mardi 13 février 2018

Alexandre Piedagnel (1831-1903), marin et poète


Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Magneville

D’une famille originaire de Magneville [Manche], fixée à Cherbourg à la Révolution, François-Alexandre Piedagnel [sans accent sur le « e »] est né à Cherbourg [Manche], rue de la Paix, le 27 décembre 1831, en l’absence de son père, Alexandre Piedagnel (1793-1865), capitaine de navire ; sa mère, Françoise-Louise-Joseph Bélamy (1797-1845), s’était mariée à Cherbourg, le 3 novembre 1830.

Après quinze années de service dans la Marine, dont trois années en mer, François-Alexandre Piedagnel, dit « Alexandre Piedagnel », dut quitter le service pour raison de santé, ayant conservé des séquelles de la fièvre jaune contractée au Mexique.

« Près de Sacrificios, petite île aride et déserte située à peu de distance de la ville de Véra-Cruz, mouillent ordinairement les bâtiments envoyés dans cette partie du golfe du Mexique. Pendant des stations, parfois prolongées, en ce lugubre pays, la fièvre jaune fait, hélas ! beaucoup de victimes, et l’îlot de Sacrificios sert alors de cimetière.
Il y a plusieurs années, le vapeur de guerre français Le Tonnerre, dont M. Alexandre Piédagnel était l’officier d’administration, se trouvant, pour un temps assez long, dans ces tristes parages, une épidémie de fièvre jaune sévit à bord et fut des plus violentes. Les deux tiers de l’état-major et de l’équipage moururent en quelques semaines. Le médecin ayant succombé des premiers, M. Piédagnel, dont la vie avait été en danger, par suite d’une atteinte du fléau, soigna nuit et jour (à peine convalescent lui-même) les nombreux malades du bâtiment. » [sic]
(Mémoires de l’Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Caen. Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1873, p. 354)

Alexandre Piedagnel (1831-1903)

Piedagnel se fixa alors à Paris, où il devint le secrétaire de Jules Janin (1804-1874), qui tenait un feuilleton dramatique hebdomadaire au Journal des débats et qui lui avait répondu, le 8 février 1855 :

« Je suis toujours bien content, Monsieur, lorsqu’une honnête main m’est tendue, et j’accepte la vôtre de grand cœur.
Cette profession des lettres est rude, et difficile à la longue. A vingt ans on la trouve charmante ; mais trente ans plus tard, quand on compte avec soi-même et quand on voit les pièges, les abîmes, les calomnies, les dangers, le travail accompli, - et comme on est peu avancé dans ce sentier d’épines, - on est bien triste et bien accablé.
Heureusement que de temps à autre vous arrive une bonne fortune semblable à l’aimable lettre que je reçois de vous. Alors on se sent tout consolé.
Quand vous viendrez à Paris, ne cherchez pas midi à quatorze heures pour me venir visiter : je suis chez moi tout le jour et tous les jours.
Votre obéissant et dévoué serviteur. »
(Jules Janin. Correspondance, publiée avec le concours de M. Clément Janin. Paris, Librairie des bibliophiles, 1877, p. 147-148)

Cabinet de travail de Jules Janin, dans son chalet de Passy [XVIe, détruit en 1901]
in Le Monde illustré, 27 juin 1874, p. 396

Le 15 août 1862, Piedagnel fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, pour ses actes de dévouement extraordinaire dans le golfe du Mexique, pendant une épidémie de fièvre jaune, alors qu’il était officier d’administration de la Marine sur le bâtiment de guerre « Le Tonnerre ».

Devenu membre de la Société des Gens de lettres, Piedagnel consacra sa vie à des travaux littéraires. 




Une cantate, qui avait été très applaudie au Théâtre du Gymnase, lui valut les vives félicitations de S. M. l’Empereur et une magnifique médaille d’honneur, grand module, renfermée dans un riche écrin, le 15 août 1864.

On doit en particulier à Piedagnel :


Les Ambulances de Paris pendant le siège (1870-1871) (Paris, Librairie générale, Dépôt central des éditeurs [E. Maillet], 1871, in-12, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-106-[1]-[1 bl.] p.). Ouvrage couronné par l’Académie française. Pendant toute la durée du siège de Paris (1870-1871), Piedagnel avait dirigé, à la Muette [Passy], une ambulance fort importante dite « du VIe secteur », dont il avait été le fondateur principal et qui n’avait cessé d’être remplie de fiévreux et de blessés.



Jules Janin 1804-1874 (Paris, Librairie des bibliophiles [D. Jouaust], 1874, in-16, [2]-106-[1]-[1 bl.] p., portrait à l’eau-forte par Flameng, 500 exemplaires sur papier vergé, 10 exemplaires sur papier de Chine, 10 exemplaires sur papier Whatman ).


J.-F. Millet. Souvenirs de Barbizon (Paris, Vve A. Cadart, 1876, gr. in-8, 108-[1]-[1 bl.] p., portrait, 9 eaux-fortes, fac-similé d’autographe, 500 exemplaires sur papier vergé de Hollande, 25 exemplaires sur papier de Chine, 15 exemplaires sur papier Whatman, 5 exemplaires sur parchemin). Ouvrage couronné par l’Académie française.


Avril (Paris, Isidore Liseux, 1877, in-16, [4]-160-[4] p., frontispice de Giacomelli, gravé à l’eau-forte par Lalauze, 4 exemplaires sur parchemin, avec triple épreuve du frontispice ; 20 exemplaires sur papier de Chine, avec triple épreuve ; 50 exemplaires sur papier de Hollande, impression en vert, avec double épreuve ; 700 exemplaires sur papier de Hollande, impression en noir, avec frontispice).

Frontispice (détail)

Un bouquiniste parisien – Le Père Lécureux (Paris, Edouard Rouveyre, 1878, in-8, 68-[1]-[1 bl.] p., frontispice à l’eau-forte composé et gravé par Maxime Lalanne ; 4 exemplaires sur parchemin, 6 exemplaires sur papier du Japon, 10 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Turkey Mill, 450 exemplaires sur papier vergé de Hollande, 10 exemplaires sur papiers de différentes couleurs H.C.).
En tête de cette étude, Piedagnel a placé les pages 79-86 de la nouvelle édition très augmentée de son Jules Janin (Paris, Sandoz et Fischbacher, 1877), qu’il a intitulées « Les Joies du bibliophile » ; il les a reprises plus tard et augmentées de considérations bibliographiques, sous le même titre, dans La Revue du siècle (Lyon, 1891, t. V, p. 439-445).

« L’AMOUR des livres, cet amour pur, ardent, fécond, durable et sans mécomptes, a été célébré par Jules Janin, en toute occasion, avec le plus séduisant enthousiasme. Il possédait de si précieux volumes, et il les aimait tant ! Jamais, à coup sûr, aucun écrivain ne fut mieux pénétréni mieux entouréde son sujet favori, et ne donna, par sa vie tout entière, plus éloquemment raison au mot si connu de Ménage, en l’honneur du charmant dada des bibliophiles : “ C’est la passion des honnêtes gens ! ”
Quoi de meilleur, en effet, qu’un bon livre pour la nourriture et la joie de l’esprit ? En le lisant, aux heures de fatigue morale, on se sent réconforté, on oublie ses déceptions, ses ennuis ; le calme bienfaisant peu à peu renaît au fond de l’âme, l’œil s’éclaire, le front se déride, et le sourire bientôt refleurit sur les lèvres.
Lorsque, chassées par la bise, les dernières feuilles flétries se sont éparpillées, en tournoyant et gémissant, dans les allées désertes du jardin ; durant les veillées de décembre, tandis que le vent rôde et pleure,
S’engouffrant tristement dans les longs corridors,
n’est-il pas agréable et salutaire à la fois de relire un vrai livre, en face des tisons rougis qui craquent et pétillent, - tout en écoutant la chanson de la bouilloire ou celle du grillon familier ?... Et, certes, l’été, sous un ombreux feuillage, au bruit léger du ruisseau murmurant, le plaisir n’est pas moindre pour le lecteur attentif et fidèle ; mieux que jamais, au contraire, il apprécie tout le bonheur de vivre !
Quelles douces surprises, quelles fêtes intimes, que d’émotions délicieuses on éprouve en ouvrant un beau volume du temps jadis, du XVIIIe siècle, par exemple (le siècle des élégances) ! La reliure pleine, en veau fauve ou en maroquin à larges dentelles, les tranches rouges ou dorées, le papier de Hollande, les caractères elzéviriens, les figures de Gravelot, de Moreau, de Bernard Picart le Romain, ou les vignettes d’Eisen, si délicates et si spirituelles, vous ravissent tour à tour. On croit voir l’heureux auteur de cet ouvrage centenaire, ou, s’il s’agit de la réimpression d’un classique, le patient lettré qui a enrichi l’édition de notes ingénieuses, de commentaires excellents ; on songe à ses recherches, à ses efforts, à sa persévérance ; on se représente sa joie en découvrant soudain un fait inédit, un détail curieux ; puis on s’incline par la pensée devant l’habile graveur qui a prodigué à son œuvre exquise tant de soins intelligents et passionnés. Le premier possesseur du livre vous apparaît, lui aussi, tout glorieux d’être le maître absolu d’un si bel exemplaire, le feuilletant avec respect, avec admiration, le savourant en quelque sorte, et demandant à ce compagnon docile l’oubli de ses chagrins de la veille et de ses soucis du lendemain !...
Mais écoutez plutôt Jules Janin lui-même parler des livres, avec une autorité incontestable, avec un charme infini : [fragments glanés dans L’Amour des livres (Paris, J. Miard, 1866)] » [sic]

Alexandre Piedagnel, par Paul Avril

Hier (Paris, Claude Motteroz, 1882, in-8, 108-[2] p., 50 exemplaires sur papier de Chine, 100 exemplaires sur papier du Japon, 100 exemplaires sur papier teinté, 500 exemplaires sur papier vélin).

En route. Poésies (Paris, Fischbacher, 1885, in-24, 96 p.).


Jadis. Souvenirs et fantaisies (Paris, Isidore Liseux, 1886, in-8, [3]-[1 bl.]-384 p., 6 eaux-fortes de Marcel d’Aubépine, 2 exemplaires sur parchemin et 2 exemplaires sur papier de Chine H.C., 100 exemplaires sur véritable papier de la Manufacture impériale du Japon, 350 exemplaires sur papier fort de Hollande). Les exemplaires sur parchemin, et sur papiers de Chine et du Japon, contiennent les 6 eaux-fortes en triple épreuves (noir et sanguine avant la lettre, et noir avec la lettre).

Piedagnel a également publié des introductions et des notices pour des éditions de luxe :

La Chaumière indienne, suivie du Café de Surate (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1875, in-16, [3]-[1 bl.]-XVII-[1 bl.]-[2]-92 p.), publiés par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».

Lettres portugaises (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1876, in-16, [3]-[1 bl.]-VIII-93-[1 bl.] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), publiées sur l’édition originale, avec une notice préliminaire, par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».


Le Diable amoureux (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1877, in-16, [3]-[1 bl.]-XI-[1 bl.]-119-[1] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».


Lettres de mademoiselle Aïssé à madame Calandrini (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1878, in-16, [3]-[1 bl.]-XVII-[1 bl.]-183-[1] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), précédées d’une notice par A. Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».


Paul et  Virginie (Paris, Isidore Liseux, 1879, in-16, XL-218-[2] p., 6 figures hors-texte et 2 vignettes dessinées et gravées à l’eau-forte par Adolphe Lalauze, introduction par Alexandre Piedagnel, 775 exemplaires).


Contes de Hégésippe Moreau, suivis de Poésies diverses (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1881, in-16, [3]-[1 bl.]-XXX-[2]-124 p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), publiés avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».

Voyage autour de ma chambre (Paris, A. Quantin, 1882, in-12, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-XVI-171-[1] p., portrait inédit de Xavier de Maistre, 6 gravures de Charles Delort, préface par Alexandre Piedagnel).


Chansons de Hégésippe Moreau (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1883, in-16, [3]-[1 bl.]-VII-[1 bl.]-104 p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), publiées avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».


Œuvres choisies de J. Dorat (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1888, in-16, [3]-[1 bl.]-XX-175-[1] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman) , avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».

Le Cardinal Frédéric Borromée, ouvrage posthume de Quesnel (Lille, Société de Saint-Augustin, Desclée, de Brouwer et Cie, 1890, in-8, VIII-191-[1] p.), publié par les soins d’Alexandre Piedagnel.


Œuvres choisies du chevalier de Bonnard (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1891, in-16, [3]-[1 bl.]-XII-131-[1] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), publiées avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».

Piedagnel a encore collaboré avec Le Parnasse contemporain. Recueil de vers nouveaux (Paris, Alphonse Lemerre, 1866, p. 254-256), Le Tombeau de Théophile Gautier (Paris, Alphonse Lemerre, 1873, p. 133), les Miscellanées bibliographiques (Paris, Édouard Rouveyre, 1878, t. I, p. 127-140 ; 1880, t. III, p. 6-12 et 133-152), les Ailes & fleurs. Compositions de Hector Giacomelli. Poésies de Victor Hugo, Théophile Gautier, François Copée, Alexandre Dumas fils, André Theuriet, Georges Lafenestre, Auguste Lacaussade, Ernest d’Hervilly, Alexandre Piedagnel, Gustave Mathieu (Paris, Librairie de la Société anonyme de publications périodiques, s. d. [1879]).

Tantôt sous son nom, tantôt sous les pseudonymes de « Henri Vernon » ou de « Gaston de Cerzy », Piedagnel donna un grand nombre d’articles bibliographiques dans le Journal des débats politiques et littéraires, Le Constitutionnel, Paris-Journal, La Gazette universelle, Le Monde illustré, Le Bibliophile français, le Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, La Revue du siècle, le Moniteur des arts, La Chronique parisienne, Le Courrier littéraire, la Revue de France, La Mosaïque, Le Semeur, le Musée des familles, Les Annales, La Revue générale, Le Messager de Toulouse, Le Mémorial diplomatique, L’Artiste, L’Europe artiste, Le Nain jaune, Le Figaro, Le Boulevard, La Revue française, la Vigie de Cherbourg, Le Phare de la Manche, Les Tablettes des deux Charentes. Dans La Revue de poche, il a publié des poésies sous les initiales « P. P. »

« Je me revois, par la pensée, causant avec le maître, un matin de janvier, dans son élégant cabinet de travail, où, avec la religion et le zèle d’un délicat il a réuni des peintures, des terres cuites, et des bronzes artistiques, des gravures anciennes, des dessins originaux et, surtout, des éditions rares.
De taille moyenne, les yeux pénétrants et fins sous les lunettes légères, le sourire aux lèvres, les cheveux gris rejetés en arrière, la figure de ce bibliophile, si amoureux de son art, respire à la fois la franchise et l’urbanité.
Avec quelle émotion, contenue mais vraie, il se rappelle les beaux rêves d’autrefois, les jours dorés de la jeunesse ; avec quelle grâce entraînante il évoque devant nous le souvenir de Déjazet, la grande comédienne, à l’esprit si primesautier ; avec quelle chaleur d’âme il nous parle de Victorien Sardou, de Gustave Nadaud, deux des solides amitiés de son âge mur [sic] ; de Pierre Loti qu’il affectionne pour sa double confraternité de poète et de marin ; d’Adolphe Lalauze, l’un des meilleurs graveurs de notre époque ; de Jean-François Millet, de Lamartine, de Victor Hugo, de Béranger, qu’il a beaucoup connus, et de Jules Janin, le célèbre critique, dont il fut constamment l’ami dévoué. »
(Henri Corbel. « Alexandre Piedagnel ». In La Revue du siècle. Lyon, 1894, t. VIII, p. 174-175)

83 rue Perronet, Neuilly-sur-Seine

Alexandre Piedagnel décéda le 13 septembre 1903, en son domicile, à Neuilly-sur-Seine [Hauts-de-Seine], 83 rue Perronet. 


Ses obsèques se firent le mercredi 16, en l’église Saint-Pierre, sa paroisse, avenue du Roule : son beau-frère, Charles Chèze, conduisit le deuil et les honneurs militaires furent rendus à l’ancien marin par un piquet du 119e d’Infanterie. Un petit nombre seulement d’amis intimes l’accompagna à sa dernière demeure, au cimetière de Neuilly ancien. Sa tombe fut pendant longtemps ornée de violettes, ses fleurs préférées.
Sa veuve, Louise-Élisabeth Rodanet, décéda à Neuilly-sur-Seine, le 25 août 1914, âgée de 74 ans.
  
La bibliothèque de Piedagnel était composée essentiellement de livres brochés, avec de nombreux envois d’auteurs ; quelques livres à figures du XVIIIe siècle étaient en reliures anciennes. 


L’ex-libris [50 x 80 mm] qu’il utilisait rappelait, par des fleurs et un oiseau, l’arrivée du printemps : il fut gravé par Jules-Blaise-Michel Gingembre, né à Habsheim (Haut-Rhin) le 27 décembre 1842, plus connu sous son pseudonyme de « Marcel d’Aubépine ».


Une partie de la bibliothèque fut vendue le samedi 6 mai 1905, à l’hôtel Drouot, salle 8 : Catalogue de bons livres modernes, éditions originales avec envois d’auteurs, livres à figures du XVIIIe siècle, provenant de la bibliothèque de Mr Alexandre Piedagnel (Paris, A. Durel, 1905, in-8, 40 p., 266 + 7 doubles [bis] + 5 triples [ter] + 1 quadruple [quater] = 279 lots), dont Livres modernes [245 lots = 87,81 %], Ouvrages d’Alexandre Piedagnel [21 lots = 7,52 %], Livres à figures du XVIIIe siècle [13 lots = 4,65 %].

4. Balzac (H. de). Petites misères de la vie conjugale, illustrées par Bertall. Paris, chez Chlendowski, s. d., gr. in-8, fig. br. Exemplaire du premier tirage avec la couverture. 480 fr.
11. Barbey d’Aurevilly (J.). Les Diaboliques. Paris, E. Dentu, 1874, in-12, br. Édition originale avec la couverture : « A mon ami Alexandre Piedagnel. Diaboliquement à lui ! Jules Barbey d’Aurevilly. » 112 fr.
16. Bibliothèque artistique moderne. Paris, Librairie des bibliophiles, 1883-1888, 17 vol. in-8, fig., br., couv. Exemplaires imprimés sur grand papier vélin. 175 fr.
17. Bibliothèque artistique (Petite). Paris, Librairie des bibliophiles, 1874-1888, 88 vol. in-12, fig., br., couv. 300 fr.
20. Bibliothèque elzevirienne. Paris, Daffis, Plon, 1868-1895, 98 vol. in-12, cart., perc. rouge, non rog. 125 fr.
21. Bibliothèque littéraire (Petite). Auteurs anciens. Paris, Alph. Lemerre, 1869-1890, 61 vol. pet. in-12, br., couv. 136 fr.
22. Bibliothèque littéraire (Petite). Auteurs contemporains. Paris, Alph. Lemerre, 1874-1897, 103 vol. in-12, br., couv. 225 fr.
170. Loti (Pierre). Aziyadé. Stamboul, 1876-1877. Extrait des notes et lettres d’un lieutenant de la marine anglaise. Paris, Calmann Lévy, 1879, in-12, br. Édition originale, avec la couverture illustrée, tirée en violet. Très rare. 130 fr.
191. Molière. Théâtre complet, publié par D. Jouaust, préface par M. D. Nisard, dessins de Louis Leloir, gravés à l’eau-forte par Flameng. Paris, Librairie des bibliophiles, 1776-1882, 8 vol. in-8, fig., br., couv. 100 fr.
221. Sainte-Beuve. Œuvres. Paris, Garnier fr., Michel Lévy fr., 1866-1876, 68 vol. in-12, dont 54 vol. en demi-rel., dos de chag. r., et 14 vol. br. 150 fr.
248 quater. Piedagnel (Alexandre). J.-F. Millet. Souvenirs de Barbizon, avec un portrait et neuf eaux-fortes par Ch. Beauverie, Max. Lalanne, Ad. Lalauze, etc. Paris, Vve A. Cadart, 1876, in-8, front. gr. par Fél. Rops, br., couv. Exemplaire sur peau de vélin, imprimé à 5 exemplaires. 100 fr.
254. Blondel. Cours d’architecture. Paris, Desaint, 1771-1777, 6 vol. in-8 de texte et 6 vol. de planches reliés en 3 vol. Ensemble 9 vol., veau marb. (Rel. anc.). 100 fr.
256. Dorat. Les Baisers, précédés du Mois de mai. La Haye et se trouve à Paris, chez Lambert et Delalain, 1770, in-8, fig., veau fauve, tr. rouges (Rel. anc.). Exemplaire en grand papier, avec les titres tirés en rouge et à la fin les Imitations des poëtes latins (supplément curieux qui manque souvent). Exemplaire de premier tirage, avec les fautes de pagination. 500 fr.
261. Molière. Œuvres, avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièce, par M. Bret. Paris, par la Compagnie des libraires associés, 1773, 6 vol. in-8, veau marb., tr. marb. (Rel. anc.). Premier tirage des figures de Moreau le Jeune. 181 fr.









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