![]() |
| Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears (1988), avec Glenn Close, John Malkovich et Michelle Pfeiffer |
La famille du Cup ou Ducup, dont les armes sont « D’azur à une bande d’or, accompagnée de deux étoiles d’argent », surmontées d’une couronne de marquis et supportées par deux lions, appartient à la noblesse du Languedoc et du Roussillon.
L’auteur
de la branche à laquelle appartient Henri Ducup de Saint-Paul (1878-1958), fut
Étienne Ducup, seigneur de La Bastide RougePeyre [Pennautier, Aude], entre la
Montagne Noire et la cité historique de Carcassonne. Baptisé le 25 août 1586 en
l’église Saint-Vincent de Carcassonne, il épousa Claire de Castaing le 5
octobre 1609 à Castelnaudary [Aude] et fut conseiller au présidial de
Carcassonne.
![]() |
| Cité médiévale de Carcassonne |
Son
fils Jean Ducup, seigneur de Salvaza [3 km à
l’ouest de Carcassonne], baptisé le 8 août 1621 en l’église Saint-Michel de
Carcassonne, épousa, le 16 septembre 1641 en l’église Saint-Martin-de-Jaur de
Saint-Pons-de-Thomières [Hérault], Marquise d’Augier, qui fut inhumée aux
Cordeliers le 12 décembre 1680 à l’âge de 60 ans. Conseiller au présidial de
Carcassonne, il mourut en cette ville le 2 août 1686.
Son petit-fils, Pierre-François Ducup, seigneur de Salvaza, né au mois de mars 1644, fut baptisé en l’église Saint-Michel de Carcassonne le 6 janvier 1646. Le 2 février 1672, il épousa Antoinette de Rivals qui mourut à l’âge de 30 ans environ le 26 décembre 1686 et qui fut inhumée le lendemain en l’église des Cordeliers ; le 17 février 1688, en l’église Saint-Vincent, il épousa Françoise de Massia qui mourut le 10 novembre 1717 et qui fut inhumée le lendemain en l’église des Cordeliers. Conseiller au présidial de Carcassonne, il mourut en cette ville le 29 janvier 1728 et fut inhumé le lendemain en l’église des Cordeliers.
Trois des fils de ce dernier, Joseph et
Jean-Jacques, nés du premier lit, et Paul, né du second lit, furent les auteurs
de trois rameaux.
L’auteur du troisième rameau, Paul Ducup,
né à Carcassonne le 26 février 1689 et baptisé en l’église Saint-Vincent le 4
mars, eut en partage la seigneurie de Saint-Paul, située dans les environs de
cette ville. Il épousa, le 16 février 1713 en l’église Saint-Michel, Marie-Jeanne
de La Porte, fille d’un conseiller en la sénéchaussée de Carcassonne, qui
mourut à l’âge de 58 ans le 8 décembre 1753 er qui fut inhumée le lendemain au
cimetière de la paroisse Saint-Michel.

Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame-de-la-Réal, à Perpignan
Son fils, Pierre-François Ducup de
Saint-Paul, né à Carcassonne en 1714, capitaine au régiment de
Boulonnais-Infanterie, vint se fixer à Perpignan [Pyrénées-Orientales]
après le mariage qu’il contracta, en l’église Notre-Dame-de-la-Réal le 10
février 1746, avec Marguerite-Jeanne-Gertrude Maris, née à Perpignan le 4 août
1718 et baptisée en l’église Notre-Dame-de-la-Réal, veuve d’Albert de Collarès,
avocat en la Cour. Il mourut à Perpignan le 18 février 1766, âgé de 51 ans, et
fut inhumé le lendemain au milieu de la nef de l’église
Notre-Dame-de-la-Réal. Sa veuve décéda à Perpignan le 5 brumaire An XI [27
octobre 1802].
Son fils aîné, Paul-François-Narcisse
Ducup de Saint-Paul, né à Perpignan, marié le 24 janvier 1774 à Marie d’Esprer
[Asprer], en l’église de Millas [Pyrénées-Orientales], est décédé veuf à
Perpignan, 6 rue de la Vieille Intendance, le 13 novembre 1828, âgé de 82 ans.
Le 18 janvier 1775 est né à Perpignan
Pierre-Antoine-Jacques-Marie-Raymond Ducup de Saint-Paul, qui fut baptisé le
jour même en l’église Notre-Dame-de-la-Réal. Le 30 fructidor An XIII [17
septembre 1805], à Perpignan, il épousa Marie-Thérèse-Magdelaine-Joseph-Colette
Lucia, née à Perpignan le 6 mars 1775. Il décéda à Port-Vendres
[Pyrénées-Orientales] le 9 avril 1835. Sa veuve mourut le 29 septembre 1851, à
Perpignan, en son domicile, rue de la Fusterie.
Leur fils, Paul Ducup de Saint-Paul, né à Perpignan le 15 janvier 1808 et décédé le 21 septembre 1854 à Bagnères-de-Bigorre [Hautes Pyrénées], à l’hôtel du Grand Soleil [hôtel de la Paix], rue de Tarbes [9 rue de la République], avait eu de Thérèse-Isabeau Baillot, née à Elne [Pyrénées-Orientales] le 11 messidor An XII [30 juin 1804], Victor-Charles-Paul Baillot, né à Perpignan, 10 rue des Écoles Vieilles, le 30 septembre 1841.
![]() |
| Victor-Charles-Paul Baillot-Ducup de Saint-Paul |
Élève à l’École Polytechnique en 1861, puis à l’École d’Application de l’artillerie et du génie en 1863, il fut autorisé, par jugement du tribunal civil de Perpignan en date du 3 avril 1867, à s’appeler Baillot-Ducup de Saint-Paul.
![]() |
| Camille-Léonie-Madeleine Bardou |
Il fit la campagne contre l’Allemagne en 1870-1871, épousa, le 11 avril 1877 à Perpignan, Camille-Léonie-Madeleine Bardou, née le 6 février 1858 à Perpignan, au moulin dit « del Fuster », fille d’un fabricant de papier à cigarettes, dit « papier JOB », qui lui fit construire, de 1890 à 1892, le château du parc Ducup.
Chef d’escadron sous-directeur d’artillerie à Toulouse [Haute-Garonne], il prit sa retraite en 1891. Chevalier de la Légion d’honneur en 1870, officier en 1890, il mourut à Perpignan le 11 septembre 1909, route du Soler, parc Ducup, et fut inhumé au cimetière Saint-Martin.
![]() |
| Tombe de Victor-Charles-Paul Baillot-Ducup de Saint-Paul Cimetière Saint-Martin, à Perpignan |
Sa veuve, Camille Bardou, mourut à Perpignan le 3 mars 1934. Sa mère, Thérèse-Isabeau Baillot, était décédée à Perpignan, 17 rue du Pressoir, le 17 avril 1895.
Léon-Pierre-Henri Ducup de Saint-Paul est
né le 23 novembre 1878, avenue de la Croix Morel [avenue de la Grande-Bretagne],
maison Lamothe, à Clermont-Ferrand [Puy-de-Dôme], où son père était alors
capitaine au 36e d’artillerie. Juge suppléant au tribunal de
première instance de Lille [Nord], il épousa, le 14 janvier 1908 à Paris [XVIIe],
Maria del Carmen-Victoria Suquet, fille de médecin, née le 6 juin 1888 à
Épinay-sur-Seine [Seine-Saint-Denis], 8 avenue de Paris, qui mourut à Perpignan
le 5 avril 1986. Devenu substitut du procureur de la République à Foix
[Ariège], il y décéda le 16 décembre 1958.
Henri Ducup de Saint-Paul est l’auteur
d’un « Essai bibliographique sur les deux véritables éditions originales
des “ Liaisons dangereuses ” de Choderlos de Laclos et sur d’autres éditions
françaises intéressantes de ce roman », publié dans le Bulletin du Bibliophile et du Bibliothécaire du 1er
décembre 1927 (p. 536-543) et des 1er janvier (p. 17-32), 1er
février (p. 63-87) et 1er mars 1928 (p. 111-134). Le résultat de ses
recherches coïncide précisément avec ceux obtenus antérieurement par Rémy et
Jean de Gourmont, Arthur Symons, Adolphe Van Bever, Édouard Champion, Fernand
Caussy et autres, dont les études ont paru soit dans des articles de revues,
soit comme accompagnant d’autres ouvrages du même auteur ou certaines éditions
critiques modernes du roman, notamment l’édition publiée en 1903 par la Société
du Mercure de France et celle publiée en 1919 par Les Maîtres du Livre, de
Georges Crès et Cie.
Ingénieur des Arts et Manufactures, Max
Brun (1910-1974) a complété les recherches de Ducup de Saint-Paul dans sa
« Contribution bibliographique à l’étude des éditions des Liaisons
dangereuses portant le millésime 1782 » (Bulletin du Bibliophile et du
Bibliothécaire, 1958, p. 49 et 1961, p. 44) et dans sa « Bibliographie
des éditions des Liaisons dangereuses portant le millésime 1782 » (Le
Livre et l’Estampe, 1963, n° 33, p. 5-64).
Le 23 mars 1782, paraissait pour la 1re fois à Paris chez Pierre-Étienne-Germain Durand (1728-179 ?), dit « Durand Neveu », libraire rue Galande, à la Sagesse, en quatre volumes in-12, un roman écrit sous la forme épistolaire ayant pour titre Les Liaisons dangereuses, ou Lettres Recueillies dans une Société, & publiées pour l’instruction de quelques autres. L’auteur signait son nom des lettres C….. de L…, initiales du nom de Pierre Choderlos de Laclos (1741-1803), alors capitaine de bombardier. C’est cette édition qui constitua la version originale princeps du livre, qui eut tout de suite un très grand succès.
Le contrat d’édition avait été passé le 16
mars 1782, et la vente fut si rapide que les 2.000 exemplaires constituant ce
premier tirage furent épuisés dès le 1er mai suivant.
Entre temps, le 21 avril 1782, Choderlos
de Laclos avait consenti à une seconde édition aux mêmes conditions que la
première : tirée également à 2.000 exemplaires, elle constitua la seconde
version originale du roman.
Ces deux éditions furent les seules que l’auteur
reconnut avoir faites. Elles sont devenues aussi rares l’une que l’autre et
sont très recherchées. Aussi importe-t-il de ne pas les confondre avec des
réimpressions et des contrefaçons aussi nombreuses que défectueuses, qui
trompent à plaisir amateurs et libraires par leur format in-12, leur date de
1782, le nom de l’éditeur Durand Neveu et l’adresse à Amsterdam et Paris.
Seize éditions différentes parurent à la date de 1782.
Seules onze portent au titre « Et
se trouve à PARIS, Chez DURAND Neveu, Libraire, à la Sagesse, rue Galande ».
Une douzième semble inconnue des
bibliographes :
Première partie
Titre : « & » termine
la 5e ligne ; « C (7 points) de L (5 points) » ;
citation de Rousseau entre deux filets constitués de deux traits dont les
extrémités sont terminées par de petites demi-lunes suivies d’un point ;
le fleuron représente une lampe.
Avertissement de l’éditeur, de la page i
non chiffrée à la page iv chiffrée : en haut de la page i, un filet
composé de trois traits avec, au milieu, un motif de style rocaille et, à
chaque extrémité, un croisillon suivi d’un point ; cul-de-lampe page iv.
Préface du rédacteur, de la page v non
chiffrée à la page xij chiffrée : bandeau rectangulaire page v non
chiffrée ; cul-de-lampe page xij.
Texte, de la page 1 non chiffrée à la page
177 chiffrée : bandeau rectangulaire page 1 non chiffrée ; la
dernière lettre, « Lettre L », est datée page 177 « De…… ce 1er.
Septembre 17** ».
Toutes ces versions annoncées à tort comme éditions originales se distinguent entre elles et des deux originales vraies, par des différences typographiques dans les caractères et dans les fleurons, qui varient non seulement d’édition à édition, mais encore, dans une même édition, de volume à volume. Elles se copient et se contrefont entre elles les unes et les autres, se différenciant encore par de nouvelles fautes de texte ou des changements dans la pagination que les catalogues ne mentionnent que très rarement.
Les éditions datées de la même année 1782,
mais signées d’un nom autre que celui de Durand Neveu, et d’un format différent
de l’in-12, ne sont pas des originales.
Parmi les éditions in-12, parues en 1782 à
Amsterdam et à Paris chez Durand Neveu :
1° Celle qui contient un feuillet d’errata
constitue le premier tirage de l’édition originale [Édition « A » de
Max Brun].
2° Celle qui, tout en ayant le même nombre
de pages que la précédente et qui est imprimée avec les mêmes caractères contient,
suivant les indications portées à l’errata de la première et aux mêmes
endroits, les mêmes passages mais corrigés. Elle constitue le deuxième tirage
de l’édition originale [Édition « B » de Max
Brun].
Les
éditions « A » et « B » sont les seules légitimes, publiées
par Durand Neveu, avec l’accord de l’auteur.
La seconde version originale du roman a été identifiée par Gérard Willemetz, conservateur à la Bibliothèque nationale, sur l’unique exemplaire alors connu, acheté à Camille Bloch en 1928 : « La véritable deuxième édition originale des Liaisons dangereuses » (Bulletin du Bibliophile et du Bibliothécaire 1957, n° 2, p. 45-52).
Jusque-là, Ducup de Saint-Paul
considérait comme étant la deuxième édition originale celle qu’on nomme
aujourd’hui « édition à la roue dentée » [Édition « C » de
Max Brun].





























_-_S%C3%A9pulture_au_Cimeti%C3%A8re_de_Montmartre_(Paris_9e).jpg)
