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Vue générale de Bézancourt [Seine-Maritime] |
Nicolas Le Vaillant, sieur de Bergicourt [Somme], fils de Damien Le Vaillant de Bergicourt et de Marguerite de Bongars du Landel [Bézancourt], mariés en 1643, est né à Bézancourt le 25 janvier 1648, épousa le 21 février 1677 à Sommery [Seine-Maritime] Marguerite de Monsures et fut inhumé à Bézancourt le 12 août 1686 ; sa veuve mourut à Bézancourt le 20 septembre 1706, âgée de 47 ans.
Leur fils, Jean Le Vaillant, sieur de Valdolé [Bézancourt], est né le 10 septembre 1679 à Bézancourt et fut baptisé le 23 septembre en l’église Saint-Aubin. Le 6 octobre 1715, il épousa Marthe Le Cat en l’église Saint-Pierre de Gerberoy [Oise].
Pierre-François Le Vaillant, sieur de Valdolé et seigneur du Plix [Serqueux, Seine-Maritime], a été baptisé le 2 mars 1720 en l’église Saint-Aubin de Bézancourt et a épousé, le 28 novembre 1753, en l’église Saint-Jacques de Neufchâtel-en-Bray [Seine-Maritime], Suzanne de Béthencourt, née à Serqueux le 4 octobre 1731, dont le prénom a été remplacé par celui de Marie-Catherine, par décision du tribunal civil de Rouen le 2 fructidor An IX [20 août 1801], soit après sa mort, arrivée à Rouen [Seine-Maritime], le 26 floréal An IX [16 mai 1801]. Il décéda à Rouen le 7 avril 1808.
Pierre-Ferdinand Le Vaillant, sieur de Duranville [Eure], né le 13 mai 1757 à Neufchâtel-en-Bray, fut baptisé le lendemain en l’église Saint-Jacques. Le 24 septembre 1789 il épousa, en l’église Notre-Dame de Neufchâtel-en-Bray, Marguerite-Félicité de Dampierre, née le 21 décembre 1764 à Neufchâtel-en-Bray et décédée, veuve, le 28 mai 1849 à Rouen, 17 rue du Champ des Oiseaux.
Joseph-Léon Le Vaillant de Duranville
naquit le 12 messidor An XI [1er juillet 1803] à Rouen, 11 rue des
Champs Maillets. A son mariage, le 24 avril 1839 à Saint-André-sur-Cailly [Seine-Maritime], il demeurait à
Saint-Martin-Osmonville [Seine-Maritime] : il épousa Marie-Emmanuelle-Alphonsine
de Valori, née le 15 décembre 1810 au château du Mesnil-Varin, à Saint-Paër
[Seine-Maritime], qui demeurait alors au château du Bout Levet ; elle
mourut à Rouen, 3 rue Alain Blanchard, le 2 septembre 1862. Lui-même décéda,
sans postérité, le 31 janvier 1882 à Rouen, 3 rue Alain Blanchard.
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Château du Bout Levet, à Saint-André-sur-Cailly [Seine-Maritime] |
II avait légué sa bibliothèque au Petit Séminaire du Mont-aux-Malades [Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime] : plus de 4.500 livres y entrèrent ainsi en 1882.
Membre de plusieurs Sociétés savantes, dont
l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de
Rouen, la Société libre d’Émulation de Rouen, la Société impériale académique
de Cherbourg, la Société des Antiquaires de Normandie, la Société des
Bibliophiles normands et la Société rouennaise des Bibliophiles, l’Athénée du
Beauvaisis, Léon de Duranville se spécialisa dans l’histoire de la Normandie et
rédigea de nombreux articles pour la Revue de Rouen et de Normandie.
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Tiré à part (1873) |
Il publia en outre « De la Bibliophilie », dans le Précis analytique des travaux de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen pendant l’année 1871-72 (Rouen, H. Boissel et Paris, E. Derache, 1872, p. 439-483), tiré à part à 60 exemplaires, qui donne aux bibliophiles quelques conseils venant « d’autorités plus ou moins fortes » :
« La salle Sylvestre [i. e. Silvestre] est le théâtre de véritables combats, pour lesquels chaque parti prend ses dispositions par avance ; on y lutte avec acharnement, et souvent le vaincu ne cède le terrain qu’après l’avoir défendu par tous ses efforts ; quant au vainqueur, son succès est à ses yeux un véritable triomphe, dont il s’applaudira toute sa vie. Les succès sont quelquefois enregistrés par la presse et divulgués par les cent bouches de la renommée. Le haut prix auquel certains livres sont adjugés flatte l’amour-propre des acheteurs, qui n’ont pas reculé devant une forte dépense ; ils y trouvent matière à vanité, tandis que, devant le tribunal des rigoristes, ils sont taxés de folie.
[…]
le bibliophile n’est pas l’amateur de livres ; il est une variété de l’amateur
de livres, il tient le milieu entre le savant et le bibliomane ; il n’a pas l’austérité
du premier, il n’a pas non plus la folie du second. C’est une chose utile que d’être
amateur de livres et c’est une bonne chose que d’être bibliophile ; cette
seconde qualité est moins importante que la première. […]
Ce
serait un tort que de flétrir un penchant qui, tout en pouvant aller jusqu’à l’abus,
n’en est pas moins susceptible d’amener d’utiles résultats. Les bibliomanes, en
faisant quelquefois les dépenses les plus folles, peuvent rendre de véritables
services en conservant des livres qui auraient disparu complètement […]
La
préoccupation de la reliure, lorsqu’elle n’est pas intelligente, et qu’on fait plus
de cas de l’extérieur que du mérite intrinsèque de l’ouvrage, ne saurait valoir
à qui que ce soit l’épithète de bibliophile. […]
D’Alembert
a dit que : “ l’amour des livres, quand il n’est pas guidé par la philosophie
et par un esprit éclairé, est une passion des plus ridicules ; ce serait à peu
près la folie d’un homme qui entasserait cinq ou six diamants sous un monceau
de cailloux.” […]
Il
faut louer l’amateur qui recherche les éditions princeps : on y voit les
pensées premières des auteurs, pensées qu’ils ont peut être [sic] modifiées
plus tard […]. Un bibliophile de bon goût doit accorder quelque prédilection
aux ouvrages du XVIe siècle et du commencement du XVIIe :
on ne peut bien saisir toutes les délicatesses de notre langue qu’en examinant
le travail de sa formation. […]
Après
le choix des ouvrages, le bibliophile doit s’attacher à la correction du texte,
ainsi qu’à l'exécution typographique. […] Mieux vaux le goût des belles marges
; il se comprend aisément, et les belles marges valent au texte ce que le cadre
vaut au tableau.
Que dire de ceux qui, loin d’exclure de
leurs bibliothèques les livres obscènes, les ornent d’une couverture remarquable,
tout en les isolant peut- être sur quelques rayons moins en évidence que les
autres, ou qui même leur accordent une place de choix, parce qu’ils sont rares
! Il est des gens qui en font leur spécialité. Ces possesseurs exclusifs d’objets
fangeux ne méritent pas le nom de bibliophiles, auquel ils feraient honte. L’amour
de l’utile, l’amour de l’honnête et l’amour du beau sont les qualités
essentielles d'un bibliophile : celui qui ne possède pas les deux premières n’est
qu’un bibliomane, et celui qui a l’amour du déshonnête mérite un tout autre
nom.
[…] à part les exagérations, la belle reliure, décernée d’une manière équitable, est un hommage aux bons livres, un acte de reconnaissance pour le plaisir ou l’avantage que ces livres ont procuré. En prolongeant la durée de l’objet matériel, elle assure la durée de l’œuvre de l’esprit. […]
Lorsque les livres sont en bon nombre, il faut les cataloguer de telle sorte que l’étude en soit facile. […]
D’Alembert enjoignait le prêt des livres. Mais un bibliophile a dit que, si l’on reconnaît ordinairement trois ennemis d’une bibliothèque, l’humidité, les vers et la poussière, il faut y ajouter les emprunteurs, ennemis aussi dangereux que les trois autres, pour ne pas dire encore plus dangereux […] que les emprunteurs soient bibliophiles, et les bibliophiles ne se montreront pas difficiles sur le prêt. »
Cet article se termine par la présentation de quelques ouvrages bibliographiques anciens et contemporains : Manuel du Libraire et de l’Amateur de Livres (Paris, Firmin Didot Frères, Fils et Cie, 1860-1865, 6 vol.), de Jacques-Charles Brunet ; Oratio De Bibliothecis, Earumque Origine, Necessitate & usu (Halae Saxonum, Christophori Bismarci, 1615), de Johann Olearius ; Musei, sive Bibliothecæ tam privatæ quam publicæ Extructio, Instructio, Cura, Usus. Libri IV (Lugduni, Jacobi Prost, 1635), du Père Claude Clément ; Advis pour dresser une Bibliothèque (Paris, François Targa, 1627), de Gabriel Naudé ; Conseils pour former une Bibliothèque peu nombreuse mais choisie (Berlin, Ambr. Haude et J. C. Spener, 1746), de Johann-Heinrich-Samuel Formey ; Philobiblion (Spire, 1483), de Richard de Bury ; De la Bibliomanie (La Haie, 1761), de Louis Bollioud-Mermet ; Dictionnaire Bibliographique, ou Nouveau Manuel du Libraire et de l’Amateur de Livres (Paris, Ponthieu, 1824, 2 vol.), de Étienne Psaume ; Manuel du Libraire, du Bibliothécaire et de l’Homme de Lettres (Paris, Emler Frères, 1828), de Pierre Chaillot ; Mélanges tirés d’une petite bibliothéque [sic], ou Variétés littéraires et philosophiques (Paris, Crapelet, 1829), de Charles Nodier ; Mémoires d'un Bibliophile (Paris, E. Dentu, 1861), de Jean-Baptiste Tenant de Latour ; Voyages littéraires sur Les Quais de Paris. Lettres à un Bibliophile de Province (Paris, A. Durand, 1857), de Adolphe de Fontaine de Resbecq ; Ma République (Paris, Adolphe Delahays, s. d. [1861]), de P.-L. Jacob.





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