mardi 6 août 2019

Les Fantaisies vaniteuses de Henry Houssaye (1848-1911) et de son père



Vorges, vu du moulin de la Tour.
Au premier plan, à gauche, le château de Valbon


D’une famille de meuniers installés au XVIIe siècle à Vorges [Aisne], passés à Bruyères-et-Montbérault [Aisne] par mariage en 1813, Georges-Henry Housset est né à Paris, 98 rue de Lille [VIIe], le 7 février 1848, fils de François-Arsène Housset (1814-1896), homme de lettres, et de Anne-Stéphanie Bourgeois (1821-1854), mariés à Paris, le 5 avril 1842.



          L’inépuisable fécondité de l’imagination de Arsène Housset est à l’origine de nombreuses fables, dont celle concernant les circonstances de sa propre naissance et celle concernant la date de naissance de son fils, qu’il a dit être né le 24 février 1848, date de naissance de la Deuxième République : « date fatidique pour un futur historien », fit remarquer l’auteur des Figures contemporaines tirées de l’Album Mariani (Paris, Henri Floury, 1896, vol. II).

Son acte de naissance ayant été détruit le 24 mai 1871, lors de l’incendie de l’Hôtel de Ville de Paris, Henry Housset crut pouvoir faire une fausse déclaration de patronyme [Houssaye au lieu de Housset] et de date de naissance [24 février 1848 au lieu de 7 février 1848] lors de son inscription comme membre de la Légion d’honneur en 1872, puis comme membre de l’Académie française en 1894 ; c’est aussi ce qui fut ensuite inscrit sur sa tombe. Mais c’était sans compter sur son acte de mariage du 27 octobre 1875, à la Mairie du VIIIe arrondissement, qui révèle sa véritable date de naissance. Et l’acte admis à la reconstitution de l’état-civil de Paris fixa sa naissance au 7 février 1848 :

« Acte de naissance du neuf février mil huit cent quarante-huit, à onze heures du matin.
Aujourd’hui nous a été présenté Georges Henry, du sexe masculin, né avant-hier, à midi, rue de Lille, 98, fils de M. François Arsène Housset (Houssaye), âgé de trente-quatre ans, homme de lettres, et d’Anne Stéphanie Bourgeois, âgée de vingt-six ans, sans profession, son épouse, tous deux demeurant rue et n° susdits.
Sur la déclaration de M. François Arsène Housset (Houssaye), père de l’enfant, en présence de MM. Louis-Athanas [sic] Clément de Ris, âgé de vingt-sept ans, propriétaire, demeurant rue de l’Université, 62, et de Pierre-Alexandre-Edmond Hédouin, âgé de vingt-sept ans, peintre artiste, demeurant rue et n° susdits. Le déclarant et les témoins ont signé, avec nous, pour lecture faite de l’acte. [Signé :] Housset, Clément de Ris, Edmond Hédouin, C. Roger. »
(Mairie du Xe arrondissement [le nom de « Housset » a prévalu dans les actes, et c’est en représentation de « dit » qu’on a mis « Houssaye » entre parenthèses]).

Dès 1899, le publiciste Victor Advielle (1833-1903) avait demandé à Henry Houssaye si la transformation du nom avait été consacrée par un décret : sa réponse évasive, et fautive, se terminait par « Pour moi, tout cela n’a aucune importance. Mon père a signé ses livres Houssaye ; je suis né Houssaye ; je porte le nom de Houssaye. » (L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 30 septembre 1899, col. 530-531).

Arsène Houssaye, par Eugène Disdéri (1819-1889)

          Arsène Housset, « un des derniers grands chênes de la forêt romantique » a dit Émile Zola sur sa tombe, était né au Moulin de la Tour, construit en 1598 à Bruyères, le 28 mars 1814. Il s’était enfui de chez ses parents en 1832 pour vivre une vie de bohême à Paris, où il fréquenta Théophile Gautier et Gérard de Nerval, dans l’impasse du Doyenné [Ier, détruit en 1850]. Il avait débuté par des romans : De Profundis (Paris, Lecointe et Pougin, 1834, in-8), sous le pseudonyme « Alfred Mousse », puis La Couronne de bluets (Paris, Hippolite [sic] Souverain, 1836, in-8) et La Pécheresse (Paris, Louis Desessart, 1836, 2 vol. in-8), sous le pseudonyme « Arsène Houssaye », fruit de ses prétentions nobiliaires fantaisistes. Il avait remporté ses premiers vrais succès dans la critique avec : sa Galerie de portraits du dix-huitième siècle, écrite peu à peu dans la Revue de Paris (1838-1844), L’Artiste (1840-1848), la Revue des Deux Mondes (1842-1843) et dans Le Constitutionnel (1844-1848) ; sa Revue du Salon de 1844 (Paris, Martinon, 1844, in-4) et son Histoire de la peinture flamande et hollandaise (Paris, Jules Hetzel, 1866 [i.e. 1846], in-fol.).
Il aborda ensuite tous les genres littéraires et publia au total plus de cent vingt volumes. Son nom n’est resté attaché qu’à l’Histoire du 41me fauteuil de l’Académie française (Paris, Victor Lecou, 1855, in-8), fauteuil académique que n’ont pas occupé, de Molière jusqu’à Balzac, quelques-unes des gloires de la littérature française.
En 1849, il fut nommé administrateur de la Comédie-Française, où il resta jusqu’en 1856, quand il fut nommé inspecteur général des Beaux-Arts. Il fut fait officier de la Légion d’honneur en 1858. Il devint, en 1866, directeur de la Revue du XIXe siècle et, en 1884, président de la Société des Gens de lettres, dont il était membre depuis 1844.
Il accrut sa fortune personnelle par d’heureuses opérations en Bourse et des spéculations foncières dans le quartier Beaujon [VIIIe] : « A Beaujon il a bâti sept hôtels, et il les a habités tous les sept ; aussi c’était un labeur effrayant que de l’aller voir. On vous renvoyait d’une maison à l’autre ; on ne savait jamais au juste son vrai logis. » (Théodore de Banville. « Arsène Houssaye ». In Œuvres poétiques. Paris, L. Hachette, 1857, p. 33).




 « Cet hôtel [rue Chateaubriand, VIIIe] est le bijou du quartier. C’est encore et toujours la Folie Beaujon. Notre habile dessinateur [Ernest Breton (1812-1875)] vous le montre sous ses deux faces, face de la rue et face du jardin ; le style gothique, le style renaissance et le style indou, fondus ensemble [vers 1840] par l’architecte Dussillon [i.e. Pierre-Charles Dusillion (1804-1878)]. Supposez les tours en porcelaine, et vous vous croirez au bord de l’Indus. C’est simple et royal, sévère et coquet, mystérieux et charmant.
Le jardin est un morceau de l’ancien parc Beaujon. Il est dominé par deux arbres enroulés de lierre, qui ont vu les folies du défunt banquier. Un vieux jardinier les a reconnus avec une émotion d’enfant. Un jet d’eau s’élance, à leurs pieds, d’une grotte de rocaille, et retombe en perles dans un bassin tapissé de fleurs grimpantes. Derrière les arbres antiques, un jeune pavillon chinois dresse sa girouette, son toit polygonal, ses verres de couleur et ses ornements fantasques. La serre au midi, les fruits mêlés aux fleurs, les tonnelles où court le pampre, les arbustes embaumés, la basse-cour pleine d’oiseaux rares, donnent à l’ensemble l’aspect d’un petit Jardin des Plantes.
Toutes ces découpures qui foisonnent au balcon, autour des fenêtres, le long des tourelles, au-dessous de la toiture, sont des sculptures en bois d’un goût original et harmonieux.
Le salon s’ouvre de plain-pied dans le jardin ; entrons dans le salon. Quel savant désordre de richesses artistiques ! Ces vitraux sont anciens et résument tout l’art gothique allemand. Une vieille cour germanique y défile avec ses types naïfs, ses costumes éblouissants et ses attributs singuliers. Remarquez ce renard cajolant ce corbeau : est-ce la fable de La Fontaine ? Non pas ; c’est l’origine de cette fable, - un chapitre de ce curieux Roman du Renard, que le Musée des Familles ressuscitait l’an dernier. Le plafond est du style renaissance, avec poutres et pendentifs bleus et or. La cheminée, sculptée en plein chêne et surmontée d’une glace sans tain, paraît flamboyer en plein air, au-dessous de vases chinois gigantesques, où tout un monde revit dans le bariolage de Kanton, à l’ombre des plantes extérieures qui se penchent comme pour un spectacle.
La galerie des tableaux est à l’avenant : c’est une des plus belles collections de portraits de femmes des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles : Mme de Montespan, par Mignard ; Mmes de Maintenon, de Pompadour et du Barry, etc., etc. ; plus un Louis XV, par Vanloo ; le portrait de Mme Houssaye, par H. Lehmann, et le Combat d’Arabes, d’Eugène Delacroix.
Dans la salle à manger, les vitraux continuent et les tableaux recommencent. On y reconnaît un Boucher, un Claude Vignon, etc. Les belles portes renaissance ont des serrures qui sont des bijoux de fer, le luxe le plus rare aujourd’hui.
Montez l’escalier ; les peintures y montent avec vous ; un chef-d’œuvre ou un gracieux visage vous sourit à chaque marche : voici un Fontenelle, par Rigaud ; une Sévigné, par Nanteuil ; une princesse de Lamballe, une Gabrielle d’Estrées, les duchesses de Guise et du Maine, la Nina Biancoletti, de Watteau, etc.
Le cabinet de M. Houssaye n’a qu’un Molière, - juste hommage du directeur de la Comédie-Française, - et un portrait par Mme Edmée de Brucy, l’élève la plus habile peut-être de Prud’hon.
Chez Mme Houssaye, voici Prud’hon lui-même dans un de ses meilleurs ouvrages, une étude de femme qi rappelle évidemment Mme Récamier.
Allons jusqu’à la lanterne de l’édifice, et nous verrons tout Paris se dérouler à nos pieds, depuis l’Arc-de-Triomphe jusqu’à la Bastille, et depuis les Invalides jusqu’aux sommets de Montmartre : tableau philosophique et poétique, sévère et doux à la fois pour l’écrivain qui contemple cette tempête humaine du haut de son ermitage noyé dans la verdure, au bruit du chant des merles et des rossignols. » [sic]
(P.-C. « Le Nouveau Paris. - Le Quartier Beaujon ». In Musée des familles. Paris, 1852-1853, t. X, p. 334-335) 
      
« Sur le point culminant de Beaujon, Arsène Houssaye avait autrefois un château de la Renaissance, pignon sur rue, donjon, tourelles, belvédère, jardin d’un arpent qui valait tout un parc, comme un in-32 contient tout un livre : pelouses ombragées de sycomores, allées de pommiers nains en fleurs blanches, kiosque gardé par les hibous [sic] et les merles, bouquets d’arbres de Judée, serre aux plantes tropicales, grotte de lierre, avec grenouilles, écrevisses, poissons rouges, haies rougies de fraisiers embaumants et rongées de tortues vagabondes. Ce château si coupable de poésie fut détruit par autorité de justice de la commune de Paris. Les édiles ont parlé ; il faut abattre le charmant séjour. Le propriétaire ne se consola qu’en bâtissant à deux pas un autre château, et en achetant un tableau de Léonard de Vinci. Cet autre édifice a sa face sur l’avenue Friedland ; Clésinger a sculpté au fronton une Diane à la biche. Un petit palais mauresque se profile à côté. Ainsi l’avenue Friedland a été fécondée entre la rue Lord-Byron et la rue Chateaubriand. »
(X. de Villarceaux. « Paris en 1867 ». In Revue du XIXe siècle. Paris, 1867, t. V, p. 433-434)

Arsène Houssaye fit construire aussi trois châteaux : 


en 1867 le château de Breuil, à Bruyères, près de la forêt de Lavergny, revendu en 1873 ; 


en 1876 le château de Valbon, à Vorges, où il installa sa compagne Anne-Ernestine Durand, dite « Diane de Foucault » ; 


en 1880 le château de Parisis, à Bruyères, où il écrivit Les Confessions. Souvenirs d’un demi-sècle, 1830-1880 (Paris, E. Dentu, 1885-1891, 6 vol. in-8). 

De gauche à droite : numéros 35, 37 et 39 avenue de Friedland

In L'Illustration, t. LIII, 1869, p. 153
Arsène Houssaye décéda des complications d’une grippe, le 26 février 1896, dans son hôtel particulier du 49 [i.e. 39] avenue de Friedland [VIIIe] :

« Entre la rue Balzac et la rue du Bel-Respiro [rue Arsène Houssaye], sur l’avenue Friedland, presqu’en face du petit palais rose tendre du duc de Brunswick, s’élève l’hôtel d’Arsène Houssaye, un charmant édifice renaissance, où l’art grec se marie à l’art français autant que le siècle de Périclès peut se marier au siècle de François Ier. L’Ictymes [i.e. Ictinos] en a été Arsène Houssaye lui-même, et Clesinger le Polyclète : Clesinger a sculpté au fronton une Diane qui n’aurait pas été déplacée dans l’olympe d’Anet.
Cette belle façade de style renaissance, a pourtant un style tout personnel ; c’est de la renaissance par intuition, ou de la renaissance nouvelle. Lorsque le soleil s’incline derrière l’arc de l’Etoile, ses rayons font ressortir vivement cette blanche façade, aux lignes simples et pures, qui n’attirent l’œil du passant que par la saillie de trois belles choses : la Diane du fronton, les cariatides qui supportent le balcon du premier étage, les amours qui coupent le cintre en saillie des fenêtres à meneaux finement sculptés.
La grande porte de l’hôtel s’ouvre sur un vestibule à la fois sévère et riant : colonnes doriques cannelées, stuc blanc ; a hauteur d’homme des peintures, branches de lauriers en fleurs, roses, tulipes et jacinthes idéales. Après les quatre colonnes, une niche de chaque côté, où veille un négrillon vénitien portant un plat en argent, deux Zamors qui regardent les lettres et n’envoient pas à l’échafaud comme a si bien dit Eugène Chapus en sa poétique description de l’hôtel dans le Sport.
On monte un escalier de marbre avec une rampe en fer ouvragé : déjà les portraits des anciens vous souhaitent la bienvenue. Sur le palier, deux colonnes Louis XVI, où rêvent deux admirables terres cuites, Louis XVI et Marie-Antoinette. On entre dans un petit salon long, on trouve sur la gauche une serre donnant sur le jardin, avec un buste de la princesse Mathilde ; à droite, on entre dans la galerie dont l’Illustration donne aujourd’hui le dessin général, grâce aux spirituels croquis de M. Riou, mis sur bois par M. Pauquet, qui, lui-même, a voulu dessiner sur nature. » [sic]
(Le marquis de Montferrat. « Les Mardis d’Arsène Houssaye ». In L’Illustration, t. LIII, 1869, p. 154)

          Henry Houssaye fit ses études en partie au lycée Napoléon [rue Clovis, Ve, lycée Henri IV] et les termina sous la direction particulière du poète Philoxène Boyer (1829-1867). Il se tourna d’abord vers la peinture, mais se voua bientôt tout entier à l’étude de l’antiquité grecque. Son début dans les lettres fut une Histoire d’Apelles (Paris, Didier & Cie, 1867, in-8). 

Henry Houssaye en tenue de sous-lieutenant de réserve au 28e régiment d'infanterie (1875)
In Carnet de la Sabretache n° 225-septembre 1911 p. 513
Il partit en Grèce en 1868, mais revint à la hâte pour servir en qualité d’officier au 4e bataillon des mobiles de la Seine et assister à la plupart des combats livrés sous Paris. En récompense de ses brillants services, particulièrement à la maison crénelée de Champigny [Val-de-Marne, 30 novembre 1870], il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 28 octobre 1871.

Eugénie Ritter
par Benjamin-Constant (1845-1902)
Photographie BnF
Le 27 octobre 1875, il épousa une américaine, Eugénie Ritter, née le 21 mai 1855 à Névada City [Californie, U.S.A.], demeurant 154 avenue des Champs Elysées, avec sa mère, Jennie Byam (1835-1907), veuve de William Ritter (1831-1865), riche homme d’affaires. Ses témoins furent deux hommes de lettres, Victor Hugo (1802-1885) et Paul de Saint-Victor (1827-1881).

Henry Houssaye quitta l’hôtel particulier de son père, avenue de Friedland, en 1880, pour habiter au 5 rue Léonard-de-Vinci [XVIe, ambassade de Serbie], du côté de l’avenue du bois de Boulogne. Il y revint de 1887 à 1904, puis déménagea 50 avenue Victor Hugo [XVIe], immeuble construit en 1890, 

L'immeuble du 161 avenue Victor Hugo, bâti en 1920,
qui a remplacé celui occupé par Henry Houssaye en 1911 (mai 2018)
avant de s’installer 161 avenue Victor Hugo [XVIe, détruit] en 1911.

Collaborateur assidu de la Revue des Deux Mondes et du Journal des débats, il réunit ses articles dans L’Art français depuis dix ans (Paris, Didier & Cie, 1882, in-18), Les Hommes et les Idées (Paris, Calmann Lévy, 1886, in-18). Il a écrit aussi sous le pseudonyme de Georges Werner dans la Revue du XIXe siècle et dans L’Artiste. Ses principaux ouvrages sont : Histoire d’Alcibiade et de la République athénienne, depuis la mort de Périclès jusqu’à l’avènement des trente tyrans (Paris, Didier & Cie, 1873, 2 vol. in-8), qui a obtenu le prix Thiers, de l’Académie française ; Le Premier Siège de Paris. An 52 avant l’ère chrétienne (Paris, H. Vaton, 1876, in-16) ; Athènes, Rome, Paris - L’Histoire et les Mœurs (Paris, Calmann Lévy, 1879, in-18) ; La Loi agraire à Sparte (Paris, Émile Perrin, 1884, in-8, extrait de l’Annuaire des études grecques) ; Aspasie, Cléopâtre, Théodora (Paris, Calmann Lévy, 1890, in-18) ; La Charge. Tableau de bataille (Paris, Perrin et Cie, 1894, in-12).

Photographie Expertissim
Mais c’est surtout dans ses travaux sur l’époque napoléonienne, que Henry Houssaye s’est révélé un historien, bien qu’il n’ait rien compris à l’œuvre de réparation entreprise par Louis XVIII et par Talleyrand au Congrès de Vienne : 1814 (Paris, Perrin et Cie, 1888, in-8), suivi des volumes intitulés 1815. La Seconde Abdication. La Terreur blanche, 1815. La Première Restauration. Le Retour de l’ile d’Elbe. Les Cent jours et 1815. Waterloo (Paris, Perrin et Cie, 1893-1899, 3 vol. in-8). Il a publié en outre une amusante fantaisie bibliographique, Napoléon le Grand par Victor Hugo (Paris, Henri Leclerc, 1902, in-4, extrait du Bulletin du bibliophile), et Napoléon homme de guerre (Paris, H. Daragon, 1904, in-16). Il a été élu membre de l’Académie française le 6 décembre 1894, par 28 voix sur 30 votants. Il occupa le fauteuil de Pierre Corneille (1606-1684), de Victor Hugo (1802-1885) et de Leconte de Lisle (1818-1894), dont il prononça l’éloge.
  
Membre de l’Association pour l’encouragement des études grecques en France depuis 1868, Henry Houssaye devint membre de la Société des Amis des livres en 1880 - vice-président en 1901 -, puis membre d’honneur de la Société Les Cent Bibliophiles, fondée en 1895. Il fut vice-président de la Société d’études d’histoire militaire La Sabretache à partir de 1897 et membre du comité de la Société française des Collectionneurs d’ex-libris.


Son ex-libris [50 x 45 mm] avait été dessiné en 1895 par Adolphe Giraldon (1855-1933) et tiré en noir sur papier blanc, en vert et en rouge sur papier doré : son portrait, entouré de « HENRY HOUSSAYE DE L’ACADEMIE FRANÇAISE • », surmonté de « EKTΩN BIBΛIΩN » [Ex libris].

« Fut-il un bibliophile dans toute la force du terme ? Doit-on le compter parmi ces amoureux passionnés du livre dont la vie est une perpétuelle chasse à l’exemplaire rarissime et qui caressent avec des mains tremblantes d’émotion le joyau typographique qu’ils viennent d’acquérir au poids de l’or ? Non, il ne porta point à ce sublime degré la tendresse pour le livre, d’abord parce qu’elle eut alors constitué pour lui une occupation terriblement absorbante et qu’un labeur acharné de dix heures par jour ne lui en eût pas laissé le loisir. Et puis, il n’avait pas un tempérament de collectionneur. Les êtres l’intéressaient plus que les choses et il donnait toutes les ressources de son activité à la vie, celle d’autrefois n’excluant pas celle d’aujourd’hui, car il s’intéressait à son temps, en observateur aussi bien qu’en homme éminemment sociable qui fréquente assidument dans le monde. Il cherchait avec un cœur trop ému et trop vibrant la vérité des grands faits de l’histoire pour éprouver un attrait bien puissant à fureter patiemment dans les boites vertes des bouquinistes des quais, à la façon d’un Xavier Marmier. Mais il n’était resté étranger à aucune forme d’art et une belle impression, une reliure de maître, une vignette finement burinée le séduisaient par la part de beauté qu’elles contenaient plus que par leur rareté. S’il ne cherchait pas par habitude d’existence, il ne manquait jamais de remarquer la perle parmi le sable ou la vase, lorsque le hasard favorable la mettait sur son chemin. Il la jugeait en fin connaisseur, s’entendait à en retrouver les origines et en faisait l’emplette pour la mettre en bonne place parmi les plus nobles ornements de sa bibliothèque. »
(Louis Sonolet. « Henry Houssaye bibliophile ». In Catalogue de la bibliothèque de M. Henry Houssaye. Paris, Librairie Damascène Morgand, Édouard Rahir successeur, 1912, Première partie, p. III)

Henry Houssaye est l’auteur d’un texte sur « L’Amour des livres et la Folie du livre » :

« On commence par aimer les livres uniquement pour ce qu’ils sont. On lit les chefs-d’œuvre et les demi-chefs-d’œuvre dans des volumes à trois francs, voire même à un franc. On les relit, on se promet de les relire encore. Pour conserver, et aussi pour honorer ces livres, on les fait relier, - très mal d’abord ! Ces humbles volumes sont le noyau de la bibliothèque. Puis on s’arrête devant l’étalage des bouquinistes en plein vent. On trouve là quelques livres anciens, intéressants, qu’on n’avait pas lus. On les achète. On a déjà deux ou trois cents volumes sur ses rayons. Si l’on continue ainsi, on aura la bibliothèque d’un lettré, - celle d’un érudit, au cas où l’on s’attacherait à une spécialité. Si, au contraire, on est prédestiné, marqué pour la bibliophilie, une transformation s’opère. On ne s’en tient plus aux parapets des quais, on entre chez les libraires en boutique, on fait de longues haltes devant les vitrines rutilantes des grands bouquinistes des passages, on pénètre timidement dans ces terres promises, on va aux ventes, on lit les catalogues et les manuels, on demande des conseils que l’on suit plus ou moins. On fait bien des écoles ; on achète à tort et à travers, et sans y regarder de trop près, les Elzeviers rognés à la marge, les poètes du XVIe siècle roussis et piqués, les prosateurs du XVIIe siècle outrageusement lavés, les livres à figures de second tirage, les gothiques incomplets, les romantiques maculés, les maroquins anciens à coiffes brisées, à coins écornés, à plats éraillés, les reliures armoriées salies ou remboîtées. Peu à peu pourtant, le goût se forme et s’épure. On possède par hasard quelques exemplaires irréprochables ; on les compare avec ses autres livres et l’on devient tout confus. On se débarrasse des volumes qu’il y a un an encore on considérait comme joyaux inestimables, on devient difficile, on n’achète plus qu’à bon escient. Mais en même temps que le goût se raffine, il dévie. La curiosité se mêle à l’amour du livre. On achetait jadis les livres pour les lire, on les achète pour les posséder. On voulait un bon texte dans une belle édition, ornée de belles gravures, et dans un bel exemplaire revêtu d’une belle reliure. On ne demande plus que la belle édition, les belles gravures, le bel exemplaire, la belle reliure ; pour le bon texte, on n’en a cure. […]. C’est la folie qui commence. »
(In Le Livre. Bibliographie rétrospective. Paris, A. Quantin et Octave Uzanne, 1883, p. 241-248)

Malade, Henry Houssaye finit par succomber au mal qui l’étreignait depuis deux ans et mourut le 23 septembre 1911, au 161 avenue Victor Hugo. Ses obsèques eurent lieu le 27 septembre 1911 en l’église Saint-Honoré-d’Eylau. 


Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise [Division 4].
Il avait exprimé dans ses dernières dispositions le désir qu’un médaillon de lui fût frappé à un petit nombre d’exemplaires, d’après le portrait existant chez son éditeur Paul Perrin : il priait sa femme d’en donner au Musée du Luxembourg, à la Bibliothèque de l’Institut, au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale et à ses meilleurs amis. Madame Houssaye eut la touchante pensée d’offrir l’un de ces médaillons à la Sabretache.

De sa bibliothèque, en partie héritée de son père, les livres concernant la Révolution, l’Empire et la Restauration, et les ouvrages sur l’histoire militaire furent cédés à la Fondation Thiers [Bibliothèque Thiers, 27 place Saint-Georges, IXe], créée en 1893, annexe de la Bibliothèque de l’Institut de France.


La deuxième partie du reste fut vendue à l’Hôtel des commissaires-priseurs, 9 rue Drouot, salle n° 7 au premier, le mercredi 1er mai 1912 : Catalogue de la bibliothèque de M. Henry Houssaye, membre de l’Académie française, vice-président de la Société des Amis des livres. Deuxième partie (Paris, Librairie Damascène Morgand, Édouard Rahir successeur, 1912, in-8, 37-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p., 270 lots [chiffés 578-847]), dont Théologie-Jurisprudence-Philosophie [13 lots = 4,81 %], Sciences [3 lots = 1,11 %], Beaux Arts [55 lots = 20,37 %], Arts divers [5 lots = 1,85 %], Littérature [43 lots = 15,92 %], Histoire [151 lots = 55,92 %]. Bons livres anciens et modernes, particulièrement sur la littérature et l’histoire ; ouvrages sur les beaux-arts et l’archéologie.


Suivit la vente de la première partie, du jeudi 2 au samedi 4 mai 1912, en 3 vacations : Catalogue de la bibliothèque de M. Henry Houssaye, membre de l’Académie française, vice-président de la Société des Amis des livres. Première partie (Paris, Librairie Damascène Morgand, Édouard Rahir successeur, 1912, in-8, [6]-IX-[1]-107-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p., 577 lots), dont Théologie [19 lots = 3,29 %], Jurisprudence [8 lots = 1,38 %], Sciences et Arts [36 lots = 6,23 %], Belles Lettres [152 lots = 26,34 %], Histoire [77 lots = 13,34 %], Livres modernes [285 lots = 49,39 %].


2. Novum Testamentum. Ex Bibliotheca Regia. Lutetiæ, ex officina Roberti Stephani, 1568- 1569, 2 part. en 1 vol. in-16, mar. rouge, dos orné, fil. à froid et bandes d’ornements dorés, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Des bibliothèques de Solar et de La Roche Lacarelle.
4. L’Office de la Semaine Sainte, selon le missel & le bréviaire romain. Paris, Libraires associés, 1671, in-12, réglé, fig., mar. rouge, dos et plats ornés d’un semis de chiffres et de fleurs de lis, tr. dor (Rel. anc.). Aux armes de Philippe d’Orléans Régent.
11. Apologétique de Tertulien, ou Défense des premiers Chrétiens contre les calomnies des Gentils. Paris, Jacques Collombat, 1715, seconde édition, in-12, mar. rouge, dos orné, pet. dent., tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque de Lignerolles.
24. Ordonnance de Louis XIV, roi de France et de Navarre, pour les matières criminelles. Paris, 1738, in-24, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Armes de La Vieuville sur le dos et aux angles des plats.
26. Dictionnaire raisonné des lois pénales de France. Paris, Garnery, 1811, 3 vol. in-8, mar. rouge à grains longs, dos orné, dent., tabis, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Cambacérès, duc de Parme.


29. Le Diogène françois tiré du grec. Lyon, J. A. Huguetan, 1601, in-8, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque de Le Riche.
30. Les Divins Oracles de Zoroastre, ancien philosophe grec. Paris, Impr. de Philippe Danfrie et Richard Breton, 1558, pet. in-8, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Caractères de civilité. Des bibliothèques de La Vallière et de Nodier.
40. Les Caractères de Théophraste traduits du grec. Paris, E. Michallet, 1688, in-12, mar. rouge jans., tr. dor. (Cuzin). De la bibliothèque de Guy-Pellion.
44. La Civilité puérile. Lyon, Hugues Gazeau, 1609, in-16, vélin. De la bibliothèque de Eugène Paillet.
50. Les Ordonnances militaires du Roy. Paris, Fr. Léonard, 1707, in-12, mar. rouge, dos orné, pet. dent., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de J. Ph. Bernard, marquis de Cordouan.


51. Manuel militaire, ou l’Art de vaincre par l’épée. Paris et Versailles, 1775, in-12, mar. rouge, fil., dos et coins fleurdelisés, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du duc de Noailles.
52. La Science des postes militaires, ou Traité des fortifications de campagne. Paris, Desaint et Saillant, 1759, in-12, 10 pl., mar. vert, fil., dos et coins fleurdelisés, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du prince de Conti.


Exemplaire de Henry Houssaye
Librairie Hellmut Schumann, Zurich : 10.380 €
56. La Marine des anciens peuples. Paris, Nyon Aîné et Stoupe, 1777, in-8, 6 pl. par Sellier, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes du chancelier Hue de Miromesnil.
58. Traité du beau. Amsterdam, Fr. L’Honoré, 1715, in-12, pl., veau marbré, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux insignes de Longepierre, sur le dos et les plats.
62. Dialogue sur la musique des anciens. Paris, Veuve Pissot, 1735, in-12, pl., veau. Aux armes de Matignon, pair de France. Exemplaire de Sainte-Beuve.

Photographie Biblioteca Digital memoriademadrid
67. Julii Pollucis Onomasticon, decem libris constans. Francofurti, apud Cl. Marnium, 1608, in-4, mar. bleu, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes et chiffre de Charles de Valois, duc d’Angoulême, fils naturel de Charles IX et de Marie Touchet.
71. Traité de la grammaire françoise. Paris, J. B. Coignard, 1705, in-4, mar. rouge, dos orné, fil. et coins ornés, tr. dor. (Rel. anc.). Ex-libris de Saporta.
73. Traicté de la conformité du langage françois avec le grec. Paris, Robert Estienne, 1569, pet. in-8, mar. vert jans., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). De la bibliothèque de Lignerolles.
81. Des mots à la mode et des nouvelles façons de parler. La Haye, A. Troyel, 1693, pet. in-12, mar. bleu, fil. à froid, tr. dor. (Duru). Aux armes du baron Pichon. Ex-libris de Charles Cousin.


85. Demosthenis orationes duæ et sexaginta. Venise, Alde, 1504, 2 part. en 1 vol. in-4, ais de bois recouverts de mar. citron, dos orné à froid, comp. de fil. dorés et à froid, fermoirs (Rel. anc.). Des bibliothèques de Giraud et de Guy-Pellion.

Exemplaire de Henry Houssaye
Paris, Sotheby's, 6 Nnovembre 2014 : 1.125 €
88. Les Quatre Poétiques : d’Aristote, d’Horace, de Vida, de Despréaux, avec les traductions et des remarques par M. l’abbé Batteux. Paris, Saillant et Nyon, 1771, 2 vol. in-8, front. de Cochin, mar. vert, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.).


92. Pindari Olympia, Pythia, Nemea, Isthmia. Antverpiæ, ex off. Chr. Plantini, 1567, 2 part. en 1 vol. in-16, réglé, mar. rouge, fil. à froid, doublé de mar. rouge, dent., tr. dor. (Boyet). De la bibliothèque de Lamoignon.
105. Nouvelle traduction des Epîtres d’Ovide en vers françois. Bruxelles, G. de Backer, 1736, 3 part. en 1 vol. in-12, veau fauve, dos orné, fil. (Rel. anc.). Aux armes de la Pompadour.
111. Choix de poésies, traduites du grec, du latin et de l’italien. Londres, [Cazin], 1786, 2 vol. in-18, mar. brun, dos orné, comp. de fil., doublures et gardes en tabis rose, tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque de Emmanuel Martin.


113. Les Lunettes des princes. Paris, Galliot du Pré, 1528, pet. in-8, mar. rouge, dos orné, riches comp. de filets autour des plats, doublé de mar. bleu, fil., gardes en tabis bleu, tr. dor. (Lortic). De la bibliothèque de A. Firmin-Didot.


116. Les Œuvres françoises de Joachim du Bellay. Paris, Fédéric Morel, 1574, in-8, veau fauve, dos orné, fil. et milieux (Rel. anc.). De la bibliothèque de Guyot de Villeneuve.


126. Les Épistres en vers et autres Œuvres poétiques de Mr de Bois-Robert-Métel. Paris, Aug. Courbé, 1659, in-8, mar. rouge, dos orné, double rangée de fil., tr. dor. (Rel. anc.). Ex-libris de J. Janin.

Photographie BnF
127. Les Œuvres du sieur de Saint-Amant. Paris, Robert Estienne, 1629, in-4, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de la comtesse de Verrue, sur le dos et les plats. Des bibliothèques de H. de Fourcy, La Roche Lacarelle et J. Pichon.
137. Odes de M. de La Motte, de l’Académie françoise. Paris, G. Dupuis, 1711, 2 vol. pet. in-8, front., mar. vert, dos orné, dent., tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque La Bédoyère.
151. Recueil de nouvelles poésies galantes, critiques, latines et françoises. Londres, s. d. [1740], 2 part. en 1 vol. in-12, mar. rouge, coins ornés, tr. dor. (Hardy). Ex-libris Lebarbier de Tinan.


Exemplaire de Henry Houssaye
Paris, Christie's, 3 novembre 2015 : 12.500 €

155. Der Glucklichste Fruhling fur den unschatzbaren flor des franzosischen lilien-gartens [Le Très Heureux Printemps de l’inestimable floraison du jardin des lys françois]. Strasbourg, J. H. Heitz, 1770, pet. in-4, vign., velours bleu, dent. en fils argentés autour des plats, doublé en soie blanche, tr. dor. (Rel. anc.). Imprimé sur soie, aux armes de Marie-Antoinette, Dauphine, en or sur le premier feuillet de garde.

Exemplaire de Henry Houssaye
Alde, 14 novembre 2017 : 1.000 €

175. Les Amours de Clytophon et de Leucippe. Paris, T. Quinet, 1635, pet. in-8, front. et fig., mar. bleu, dos orné, fil., tr. dor. Aux armes de la comtesse de Verrue. Ex-libris A. Firmin-Didot.

Exemplaire de Henry Houssaye
Bruxelles, Ferrraton, 6 mars 2010

178. Œuvres de Maistre François Rabelais, docteur en médecine. Lion, Pierre Estiart, 1571, 3 part. en 1 vol. in-16, mar. citron, dos orné, milieux dorés et mosaïqués, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). De la bibliothèque Lignerolles.
186. Entretiens des cheminées de Paris [par Laurent Bordelon]. La Haye, Pierre de Hondt, 1736, pet. in-8, mar. bleu jans., non rogné (Chambolle-Duru). De la bibliothèque Béhague.


188. Acajou et Zirphile. Minutie [Paris], 1744, in-12, fig. de Boucher, mar. vert, dos orné, fil., tr. dor. (Capé). De la bibliothèque Béhague.

Exemplaire de Henry Houssaye
Drouot, 20 mars 2014 : 1.200 €

192. Tableaux de la vie, ou les Mœurs du dix-huitième siècle [par Rétif de la Bretonne]. Neuwied sur le Rhin, s. d. [1787], 2 vol. in-12, fig., veau marbré, fil. (Rel. anc.). Ex-libris O. Uzanne.


194. Le Decameron de Jean Boccace. Londres [Paris], 1757-1761, 5 vol. in-8, portr., titres gravés et fig., mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque Guy-Pellion.


195. Le Nouveau Gulliver, ou Voyage de Jean Gulliver, fils du capitaine Gulliver [par Guyot Desfontaines]. Amsterdam, 1730, 2 tomes en 1 vol. in-12, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Ex-libris de La Roche Lacarelle.


196. Traduction entière de Pétrone. Cologne [Paris], P. Groth, 1694, 2 vol. in-12, mar. rouge, dos orné, double rangée de fil., tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque du baron Pichon.



199. Henri Corneille Agrippa de Nettesheim, sur la noblesse, & excellence du sexe féminin. Leiden, Th. Haak, 1726, 3 vol. in-12, front. et portr., mar. vert, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Ex-libris de J. Van Schinne, G. de Pixerécourt, comte de La Bédoyère, baron de La Roche Lacarelle et St. de Guaita.
200. Alphabet de l’imperfection et malice des femmes. Rouen, M. Brocard, 1666, in-12, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque Lebarbier de Tinan.
205. Le Secrétaire à la mode, par le sieur de La Serre. Amsterdam, Louis Elzevier, 1646, 2 part. en 1 vol. pet. in-12, front., mar. bleu, dos orné, fil., tr. dor. (Cuzin). Aux armes du comte de Lagondie.
209. Les Épistres morales du sieur de Luzy. Rouen, Adam Mallassis, 1604, 2 part. en 1 vol. pet. in-12, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Lortic). Ex-libris et marque de Poulet-Malassis sur les plats.

Exemplaire de Henry Houssaye
213. Nouvelles Œuvres meslées de Monsieur de Saint-Évremont [sic]. Paris, Vve de Cl. Barbin, 1700, in-12, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Portrait de l’auteur ajouté.


227. Abrégé de l’Histoire romaine. Paris, Nyon, 1789, in-4, front. et fig., veau fauve, fil., tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque de H. Destailleur.


230. Discours politiques de Machiavel, sur la I. décade de Tite Live. Amsterdam, H. Desbordes, 1691, 1 tome en 2 vol. in-12, mar. bleu, dos orné, fil. à froid, tr. dor. (Rel. anc.). Aux chiffres sur les dos et armes sur les plats de Crémeaux d’Entragues, avec son ex-libris.


231. Œuvres de Salluste. Paris, Brunot-Labbe, 1809, 2 tomes en 1 vol. in-12, mar. rouge à grains longs, dos orné, pet. dent., tr. dor. (Gaudreau). Aux armes de Napoléon Ier. Gaudreau avait été le relieur de Marie-Antoinette.


238. Explication abrégée des coutumes et cérémonies observées chez les Romains. Paris, Desaint, 1741, in-12, veau. Aux armes du duc de Richelieu. Ex-libris de J. Janin.


242. Recueil de diverses pièces servant à l’histoire de Henry III, roi de France et de Pologne. Cologne, Pierre du Marteau, 1666, in-12, mar. rouge, dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Mérard de Saint-Just.


244. Le Tableau de la vie et du gouvernement de Messieurs les cardinaux Richelieu et Mazarin, et de Monsieur Colbert. Cologne, P. Marteau [Hollande], 1694, in-12, mar. rouge, dos orné, dent., tr. dor. (Rel. anc.). De la bibliothèque de A. Audenet.


245. Histoire de Madame Henriette d’Angleterre, première femme de Philippe de France, duc d’Orléans. Amsterdam, 1720, in-12, veau fauve, dos orné, fil. (Rel. anc.). Aux armes du comte d’Hoym.


280. Relation de l’establissement de la Compagnie françoise, pour le commerce des Indes orientales. Paris, Cramoisy, 1665, in-4, mar. rouge, dos orné, double rangée de fil., tr. dor. (Duseuil). Aux armes de J. B. Colbert de Seignelay.

Exemplaire de Henry Houssaye
Librairie Bonnefoi, Paris : 2.500 €
388. Houssaye (Henry). Histoire d’Alcibiade et de la République athénienne, depuis la mort de Périclès jusqu’à l’avènement des trente Tyrans. Paris, Didier et Cie, 1873, 2 vol. in-8, front., mar. rouge, dos orné, comp. de fil. avec fleurons, tr. dor., couv. (Champs). 1 des 2 ex. sur pap. de Chine. Ex. de l’auteur avec un dessin par Nargeot et 60 lettres autographes. Prix Thiers 1874.

Exemplaire de Henry Houssaye
389. Histoire d’Apelles. Paris, Didier et Cie, 1867, in-8, front., mar. bleu, dos orné, fil., tr. dor., couv. (Ch. Meunier). Ex. de l’auteur sur pap. de Hollande. On a joint 30 lettres autographes de ceux à qui l’auteur avait envoyé son livre.


Exemplaire de Henry Houssaye
Drouot, 1 juin 2016 : 33.020 €
504. Cros (Ch.). Le Fleuve. 8 eaux-fortes d’Édouard Manet. Paris, s. d. [1874], in-4, fig., cart. en soie, non rogné, couv. (Pierson). Tirage 100 ex. numérotés et signés par les auteurs. Exemplaire de Charles Cros.

Exemplaire de Henry Houssaye
Librairie Sébastien Vatinel
 577. Wordsworth. La Grèce pittoresque et historique. Traduction de M. E. Regnault. Ill. sur acier et sur bois. Paris, L. Curmer, 1841, gr. in-8, fig., demi-rel. mar. vert, dos orné, ébarbé (Petit). Premier tirage.

En 1922, les deux hôtels particuliers de l’avenue de Friedland – l’un mauresque au n° 37, l’autre Renaissance au n° 39 -, ayant appartenu à Arsène Houssaye, furent mis en adjudication, puis détruits en 1924. Eugénie Ritter, qui tenait à être appelée « comtesse Henry Houssaye », mourut le 21 août 1928, au 161 avenue Victor Hugo.















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