vendredi 28 août 2026

Un nouveau Libri : Albert Thomas (1847-1907), ou l’héritier kleptomane déconfit

Albert Thomas

 

Albert-Félix-Théophile Thomas, architecte du gouvernement et expert près le Tribunal de la Seine, naquit à Marseille, 10 rue Grignan, le 11 août 1847. 

Ecole des Beaux-Arts, Paris

À l’École des Beaux-Arts de Paris, 14 rue Bonaparte [VIe], il fut l’élève des architectes Alexis Paccard (1813-1867) et Léon Vaudoyer (1803-1872). Prix de Rome en 1870, il fut pensionnaire de l’Académie de France, située dans la Villa Médicis à Rome, de 1871 à 1874.

Albert Thomas, par Fernand Lematte. Coll. Villa Médicis, Rome


Le 3 août 1875, demeurant alors 8 rue Miromesnil [VIIIe], il épousa Augustine-Caroline-Mathilde-Frédérique-Joséphine-Renée Portait, née à Augsbourg [Allemagne] le 2 janvier 1853 : 

Joseph Lesoufaché


parmi les témoins se trouvait un parent éloigné,  Joseph-Michel-Anne Lesoufaché (1804-1887), architecte, chevalier de la Légion d’honneur, 47 rue du Faubourg Saint-Honoré [VIIIe]. Le couple, qui demeurait 11 boulevard de Courcelles [VIIIe] en 1880, eut trois filles et deux garçons.

Chevalier de la Légion d’honneur en 1885, il devint architecte du palais des Archives nationales, 60 rue des Francs Bourgeois [IIIe], et eut pour attributions, en 1890, la surveillance et l’entretien de l’hôtel de Soubise.

Hôtel de Soubise, Paris


Il aurait mis l’hôtel au pillage : des rampes en fer forgé, grilles et balustrades finement ouvragées, boiseries sculptées auraient été transportées à son château de Vauilly, qu’il fit construire en 1898 à Nouan-le-Fuzelier [Loir-et-Cher], sur un domaine de 383 hectares, estimé 380.000 francs. Ces détournements ayant été découverts, on chercha, en haut lieu, à éviter le scandale. 



On imposa à Thomas la restitution des œuvres d’art enlevées, mais il paraîtrait que les originaux demeurèrent à Vauilly et que ce furent de simples copies qui en reprirent la place à l’hôtel de Soubise.


Palais d'Antin, Paris

De 1896 à 1900, il fut chargé de la construction de l’aile ouest du Grand Palais, dite Palais d’Antin, baptisé Palais de la Découverte en 1937. Il fut fait officier de la Légion d’honneur en 1900.

Outre son château et ses chasses en Sologne, Thomas avait d’élégantes et coûteuses relations. 

Madame d'Herblay


On le voyait souvent dans le promenoir du Palais de Glace – aujourd’hui Théâtre du Rond-Point -, avenue Franklin-D. Roosevelt [VIIIe], à proximité des Champs Élysées, surveillant assidûment les ébats d’une demi-mondaine, connue dans le monde galant sous un pseudonyme.

En 1905, il fut révoqué par Étienne Dujardin-Beaumetz (1852-1913), nouveau sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts, de ses fonctions d’architecte-conservateur du Grand Palais, à la suite d’incorrections commises dans sa gestion.

Il mourut à Paris, 11 rue Talma [XVIe], le 29 janvier 1907, et fut inhumé au cimetière du Père Lachaise. Son épouse décéda 17 rue de Tournon [VIe], le 6 décembre 1925.

Albert Thomas descendait d’une lignée de papetiers provençaux, originaire de Barjols [Var].



Guillaume Thomas, était né à Barjols. Il avait été baptisé le 28 octobre 1659 et avait épousé, le 14 août 1684, Isabeau Hugues, de quatre ans sa cadette, de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume [Var]. Papetier à Barjols, il fut inhumé le 13 septembre 1710 dans le cimetière de Varages [Var].

Son fils Jacques Thomas fut baptisé à Barjols le 23 juillet 1688. Papetier à Méounes-lès-Montrieux [Var], il épousa, le 22 mai 1719, à Gémenos [Bouches-du-Rhône], une veuve, Catherine Signe, née à Auriol [Var].

Jacques Thomas, deuxième du nom, également papetier, est né à Méounes-lès-Montrieux le 13 décembre 1729 et est décédé à Gémenos le 23 décembre 1792. Il épousa, à Roquevaire [Bouches-du-Rhône], le 28 janvier 1753, Claire Pélissier, née à Marseille le 17 avril 1735 et décédée dans la même ville, 8 allées de Meilhan, le 1er février 1816.

Joseph Thomas est né à Gémenos le 31 octobre 1758. Négociant à Marseille, où il demeurait chez sa mère, 8 allées de Meilhan, il épousa, le 10 août 1814, Suzanne-Sophie Agnel, née à Marseille le 16 juin 1788. Il mourut à Marseille, 2 rue Sénac de Meilhan, le 7 avril 1837.

Jaune : Varages. Rouge : Barjols. Bleu : Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. 
Noir : Roquevaire. Orange : Gémenos. Violet : Méounes-lès-Montrieux


Jean-Joseph-Étienne Thomas est né à Marseille le 24 novembre 1822. Habitant alors 21 allées de Meilhan, il épousa, le 11 août 1845, Marie-Madeleine-Alexandrine-Laure David de Penanrun, née à Paris le 22 février 1828, fille du directeur des douanes à Marseille. Il fut gérant d’un établissement de remonte, où les chevaux malades de l’armée étaient envoyés pour y être soignés, à Lamotte-Beuvron [Loir-et-Cher], à 8 km de Nouan-le-Fuzelier, puis devint percepteur des finances. En 1875, il était domicilié aux Mureaux [Yvelines].

Bibliothèque de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, par Michel Fichot (1817-1903). Musée Carnavalet


Quelques jours après la mort d’Albert Thomas, un libraire se présenta à l’École des Beaux-Arts avec des gravures manifestement arrachées à des volumes de la bibliothèque de l’école, puisqu’elles portaient l’estampille de cet établissement. 

Cachets de la Bibliothèque de l'Ecole des Beaux-Arts, Paris


Ces gravures avaient été trouvées par le libraire dans la bibliothèque de Thomas dont il venait de se rendre en partie acquéreur.

Gravure de Lepautre découpée


Un réparateur de tableaux est venu déposer un carton de gravures qui lui avaient été confiées par l’architecte et dont les timbres de la bibliothèque avaient été découpés à l’aide d’un canif.

Une dame X…, réparatrice de vieilles gravures, a spontanément déclaré que depuis dix ans, elle et son père avaient réparé plus d’un millier de gravures, pour un certain M. Thomas, qu’elle prenait pour un riche collectionneur. Sur toutes ces gravures, des grattages au canif, des morsures à l’acide avaient tenté de faire disparaître les estampilles officielles de propriété.

Léon Bonnat (1833-1922), directeur de l’École des Beaux-Arts depuis 1905, fit avertir Madame Thomas de cette situation. 

Collection Lesoufaché à la Bibliothèque de l'Ecole des Beaux-Arts, Paris


Celle-ci rechercha aussitôt parmi les livres de son mari s’il s’en trouvait d’autres ayant la même provenance et elle renvoya spontanément à Bonnat 36 grands volumes provenant de la collection Lesoufaché, donnée par sa veuve en 1889 et installée dans une salle spéciale de la bibliothèque de l’école.

Madame Thomas adressa au Petit Journal une lettre qui fut publiée le 3 mars 1907 :

« Permettez-moi de rétablir de suite la vérité sur les faits reprochés à la mémoire de mon mari.

1° Rien de ce qui composait la bibliothèque de M. Thomas (livres, estampes, gravures) n’a été vendu depuis son décès ;

2° Les livres et documents trouvés soit chez lui, soit à son bureau des archives, avaient été empruntés pour la préparation d’un important ouvrage, l’Ornementation, dont M. Thomas avait dû interrompre la rédaction pour raison de santé. À l’inventaire, ces livres et documents ont été immédiatement rendus par moi aux Beaux-Arts.

Mon mari a vécu, est mort en honnête homme, laissant à ses enfants non seulement une aisance gagnée par son travail, mais, ce qui vaut mieux encore, l’exemple d’une vie d’honneur et de probité. »

Dès qu’il fut mis au courant par Bonnat, Étienne Dujardin-Beaumetz demanda au préfet de police, Louis Lépine (1846-1933), de faire procéder à une enquête, dont fut chargé Xavier Guichard (1870-1947), commissaire de la Sûreté, pendant qu’à la bibliothèque on effectuerait le récolement des livres et des gravures pour connaître l’importance exacte des vols.

Au cours des perquisitions qui furent opérées le 6 mars dans le cabinet que l’architecte occupait aux Archives, rue des Francs Bourgeois, on a découvert une malle remplie de gravures portant l’estampille de la Bibliothèque nationale.

Le procureur de la République décida qu’une instruction serait ouverte, confiée à Henri Boucard (1862-1934), juge d’instruction. En outre, une commission rogatoire fut envoyée au parquet de Romorantin pour que des perquisitions soient opérées au château de Nouan-le-Fuzelier, qui eurent lieu le 9 mars, dans l’après-midi, sous la pluie, et qui furent infructueuses.

Le 12 mars 1907, des marchands apportèrent à Guichard six gravures de Rembrandt portant l’estampille de l’École des Beaux-Arts, qui avaient été soustraites par Thomas.

Les vols commis à l’hôtel de Soubise furent corroborés par le témoignage d’un employé, qui est venu déclarer que Thomas avait dérobé un parquet tout entier d’une des pièces de l’hôtel, ainsi que des rampes en fer forgé.

Salle du conseil à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris
Tous les livres et tableaux posés sur les tables, toutes les gravures remplissant les cartons,
proviennent de la saisie opérée chez Albert Thomas.


Le montant des détournements commis par Thomas à l’École des Beaux-Arts et aux Archives était d’environ 500.000 francs. On était convaincu que beaucoup d’estampes avaient été vendues en Allemagne, par l’intermédiaire de deux courtiers.

L’idée première des vols à l’École des Beaux-Arts pourrait avoir été inspirée à Thomas par une rancune d’héritier déconfit. Thomas se croyait appelé à recueillir la succession de Lesoufaché, qui avait toujours protégé sa famille, qui avait fait obtenir à son père le poste de percepteur, qui s’était occupé de lui, qui avait subvenu aux frais de ses études. Ces espérances déçues ont pu contribuer à faire de Thomas le voleur de cette École des Beaux-Arts, qui avait hérité de ce qui aurait pu lui revenir.

Les déclarations d’un membre de l’entourage immédiat de Robert Estienne (1884-1971), attaché à la Compagnie d’assurances La Foncière, gendre de Thomas, époux le 22 mai 1906, à Paris [XVIe], de Germaine-Anaïs-Joséphine Thomas, née à Paris [VIIIe] le 20 décembre 1880 et décédée à Paris [VIIe] le 13 mars 1965, dressèrent un autre tableau :

« Je suis à même de vous renseigner. J’ai eu, hélas ! depuis quelques jours, à m’entretenir à tout instant de cette affaire avec M. Robert Estienne et vous pouvez considérer les déclarations que vous allez enregistrer comme l’expression scrupuleusement fidèle de sa pensée. Voici d’abord le récit des faits auxquels ont été mêlés Mme Thomas et les membres de sa famille. Quelques jours après la mort de M. Thomas ils jugèrent bon d’examiner le contenu de la bibliothèque du défunt. Ils y trouvèrent des ouvrages de la collection Lesoufaché, reconnaissables aux cachets qui y avaient été apposés et des gravures détachées portant l’estampille de la bibliothèque des beaux-arts. Pendant qu’ils étaient occupés à séparer les papiers, gravures et livres n’appartenant pas à M. Thomas de ceux lui appartenant, Mme Thomas fut invitée par la direction des archives nationales à prendre possession des objets laissés par M. Thomas dans le bureau qu’il y occupait en qualité d’architecte.

Mme Thomas se rendit à cette invitation et c’est ainsi qu’elle découvrit d’autres ouvrages et d’autres gravures que des signes extérieurs distinguaient de ceux appartenant à M. Thomas. Elle les emporta chez elle et les joignit aux pièces qu’elle avait déjà mises de côté pour les rendre à la bibliothèque des beaux-arts. Le lendemain, la direction de cette bibliothèque, prévenue par celle des archives, faisait prier Mme Thomas de remettre à la bibliothèque des beaux-arts les pièces qu’elle avait dû trouver dans les collections de M. Thomas et qui n’étaient pas sa propriété. Ce qui fut fait immédiatement. C’est à partir de ce jour que des révélations fantaisistes furent publiées dans plusieurs journaux.

On put lire, notamment, que des boiseries anciennes, des rampes et des balcons en fer forgé de l’hôtel de Soubise avaient été dérobés en 1890, aux archives nationales, par M. Thomas qui les avait expédiés à Nouan-le-Fuzelier pour en décorer son château. Or la construction du château de Vauilly ne fut terminée qu’en 1896. Il avait donc était [sic] impossible à M. Thomas d’y accumuler en 1890 les produits de ses prétendus vols. En outre, les objets dérobés qu’on recherche proviennent bien de l’hôtel de Soubise, mais c’est à la suite de la démolition d’une partie de ses bâtiments qu’ils disparurent. Qu’est-ce qui prouve que c’est M. Thomas qui les avait fait disparaître ? Enfin, le parquet de Romorantin vient de venir au château muni d’un mandat qui le chargeait d’y perquisitionner et de saisir au besoin tout meuble, livre ou gravure qui aurait été reconnu comme ayant été dérobé par M. Thomas. Or, vous avez pu constater vous-même, puisque vous assistiez à la perquisition, qu’aucun objet, qu’aucun tableau, qu’aucun papier de valeur ne se trouvait au château et que les magistrats s’en sont allés les mains vides.

On a dit aussi que le nombre des pièces restituées par Mme Thomas à la bibliothèque des beaux-arts était insignifiant comparativement à celui des gravures qu’on y rapportait chaque jour de divers côtés et que le total de toutes ces pièces atteint quinze cents. Or, à elle seule, Mme Thomas a réuni et remis aux beaux-arts douze cents pièces environ. Et je sais qu’il en a été remis soixante-sept d’autre part. J’ajoute que les pièces retrouvées par Mme Thomas n’étaient ni froissées ni détériorées, comme on l’a prétendu.

On a raconté encore qu’une perquisition avait eu lieu au domicile de Mme Thomas. C’est inexact. M. Guichard, chef de la brigade mobile, est seulement venu chercher les pièces que Mme Thomas tenait à sa disposition. Autre inexactitude. On a représenté le bureau que M. Thomas occupait aux archives comme un véritable magasin où il entassait le produit de ses vols. Or on n’a retrouvé dans ce bureau que sept livres et un petit carton contenant des gravures. Les livres n’étaient pas cachés ils étaient placés en un endroit où il était impossible à quiconque pénétrait dans le bureau de M. Thomas de ne pas les voir. C’était donc un singulier voleur que M. Thomas. Une caisse portant l’inscription “Glaces” aurait contenu des gravures encadrées, d’une origine inconnue. Vous pouvez dire que ces gravures étaient en réalité des photogravures reproduisant des dessins dont M. Thomas était l’auteur.

Enfin M. Thomas n’avait aucun lien de parenté avec M. Lesoufaché. Il n’eut avec M. Lesoufaché que des relations mondaines et amicales. A aucun moment, il ne se considéra, et on ne le considéra dans sa famille, comme l’héritier probable de M. Lesoufaché. On a dit tout juste le contraire. »

(« Le château de M. Thomas ». In Le Temps, 11 mars 1907, p. 3) 

L’inculpé étant défunt, l’action publique était éteinte et aucune suite judiciaire ne fut donnée à l’affaire.

« Quelques amateurs et un petit nombre de marchands au courant des aubaines de la salle des Ventes se rencontraient l’autre jour à l’hôtel Drouot.

On y mettait aux enchères, “en vertu d’une ordonnance de M. le président du Tribunal de la Seine”, un mobilier artistique, des dessins anciens et modernes, des étoffes, broderies, faïences, fusils de chasse…

Il n’y avait certes pas là de quoi tenter les passants distraits, car, à première vue, cette vente paraissait banale, tous les objets qu’énumérait l’affiche ou du moins presque tous étant à l’hôtel Drouot monnaie courante.

Mais, pour “ceux qui savaient”, ces objets avaient une valeur, dûment garantie, par le goût très sûr et même célèbre de celui qui les avait collectionnés.

Et même, à cette valeur “marchande” s’ajoutait par surcroît pour les raffinés comme une saveur de fruit défendu.

Il s'agissait, en effet, de la vente après décès de M. Albert Thomas, l’architecte fameux de l’hôtel Soubise et du Grand Palais, et l’on n’avait eu garde d’omettre dans le catalogue sommaire de la vente un certain “balcon en fer forgé”.

Ce balcon en fer forgé, évocation de révélations piquantes, n’était pas moins propre à exciter la convoitise des chercheurs de raretés .que les “importantes boiseries” qu’annonçait encore ledit catalogue sommaire.

Et les “dessins anciens et modernes” tiraient, il faut en convenir, un relief extraordinaire de la personnalité de l’artiste avisé, du fureteur adroit qui les avait recueillis. Ses choix pouvaient-ils être contestables ?... Il n’y avait qu’à acheter les yeux fermés.

La vente Thomas, pourtant, n’a pas “rendu”. La salle 2, où elle eut lieu, n’a pas retenti des enchères auxquelles on aurait pu s’attendre.

Tout le lot - même un chef-d’œuvre de Lancret, l’Assemblée dans un parc, une Vue de Venise de Canaletto, même les boiseries et le balcon en fer forgé, - a été soldé pour quelques milliers de francs.

Il convient d’ajouter qu’aucun des objets que l’on vient de vendre à l’hôtel Drouot ne provenait de ces “emprunts” dont on fit, il y a quelques mois, si grand bruit. Tous avaient été acquis à beaux deniers comptant par le célèbre architecte.

Ce détail leur donnera encore un autre cachet de rareté dans l’appréciation des gens de goût. »

(Ch. Dauzats. « Épilogue ». In Le Figaro, 18 juillet 1907, p. 3)

jeudi 20 août 2026

Ferdinand Brunetière (1849-1906), directeur de la Revue des Deux Mondes

Ferdinand Brunetière dans son cabinet de travail
In The International Library of Famous Literature. London, The Standard, 1900, vol. XVIII, p. XX

Son trisaïeul, François Brunetière, marchand, demeurait au village de La Sourderie, à Payré-sur-Vendée [Foussais-Payré, Vendée], où il était né en 1667. 

Carte de Cassini (XVIIIe s.)

Il y épousa, le 5 octobre 1694, Françoise Brunet, née en 1675, y mourut le 28 septembre 1734 et y fut inhumé le lendemain. Son épouse décéda le 4 décembre 1751 à Saint-Cyr-des-Gâts [Vendée].

Leur fils Pierre Brunetière naquit à Payré-sur-Vendée le 7 décembre 1714. Procureur et premier échevin de Fontenay-le-Comte [Vendée], il y épousa, le 28 octobre 1744, en l’église Notre-Dame, Marie-Marguerite Macauld, née à Fontenay-le-Comte le 30 mars 1719. 

La Folie Brunetière, L'Orbrie

Il fit construire sa maison de campagne, « la Folie Brunetière », à L’Orbrie [Vendée], en 1772. Son épouse décéda, veuve, le 8 juillet 1785, sur la paroisse Notre-Dame de Fontenay-le-Comte.

Joseph-Ambroise-Aimé Brunetière, né le 6 avril 1751 à Fontenay-le-Comte, y vécut toute sa vie, place du Marché aux Porches [place Belliard], docteur en médecine. Le 7 floréal An XI [27 avril 1803], il épousa Marie-Charlotte-Augustine Raison, née à Fontenay-le-Comte le 22 novembre 1775, qui mourut le 1er septembre 1858, veuve de son mari décédé le 22 mars 1822.

Place Belliard, Fontenay-le-Comte

Charles-Marie-Ferdinand-Emmanuel Brunetière est né le 3 février 1806 à Fontenay-le-Comte, place du Marché aux Porches. Capitaine au premier régiment d’artillerie de Marine, domicilié à Rochefort [Charente-Maritime], il épousa à Fontenay-le-Comte, le 5 octobre 1841, Augustine-Henriette-Élodie Pichard du Page, née à Fontenay-le-Comte le 30 juin 1821, qui décéda le 7 mai 1842 à Cherbourg [Manche]. Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1844, il entra en 1845 dans les services de contrôle et épousa, en secondes noces, le 17 octobre 1848, Suzanne-Delphine Hémon, à Niort [Deux-Sèvres], où elle était née le 6 mai 1821. 

Château de Kerbihan, Hennebont

Devenu inspecteur en chef de la Marine, officier de la Légion d’honneur en 1856, puis commandeur en 1864, il s’installa en 1871 au château de Kerbihan, à Hennebont [Morbihan], où son épouse mourut le 12 juillet 1872 et où il décéda le 4 février 1884.

Ferdinand Brunetière
In Catalogue de la Bibliothèque de feu M. Ferdinand Brunetière Première Partie

Vincent de Paul-Marie-Ferdinand Brunetière est né à Toulon [Var], 40 rue Nationale, le 19 juillet 1849. En 1851, son père fut envoyé à Brest |Finistère], plus tard à Lorient [Morbihan], où il entra en 6e en 1859. En 1861, il revint à Toulon et fut envoyé interne au lycée de Marseille, de meilleure réputation que le collège de Toulon, de 1863 à 1867. Il partit à Paris, au Lycée Louis-le-Grand pour préparer l’École Normale Supérieure : il échoua à deux reprises en 1869 et 1870, faute de talent en vers latins.

En 1873, il devint répétiteur à l’Institution Lelarge, 20 rue Gay Lussac [Ve], où il se lia d’amitié avec son collègue Paul Bourget (1852-1935), qui l’introduisit en 1875 à la Revue des Deux Mondes : il y signa son premier article, « Le Roman réaliste en 1875 », dans la livraison du 1er avril (p.700-713).

« Rappelons-nous ce qu’était la critique française en 1875, dans l’année où M. Brunetière écrivit son premier article.

Sainte-Beuve était mort, et son dévoué secrétaire, M. Jules Troubat, s’occupait de recueillir les articles que l’illustre auteur des Lundis avait donnés au Globe, au National et au Temps. Philarète Chasles était mort, et l’éditeur Charpentier publiait les dernières fantaisies de ce brouillon si intelligent. Nisard avait achevé sa belle Histoire de la littérature française et se dissipait en étudiant les Quatre grands historiens latins. Taine s’était enfoncé dans l’Ancien Régime et n’en sortait que pour écrire une curieuse notice sur Alphonse Daudet, Hector Malot et Ferdinand Fabre… Saint-Marc Girardin, membre de l’Assemblée nationale, perdait son temps en chemin de fer, sur la ligne de Versailles. Edmond Schérer se recueillait. Le bon Silvestre de Sacy, retiré dans sa bibliothèque Mazarine, ne songeait plus qu’à relire Bossuet. J.-J. Weiss pensait à la politique. M. Cuvillier-Fleury, fort âgé, se consacrait aux Mémoires posthumes de M. Odilon Barrot, ainsi qu’à la correspondance des deux Ampère, et ne quittait le passé que pour sonner le clairon en l’honneur de M. Paul Déroulède. M. Patin, secrétaire perpétuel de l’Académie française, louait, dans un même paragraphe, Fromont jeune et Risler ainé, d’Alphonse Daudet, et les Patenôtres d’un surnuméraire, M. Jules Delaroa. M. Xavier Marmier, le véritable inventeur des « littératures du Nord », affligeait les habitués des séances académiques par son extinction de voix… D’ailleurs, Clément Caraguel avait remplacé Janin aux Débats. M. Chotard vantait les œuvres historiques de M. Casimir Gaillardin. M. de la Pommeraye faisait des conférences chez Ballande. M. Zola s’improvisait critique seulement pour satisfaire ses haines. Blaze de Bury collaborait à la Revue des Deux Mondes côte à côte avec Emile Montégut, lequel n’avait pas encore conquis cette légitime autorité qui lui fut largement conférée aussitôt après sa mort.

Dieu que tout cela semble déjà loin de nous !...

C’est alors que M. Brunetière débuta dans la maison du vieux Buloz. »

(Gaston Deschamps. « La Doctrine littéraire de Monsieur Brunetière ». In Le Temps, 26 décembre 1897, p. 2)

En 1877, il devint secrétaire de rédaction à la Revue des Deux Mondes.

Demeurant alors à Paris [V], 4 rue Paillet, il épousa, le 5 mars 1885, Marie-Sylvie Lefebvre, née le 12 octobre 1845 à Bury [Belgique].

Bien que n’aimant pas les Juifs, il attaqua avec vigueur le pamphlet antisémite de Édouard Drumont (1844-1917), La France Juive (Paris, C. Marpon & E. Flammarion, 1886, 2 vol.), dans un article publié dans la livraison du 1er juin 1886 de la Revue des Deux Mondes (p. 693-704).

Son arrivée à la Sorbonne. In L'Illustration, 10 mars 1894, p. 188

La même année 1886, il fut nommé par Louis Liard (1846-1917), directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’Instruction publique, maître de conférences à l’École Normale Supérieure, puis, en 1887, professeur de littérature française à la Sorbonne, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur.

Ferdinand Brunetière dans son cabinet de travail
Photographie Paul Cardon, dit Dornac. Musée Carnavalet

En 1893, après avoir été élu à l’Académie française au premier tour contre Émile Zola (1840-1902), il remplaça, comme directeur la Revue des Deux Mondes, Charles Buloz (1843-1905), qui avait été contraint de démissionner à la suite de malversations financières.

En 1894, une visite au Pape Léon XIII le réorienta vers la foi catholique, dont il devint un ardent propagandiste.

En 1897, il inaugura les tournées d’intellectuels français dans les grandes universités américaines.

En 1904, sa candidature au Collège de France pour la chaire de littérature française fut rejetée en raison de sa conversion récente au catholicisme : lui fut préféré Abel Lefranc (1863-1952), dont l’anticléricalisme répondait mieux au goût du jour.

Il mourut pauvre, en son domicile parisien, 4 rue Bara [VIe], le 9 décembre 1906, et fut inhumé au cimetière du Montparnasse. 

Cimetière du Montparnasse

Le ministre Louis Barthou (1862-1934) fit obtenir discrètement à sa veuve une pension et un bureau de tabac : elle décéda en son domicile, 75 rue Notre-Dame des Champs, à Paris [VI], le 31 janvier 1929.

Il a publié 283 articles dans la Revue des Deux Mondes et 43 volumes, surtout des ouvrages de critique littéraire, qui témoignent d’une connaissance précise des œuvres et des textes. Mais si certaines de ses thèses ont eu un rôle utile en contribuant à ruiner des erreurs, un grand nombre, fausses et arbitraires, ont été démenties par une connaissance plus précise des faits :

Études critiques sur l’histoire de la littérature française (Paris, Hachette et Cie, 1880, 8 vol.)

Le Roman naturaliste (Paris, Calmann Lévy, 1883)

Histoire et Littérature (Paris, Calmann Lévy, 1884, 3 vol.)

Questions de critique (Paris, Calmann Lévy, 1888)

L’Evolution des genres dans l’histoire de la littérature (Paris, Hachette et Cie, 1890)

Nouvelles Questions de critique (Paris, Calmann Lévy, 1888)

Les Époques du théâtre français (1636-1850) (Paris, Hachette et Cie, 1891, 2 vol.)

Essais sur la littérature contemporaine (Paris, Calmann Lévy, 1892)

L’Évolution de la poésie lyrique en France au dix-neuvième siècle (Paris, Hachette et Cie, 1892, 2 vol.)

Nouveaux Essais sur la littérature contemporaine (Paris, Calmann Lévy, 1895)

Manuel de l’Histoire de la Littérature française (Paris, Ch. Delagrave, 1898)

Discours de combat (Paris, Librairie Académique Didier, Perrin et Cie, 1900)

Discours académiques (Paris, Librairie Académique Perrin et Cie, 1901)

Victor Hugo (Paris, Hachette et Cie, 1902, 2 vol.)

Variétés littéraires (Paris, Calmann Lévy, 1904)

Cinq Lettres sur Ernest Renan (Paris, Librairie Académique Perrin et Cie, 1904)

Honoré de Balzac 1799-1850 (Paris, Calmann Lévy, 1905)

Il a rédigé un avant-propos pour le Catalogue d’une collection unique de volumes imprimés par les Elzevier (Paris, Damascène Morgand, 1896, XXIV-491-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p., 3.464 numéros, 42 pl.), qui était à vendre en totalité pour la somme de 125.000 francs, avec 12 bibliothèques en poirier noirci, double porte en glace, tablettes garnies de maroquin, mesurant 2 mètres de hauteur, fabriquées par P. Dorange, ébéniste, 59 rue Sainte Anne [IIe].

Le beau livre fut son seul luxe et il vécut en communion avec ses livres :

« on n’est pas assuré du vrai texte d’un écrivain, et on ne l’a pas vu, si je puis dire, face à face, tant qu’à travers ses éditeurs on n’est pas remonté jusqu’à lui, c’est-à-dire jusqu’aux éditions originales. […]

J’ajouterais volontiers, pour les amateurs de beaux livres, qu’en dépit des progrès de l’art typographique, il n’est pas du tout vrai qu’en général les éditions modernes soient mieux imprimées, sur de plus beau papier, ni surtout mieux « habillées, » [sic] comme l’on dit, que les éditions originales de la plupart de nos grands écrivains. Nos Molière, nos Racine, nos La Fontaine, nos Pascal même, sont mieux imprimés, ou l’ont mieux été de nos jours ; mais je ne sache aucune édition de Buffon qui vaille celle de l’Imprimerie royale, aucune édition de l’Histoire des variations qui vaille l’originale, aucune édition des Sermons de Bourdaloue qui puisse rivaliser avec celle de Rigaud ; et, en remontant plus haut, il n’y a ni de plus beau Corneille que l’in-folio de 1663, de plus beau Montaigne que celui de 1595, si ce n’est l’in-quarto de 1588, ou de plus beau Ronsard, enfin, que l’édition de 1584. Voilà des livres, voilà du papier, voilà de l’art enfin, et voilà des textes qui inviteraient à les lire par le seul plaisir ou la seule volupté qu’ils font aux yeux. »

(F. Brunetière. « Les Éditions originales ». In Revue des Deux Mondes, 1er mars 1888, p. 224-225)


Il marquait ses livres avec un ex-libris, signé « C. P. », représentant un livre ouvert, enveloppé par une banderole sur laquelle est inscrit « BIBLIOTHÈQUE DE Mr- FERDINAND BRUNETIÈRE », dont la page de gauche porte ses initiales « FB » entrelacées et la page de droite le titre de l’un de ses ouvrages, « ÉTUDES CRITIQUES SUR L’HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE – ALEXANDRE HARDY », et la devise « IL Y A DANS LA POLITIQUE UNE RIGUEUR ET L’ON SAIT QUE JE N’Y CAUSE GLOIRE ».

Son relieur préféré était Ludolph-Christian Bauser, né le 17 août 1819 à Francfort-sur-le-Main, arrivé à Paris en 1872 et naturalisé Français en 1887, décédé célibataire à son domicile parisien, 12 rue de Nesle [VIe], le 15 mars 1901.

Sa bibliothèque de 12.000 volumes, dont un grand nombre était annoté par lui-même, fut dispersée en deux ventes :


-  Du 6 au 8 février 1908, en 3 vacations, à l’Hôtel des Commissaires-Priseurs, 9 rue Drouot, salle n° 7 : Catalogue de la Bibliothèque de feu M. Ferdinand Brunetière Première Partie (Paris, Ém. Paul et Fils et Guillemin, et Alphonse Picard et Fils, 1908, in-8, [2]-VIII-104 p., 501 lots, portrait h.-t. en front.), dont Théologie-Jurisprudence [30 lots = 5,98 %], Sciences philosophiques [17 lots = 3,39 %], Beaux-Arts [26 lots = 5,18 %], Belles-Lettres [339 lots = 67,66 %], Histoire [81 lots = 16,16 %], Manuscrits de M. Brunetière [8 lots = 1,59 %]. La vente n’a rapporté que 43.531 francs.



5. Conjectures sur les memoires originaux Dont il paroit que Moyse s’est servi pour composer le Livre de la Genese. Bruxelles, Fricx, 1753, in-8, mar. marbré, doublé et gardes de vélin blanc, tr. dor. Exemplaire de Ant.-Aug. Renouard, avec son nom frappé en or au bas du premier plat de la reliure. 60 fr.



6. La Theologie naturelle de Raymond Sebon, traduicte nouvellement de Latin en François [par Michel de Montaigne]. Paris, Gilles Gourbin, 1569, in-8, bas. ant. 80 fr.




11. Les Imaginaires, Ou lettres sur l’heresie imaginaire. Par le Sr de Damvilliers. – Les Visionnaires, ou Seconde partie. Liège, Adolphe Beyers, 1667, 2 vol. in-12, mar. r. à long grain, dos ornés, dent., doublé et gardes de tabis bleu, tr. dor. 40 fr.



14. Sermons pour tous les jours du careme, par le R. P. Bourdaloue. Paris, Veuve Mabre-Cramoisy, 1692, in-12, v. f., fil., dent. int. (Koehler). Exemplaire Yemeniz et Danyau. 71 fr.



17. Recueil de Divers Traitez De Theologie Mystique, qui entrent dans la Celebre Dispute du Quietisme. Cologne, Jean de La Pierre, 1699, in-12, v. olive, fil. A froid et fleurons dorés sur le dos et aux angles des plats, dent. Int., tr. dor. (Petit, successeur de Simier). 42 fr.



20. Discours sur les Pensées de M. Pascal. Paris, Guillaume Desprez, 1672, vélin moderne à recouvrements, titre calligraphié sur le dos. Exemplaire Saint-Genies. 21 fr.



26. De la Verité de la religion chrestienne : par Philippes de Mornay. Leyde, Bonaventure & Abraham Elsevier, 1651, in-8, mar. brun, dos orné, fil., dent. Int., tr. dor. (David). 32 fr.



27. Les Trois Veritez contre les athees. Bourdeaus, S. Millanges, 1593, in-8, mar. noir jans., dent. Int., tr. dor. (Bauser). 30 fr.



28. Discours sur la Liberté de Penser. Traduit de l’Anglois. Londres, s. n., 1714, 2 parties en 1 vol. in-8, v. f. ant., dos orné, fil., tr. r. Aux armes de Wignerot de Richelieu. 20 fr.

Photographie Jean-Baptiste de Proyart


31. Traictez philosophiques. Par le Sr D. V. [du Vair]. Paris, Abel l’Angelier, 1606, in-8, titre orné d’un bel encadrement, mar. vert., fil., tr. dor. Aux armes et au chiffre de Charles d’Orléans-Valois, duc d’Angoulême, portant sur le titre la mention manuscrite « Ex bibliotheca minimorũ Guichiensium ». 135 fr.



34. Les Discours philosophiques de Pontus de Tyard. Paris, Abel l’Angelier, 1587, in-4, portr. Gravé par Thomas de Leu, pl. pliée représentant un « monocorde », mar. olive, dos orné, fil. 160 fr.



39. De la Sagesse livres trois. Par M. Pierre le Charron. Bourdeaus, Simon Millanges, 1601, in-8, v. f. ant., dos orné, fil., tr. r. 73 fr.




44. Les Mœurs. S. l., s. n., 1748, 3 parties en 1 vol. in-8, front., 3 fleurons sur les titres et 3 vign. gr., mar. r., dos orné, fil., tr. dor. 120 fr.



45. La Mesnagerie de Xenophon. Traduict de Grec en François par feu M. Estienne De la Boetie. Paris, Federic Morel, 1572, in-8, mar. r., fil., tr. dor. 170 fr.

Photographie Jean-Baptiste de Proyart


47. De Linstitution du Prince. Faict & composé par Maistre Guillaume Budé. L’Arrivour, Nicole Paris, 1547, in-fol. réglé, titre dans un encadrement gr. sur bois et lettres ornées, v. f. ant., dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil à froid. 210 fr.

Photographie Amélie Sourget


76. Remarques sur la langue françoise. Paris, Veuve Iean Camusat et Pierre Le Petit, 1647, in-4, front. gr., mar. vert jans., dent. Int., tr. dor. (Cuzin). Exemplaire de Eugène Paillet. 201 fr.



77. Les Epithetes de M. de La Porte. Paris, Gabriel Buon, 1571, in-8, mar. brun, fil. à froid, dent. Int., tr. dor. (Bruyère). Exemplaire Th. Powell. 80 fr.



82. Les Eglogues de F. Baptiste Mantuan, Traduites nouvellement de Latin en François, Par Laurent de La Graviere. Lyon, Iean Temporal, 1558, in-8, car. ital., mar. r., fil. à fr., dent. int., tr. dor. (Duru, 1849). 55 fr.



86. Dictionnaire des rimes françoises. Premierement composé par Iean Le Fevre. Paris, Iean Richer, 1588, in-8, vélin à recouvrements, titre calligraphié sur le dos. 85 fr.


Exemplaire de Fernand Brunetière
Photographies Jean-Baptiste de Proyart


97. Les Poësies du Roy de Navarre. Paris, Hippolyte-Louis Guerin et Jacques Guerin, 1742, 2 vol. in-8, fig. et musique notée, mar. bleu, dos ornés, fil., dent. int., tr. dor. (Chambolle-Duru). 53 fr.



102. Les faictz et dictz de feu de bõne mémoire maistre Jehan Molinet. Paris, Jehan Petit, 1537, in-8 goth., vélin à recouvrements. 125 fr.

Exemplaire de Fernand Brunetière
 Drouot, 26 novembre 2021 : 14.200 €



109. Opuscules d’amour, par Heroet, La Borderie, et autres divins poëtes. Lyon, Iean de Tournes, 1547, in-8, car. ital., lettres ornées, mar. bleu, dos orné et grand milieu, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Exemplaire des bibliothèques Pixerécourt (1838, n° 625), Ch. Nodier (1844, n° 371), Baudelocque (1850, n° 514), Yemeniz (1867, n° 1795), L. de Montgermont (1876, n° 308), Lignerolles (1894, n° 1410), qui a fait relier par Trautz, Brunetière (1908, n° 109), Pierre Louÿs (1930, n° 217) et A. P. Garnier (1978, n° 95). 330 fr.



112. Les Œuvres poetiques par Iacques Peletier du Mans. Paris, Michel de Vascosan, 1547, in-8, car. ital., cart. bradel, dos de percaline verte. 150 fr.

Photographie Librairie du Château de Capens


115. Les Quatrains du Sieur Pibrac. Paris, Anthoine Robinot, 1640, 2 parties en 1 vol. in-8, front. et 5 fig. gr. sur cuivre, vélin moderne à recouvrements, titre calligraphié sur le dos (Raparlier). Exemplaire Saint-Geniès. 26 fr.


Photographie Gaëlle Cambon, Tours




118. Nouveau Recueil de divers rondeaux. Paris, Augustin Courbé, 1650, 2 parties en 1 vol. in-12, 2 front., v. f., fil., dent. int., tr. dor. (Koehler). Exemplaire Viollet-le-Duc. 38 fr.




125. Alaric, ou Rome vaincue. Par Monsieur de Scudery. Paris, Augustin Courbé, 1655, front. grav., portr. et fig., mar. La Vallière, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Belz-Niedrée). Exemplaire Saint-Geniès. 30 fr.




127. Saint Louys ou la Sainte Couronne reconquise. Par le P. Pierre Le Moyne. Paris, Augustin Courbé, 1658, in-12, front. et fig., mar. bleu, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Belz- Niedrée). Exemplaire Saint-Geniès. 70 fr.


Photographies Didier Martinez, Paris


129. Clovis, ou la France chrestienne. Par I. Desmarests. Paris, Augustin Courbé, Henry Le Gras et Iaques Roger, 1657, in-4, front., portr., 26 pl. par A. Bosse et Chauveau, chagr. noir, tr. marbr. 50 fr.

Photographie Amélie Sourget


189. Toutes les Euvres vulgaires de Francoys Petrarque. Avignon, Barthelemy Bonhomme, 1555, in-8, mar. bleu, dos orné, encadrement doré, tr. dor. (Bauzonnet). 215 fr.



190. Le Petrarque en rime francoise, traduict par Philippe de Maldeghem. Douay, François Fabry, 1606, in-8, portr. sur le titre, mar. La Vallière jans., dent. int., tr. dor. (Chambolle-Duru, 1868). Exemplaire Saint-Geniès. 70 fr.



194. La Pratique du theatre. Paris, Antoine de Sommaville, 1657, in-4, v. f., dos orné, fil., dent. int., tr. r. (Bauser). 40 fr.




205. Histoire du theatre italien. Par Louis Ricoboni, dit Lelio. Paris, André Cailleau, 1730-1731, 2 vol. in-8, 2 front. et 19 pl. dont 18 de costumes gr. par Joullain, v. brun, dos ornés, fil. dor., dent. à froid (Lesné). 70 fr.



206. Le Theatre de Iaques Grevin. Paris, Vincent Sertenas et Guillaume Barbé, 1562, in-8, portr. sur bois, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. 451 fr.




207. La Sylvanire, ou la Morte-Vive. De messire Honoré d’Urfé. Paris, Robert Fouet, 1627, in-8, portr., bas. 75 fr.



211. Le Theatre de P. Corneille. Paris, Guillaume de Luyne, 1664-1666, 7 tomes en 6 vol. in-8, front. et fig., v. ant. marbr., dos ornés, tr. r. 400 fr.



224. Theatre de M. Favart. Paris, Duchesne, 1763-1772, 10 vol. in-8, portr., front., fig., musique notée, v. f., dos ornés, dent., tr. dor. (Bozerian Jeune). 420 fr.



248. L’Astree de messire Honoré d’Urfé. Paris, Mathurin Hénault, 1624-1647, 5 parties en 10 vol. in-8, portr., front., fig., demi-rel. chagr. bleu. 145 fr.




250. Le Berger extravagant. Paris, Toussainct du Bray, 1627, in-8, fig., v. ant. marbr., dos orné. Aux armes de Gigault de Bellefonds sur le dos. Exemplaire Génard. 61 fr.




255. Cytheree. Seconde Edition. Paris, Augustin Courbé, 1642, 6 vol. in-8, front. grav., réglé, v. ant., dos orné, fil. Exemplaire de Madame de Pompadour. 175 fr.



256. Ibrahim ou l’Illustre Bassa. Paris, Antoine de Sommaville, 1641, 4 vol. in-8, front., portr., comp. à la Du Seuil, v. f. ant., fil. 70 fr.




257. Artamene ou le Grand Cyrus. Par MR de Scudery. Paris, Augustin Courbé, 1654, 10 vol. in-8, front. et fig. par Chauveau, v. ant. 190 fr.

Photographie Amanda Hall Rare Books, Shaftesbury, Royaume-Uni



259. Mathilde. Paris, Edme Martin et François Eschart, 1667, in-8, front. gr. par Chauveau, demi-rel. chagr. r. 25 fr.



267. Les Illustres Françoises, histoires veritables. Paris, Copagnie des Libraires, 1725, 3 vol. in-12, mar. bleu, fil. à froid, chiffre doré, dent. int., tr. dor. (Cuyls). Exemplaire Amédée Rigaud. 55 fr.



278. La Chartreuse de Parme par l’auteur de Rouge et Noir. Paris, Ambroise Dupont, 1839, 2 vol. in-8, pap. vél., cart. Bradel, dos et coins de percaline grise, non rogn., édition originale. 400 fr. 




370. Œuvres complettes de M. de Marivaux. Paris, Veuve Duchesne, 1781, 12 vol. in-8, portr., v. f., dos orné, large dent., tr. dor. (Bozerian Jeune). Exemplaire Pixerécourt. 500 fr.




374. Œuvres completes de J. J. Rousseau. S. l. [Paris], s. n. [Poinçot], 1788-1793, 39 tomes en 38 vol. in-8, front., fig., musique gr., pl. de botanique color., mar. vert, fil., tr. dor. Exemplaire du marquis de Biencourt. 460 fr.



410. Extraits De tous les beaux endroits Des ouvrages Des plus celebres Autheurs de ce temps. Amsterdam, Josias Tholm, 1681, 5 tomes en 3 vol. in-12, v. ant. marbr., dos ornés, tr. r. Aux armes et au chiffre de J.-N. Colbert. 25 fr.



415. Histoire des origines du christianisme – Par Ernest Renan. Paris, Michel Lévy Frères et Calmann-Lévy, 1863-1883, 8 vol. in-8, 2 cartes en coul., br., couvertures. 1.450 fr. Nombreuses notes marginales de la main de Brunetière, qui écrit à la fin du tome VII :

« Achevé de lire le 15 juin 1905. non sans fatigue, à cause, 1° de la longueur de l’ouvrage (qui devrait tenir en 3 ou 4 volumes tout au plus) ; 2° de la prolixité du style (qui, si l’on y regarde de près, dépasse tout ce que je connais en ce genre) ; 3° de la monotonie de la méthode (qui dégénère en procédé) ; 4° de l’incohérence de la composition (qui n‘a d’unité que celle qu’elle doit à la chronologie) et, 5°, de l’affectation de philosophie. »



425. Les Illustrations de Gaule et Singularitez de Troye, par maistre Iean le Maire de Belges. Lyon, Iean de Tournes, 1549, 4 parties en 1 vol. in-fol., caract. ronds et ital., titre dans un encadrement sur bois, v. f. ant., dos orné. Aux armes de François VII, duc de La Rochefoucauld. 125 fr.



466. Guillielmi Budæi Parisiensis secretarij Regij libri V. de Asse. [A la fin :] Venetiis, in ædibus Aldi et Andreæ Asulani soceri mense septembri MDXXII, in-4, caract. ital., vélin souple à recouvrements, avec attaches, tr. dor. 45 fr.



468. Dictionnaire historique et critique, Par MR. Pierre Bayle. Rotterdam, Michel Bohm, 1720, 4 vol. in-fol., v. f., dos ornés à petits fers, fil., dent. int., tr. dor. (Padeloup). 130 fr.


-  Du 27 février au 6 mars 1908, en 7 vacations, dans les Salles de Ventes aux Enchères de la Librairie Ém. Paul et Fils et Guillemin, 28 rue des Bons Enfants [anciennes Maisons Silvestre et Labitte], salle n° 1 : Catalogue de la Bibliothèque de feu M. Ferdinand Brunetière Deuxième Partie (Paris, Ém. Paul et Fils et Guillemin, et Alphonse Picard et Fils, 1908, in-8, VIII-195-[1] p., 1.107 lots [chiffrés 502-1.608]), dont Théologie [108 lots = 9,75 %], Jurisprudence [10 lots = 0,90 %], Sciences et Arts [158 lots = 14,27 %], Archéologie-Beaux-Arts [47 lots = 4,24 %], Belles-Lettres [489 lots = 44,17 %], Histoire [288 lots = 26,01 %], Supplément-Manuscrits de M. Brunetière [7 lots = 0,63 %]. La vente a rapporté 32.202 francs.



528. Disputationum De sancto matrimonii sacramento. Authore Thoma Sanchez. Genuæ, Josephum Pavonem, 1602-1605, 3 vol. in-fol. à 2 col., titre gravé, bas. ant. marbr. 10 fr.


 

585. Joannis Calvini, Institutionum christianæ religionis libri quatuor. Amstelodami, Joannem Jacobi Schipper, 1667-1671, 9 vol. in-fol., front. grav., vélin estampé. 130 fr.


 

591. Traitté des Religions. Par M. Amyraut. Saumur, Claude Girard et Daniel de l’Erpiniere, 1631, in-8, vélin. 15 fr.

 


593. L’Esprit de MR. Arnaud. Deventer, les héritiers de Jean Colombius, 1684, 2 vol. in-12, v. ant. marbr., dos ornés, fil., tr. r. Aux armes de Nicolas Lambert. 15 fr.

 


667. La Vie de Monsieur Descartes. Paris, Daniel Hortemels, 1691, 2 parties en 1 vol. in-4, portr. in-fol. plié, gravé par Edelinck, v. ant. jaspé, dos orné.

 


723. Lettres écrites de la Montagne. Par J. J. Rousseau. Amsterdam, Marc Michel Rey, 1764, 2 parties en 1 vol. in-8, demi-rel. v. f. ant. avec coins, dos orné, tr. r.

 

Exemplaire de Fernand Brunetière
Photographies Liserons blancs, Nancy


809. Dictionnaire des arts de peinture. Par M. Watelet & M. Lévesque. Paris, L. F. Prault, 1792, 5 vol. in-8, bas. moderne marbr., dos ornés, tr. r. 9 fr.

 


900. Histoire litteraire du regne de Louis XIV. Par M. l’Abbé Lambert. Paris, Prault Fils, Guillyn et Quillau Fils, 1751, 3 vol. in-4, front., vign. et culs-de-lampe, v. ant. marbr., dos orné, tr. r. 11 fr.

 


915. Mémoire historique & littéraire sur le College royal de France ; Par M. l’Abbé Cl. P. Goujet. Paris, Augustin-Martin Lottin l’aîné, 1758, 3 vol. in-12, vélin moderne à recouvrements, titre calligraphié sur les dos, non rogn. 15 fr.

 


976. Histoire littéraire des femmes françoises. Paris, Lacombe, 1769, 5 vol. in-8, front., v. ant. marbr., dos ornés, tr. r. 4 fr.

 


990. Examen des ouvrages de M. de Voltaire. Par M. Linguet. Bruxelles, Lemaire, 1788, in-8, demi-rel. v. f. avec coins, dos orné, fil., tête r., non rogn. Exemplaire de M. Sainte-Beuve, père du critique, avec sa signature autographe sur le second feuillet de garde. 34 fr.

 


1.124. Les Bibliothéques françoises de La Croix du Maine et de du Verdier. Paris, Saillant & Nyon et Michel Lambert, 1772-1773, 6 vol. in-4, demi-rel. mar. bleu, dos ornés (Cocheu, relieur à Tours). Exemplaire de Luzarche. 51 fr.


 

1.125. Bibliotheque françoise, ou Histoire de la littérature françoise. Par M. l’Abbé Goujet. Paris, Pierre-Jean Mariette et Hyppolitte-Louis Guerin, 1741-1756, 18 vol. in-12, v. ant. marbr., dos ornés, tr. r. 18 fr.

 


1.158. Œuvres poetiques du sieur Desmarets. Paris, Henry le Gras, 1641, in-4, titre gravé, v. ant. marbr., dos orné. 72 fr.

 


1.257. Les Œuvres de messire Guillaume du Vair. Paris, Claude Cramoisy, 1625, in-fol., v. f. ant., dos orné, fil. 18 fr.

 


1.374. Histoire generale du Jansenisme. Par Monsieur l’Abbé *******. Amsterdam, J. Louis de Lorme, 1700, 3 vol. in-8, nombreux portraits gravés, v. f. ant., dos ornés, fil., tr. r. Aux armes de Lambert. 30 fr.