vendredi 12 juillet 2024

Charles de Spoelberch de Lovenjoul (1836-1907), historiographe de Balzac

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En-tête de papier à lettre de Charles de Lovenjoul

La famille flamande Spoelberch, originaire du Brabant [Belgique], dont la généalogie remonte au XIVe siècle, portait « D’azur, à la fasce d’or, accompagnée de trois losanges du même ».


François-Philippe-Benoît de Spoelberch, seigneur de Lovenjoul [Bierbeek, Belgique], né à Louvain [Belgique], à 6 km au nord-ouest de Lovenjoul, le 26 novembre 1676, mort à Louvain, le 13 juillet 1751, admis au collège des patriciens de Louvain et dans les lignages de Bruxelles, échevin et premier bourgmestre de Louvain, président de la chambre pupillaire, épousa : 1° le 3 février 1697, Suzanne de Dielbeek, morte le 3 août 1705, fille unique de Frédéric de Dielbeek, baron d’Holsbeek, seigneur d’Attenhove et de Dutzele, et de Julienne de Mol. 2º le 28 août 1708, Jeanne-Isabelle le Comte dit « d’Orville », née à Bruxelles, le 3 décembre 1683, morte à Louvain, le 20 octobre 1762, fille de Jean-Pierre-Ignace, surintendant du canal de Bruxelles, et d’Alexandrine-Barbe Caudenbergh, dit « van den Hecke ».

Hôtel de Ville de Louvain
Vues de la Hollande et de la Belgique, par W. H. Bartlett. Londres, Georges Virtue, s. d. [1840], p. 185

André-Emmanuel-Joseph de Spoelberch, né en 1716, mort le 22 mars 1785 à Louvain, licencié en droit, conseiller, échevin de Louvain, épousa : 1° à Bois-le-Duc [Pays-Bas], le 6 mai 1743, Pétronille-Maximilienne de Nagelmaeckers, morte le 10 septembre 1759, et inhumée aux Récollets, à Louvain. 2º le 26 mars 1762, Marie-Louise-Angélique de Bayol, née à Bruxelles le 14 décembre 1729, et qui mourut à Louvain, paroisse Saint-Pierre, le 5 nivôse An III [25 décembre 1794].


 

Jean-Henri-Joseph, vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, vicomte par diplôme du roi Guillaume Ier, titre transmissible à toute la descendance, né à Louvain, le 9 octobre 1766, mort à Louvain, le 28 février 1838, président du tribunal de première instance, à Louvain, conseiller à la cour impériale, à Bruxelles, chevalier du Lion Belgique, amateur de musique distingué, épousa, le 30 messidor An IX [19 juillet 1801], Thérèse-Françoise-Claire de Troostembergh, morte le 27 octobre 1820 au 5 rue des Orphelins, à Louvain, où elle était née le 4 mars 1773, paroisse Sainte-Gertrude.

Maximilien de Spoelberch de Lovenjoul

 
Hortense de Putte

Maximilien-Antoine-Théodore, vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, né à Louvain, le 21 floréal An X [11 mai 1802], mort à Lovenjoul le 2 septembre 1873, épousa, à Bruxelles, le 4 mai 1831, Hortense-Caroline-Albertine-Ghislaine de Putte, née à Bruxelles, le 15 avril 1814, fille de François-Constantin-Ghislain et de Henriette-Hubertine-Ghislaine de Spoelberch, et morte à Bruxelles le 30 décembre 1873. 

Charles de Spoelberch de Lovenjoul


44 et 46 rue du Marais, Bruxelles (1980)

Charles-Victor-Maximilien-Albert, vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, naquit à Bruxelles, 46 rue du Marais [détruit], le 30 avril 1836.

33, boulevard du Régent, Bruxelles

Château de Lovenjoul

Il passa sa jeunesse dans un hôtel particulier, à Bruxelles, 33 boulevard du Régent [résidence de l’ambassadeur de France, 41 boulevard du Régent] et au château de Lovenjoul.

Ayant le goût de la lecture, il s’intéressa aux auteurs français, à leur vie et surtout à leurs procédés d’écriture. Cette passion commença dès l’âge de quatorze ans, en 1850. En 1855, il rencontra à Paris l’éditeur Michel Lévy (1821-1875), alors 2 bis rue Vivienne [IIe], qui l’encouragea dans ses goûts pour la bibliographie littéraire.

Ayant besoin de s’adjoindre les services d’un libraire parisien, capable de procéder à certains achats ou recherches pour lui, il s’entendit avec Charles Borrani, 9 rue des Saints Pères [VIe].  

Ses collections furent conservées dans l’hôtel du boulevard du Régent, dans une espèce de hall immense, où tout était de fer, même le plancher, pour braver les rats :

 

Bibliothèque, à Bruxelles. In L'Illustration, 6 mai 1899, p. 297

« Représentez-vous une sorte de chapelle, très longue, très haute, très étroite, éclairée par le toit – comme une section du passage des Panoramas, s’étendant sur environ vingt-cinq mètres. A droite, à gauche, de profondes armoires, enfermant en leurs flancs des milliers de cahiers et de volumes. Au milieu de la pièce, une demi-douzaine de meubles de styles divers et disséminés. Chacun d’eux contient les reliques d’un grand écrivain. »

(Adolphe Brisson. Portraits intimes. Paris, Armand Colin & Cie, 1897, 3e série, p.90)

La plupart des volumes étaient volontairement laissés brochés : Charles de Lovenjoul pensait que les reliures dénaturaient les livres.

11 rue Louis-le-Grand, Paris II

5 rue d'Alger, Paris I (août 2020)

Passant les printemps à Paris, Lovenjoul y loua un troisième domicile : d’abord 11 rue Louis-le-Grand [IIe], de 1879 à 1895, puis 5 rue d’Alger [Ier], de 1895 à 1907.

Villa Close (2011)

Vers 1897, il loua aussi à Bruxelles, une maison baptisée « Villa Close » [93 rue de Linthout], au coin de la rue de Linthout et de la rue Vergote.

Lovenjoul publia son premier essai, intitulé « Étude bibliographique sur les œuvres de George Sand », dans Le Bibliophile belge (Bruxelles, Fr.-J. Olivier, 1868, p. 1-23 et p. 77-90), qu’il signa « Le Bibliophile ISAAC ».

En 1871, il rencontra, à Bruxelles, Théophile Gautier (1811-1872), et l’introduisit dans sa bibliothèque : le poète n’en revenait pas d’y être si richement représenté.

Le 1er juin 1875, après la disparition de Michel Lévy le 5 mai précédent, son frère Calmann Lévy (1819-1891) introduisit Lovenjoul chez George Sand (1804-1876), pour un projet d’édition des Œuvres complètes de la romancière : malheureusement, elle succomba le 8 juin de l’année suivante.

 

Marie-Emilie d'Ursel

Le 26 février 1876, à Bruxelles, Lovenjoul, presque 40 ans, épousa Marie-Émilie-Madeleine d’Ursel, dite « Molly », 23 ans, née à Bruxelles le 14 février 1853, fille du comte Ludovic d’Ursel (1809-1886), sénateur de Belgique, et petite-fille par sa mère du marquis de Rumigny, ambassadeur de France en Belgique sous la Monarchie de Juillet.


 

Inaugurant un genre, Lovenjoul publia une Histoire des œuvres de H. de Balzac (Paris, Calmann Lévy, 1879), puis une Histoire des œuvres de Théophile Gautier (Paris, G. Charpentier et Cie, 1887, 2 vol., 4 portraits et 2 autographes).

 


Le 10 avril 1882, le décès de la veuve de Balzac, Ève-Constance-Victoire Rzewuska, veuve en premières noces du comte Wenceslas Hanski, permit à Lovenjoul d’obtenir, le 25 avril, à l’Hôtel Drouot, par l’intermédiaire du libraire Étienne Charavay (1848-1899), 9 manuscrits du romancier,  pour la somme de 12.310 fr. [Eugénie Grandet, Pierrette, Histoire des treize, César Birotteau, Le Lys dans la vallée, La Recherche de l’absolu, Séraphîta, Béatrix, Illusions perdues], et des lettres autographes à Madame Hanska.

L’année où il fut fait chevalier de la Légion d’honneur, Lovenjoul publia ses découvertes imprévues dans Les Lundis d’un chercheur (Paris, Calmann Lévy, 1894).

Il raconta la liaison de Balzac et de Madame Hanska dans Études balzaciennes - Un roman d’amour (Paris, Calmann Lévy, 1896), et celle de Musset et de George Sand dans La Véritable Histoire de « Elle et Lui » - Notes et documents (Paris, Calmann Lévy, 1897).

Charles de Lovenjoul dans sa bibliothèque. In L'Illustration, 6 mai 1899, p. 297

La signature de Lovenjoul parut dans Le Figaro, dans le Journal des Débats, dans Le Temps et dans la Revue bleue, avant de donner en librairie La Genèse d’un Roman de BalzacLes Paysans (Paris, Paul Ollendorff, 1901) et Sainte-Beuve inconnu (Paris, Plon, 1901).

Atteinte de diabète, comme son mari, Madame de Lovenjoul décéda à Wiesbaden [Allemagne] le 16 juillet 1902 ; elle avait publié un répertoire, sous le pseudonyme de « Ludovic Saint-Vincent », intitulé Belgique charitableBruxellesCharité, bienfaisance, philanthropie, Etc., Etc. (Bruxelles, Veuve Ferdinand Larcier, 1893). Lovenjoul publia son dernier volume sur Balzac, Une Page Perdue de H. de BalzacNotes et documents (Paris, Paul Ollendorff, 1903) et, dans la « Collection du bibliophile parisien », Bibliographie et littérature (Trouvailles d’un bibliophile) (Paris, Henri Daragon, 1903).  

Sans postérité, Lovenjoul songea en 1905 à mettre ses affaires en ordre : 


il laissait à l’Université de Louvain ses porcelaines, ses tableaux et ses meubles, qui souffrirent d’un incendie en 1940, 

23 rue du Connétable, Chantilly (avril 2023)

et à l’Institut de France sa collection littéraire, qu’il appelait « son archive » [1.350 volumes manuscrits, des milliers de lettres, 42.000 volumes imprimés, 1.500 collections de journaux, fruit de cinquante ans de labeur acharné, avec quatre passions principales, Balzac, George Sand, Théophile Gautier et Sainte-Beuve, mais aussi Barbey d’Aurevilly, Baudelaire, les Dumas, Hugo, Mérimée, Nerval, Stendhal, Vigny], à condition qu’elle soit rattachée au domaine de Chantilly [Oise] et qu’elle ne sorte pas de son lieu de conservation, même pour des expositions. La collection Lovenjoul conserve 90% des manuscrits de Balzac connus dans le monde et 414 lettres de Balzac à Madame Hanska : seules deux lettres de Madame Hanska à Balzac subsistent, car ce dernier brûla les autres, craignant une tentative de chantage.

En 1906, Lovenjoul pénétrait enfin à la Revue des Deux Mondes, où il fit paraître (1er septembre, p. 51- 62) une « Lettre sur le travail de H. de Balzac ».

Le 2 juin 1907, Le Figaro publiait sur lui, en première page : « Le plus Français des étrangers, et, avec son gracieux souverain Léopold, le plus Parisien des Bruxellois ; le plus érudit, d’autre part, des gentilshommes lettrés ; mène l’existence laborieuse d’un Bénédictin et garde l’aspect d’un ancien officier de cavalerie. »

 

Le Figaro, vendredi 5 juillet 1907, p. 2

Gil Blas, samedi 6 juillet 1907, p. 1

Lovenjoul est mort dans une chambre d’hôtel, pendant une cure à Royat [Puy-de-Dôme] [il n’y a pas d’acte dans le registre des actes de décès de la ville de Royat, ni dans celui de Bruxelles], le jeudi 4 juillet 1907, des suites d’un accident diabétique ; 

Cimetière de Laeken, Bruxelles

il fut inhumé le 8 juillet, près de sa mère, au cimetière de Laeken, le Père Lachaise bruxellois.

Ce collectionneur fortuné, qui fut la providence des chercheurs, auxquels il a livré sans compter les renseignements et les documents qu’il s’était procurés, n’eut pas que des admirateurs reconnaissants : les commentaires quasi calomnieux du bibliophile français Octave Uzanne (1851-1931) et de l’écrivain anarchiste belge Georges Eekhoud (1854-1927) furent particulièrement remarqués.

« Sainte-Beuve nommait la critique assez justement une botanique morale. Ace titre, le vicomte Charles de Spoelberch de Lovenjoul, qui vient de mourir tout récemment à Royat, n’était pas à vrai dire un botaniste moral, mais plutôt ce qu’on nomme en Basse Bourgogne un grappillonneur, celui qui vient après les vendanges faites et qui trouve encore moyen de cueillir de pleines hottées de menus grapillons assez savoureux et conservant tout le bouque[t] du terroir.

Le vicomte de Lovenjoul qui cultiva en Belgique le grapplillonnage [sic] des lettres françaises sut acquérir chez nous une renommée de grand seigneur belge entièrement dévoué à la mémoire d’Honoré de Balzac, de Théophile Gautier, de Georges [sic] Sand, d’Alfred de Musset, Sainte-Beuve et de la plupart des maîtres romantiques. […]

Incontestablement, le vicomte fut un passionné d’architecture littéraire entièrement faite de matériaux neufs et originaux, mais un Américain dirait aussi avec raison que, dans sa volonté de bâtir tout une cité historique hospitalière aux fervents des lettres, M. de Lovenjoul procéda comme les “ trusters ”. Il accapara le marché des documents, ne laissant rien ou fort peu hors de ses chantiers. Les érudits impécunieux furent jusqu’ici dépossédés. Il est juste que Chantilly hérite, mais cet héritage ne prendra toute sa valeur que du jour où on en connaîtra exactem nt [sic] l’étendue par le détail des matériaux abandonnés par lui et qui seront si intéressants à déblayer.

M. Charles de Spoelberch de Lovenjoul apporta un zèle prodigieux à râfler [sic] les documents littéraires de toute nature ; il faut rendre hommage à la bonne volonté de cet accapareur qu’on aurait nommé outre-océan le roi des manuscrits. Il en tira vanité et grande notoriété, mais il ne faut pas exagérer son mérite. »

(Octave Uzanne. « Un Truster littéraire ». In La Dépêche, 21 juillet 1907, p. 1-2)

« La mort de M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul n’a ému que médiocrement notre milieu littéraire proprement dit. Ce grand seigneur était un collectionneur avisé dont les goûts tranchaient honorablement sur ceux de son monde exclusivement adonné au sport et à la galanterie, et qui se recommandait par sa curiosité et son érudition, sinon par une valeur créatrice ou même critique. Mais il ne faut pas exagérer non plus son rôle et son mérite. Il collectionna les manuscrits de Balzac et de quelques romantiques, comme d’autres des médailles, des tulipes ou des timbres-poste. Au point de vue des lettres de ce pays, il se montra aussi indifférent et aussi dédaigneux que tous nos gros propriétaires, nobles et financiers. Les livres qu’il tira des manuscrits de sa collection sont agréablement écrits, mais ne valent en somme que comme raccord consciencieux de documents. Ni vues, ni aperçus nouveaux. On citait cependant M. de Spoelberch parmi les personnalités appelées à faire partie de la future Académie d’Ecrivains belges. Il y aurait peut-être fondé le pari des comtes, comme vous avez celui des ducs à l’Académie Française. M. Octave Uzanne a fort bien “ situé ”, me semble-t-il, la figure du noble défunt dans le monde littéraire. Convenons cependant que M. Uzanne se montre par trop dur en appelant ce galant et utile homme de bibliothèque un accapareur de manuscrits, mais il reste acquis, comme le disait M. Uzanne dans l’article de la Dépêche [21 juillet 1907, p. 1-2] reproduit par le Mercure [15 août 1907, p. 714-715], que le trésor de documents dont hérite votre Musée de Chantilly ne prendra toute sa valeur que du jour où on en connaîtra exactement l’étendue par le détail des matériaux abandonnés par M. de Spoelberch et qui seront si intéressants à déblayer.

Car, quoiqu’en dise M. Eugène Gilbert [son fidèle ami] dans ses très intéressantes études sur les livres de M. de Spoelberch [France et Belgique. Études littéraires. Paris, Plon, 1905], l’honorable collectionneur ne sut mettre suffisamment en valeur les documents précieux dont il s’était assuré la possession et M. Paul Bourget plaisante sans doute quand il le compare à Sainte-Beuve [« Lettre-Préface » in France et Belgique. Études littéraires. Paris, Plon, 1905, et Le Figaro, 7 juillet 1907, p. 1]. Au point de vue de l’histoire des lettres au XIXe siècle, un seul livre de M. de Spoelberch se recommande pourtant par une certaine “ mise en œuvre ” de documents inédits ; c’est la Genèse d’un Roman de Balzac, ouvrage auquel M. Gilbert a consacré une des doctes études auxquelles nous faisions allusion plus haut. »

(Georges Eekhoud. In Mercure de France, 1er septembre 1907, p. 171-172)

La collection littéraire de Lovenjoul fut transportée en 1910 de Bruxelles à Chantilly, 23 rue du Connétable, sous la direction de Georges Vicaire (1853-1921). En 1987, contrevenant au désir du testateur, elle fut transférée à Paris et installée définitivement dans les locaux de la Bibliothèque de l’Institut, 23 quai Conti [VIe].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


samedi 6 juillet 2024

George Sand (1804-1876), la bonne dame de Nohant, était bibliophobe

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George Sand, par Nadar (1864)

Fils de Gilbert Dupin, procureur au bailliage de Lignières [Cher], et de Madeleine Guillot, Philippe Dupin, conseiller du Roi et receveur des tailles de l’élection de Châteauroux [Indre], a été baptisé à Lignières le 29 janvier 1651, et a été inhumé le 16 novembre 1720 en l’église Saint-André de Châteauroux, où il avait épousé, le 14 septembre 1683, Jeanne Denis, castelroussine baptisée en l’église Saint-André le 23 août 1664 et inhumée dans la même église le 1er août 1713.

 

Eglise Saint-André, Châteauroux

Leur fils Claude Dupin a été baptisé en l’église Saint-André de Châteauroux le 8 mai 1686. Successivement avocat au Parlement, capitaine d’infanterie au régiment de Noailles en 1706, receveur des tailles en la généralité de Berry, receveur général des finances de Metz [Moselle] et Alsace en 1722, 

Hôtel de Vins, Paris

il devint fermier général en 1726, mourut à Paris, à l’hôtel de Vins, rue Plâtrière [partie septentrionale de la rue Jean-Jacques Rousseau, Ier, n° 68], le 25 février 1769 et fut inhumé le lendemain en l’église Saint-Eustache. Il avait épousé, à Châteauroux le 8 janvier 1714, Marie-Jeanne Bouilhat, née le 5 décembre 1696 à Châteauroux, où elle fut inhumée, dans l’église Saint-André, le 6 novembre 1720.

Louise de Fontaine, par Jean-Marc Nattier (1736). Coll. priv. 


J.-J. Rousseau chez Madame Dupin, par Maurice Leloir.
The Confessions of Jean Jacques Rousseau. London, Aldus Society, 1903, vol. VII

En secondes noces, il avait épousé, le 1er décembre 1722, en l’église Saint-Roch, Louise-Marie-Madeleine Guillaume de Fontaine, née le 28 octobre 1707, fille illégitime du financier Samuel Bernard (1651-1739) et de l’actrice Manon Dancourt (1684-1740), veuve de Jean-Louis Guillaume de Fontaine (1666-1714), qui tint un salon littéraire et eut Jean-Jacques Rousseau comme secrétaire de 1745 à 1751 ; Louise-Marie-Madeleine de Fontaine mourut à Chenonceaux [Indre-et-Loire] le 30 brumaire An VIII [21 novembre 1799].

Hôtel Lambert, Paris

Anobli par l’achat d’une charge de secrétaire du Roi en 1728, Claude Dupin avait acheté en 1732 l’hôtel Lambert, à Paris [IVe], qui fut revendu en 1739 pour louer, rue Plâtrière, l’hôtel de Vins qu’il acheta en 1758. 

Château de Chenonceau

Il avait acheté en 1733 le château de Chenonceau [sic] [c’est à Louise de Fontaine qu’on attribue la différence d’orthographe entre le nom de la ville et celui du château], qui resta dans la famille Dupin jusqu’en 1864, et en 1738 le marquisat du Blanc [Indre] et la baronnie de Cors [Oulches, Indre].

 

Louis-Claude Dupin. Musée de la Vie romantique, Paris

Du premier lit naquit, le 6 novembre 1715 à Châteauroux, Louis-Claude Dupin, seigneur de Francueil [Indre-et-Loire], fermier général de 1750 à 1762, puis receveur général des finances de Metz et Alsace. Le 15 mai 1737, à Paris, il épousa Suzanne Bollioud, née le 11 décembre 1718 à Bourg-Argental [Loire]. 

Aurore de Saxe, par Adelaïde Labille-Guiard (1777). Musée de la Vie romantique, Paris

Veuf prématurément le 1er septembre 1754, il épousa, à Londres, dans la chapelle de l’ambassade, le 14 janvier 1777, Marie-Aurore de Saxe, veuve de Antoine de Horn (1722-1767), tué dans un duel, née à Paris le 20 septembre 1748, fille naturelle du maréchal Maurice de Saxe (1696-1750) ; le mariage fut réhabilité en l’église Saint-Gervais de Paris le 15 avril 1777. 

Château Raoul, Châteauroux

Le couple mena une vie fastueuse au château Raoul, à Châteauroux ; Louis-Claude Dupin mena une existence insouciante, consacrée aux lettres et aux arts.

Louis-Claude Dupin eut deux enfants de sa maitresse Louise d’Épinay (1726-1783). Il mourut à Paris, 15 rue du Roi de Sicile [IVe], le 6 juin 1786. 

Château de Nohant. Die Gartenlaube. Leipzig, Ernst Keil, 1864, p. 300

Château de Nohant

Château de Nohant. Plan du domaine
Centre des Monuments nationaux

Le 23 août 1793, Marie-Aurore de Saxe acheta le château de Nohant [Nohant-Vic depuis 1822, Indre], à trente kilomètres au sud-est de Châteauroux, pour 230.000 livres ; elle y mourut le 26 décembre 1821.

 

Maurice-François Dupin (1806). Château de Nohant

Fils unique de Marie-Aurore de Saxe, Maurice-François-Élisabeth Dupin est né à Paris, rue du Roi de Sicile, le 9 janvier 1778 et a été baptisé le 18 janvier suivant en l’église Saint-Gervais. Soldat de la Révolution en 1798, puis chasseur à cheval en 1799, capitaine au 1er régiment de Hussards en 1805, chevalier de la Légion d’honneur en 1806, aide de camp du prince Joachim Murat en 1807, lieutenant-général en 1808, il fut à Marengo, au camp de Boulogne, à Eylau et en Espagne. Le 16 septembre 1808, revenant d’un dîner à La Châtre [Indre], il fut désarçonné par son cheval sur la route de Nohant et mourut, victime d’un traumatisme crânien ; il fut inhumé dans un cimetière privé qui juxtapose le parc. Il avait eu deux enfants naturels : Hippolyte Chatiron (1799-1848) et Jeanne-Félicitée Molliet (1800-1883). 

Antoinette-Sophie Delaborde (1833). Musée de la Vie romantique, Paris

Demeurant alors rue Feydeau [IIe], il avait épousé, le 16 prairial An XII [5 juin 1804] à Paris, Antoinette-Sophie-Victoire Delaborde, fille d’un oiseleur, enceinte de plus de huit mois, déjà mère de deux enfants, qualifiée de « coureuse d’armée » par sa belle-mère, baptisée en l’église Saint-Germain-l’Auxerrois de Paris le 26 juillet 1773 ; elle mourut le 19 août 1837 à Paris [Xe], 99 rue du Faubourg Poissonnière, et fut inhumée au cimetière, puis transférée au cimetière familial de Nohant.


« L’anomalie, la bizarrerie et l’inconstance des unions semblent fatalement attachées, non seulement aux aïeux directs de George Sand, mais encore à la plupart des familles alliées d’une façon ou d’une autre à la sienne. L’un des biographes anglais de George Sand [Blackwood’s Edinburgh Magazine, vol. CXXI, january-june 1877] cite, avec beaucoup de justesse, cette circonstance comme servant à justifier beaucoup de faits de sa vie, ainsi que son opinion sur ce qu’on appelle le libre amour et la “ facilité ” avec laquelle elle l’envisageait. »

(Wladimir Karénine. George Sand, sa vie et ses œuvres. Paris, Plon, 1899, 2e édition, t. I, p. 78-79)

 

Aurore Dupin, par Auguste Charpentier (1838). Musée de la Vie romantique, Paris

Maison natale d'Aurore Dupin, 46 rue Meslay, Paris

Amantine [sic]-Aurore-Lucile Dupin est née le 12 messidor An XII [1er juillet 1804] à Paris, 15 rue Meslay [46 rue Meslay, IIIe], et fut baptisée le lendemain en l’église Saint-Nicolas-des-Champs. Presque tous ses biographes ont pourtant indiqué le 5 juillet comme date de sa naissance [date qui est gravée sur sa tombe] ; George Sand elle-même resta longtemps dans l’erreur à ce sujet.

Elle vécut jusqu’en 1808 avec ses parents rue de la Grange Batelière [IXe]. Au retour d’Espagne, la famille s’installa chez la grand-mère paternelle, à Nohant. Après la mort accidentelle de son père, sa mère, qui n’avait pas d’argent, l’abandonna en 1809 à sa grand-mère, en échange d’une rente. De 1810 à 1814, l’aïeule et la petite-fille n’habitèrent Paris qu’en hiver, dans un meublé de l’hôtel de Florence, 56 rue Neuve-des-Mathurins [emplacement de l’hôtel George Sand, construit en 1860, 26 rue des Mathurins, IXe], passant le reste du temps à la campagne ; entre 1814 et 1817, l’aïeule quitta cet appartement pour occuper un petit logement, rue Thiroux [absorbée en 1849 par la rue de Caumartin, IXe]. Devenant une enfant rebelle, elle fut mise en pension au couvent des Filles anglaises des fossés Saint-Victor [rue du cardinal Lemoine, Ve], de 1818 à 1820. Après la mort de sa grand-mère, elle quitta Nohant avec sa mère, qui la confia à un ami de feu son père, Jacques Roettiers du Plessis (1780-1844), au château du Plessis-Picard, à Réau [Seine-et-Marne] : 

François Dudevant. Musée Carnavalet



Château de Guillery, Pompiey

elle y rencontra l’avocat François, dit « Casimir », Dudevant, né au château de Guillery, à Pompiey [Lot-et-Garonne], le 17 messidor An III [5 juillet 1795], fils de Jean-François Dudevant, chef de brigade du 14e régiment des Chasseurs à cheval et de sa maîtresse, Augustine Soulès. Aurore Dupin épousa François Dudevant à Paris, le 17 septembre 1822. Deux enfants naquirent de cette union : Jean-François-Maurice-Arnauld, né à Paris, 56 rue Neuve-des-Mathurins, le 30 juin 1823 ; Gabrielle-Solange, née à Nohant le 13 septembre 1828.

George Sand rencontra en 1830 le romancier Jules Sandeau (1811-1883) : l’année suivante, elle quitta Nohant pour le 31 rue de Seine [VIe], puis pour un petit logement du 5e étage du quai Saint-Michel [Ve]. Ayant obtenu de la préfecture de l’Indre une « permission de travestissement », elle porta un costume masculin. Son premier roman, Rose et Blanche, ou la Comédienne et la Religieuse (Paris, B. Renault, Lecointe et Pougin, Corbet aîné, Pigoreau et Levavasseur, 1831, 5 vol. in-8), en collaboration avec Jules Sandeau, fut signé « J. Sand » : pourtant, ni Jules Sandeau, ni Aurore Dupin ne le reconnurent comme leur œuvre, et ni l’un, ni l’autre, ne l’insérèrent dans leurs œuvres complètes. La première œuvre personnelle d’Aurore Dupin, Indiana (Paris, J.-P. Roret, 1832, 2 vol. in-8), fut publiée sous le nom de « George Sand », comme tous ses autres romans à venir, fait de la forme féminine du prénom Georges, sans « s », dont l’étymologie renvoie à « travailleur de la terre », et de la contraction du nom de son amant.

En 1832, elle déménagea dans la « mansarde bleue », au 3e sous les toits du 19 quai Malaquais [VIe].

Alfred de Musset, 19 quai Malaquais, Paris 

Après la rupture avec Jules Sandeau en 1833, elle eut une relation brève et décevante avec Prosper Mérimée (1803-1870), puis rencontra le poète Alfred de Musset (1810-1857) : les querelles et les reproches séparèrent les deux amants en 1834 ; en 1835, leur idylle reprit, jusqu’à une nouvelle rupture.

Mal mariée à un ivrogne, grossier et brutal, George Sand obtint du tribunal de La Châtre, le 16 février 1836, la séparation en sa faveur.

Les amants se succédèrent : l’avocat républicain Louis Michel (1797-1853), dit « Michel de Bourges », qui gagna le procès en séparation de 1836, mais qui, marié, rompit leur relation en 1837 ; le pianiste Frédéric Chopin (1810-1849) de 1838 à 1847 ; le graveur Alexandre Manceau (1817-1865), qui fut son amant et son secrétaire de 1850 à 1865.

En 1848, George Sand se réjouit de la chute du roi Louis-Philippe et de la fin de la Monarchie de Juillet, affichant son engagement politique socialiste, mais l’échec de la révolution marqua l’arrêt de son activité militante. 

En 1867, George Sand se réinstalla définitivement à Nohant. En 1875, Spoelberch de Lovenjoul, collaborant alors à un projet de publication de ses œuvres complètes chez les Lévy, entretint une correspondance régulière avec George Sand. Le 1er juin 1875, George Sand reçut la visite de Lovenjoul, accompagné de Calmann Lévy, frère et successeur de Michel Lévy, décédé le 5 mai précédent, pour discuter de l’édition des œuvres complètes. Une amitié naquit de cette unique rencontre, dont témoignent les lettres ; dans celle du 27 juin 1875, George Sand se qualifia « bibliophobe » :

« Nohant, 27 juin 1875.

Cher monsieur,

Ne vous tourmentez pas de la visite de ce brave homme, lequel ne m’a pas tourmenté du tout. Il voulait me voir et me demander encore pour l’acquit et le suracquit de sa conscience si je ne désapprouvais pas ses recherches [Relatives aux écrits perdus de George Sand]. Il paraît que je lui ai rendu autrefois un grand service. Je ne m’en souvenais pas plus que des pages éparpillées par moi dans tous les coins. Enfin il s’est fait reconnaître et j’ai fait bon accueil à ses scrupules et à ses remerciements.

Je n’ai pas retrouvé la Paix. Je l’aurai peut-être détruit. J’ai envoyé à Calmann plusieurs dédicaces, et m’apprête à lui en envoyer d’autres.

Merci toujours, cher bibliophile, et au revoir.

Votre amie,

G. S. bibliophobe !!! »

(George Sand. Correspondance, 1812-1876. Paris, Calmann Lévy, 1884, t. VI, p. 347-348)

 

Funérailles de George Sand. L'Univers illustré, 17 juin 1876, p.392-393

Tombe de George Sand, Nohant

George Sand mourut d’une occlusion intestinale le 8 juin 1876 : elle fut enterrée dans le cimetière familial de Nohant ; aujourd’hui, l’enclos privé, séparé du parc de la maison par un mur de pierre et du cimetière du hameau par une clôture grillagée, comprend 12 tombes : outre celle de George Sand, celles de sa grand-mère, de ses parents, de sa fille, de son fils, de sa belle-fille, de ses petits-enfants et d’un ami, le journaliste Edmond Plauchut (1824-1909). Elle avait refusé la Légion d’honneur en 1873. François Dudevant était décédé le 8 mars 1871, à Barbaste [Lot-et-Garonne].

George Sand fut l’auteur de 70 romans, de nouvelles, de contes, de pièces de théâtre, de textes politiques et d’articles de presse, auxquels il faut joindre une volumineuse correspondance. Ses œuvres les plus connues restent Indiana (1832) ; La Mare au diable (Paris, Desessart, 1846, 2 vol. in-8), 1ère édition en librairie, l’édition originale ayant été publiée par Le Courrier français, du 6 au 15 février 1846 ; Histoire de ma vie (Paris, Victor Lecou, 1854-1855, 20 vol. in-8), parue d’abord dans La Presse, du 5 octobre 1854 au 17 août 1855.

 


Château de Nohant. Plan de la maison
Centre des Monuments nationaux

La bibliothèque du château de Nohant, qui faisait également office de cabinet de travail pour George Sand, était située au premier étage : elle n’avait été construite qu’en 1861, dans l’ancien couloir qui séparait la chambre de George Sand et de Frédéric Chopin lors de leur liaison.

Dès 1890, devant le manque de ressources financières à la suite du décès de Maurice Sand, Calamatta fut contrainte de vendre la plupart des ouvrages conservés au château de Nohant.


La vente eut lieu du lundi 24 février au lundi 3 mars 1890, en 7 vacations, 28 rue des Bons Enfants, salle n° 2 : Catalogue de la bibliothèque de MME George Sand et de M. Maurice Sand (Paris, A. Ferroud, 1890, in-8, [3]-[1bl.]-107 p., 1.211 + 4 doubles [bis] = 1.215 lots), dont Littérature-Histoire-Philosophie-Beaux-Arts [941 lots = 77,44 %], Publications périodiques [19 lots = 1,56 %], Sciences diverses [177 lots = 14,56 %], Entomologie [78 lots = 6,41 %] ; en outre, 3.000 volumes en lots, et de nombreuses gravures, études ou dessins, gravés en grande partie par Calamatta, en portefeuille ou encadrés.

Ce catalogue présente des coquilles dans les descriptions et des ouvrages incomplets ; outre ses propres ouvrages, nombreux sont les ouvrages avec envois des auteurs à George Sand.

Les deux ouvrages de Léopold Derome (1833-1889), Le Luxe des livres (Paris, Rouveyre, 1879, n° 220 du catalogue) et Les Éditions originales des Romantiques (Paris, Rouveyre, 1886, n° 221 du catalogue) appartenaient à Maurice Sand.


 

96. Œuvres de M. Boileau Despréaux. Nouvelle édition. Par M. de Saint-Marc. Paris, David et Durand, 1747, 5 vol. in-8, rel. v.



106. De la manière de graver à l’eau-forte et au burin. Par Abraham Bosse. Nouvelle édition. Paris, Charles-Antoine Jombert, 1745, in-8, 19 pl., rel. v.

Photographie BnF


138. Cécilia, ou Mémoires d’une héritière. Londres ; Et se trouve à Paris, Théophile Barrois le jeune, 1784, 4 vol. in-12, rel. v.



164. Les Liaisons dangereuses ou Lettres. Par M. C….. de L…Amsterdam ; Et se trouve à Paris, Durand, Neveu, 1782, 4 tomes en 2 vol. in-12, rel. v.



182. Cours d’étude pour l’instruction du prince de Parme. Par M. l’Abbé de Condillac. Parme, Imprimerie royale, 1775, 16 vol. in-8, rel. v. marbré.



185. Les Conversations d’Emilie. Quatrième édition. Paris, Belin, 1783, 2 vol. in-12, rel. v., tr. peigné.



236. Théâtre et autres œuvres de M. Dorvigny. Paris, Cailleau, 1781, in-8, rel. mar., dent.



363. Le Guide fidèle de la vraie gloire. Par le Rd. Père André Thomas Barenger. Paris, P. Landry, 1688, in-12, rel. mar.



377. L’Heptaméron, ou Histoires des amans fortunez des nouvelles de tresillustre & tresexcelléte [sic] Princesse, Marguerite de Valois, Roine de Navarre. Lyon, Loys Cloquemin, 1581, in-16, rel. vélin.



380. Histoire anecdotique et raisonnée du théâtre italien. Paris, Lacombe, 1769, 9 vol. in-12, rel. v.



381. Histoire de Berry. Par Gaspard Thaumas de la Thaumassiere. Bourges, François Toubeau, 1689, pet. in-fol., rel. v.



384. Histoire de la guerre de Flandre, de Famianus Strada, traduite par P. Du-Ryer. Suivant la Copie imprimée à Paris, 1665, 4 vol. in-12, rel. v.



387. Histoire d’Olivier Cromwel. Utrecht, Pierre Elzevier, 1691, 2 vol., rel. v.



389. Histoire littéraire de S. Bernard, abbé de Clairvaux, et de Pierre le Vénérable, abbé de Cluni. Paris, Veuve Desaint, 1773, in-4, rel. v.



393. L’Iliade, traduction nouvelle. Paris, Barbou, Moutard et Ruault, 1776, 3 vol. in-8, rel. v. marbré, tr. dor.



399. Œuvres d’Horace en Latin et en François, avec des remarques critiques et historiques. Par Monsieur Dacier. Paris, J-B-Christophe Ballard, 1709, 10 vol. in-12, rel. v.



425. L’Imitation de Iesus-Christ. Mise en vers françois par Pierre Corneille. Francheford, Nicollas Hulst, 1658, in-12, rel. mar.



426. Instructions pour les jeunes dames Qui entrent dans le Monde, et se Marient. Par Mad. Le Prince de Beaumont. Lyon, Jean-Baptiste Reguilliat et Pierre Bruyset Ponthus, 1764, 2 vol. in-12, rel. v.



442. Choix de chansons mises en musique par M. de La Borde. Paris, Lormel, 1773, tomes I et II, 2 vol. gr. in-8, rel. mar. (Derome). Aux armes du maréchal de Saxe.



454. Fables choisies, mises en vers par J. de La Fontaine. Nouvelle Edition Gravée en taille-douce. Les Figures par le Sr. Fessard. Le Texte par le Sr. Montulay. Dédiées aux enfans de France. Paris, Des Lauriers, 1765-1775, 6 vol. in-8, rel. mar.



456. Contes et nouvelles en vers, par Jean de La Fontaine. S. l., s. n., 1777, 2 vol. in-8, rel. v., tête dor., n. r. Contrefaçon bouillonnaise de l’édition des Fermiers généraux.



509. Les Ruines des plus beaux monuments de la Grèce. Par M. Le Roy. Paris, H. L. Guérin et L. F. Delatour, Jean-Luc Nyon ; Amsterdam, Jean Néaulme, 1758, gr. in-fol., demi-rel. v.



520. Les Métamorphoses d’Ovide, traduites en François, par MR. Du-Ryer. La Haye, P. Gosse et J. Néaulme, 1728, 3 vol. in-12, rel. v.



521. Le Temple de Gnide. Mis en Vers Par M. Colardeau. Paris, Le Jay, s. d. [1773], in-8, rel. v.



558. Les Œuvres de Clément Marot de Cahors. La Haye, Adrian Moetjens, 1700, 2 tomes en 1 vol. in-18.



612. Frédégonde et Brunéhaut, roman historique. Par M. Monvel. Londres, Et se trouve à Paris, Veuve Duchesne et l’Auteur, 1775, in-8, rel. v., tr. dor.



670. Les Comédies de Plaute, nouvellement traduites en Stile Libre, Naturel & Naif ; Par Monsr. Gueudeville. Leide, Pierre Vander Aa, 1719, 10 vol. in-12, rel. v.



686. Histoire du chevalier des Grieux, et de Manon Lescaut. Amsterdam, Aux dépens de la Compagnie, 1753, 2 vol. in-12, rel. v.



695. Œuvres de maitre François Rabelais, publiées sous le titre Faits et dits du géant Gargantua et de son fils Pantagruel. Nouvelle édition. Amsterdam, Henri Bordesius, 1711, 5 vol. in-12, rel. v.

Photographie Bertrand Hugonnard-Roche


714. Le Paysan perverti, ou les Dangers de la ville. Par N. E. Rétif de la Bretone [sic]. La Haie, Et se trouve à Paris, Esprit, 1776, 4 vol. in-12, rel. v.



734. Emile, ou De l’éducation. Par J. J. Rousseau. La Haye, Jean Néaulme, 1762, 4 vol. pet. in-8, rel. v. marbré.



750. Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile. Paris, 1781-1786, 5 vol. gr. in-fol., rel. mar. Aux armes du maréchal de Saxe.



864. Tangu et Félime, poëme en IV Chants. Par M. de la harpe. Paris, Paris, Pissot, 1780, pet. in-8, rel. v.



1.007. Essai sur l’art de la guerre, Par M. le Comte Turpin de Crissé. Paris, Prault Fils l’aîné et Jombert, 1754, 2 vol. in-4, rel. v.



1.031. Histoire naturelle des oiseaux. Paris, Suivant la Copie de l’Imprimerie royale, 1771-1786, 10 vol. in-fol., rel. v. marbré.



1.059. Manuel ou Journée Militaire. Paris, Hardouin, 1776, in-12, rel. v.



1.101. Le Théâtre d’agriculture et mesnage des Champs, d’Olivier de Serres. [Genève], Samuel Chouët, 1651, in-4, rel. vélin.



1.158. Papillons exotiques des trois parties du monde, L’Asie, L’Afrique et L’Amérique. Rassemblés et décrits par MR. Pierre Cramer. Amsteldam, S. J. Baalde, et Utrecht, Barthelemy Wild, 1779, 4 vol.  et 1 vol. de Supplément, 1791. Ensemble 5 vol. gr. in-4, demi-rel. v. avec coins.  

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

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