Après de nombreuses hospitalisations au cours des dernières années de sa vie, Abraham-Simon-Wolf Rosenbach, dit « A. S. W. Rosenbach » ou « Docteur Rosenbach », et surnommé « Abe » par ses amis, est décédé le 1er juillet 1952, à Philadelphie [Pennsylvanie, États-Unis], où il fut inhumé au cimetière du Mont Sinaï.
Libraire
spécialisé en livres rares, ses plus proches collaborateurs, son ancien commis
et successeur John-Francis Fleming (1910-1987) et son ancien bibliographe Edwin
Wolf II (1911-1991), ont décrit un homme mondialement célèbre et fortuné, en
qui se mêlaient des éléments contradictoires : efféminé, dominé par sa
mère et son frère, alcoolique sur le tard, dévoué à une maîtresse, Carrie Price,
sans jamais l’épouser, membre de la Congrégation Mikveh Israël de Philadelphie,
administrateur et bienfaiteur d’institutions publiques.
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| Abraham-Simon-Wolf Rosenbach |
Il était
né le 22 juillet 1876 à Philadelphie, pendant l’Exposition du Centenaire des
États-Unis, benjamin d’une fratrie de huit enfants. Son père était venu de
Gunzenhausen [Allemagne] en 1844 et s’était lancé dans le commerce des
vêtements ; devenu citoyen américain en 1855, il avait épousé une
philadelphienne en 1857.
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| Moses Polock |
En 1885, Rosenbach commença à aider son oncle maternel, Moses Polock (1817-1903), le plus vieux libraire des États-Unis, installé 406 Commerce Street, fréquenté par des écrivains de renom tels que Edgar-Allan Poe (1809-1849), James-Fenimore Cooper (1789-1851) et Noah Webster (1758-1843).
Devenu docteur en littérature anglaise de l’Université de Pennsylvanie en 1901, il préféra la librairie à l’enseignement, affirmant que « les collectionneurs de livres ont fait davantage pour encourager l’étude de la littérature anglaise et d’autres littératures que les professeurs d’université ».
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| 1320 Walnut Street, Philadelphie |
Il rejoignit son frère aîné, Philip-Hyman Rosenbach (1863-1953), qui avait ouvert en 1897 une boutique d’antiquaire, 1320 Walnut Street. Avec l’aide financière de deux collectionneurs renommés, Joseph M. Fox et Clarence S. Bement (1843-1923), ils fondèrent la Rosenbach Company le 22 juin 1903, dans laquelle Philip s’occupa des antiquités et A. S. W. des livres.
Moses
Polock mourut le 16 août suivant et une grande partie de son fonds, vendu aux
enchères les 9 et 10 mars 1904 dans la Salle des ventes de Davis et Harvey,
1112 Walnut Street, fut acquise par les deux frères.
Rosenbach
avait acheté son premier livre ancien en 1887, et le premier de ses 74 catalogues
de vente, publiés de 1904 à 1952, parut le 15 mars 1904.
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| Abraham-Simon-Wolf Rosenbach |
Ce n'est toutefois qu’après le décès du célèbre libraire new-yorkais George-Dallas Smith (1870-1920), « le tsar du commerce américain du livre rare », que Rosenbach accéda à une position de premier plan dans le commerce du livre rare.
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| John-Francis Fleming |
En 1925, John-Francis Fleming (1910-1987) fut embauché comme commis chez Rosenbach, dans son appartement-boutique new-yorkais, d’abord situé 273 Madison Avenue depuis 1920,
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| 15 East 51st Street, New York |
puis 15 East 51st Street, en face de la cathédrale Saint-Patrick, de 1928 à 1947,
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| 322 East 57th Street, New York |
et enfin au 322 East 57th Street. Fleming gravit les échelons, passant de commis à directeur, puis à vice-président de la Rosenbach Company. En 1955, il acquit pour 2 millions de dollars la collection de Rosenbach et lui succéda, devenant président de la John F. Fleming Rare Book Company, située au 322 East 57th Street.
En 1928, Rosenbach créa une chaire de bibliographie à l’Université de Pennsylvanie, puis, en 1930, la bourse ASW Rosenbach en bibliographie.
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| 1618 Locust Street, Philadelphie |
En 1943, après avoir liquidé le commerce d’antiquités pour se consacrer exclusivement à la vente de livres, la Rosenbach Company emménagea au 1618 Locust Street.
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| 2010 Delancey Place, Philadelphie |
Pour
leur résidence privée, les deux frères firent l’acquisition du 2006 Delancey
Place en 1926, puis déménagèrent en 1949 au 2010 Delancey Place. C’est dans
cette dernière maison que le Musée et la Bibliothèque Rosenbach furent créés en
1954, après leur décès, à un an d’intervalle, sans enfants.
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| Rosenbach chez Sotheby's, Londres |
Lors des ventes aux enchères aux États-Unis et en Europe, Rosenbach devint le plus redoutable enchérisseur de son temps, connu sous les noms de « La Terreur de la Salle des Ventes » et de « Napoléon des Livres ». Pendant un demi-siècle de sa vie, alliant rigueur scientifique et sens des affaires, il consacra plus de 75 millions de dollars à l’acquisition de plus de 70 bibliothèques et d’une multitude de livres imprimés et de manuscrits rares, parmi lesquels :
Huit Bibles de Gutenberg, dont seules cinq ont été identifiées.
La Bible latine en deux volumes in-folio
de 324 f. [648 p.] et 317 f. [634 p.] non chiffrés, imprimée avec des caractères
mobiles métalliques, sur deux colonnes de 42 lignes chacune, dont on attribue
l’impression à Johannes Gensfleisch (v. 1398-3 février 1468), dit
« Gutenberg », fut tirée à environ 180 exemplaires vers 1455, à
Mayence.
On en
connaît encore aujourd’hui de multiples fragments dispersés, quelques
exemplaires conservés dans des bibliothèques privées et 50 exemplaires dans des
Bibliothèques publiques : 38 sur papier, dont 18 complets, et 12 sur vélin,
dont 4 complets.
Pour le compte du libraire londonien Bernard Quaritch (1871-1913), qui l’avait acquis pour 27.500 $ le 8 janvier 1912 à New York, à la vente de la bibliothèque de Robert [III] Hoe (1839-1909), un exemplaire complet sur papier en 2 volumes fut vendu par Rosenbach à l’industriel philadelphien Peter-Arrell-Brown Widener (1834-1915), qui le destinait à son petit-fils, Harry-Elkins Widener (1885-1912), mort dans le naufrage du Titanic le 15 avril.
Le 2
juillet 1923, à Londres, chez Sotheby, Wilkinson & Hodge, à la vente de la
bibliothèque du comte de Carysfort, Rosenbach acheta 9.500 £ un exemplaire
complet sur papier en 2 volumes, pour le banquier new-yorkais Carl Howard
Pforzheimer (1879-1957). Le comte de Carysfort l’avait acquis pour 2.650 £ en
1887 à la vente du comte de Crawford. Cet exemplaire arriva en 1978 au Centre Harry
Ransom, à l’Université du Texas, à Austin, pour 2.400.000 $.
En 1924, Rosenbach vendit l’exemplaire incomplet [5 feuillets manquants] sur papier en 2 volumes que James-William Ellsworth (1849-1925), marchand de charbon de Chicago, avait payé 14.800 $ à la vente du financier new-yorkais Brayton Ives (1840-1914) en 1891, pour 46.000 $ à John-Hinsdale Scheide (1875-1942).
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| William Scheide [Je porte la même cravate] |
Son fils unique, le musicien William Scheide (1914-2014), le légua à l’Université de Princeton, son alma mater, avec toute sa bibliothèque, estimée près de trois cent millions de dollars et conservée dans la Bibliothèque commémorative Harvey S. Firestone.
L'exemplaire
de la Bible de Gutenberg sur papier, complet en 2 volumes, acheté 106.000 $ le
15 février 1926 à New York, à la vente du libraire londonien Edward Goldston, par
Rosenbach pour Mary Stillman-Harkness (1874-1950), fut offert la même année par
celle-ci à l’Université Yale, à New Haven, à la Bibliothèque de livres rares et
de manuscrits Beinecke, en mémoire de sa belle-mère, Anna-Maria Harkness
(1837-1926), qui avait financé, en mémoire de son fils diplômé de cette
Université et décédé en 1916, la construction du Quadrangle commémoratif Harkness,
ensemble résidentiel pour les étudiants de l’Université Yale.
Le 21
juin 1937, chez Sotheby & Co, à Londres, Rosenbach acheta pour 8.000 £ un
tome II seul, sur papier, auquel manquaient 11 feuillets, pour l’industriel new-yorkais
Arthur-Amory Houghton Jr. (1906-1990). Cet exemplaire est depuis 1958 à la
Bibliothèque Lilly, de l’Université de l’Indiana, à Bloomington.
Plus de trente exemplaires du « Premier Folio », première édition intégrale des pièces de William Shakespeare, publiée à Londres en 1623, dont il ne reste que 235 exemplaires sur 750 édités.
Rosenbach
acquit son premier « Premier Folio » en 1907, lors d’une vente aux
enchères à Londres, pour 3 600 £.
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| Rosenbach à bord de son bateau en 1946 |
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| Strathmere en 2025 |
Il baptisa ses deux bateaux « First Folio I » et « First Folio II ». Il passait une grande partie de ses week-ends et l’été à pêcher et à recevoir des invités dans la maison qu’il fit construire en 1928 à Strathmere, sur la péninsule de Cape May [New Jersey].
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| In The Times, 17 mai 1922 |
A la vente de la bibliothèque de la baronne Angela Burdett-Coutts (1814-1906), à Londres, le 16 mai 1922, Rosenbach acheta deux « Premier Folio » : l’exemplaire de l’écrivain britannique George Daniel (1789-1864), que la baronne avait acquis le 26 juillet 1864 pour 716 £ 2 s., qu’il obtint pour 8.600 £ et qu'il revendit 50.000 $ à l’homme d’affaires Henry-Clay Folger (1857-1930), et l’exemplaire dont elle avait hérité à la mort de son frère Robert Burdett (1796-1880).
A la même vente Daniel du 26 juillet 1864, la baronne avait aussi acheté pour 44 £ la première édition des Poèmes de Shakespeare de 1640.
Pour conserver ses deux
rares exemplaires, elle fit réaliser un coffret en chêne sculpté, avec un buste
de Shakespeare, divers blasons et ornements, et des personnages de ses pièces
aux angles ; sur une plaque d’argent, à l’intérieur du rabat, figure l’inscription
suivante :
This
Casket carved out of Herne’s Oak, the tree mentioned
in “ The
Merry Wives of Windsor,” contains
the
First Quarto Edition of
Shakespeare’s
Poems, published anno 1640
and
the
still more rare first edition of his
Dramatic
Works, published anno 1623.
William
Perry, Carver, 1866.
The old
tree fell down in 1863, a portion being most graciously given by
Her
Majesty Queen Victoria to Miss Burdett Coutts
for the
purpose of enclosing volumes which are
not for an age but for all time.
[Ce
coffret sculpté dans du chêne de Herne, l’arbre mentionné dans « Les Joyeuses
Commères de Windsor », contient la première édition in-quarto des poèmes de
Shakespeare, publiée en 1640 et la première édition, encore plus rare, de ses
Œuvres dramatiques, publiée en 1623. William Perry, Carver, 1866. Le vieil
arbre est tombé en 1863, une partie ayant été très gracieusement offerte par Sa
Majesté la Reine Victoria à Mlle Burdett Coutts afin d’y abriter des ouvrages
qui ne sont pas destinés à une époque, mais à tous les temps.]
En 1925, le lieutenant-colonel George Holford (1860-1926) vendit à Rosenbach, à titre privé, 200 de ses plus beaux livres, dont un « Premier Folio » pour 15.000 guinées [75.000 $], que son père avait acheté 250 £ en 1840 ; le reste de la bibliothèque fut dispersé en vente aux enchères, chez Sotheby and Co, en juillet et en décembre 1927.
Le 22 janvier 1929 à New York, à la vente de la bibliothèque du compositeur Jérôme Kern (1885-1945), un exemplaire du « Troisième Folio » de Shakespeare (1664), dans une reliure de Mercier, pour Robert Hoe (1839-1909), fut adjugé à Rosenbach pour 15.500 $.
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| La bibliothèque anglaise, chez Rosenbach |
La
collection d’éditions in-folio et in-quarto de Shakespeare de Rosenbach fut
vendue en 1952 pour plus d’un million de dollars à Martin Bodmer (1899-1971),
vice-président de la Croix-Rouge internationale, à Genève.
Le Bay Psalm Book ([Cambridge, Stephen Day], 1640), premier livre imprimé sur le territoire qui allait devenir les États-Unis, dont il ne reste que 11 exemplaires sur les 1.700 publiés.
En 1933, Rosenbach acheta pour 150 £, à James Weatherup (1896-1964), de Belfast, un exemplaire incomplet de sa page de titre et de quelques feuillets.
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| Rosenbach examine l’exemplaire Vanderbilt-Whitney en 1947 |
Le 28 janvier 1947, à New York, il paya 151.000 $ l’exemplaire Vanderbilt-Whitney, vendu par le Gertrude Vanderbilt Whitney Trust, au seul profit du North Country Community Hospital, Glen Cove, destiné à l’Université Yale.
Le manuscrit du roman Ulysses
(Paris, Shakespeare and Company, 2 février 1922, in-4, 1.000 ex.), par James
Joyce (1882-1941).
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| Première page du manuscrit de Ulysses |
Rosenbach acquit ce manuscrit lors de la vente aux enchères de la bibliothèque de l’avocat d’affaires John Quinn (1870-1924), à New York, le 14 janvier 1924, pour 1.975 $.
Il possédait
un exemplaire de l’ édition originale de ce roman, alors interdit, car jugé
obscène et illisible, qui avait été introduit clandestinement aux États-Unis
pour lui.
Le manuscrit d’Alice in
Wonderland, de Lewis Carroll (1832-1898).
Conservé par Alice Liddle
(1852-1934), qui l’avait reçu comme cadeau de Noël en 1864, il fut vendu à
Rosenbach le 3 avril 1928, à Londres, chez Sotheby’s, pour 15 400 £ [75.259
$]. Il le revendit à l’homme d’affaires et ingénieur Eldridge-Reeves Johnson (1867-1945),
avec deux exemplaires de la première édition du même livre, pour 149.882 $.
Après la mort de Johnson, le manuscrit fut de nouveau vendu aux enchères en 1946,
à New York : il fut acquis par un groupe de mécènes fortunés qui en firent
don au peuple britannique, deux ans plus tard, en remerciement de sa bravoure face
à Adolf Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale ; il est conservé à la
British Library.
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| Photographie Librairie Wykeham Books , Londres |
La
bibliothèque autrefois située à Britwell Court [Burnham, Buckinghamshire], fondée
par William-Henry Miller (1789-1848) et devenue propriété de Sydney-Richardson
Christie-Miller (1874-1931), avait été vendue en vingt lots successifs de 1916
à 1927, chez Sotheby, à Londres. Sur les 568.621 £ [3.022.500 $] récoltées, 485.500
£ ont été payées par deux libraires américains : Rosenbach et George-Dallas
Smith, qui avait acheté en outre, de gré à gré, un lot d’ouvrages sur l’histoire
américaine pour 30 000 £.
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| Caricature du magazine satirique hebdomadaire britannique Punch sur l'obsession américaine pour les trésors rares de l'Angleterre (1922) |
Si les
Anglais ont déploré le départ de tant d’ouvrages à l’étranger, ils se sont
réjouis de savoir que la plupart devenaient accessibles aux chercheurs, car à
Britwell Court, les livres étaient inaccessibles aux chercheurs, comme au
public.
Ces deux
libraires ont enrichi les bibliothèques américaines, publiques et privées, d’une
manière et en un laps de temps sans précédent au cours du siècle.
Rosenbach a contribué à enrichir les collections des bibliothèques de l’industriel Arthur-Amory Houghton Jr. (1906-1990), du banquier John-Pierpont Morgan (1837-1913), dit « J. P. Morgan », de l’homme d’affaires Henry-Clay Folger (1857-1930), du magnat des chemins de fer Henry-Edwards Huntington (1850-1927),
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| Rosenbach et Rosenwald |
et de l’homme d’affaires Lessing-Julius
Rosenwald (1891-1979).
Il constitua
pour lui-même une collection de livres pour enfants, qu’il offrit à la
Bibliothèque publique de Philadelphie en 1947.
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| Carnet de notes du Dr Charles Sabin Taft |
Le 14 avril
1937, Rosenbach inaugura une exposition au 1.320 rue Walnut, à l’occasion du 72e
anniversaire de l’assassinat du président Abraham Lincoln (1809-1865). Les
notes originales du Dr Charles Sabin Taft (1835-1900), chirurgien militaire qui
a assisté à l’assassinat de Lincoln et l’a soigné durant ses dernières heures, y
figuraient. Rosenbach avait sélectionné des pièces exceptionnelles parmi une
collection de plus de 3.000 documents relatifs à la dernière année et demie de
la vie du président. Estimant la collection à plus d’un million de dollars, il
a précisé l’avoir constituée au cours des trente-cinq dernières années et n’avoir
jamais mis un seul document en vente.
Passionné par l’étude de sujets bibliographiques et littéraires et membre de nombreuses sociétés et organisations culturelles, dont l’American Antiquarian Society depuis 1927, Rosenbach est l’auteur de
The Unpublishable Memoirs (New York, Mitchell Kennerley, 1917, in-8), An American Jewish Bibliography, being a list of books and pamphlets by Jews or relating to them, printed in the United States from the establishment of the press in the colonies until 1850 (Philadelphie, American Jewish historical Society, 1926, n° 30),
Books and Bidders. The Adventures of a bibliophile (Boston, Little, Brown, and Company, 1927, in-8, ill., 785 ex.),
Early American Children’s Books (Portland, The Southworth Press, 1933),
A Book Hunter’s Holiday. Adventures with books and manuscripts (Boston, Houghton, Mifflin Company, 1936, in-8, ill., 760 ex.).
En 1946,
en l’honneur de son soixante-dixième anniversaire, trente et un de ses amis lui
offrirent une série d’essais littéraires et bibliographiques, intitulée Au
Dr R.


















































