur vélin du quinzième siècle. 505 fr.

« Le total des adjudications s’est élevé à 39,000 francs. La seconde partie de la bibliothèque Fillon sera vendue à Niort ; elle comprendra plus particulièrement des ouvrages concernant l’histoire du Poitou et de la Vendée. » (Paul Eudel. L’Hôtel Drouot et la Curiosité en 1883. Paris, G. Charpentier et Cie, 1884, p. 107)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 commentaires:

  1. Si la légende du n°6 Opus de arte predicanti correspond bien à la photo au-dessus (« Canon pro recommendacione… » imprimé par Metelin vers 1466) les types ressemblent furieusement à mon Florentinus de 1469 imprimé par Ulrich Zell. Bizarre.

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