mercredi 27 juillet 2016

Philippe Durand de Lançon (1786-1869), « bibliophile selon la vraie science » *

* Baron de Reiffenberg (Annuaire de la Bibliothèque royale de Belgique. Bruxelles et Leipzig, C. Muquardt, 1850, p. 212)
          


Château de Tichémont


Le 26 novembre 1853, est décédé au château de Tichémont, écart de Giraumont [Meurthe-et-Moselle], François-Benoît-Charles-Pantaléon Durand, né à Metz le 20 janvier 1765, veuf de dame Anne-Charlotte Lançon (1765-1851), fille unique de Pierre-Philippe-Clément Lançon (1732-1799), seigneur de Sainte-Catherine [Moselle], conseiller du Roi et son procureur général au Parlement de Metz, qu’il avait épousée à Metz, le 5 juillet 1785. Ils avaient eu sept enfants. La terre de Tichémont était passée entre leurs mains le 6 prairial An XI [26 mai 1803].

Arbre généalogique simplifié


Durand de Tichémont appartenait à l’une des plus anciennes familles du pays, originaire de Commercy [Meuse], au XVe siècle. 

Château de Distroff (rasé en 1985)


Son arrière-grand-père avait reconstitué l’intégralité de la seigneurie de Distroff [Moselle], cédée à la France par le Luxembourg, en 1659.
Durand de Tichémont était entré aux pages de Monsieur, frère du Roi [futur Louis XVIII] et en était sorti officier au régiment de dragons de ce prince. Sur les conseils de ses parents, il fit son droit à Strasbourg [Bas-Rhin], puis fut reçu avocat général au Parlement de Metz, le 4 décembre 1786. La suppression des Cours souveraines, en 1790, interrompit sa carrière dans la magistrature.  
Il devint maire de sa ville natale en l’An IX ; commissaire du gouvernement près le Conseil des prises, en 1800 ; chef de la 22e Conservation forestière, de 1801 à 1815 ; député de Sarreguemines [Moselle], en 1823 ; créé officier de la Légion d’honneur en 1825, et réélu député par le Grand Collège de la Moselle, en 1827. Elu de nouveau par la ville de Metz en 1831, il ne se représenta pas l’année suivante et renonça à la vie politique, préférant des occupations agronomiques.

Vierge allaitante (XVe s.)
Eglise Saint-Martin, Metz


Son fils aîné, Pierre-Philippe-Clément Durand, était né à Metz [Moselle], le 21 mai 1786, et avait été baptisé le lendemain en l’église Saint-Martin.
Devenu receveur particulier des Finances, Philippe Durand épousa, à Paris, Jeanne-Antoinette-Palmyre Tempier (1800-1866), fille de Charles Tempier et d’Antoinette-Adélaïde Moynier.
Il prit quelque liberté avec l’ordonnance royale du 4 novembre 1818, qui ne l’autorisait qu’à ajouter à son nom celui de sa mère, sans particule.
Durand de Lançon exerça successivement à Lure [Haute-Saône] de 1825 à 1831, à Coutances [Manche] de 1832 à 1837, de nouveau à Lure de 1838 à 1842, et à Béthune [Pas-de-Calais] de 1843 à 1856.
Après avoir pris sa retraite, il demeura à Pont-à-Mousson [Meurthe-et-Moselle] en 1858 et 1859, puis à Heugnes [Indre] en 1860, à Choisy-le-Roi [Val-de-Marne] de 1861 à 1864 et à Lignières [Cher], où décéda son épouse, le 29 mai 1866.

Eglise Saint-Martin et Saint-Roch, Ids-Saint-Roch


Durand de Lançon mourut le 23 novembre 1869, à La Gonnerie, commune d’Ids-Saint-Roch [Cher], chez son fils Charles-Alphonse Durand de Lançon. Celui-ci, né à Lure [Haute-Saône] le 30 mai 1828, s’était marié le 11 novembre 1852 à Morlac [Cher], avec sa cousine germaine Catherine-Delphine-Pauline Durand, née à Couddes [Loir-et-Cher] le 19 mai 1830, qui lui avait donné six enfants ; capitaine de la Garde nationale mobile du département du Cher, il fut blessé le 9 janvier 1871, à la bataille de Villersexel [Haute-Saône], et décéda des suites de ses blessures, le 19 janvier 1871, à Rougemont [Doubs]. 

Membre fondateur de la Société des Bibliophiles français, le 1er janvier 1820, Philippe Durand de Lançon avait été élu membre de la Société de l’Histoire de France le 8 janvier 1838, présenté par le marquis de Fortia. Il avait démissionné de la Société des Bibliophiles français le 2 août 1844, et avait été remplacé par la vicomtesse de Noailles, le 17 juin 1846.

Il avait édité des « Lettres de Leibniz au P. Malebranche et au P. Lelong » (88 p.), dans les Mélanges publiés par la Société des Bibliophiles français (Paris, Imprimerie de Firmin Didot, 1820, in-8), 



Moralité de Mundus, Caro, Demonia. - Farce des deux savetiers (Paris, Imprimerie de Firmin Didot, 1827, in-4, [15] f., caractères gothiques, 2 gravures sur bois, 100 ex. numérotés, dont 4 sur vélin, 4 sur papier vélin anglais, 2 sur papier de couleur), 



Complainte et enseignements de Françoys Garin (Paris, Silvestre, Imprimerie de Crapelet, 1832, in-4, [2]-10 p.-XLI f.-[1]-[1 bl.] p., caractères gothiques, 1 gravure sur bois, 100 ex. numérotés, dont 1 sur vélin, 10 sur papier vélin anglais, 89 sur papier de Hollande),  



L’Histoire tragique de la Pucelle d’Orléans, par le P. Fronton du Duc, représentée à Pont-à-Mousson, le VII sept. M. D. LXXX, devant Charles III, duc de Lorraine, et publiée en M. D. LXXXI par J. Barnet (Pont-à-Mousson, Imprimerie de P. Toussaint, 1859, in-4, [28]-102-[5]-[1 bl.] p., 105 exemplaires, dont les 15 premiers sur papier d’Annonay supérieur).

En 1828, l’abbé Vital Chouvy (1752-1835), professeur d’histoire à Lyon, avait confié à Durand de Lançon, trois volumes d’œuvres manuscrites de Simon Chardon de La Rochette (1753-1824), pour les publier, en vain.



La bibliothèque de Durand de Lançon fut vendue à la Maison Silvestre, en 3 vacations, du lundi 30 mai au mercredi 1er juin 1870 : Catalogue de livres rares et curieux, opuscules tirés à petit nombre, ouvrages de bibliographie et d’histoire, dépendant de la succession de feu M. Ph. Durand de Lançon, ancien membre de la Société des Bibliophiles français (Paris, A. Claudin, 1870, in-8, 56 p., 563 lots [numéros 80 et 91 absents]).

Théologie et Histoire des religions [15 lots = 2,66 %], Jurisprudence [9 lots = 1,59 %], Sciences et Arts [65 lots = 11,54 %], Belles-Lettres [194 lots = 34,45 %], Histoire [268 lots = 47,60 %], Œuvres des polygraphes, Mélanges curieux [11 lots = 1,95 %]. Seuls 169 lots [30,01 %] sont des livres antérieurs à 1800, dont un manuscrit du XVIIIe siècle [n° 49], et les tirés à part et tirages à petit nombre du XIXe siècle sont nombreux.

La « Bibliographie » [numéros 417 à 525] compte 109 lots, soit 19,36 % du total de la vente.
Dans la « Bibliographie », les « Catalogues » [numéros 479 à 525] comptent 47 lots, représentant 8,34 % du total de la vente, dont les catalogues de Bluet (1667), Giraud (1707), Longuerue (1735), Hoym (1738), Lancelot (1748), Floncel (1774), Le Tellier (1782), Sarolea (1785), Bolongaro-Crevenna (1793), Patu de Mello (1799), Mercier de Saint-Léger (An VIII), Bonnier (1800), Duquesnoy (1803), Servais (1808), Naigeon (1810), Ourches (1811), Chardin (1811), Van Bavière (1816), Galitzin (1820), Morel-Vindé (1822), Langlès (1825), Duriez (1827), Van de Velde (1831), Courcelles (1834), La Bédoyère (1837), Libri (1847), Coste (1853).















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