dimanche 6 janvier 2013

Auguste Veinant, le bibliographe tabarinesque

Après quelques jours de maladie, Alexandre-Auguste Veinant est mort à Paris le 4 mars 1859. Né, au même lieu, le 30 juillet 1799, il n’avait donc que 59 ans.
Il s’était pris de bonne heure de passion pour les livres. N’ayant pour toute fortune qu’un traitement fort modeste de surnuméraire au ministère des finances dans la division des contributions indirectes, il était cependant parvenu, à force d’économies, d’activité, de patience et d’habileté, à se rendre possesseur de volumes curieux ou introuvables qui se payèrent plus tard au poids de l’or.
Tous les jours, il assistait à l’ouverture des boîtes des bouquinistes. Il lisait tous les catalogues, connaissait tous les libraires et tous les amateurs. Les hasards des ventes publiques, les échanges, ont beaucoup contribué à enrichir sa collection.
Une tache de rouille dans le papier, un pli ou un feuillet mal plié, ou encore un fer mal poussé sur une reliure, faisaient son désespoir. Il lavait et réparait les livres avec beaucoup d’habileté, avant de les remettre entre les mains de ses relieurs préférés, Trautz-Bauzonnet, Duru et Hardy :

« Il fallait voir avec quel soin il enlevait la vieille reliure, lavait et encollait les feuillets, les réglait à l’encre rouge, une encre d’un beau rouge pâle dont il avait le secret. Il fallait voir avec quel soin il pliait et ajustait les feuillets, avec quel goût il indiquait aux relieurs les plus habiles la couleur du maroquin et des gardes, et les ornements qui convenaient à chaque volume ! Il fallait voir avec quelle sollicitude il surveillait les opérations lentes, délicates et nombreuses de la reliure ! Et les relieurs l’écoutaient avec déférence, suivaient ses instructions avec docilité : car ils le savaient infaillible. Aussi l’on peut affirmer que tout volume qu’il a fait relier est un volume parfait. »




Veinant était un homme grand, sec, un peu voûté. Son portrait a été gravé, en charge, pour le titre de la Bibliotheca scatologica, dont il est l’un des auteurs : c’est le personnage à droite, courbé en deux et appuyé sur une béquille. En réalité, il n’était pas boiteux, pas plus que n’était bossu le personnage – le libraire Pierre Jannet (1820-1870) – qui figure à gauche dans la même vignette. 





Cette vignette est copiée sur celle de Jacques Callot, représentant les "Gobbi" [Bossus] (Florence, 1616). 

Veinant dépensait beaucoup plus d’argent pour la toilette de ses livres que pour la sienne. Lorsque l’alpaga cessa d’être à la mode, vers 1830, il fit l’acquisition d’une redingote d’alpaga très ample et pourvue de poches in-folio, qui devint sa compagne inséparable.

Veinant a fait réimprimer, soit seul, soit avec la collaboration de Giraud de Savines, 31 pièces rares, tirées à un très petit nombre d’exemplaires. Pour donner à ces réimpressions fac-similé toute l’exactitude possible, il poussait le soin jusqu’à collationner les épreuves deux fois et lettre à lettre, une fois de gauche à droite et une autre fois de droite à gauche.
Lorsque parut le tome 4e du Catalogue des livres imprimés, manuscrits, estampes, dessins et cartes à jouer composant la bibliothèque de M. C. Leber (Paris, P. Jannet, 1852), il se chargea de faire la table des quatre volumes. Il donna, sous l’anagramme de son nom, Gustave Aventin, une édition des Œuvres complètes de Tabarin (Paris, P. Jannet, 1858, 2 vol. in-16), qui fait partie de la « Bibliothèque elzévirienne » publiée par Pierre Jannet. Très peu de temps après, Georges d’Harmonville publiait lui-même Les Œuvres de Tabarin (Paris, Adolphe Delahays, 1858, in-8), de la « Bibliothèque gauloise », édition qui fut le sujet d’un article inséré dans le numéro d’octobre 1858 du Bulletin du bibliophile, et auquel Paul Lacroix et d’Harmonville ont répondu dans le numéro de mars 1859. La mort qui a surpris Veinant ce même mois ne lui a pas permis d’en prendre connaissance et nous a privé d’une polémique instructive.

Veinant rédigea un Catalogue des livres rares et précieux du cabinet de M. *** (Paris, E. Tross, 1855, in-8, VI-[2]-118 p., 1.093 lots), pour une vente qui eut lieu le 20 décembre 1855 :
Heures latines manuscrites (n° 32, 400 fr.) ; Heures manuscrites, avec miniatures (n° 33, 800 fr.) ; Heures imprimées par Simon Vostre, 1497 (n° 34, 455 fr.) ; Confessions de saint Augustin, 1702 (n° 42, 130 fr.) ; Les Simulachres de la mort, de Holbein (n° 309, 350 fr.) ; Phébus, des Déduits de la chasse, in-fol., exemplaire très inférieur à celui de Chenest qui fut acheté par le comte de Montesson (n° 331, 595 fr.) ; Vénerie de J. du Fouilloux, 1561 (n° 339, 250 fr.) ; Recueil d’anciennes poésies françoises, manuscrit avec miniatures (n° 450, 275 fr.) ; Le Séjour d’honneur, Antoine Vérard, 1519 (n° 455, 395 fr.) ; Heures de Notre-Dame, de P. Gringoire (n° 459, 240 fr.) ; Les Notables enseignements, de P. Gringoire (n° 460, 240 fr.) ; Œuvres de Clément Marot, 1538 (n° 466, 248 fr.) ; Œuvres de Clément Marot, Dolet, 1543 (n° 468, 300 fr.) ; Débat et procès de nature (n° 471, 405 fr.) ; Chansons de Christofle de Bordeaux (n° 613, 315 fr.) ; Chansons historiques de 1590 (n° 614, 250 fr.).    

Après sa mort, on trouva, dans le Catalogue des livres rares et précieux composant la bibliothèque de feu M. Auguste Veinant (Paris, L. Potier, 1860, in-8, XV-[1 bl.]-187-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p., 1.081 lots), des livres rares et curieux dont Veinant ne put se décider à se séparer en 1855 et ceux qu’il s’était procurés depuis. Cette bibliothèque, vendue en sept vacations du 30 janvier au 6 février 1860, n’a peut-être pas rempli deux armoires et a produit néanmoins 47.000 francs, démontrant ainsi qu’il était toujours possible, avec de l’intelligence et du goût, malgré les contraintes financières, de former des collections et de capitaliser son plaisir. Parmi les adjudications les plus importantes :



3. Cinquante deux pseaumes de David, traduits par Clément Marot, Paris, Est. Groulleau, 1550, in-8, mar. grenat, jans. tr. d. (Duru), 115 fr. à Coccox, libraire, pour Ratier.
78. Recueil de pièces satiriques (12) contre le pape et l’Eglise romaine, 1562-1563, in-8, mar. r. fil. tr. dor. (rel. anc.), de la bibliothèque de Richard Heber (p. 5391), 455 fr. pour Solar.
131. La Civile Honesteté pour les enfans, Paris, Rich. Breton, 1560, in-8, mar. bl. fil. tr.d. (Trautz-Bauzonnet), imprimée en caractères cursifs français, lesquels, d’après le titre de l’ouvrage, ont été ensuite nommés vulgairement « caractères de civilité », 320 fr. pour le baron Pichon.
139. Les Quatre Livres du courtisan du conte Baltazar de Castillon, s.l., s.d. [Lyon, Denis de Harsy, v. 1537], in-8, réglé, mar. r., tr.dor. (Trautz-Bauzonnet), 122 fr. pour le comte de Lurde.
204. Des habits, mœurs, cérémonies, façons de faire anciennes et modernes du monde, Liège, Jean de Glen, 1601, in-8, 200 fig. sur bois, réglé, mar. bl. fil. tr. d. (Trautz-Bauzonnet), 120 fr. pour Villeneuve.
205. Maniement d’armes, d’arquebuses, mousquetz et piques, par Jacques de Gheyn, Francfurt am Main,  Wilhem Hoffman, 1609, in-4, 3 part., texte allemand et français, mar. r. tr. d., rel. jans. (Hardy), 102 fr. pour Béhague.
230. La Vénerie de Jaques du Fouilloux, Poitiers, de Marnefz et Bouchetz frères, 1568, réimprimée à Beyreuth par Fred. Elie Dietzel, 1754, in-4, réglé, fig. sur cuivre, mar. rouge, jans. tr. d. (Duru), tirée à petit nombre aux frais de l’Electeur de Bavière, 361 fr. à Fresnes.
234. Le Plaisir des champs, par Cl. Gauchet, Paris, Nic. Chesneau, 1583, in-4, mar. vert, fil. tr. dor. (Thompson), 146 fr. pour le baron de Grandjean.
239. Le Parfait Chasseur, par de Sélincourt père, Paris, Gabriel Quinet, 1683, in-12, mar. vert, fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 80 fr. pour le baron de Grandjean.
260. Nouvelle invention de chasse pour prendre et oster les loups de la France, par Louys Guau, Paris, P. Chevalier, 1613, in-8, fig. sur bois, mar. r., fil. à fr., tr. dor. (Koehler), 202 fr. pour le baron de Grandjean.
275. Le Miroir de Fauconnerie, par Pierre Harmont, Paris, Claude Percheron, 1620, in-8, réglé, fig. mar. rouge, fil. tr. dor., rel. jans. (Duru), 171 fr. pour Techener.
353 bis. Les Œuvres maistre Guillaume Coquillart, Paris, Denys Jannot pour P. Sergent et Jehan Longis, 1534, in-16, mar. r., fil. tr. d. (Derome), exemplaire de Charles Nodier (vendu 64 fr. à sa vente), 421 fr. pour un amateur de Reims.
362. Le Livre de Facet translaté de latin en françoys, par Jacques Delahogue, imprimé à Paris par Pierre Vidoué pour Galliot du Pré, 1535, in-8, mar. puce à compart., tr.dor. (Bauzonnet), 224 fr. à Deschamps pour Solar.
363. Le Rousier des dames, par Bertrand Desmarius de Masan, s.l., s.d., fig. sur bois sur le titre, in-8, 24 f., goth., mar. r. jans., tr. d. (Duru), seul exemplaire connu, faisait partie du catalogue du baron d’Heiss en 1785 (n° 256), 255 fr. pour le comte H. de La Garde.
364. le même, publié par Veinant, réimprimé en 1852 par Crapelet, à 57 exemplaires, un des deux sur vélin, in-16, goth., br., 75 fr. pour le duc d’Aumale.
371. Dialogue du fol et du sage, Paris, Simon Calvarin, in-8, goth., fig.s.b., cart., réimpression tirée à 40 ex., un des deux ex. sur vélin, 85 fr. pour le duc d’Aumale.
374. Souhaitz du monde, s.l., s.d., in-8, goth., fig. s. b., 4 f., mar. bl. jans., tr.d. (Duru), 151 fr. pour Solar.
376. Recueil de quatre Sermons, Rouen, s.d. (xvie), in-8, mar. vert, jans., tr. dor. (Bauzonnet), 340 fr. pour Double.
379. Déploration de la mort de feu hault, puissant et noble roy François de Valois, Paris, Nicolas Buffet, 1547, in-8, goth., 8 f., mar. r. fil. tr. d. (Bauzonnet), 203 fr. pour Solar.
384. Regrets et complaintes des gosiers alterez, Paris, 1575, in-8, 8 f., fig. sur le titre, mar. bl. fil. tr. d. (Bauzonnet), 200 fr. pour Techener.
400. L’Amie de court, Paris, Gilles Corrozet, 1542, in-8, réglé, 32 f. non chiffrés, mar. r. fil. tr. d. (Bauzonnet), 107 fr. pour Techener.
413. Recueil de quelques vers amoureux (par J. Bertaut), Paris, veuve Mamert Patisson, 1602, in-8, réglé, mar. r. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 190 fr. pour Double.
416. Pièces héroïques et diverses poésies de César de Notre-Dame, Tholose, veuve Jac. Colomiez, 1608, 7 part. en 1 vol. in-12, mar. bl. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 99 fr. pour Solar.
462. Les Satyres du Sr Thomas de Courval, Paris, Rolet Boutonné, 1621, in-8, portrait, mar. vert, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 160 fr. pour Fresnes.
471. Le Parnasse satyrique du Sr Théophile (Viaud), Holl. Elzev., 1660, in-12, mar. r. fil. tr. d. (Bauzonnet), 128 mill. (4 p. 8 lign. ½), 190 fr. à Coccoz, pour Ratier.
472. Le Cabinet satyrique, Holl. Elzev., 1666, 2 vol. in-12, réglés, mar. rouge, fil. tr. d. (Trautz-Bauzonnet), 128 mill. (4 p. 8 lign. ½), 230 fr. à Coccoz, pour Ratier.
517. Les Triumphes excellens et magnifiques du très élégant poète Françoys Pétrarque, Lyon, Romain Morin, 1531, in-8, fig. s. bois, mar. r. tr. d. fil. (Padeloup), exemplaire du duc de La Vallière (n° 3.607 du Catal. de 1783), de Méon (n° 1.956 du Catal. de 1803) puis de Pixerécourt (n° 921 du Catal. de 1838), 352 fr. pour Léopold Double. Il passera dans la bibliothèque Lignerolles en 1863, pour 356 fr.
594. Zayde, histoire espagnole, par M. de Segrais (Mme de la Fayette), Amsterd. Abr. Wolfgank, 1661, in-8, titre gravé par Romain de Hooge, mar. citr. jans. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 95 fr. pour le marquis de Ganay.
630. Nouveaux contes à rire, 3e éd., Cologne, Roger Bontemps, 1702, in-8, front. gravé, fig. réglé, mar. bl. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 132 fr. pour Ratier.
631. Nouveaux contes à rire, 20e éd., Cologne, Roger Bontemps, 1722, 2 vol. in-8, front. gravé, réglé, mar. r. jans. tr. dor. (Hardy), 112 fr. pour Béhague.
649. Voyages de Gulliver, Paris, Jacques Guérin, 1727, 2 tomes en 1 vol. in-12, fig., réglé, mar. vert, fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 306 fr. pour le comte d’Essertenne.
657. Joyeusetez, facécies et folastres imaginations, Paris, Techener, 1829 et années suivantes, 20 vol. in-16, cart., collection tirées à 76 ex., 295 fr. pour Techener.
668. Discours joyeux des friponniers et fripponnières, Rouen, Richard Aubert, s.d. [v. 1600], in-8, mar. bl. à comp., v. fil. tr. dorée (Bauzonnet), 155 fr. pour Giraud de Savines.
673. Le Moyen de parvenir (par Béroalde de Verville), Holl. s.d., in-12, mar. bl. fil. doublé de mar. orange, tr. dor. (Bauzonnet), 175 fr. pour Ratier.
677. Les Cent Drogues admirables du merveilleux opérateur des iles non découvertes, etc, recueil de trois facéties du xviie en 1 vol. in-8, mar. r. tr. d., rel. jans. (Duru), 159 fr. pour Solar.
678. Recueil de dix pièces rares en prose et en vers, 1613-1624, in-8, réglé, mar. r. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 129 fr. pour Solar.
679. Les Fantasies de Bruscambille, Paris [La Haye], Florentin Lambert, 1668, in-12, réglé, mar. bleu fil.tr.dor. (Trautz-Bauzonnet), 130 fr. pour Ratier.
686. Inventaire universel des œuvres de Tabarin, Paris, P. Rocollet et Ant. Estoc, 1622, titre gravé. Les Rencontres, fantaisies et coq à l’asnes facecieux du baron de Grattelard, Paris, impr. Julien Trostolle, in-12, 64 p., mar. bl. fil. doublé de mar. rouge, dent. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 350 fr. pour le comte du Tillet.
749. Les Quinze Joyes de mariage, Paris, Jannet, 1853, in-16, un des deux sur vélin, mar. r. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 180 fr. pour Aumale.
760. Le Putanisme, Cologne (Holl.), 1669, in-12, 6 f. prél. et 255 p., mar. citr. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), édition rare, décrite pour la première fois par Veinant dans le Bulletin du bibliophile (décembre 1858), 205 fr. pour Béhague.
819. Histoire des Albigeois, Tolose, Colomies frères, 1568 [à la fin : 1569], in-4, réglé, mar. rouge, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 201 fr. pour Potier, libraire.




839. L’Obsèque du feu roy de France Loys douziesme de ce nom, s. l., s. d. [Paris, 1514], in-8, goth., 8 f., fig. sur bois, mar. r. fil. tr. dor. (Koehler), 380 fr. pour Julien, libraire.
874. Recueil de quatorze pièces (Mazarinades), in-4, dans un portefeuille, 101 fr. pour Potier.
875. Autre recueil de Mazarinades rares ou curieuses (19 pièces, in-4), 76 fr. pour Potier.
916. Discours de la mort de très-haute et très-illustre princesse madame Marie Stouard. Version françoise d’une oraison funèbre faicte sur la mort de la royne d’Escosse. Remonstrance à madame Elizabeth royne d’Angleterre. Trois pièces rares, Lyon, 1587, in-8, mar. v. à comp. fil. tr. dor. (Koehler), 120 fr. pour le baron Pichon.
917. Martyre de la royne d’Escosse, Edimbourg, Jean Nafeild, 1588, in-8, réglé, mar. brun, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 153 fr. pour Villeneuve.
923. Livre de lordre de trescrestien roy de France Loys xi a lonneur de monsieur saint Michel, manuscrit du xve sur vélin, 3 miniatures, in-4, tr. dor., relié en velours cramoisi (Bauzonnet), 712 fr. pour Villeneuve.

La nombreuse collection de catalogues réunis par Veinant méritait aussi une attention particulière (numéros 951-1058, p. 165-180) : bon nombre d’entre eux étaient enrichis de notes de sa main, indiquant les prix de vente, les noms des acquéreurs et la provenance des exemplaires.
    
  

          

18 commentaires:

  1. La collection de catalogues annotés devait être vraiment intéressante!
    Le nombre et la qualité des collections dispersées à cette époque sont étourdissants. Epoque bénie pour le bibliophile!
    En revanche, c'est un véritable génocide pour les reliures d'époque : il y a au moins 90% ou 95% des livres qui ont été reliés à nouveau au 19e dans cette collection.
    Effet de mode...
    Cordialement,
    Wolfi

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    1. Effectivement,le nombre de reliures anciennes est proche du zéro : un Padeloup .. solitaire
      On n'a pas assez dit les massacres de Trautz et Bauzonnet sur les reliures anciennes dont l'auteur n'était pas identifié,voire le remplacement d'une reliure de Grolier jugée non restaurable.

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  2. Ah ! enfin un pauvre bibliophile ! ça va rassurer mon banquier (ou pas ...)

    Comme quoi avec un peu de goût et en sortant des sentiers de la mode aristo on peut trouver son bonheur et pour autant ne pas faire perdre à ses petits enfants le fruit de tant de sacrifices.

    Vite ! un autre pauvre ! (j'en raffole !)

    B.

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    1. "pauvre" étant un peu exagéré ici, disons plutôt "de la classe moyenne"

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  3. autre temps... il enlevait la vieille reliure, réglait lui-même ses exemplaires avec une encre de sa composition : que dirait-on d'un bibliophile qui oserait de telles pratiques aujourd'hui ?

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  4. Réponses
    1. Nodier écrivait déjà :
      "Autrefois, les rois étaient bibliophiles [...]Les grands seigneurs et les gens notables de l'Etat se conformaient au goût du souverain [...] Le bibliophile de nos jours ne se trouve plus dans ces classes élevées de la société ; c'est le savant, le littérateur, l'artiste, le petit propriétaire à modiques ressources qui se désennuie dans le commerce des livres de l'insipidité du commerce des hommes [...] Mais ce n'est pas lui qui pourra former d'importantes collections, et trop heureux, hélas ! si ses yeux mourants s'arrêtent encore un moment sur la sienne, trop heureux s'il laisse ce faible héritage à ses enfants !"

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  5. quid également des descriptions actuelles, qui mentionnent ces exemplaires réglés "d'époque"...

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    1. j'ai déjà répondu : faussaire !
      ... et quid des provenances, avec les possibilités techniques d'aujourd'hui pour fabriquer de faux vrais ex-libris ?

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    2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    3. en fait je ne pensais pas à l'auteur de la manipulation, mais au rédacteur du catalogue actuel, qui présente un de ces ouvrages, sans émettre le moindre doute sur la date de la réglure (si on dit comme çà ?).

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    4. Autre face du problème en effet : de la valeur de l'"expertise" de l'"expert". Doit-on lui en vouloir, à ce dernier ? Oui, tant qu'il se dira "expert" et n'aura pas manifestement cherché les informations : sinon, personne ne peut tout savoir.

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  6. "Surnuméraire au ministère des finances dans la division des contributions indirectes". Mais où la bibliophilie va-t-elle se nicher !!
    Merci, Jean Paul, pour tous ces articles sur nos prédécesseurs qui nous font regretter d'être né trop tard dans un monde d'illettrés !
    Textor

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  7. J'ai bien peur que les siècles précédents, hormis lignage d'exception, n'aient réservé un sort pire encore ! Mon arrière-grand-père maternel pataugeait dans la basse cour boueuse d'une ferme morvandelle tandis qu'un autre, illettré tout au plus, analphabète pour le moins, trimait fauchaisons sur fauchaisons dans les coteaux des Terres Froides (les connaisseurs reconnaîtront la région) ... Il aura fallut plus d'un siècle pour que la possibilité soit enfin offerte à (presque) tous d'accéder à la connaissance universelle (moyennant de petits efforts).

    Alors ... personnellement je ne suis pas mécontent de mon sort.

    Evidemment si je m’appelais Bourbon ou Capet ou El Hassad ... je me ferais plus de soucis (la roue tourne... heureusement).

    B.

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