lundi 14 juin 2021

Les Oiseaux et les Coquilles de Jean-Thomas Aubry (1714-1785)

 La reproduction des articles est autorisée à la condition que l'origine en soit citée. 

L'abbé Aubry, par Louis de Carmontelle (1760)

Jean-Thomas Aubry, docteur en théologie, vicaire à l’église Saint-Eustache de Paris [Ier] de 1739 à 1758, fut le confesseur de Louis-Philippe d’Orléans (1747-1793), duc de Chartres, futur « Philippe-Égalité ». En 1759, il succéda à l’abbé Pierre Guillaume, comme curé de l’église Saint-Louis-en-l’Île [IVe].

L’abbé Aubry possédait un des plus fameux cabinets d’histoire naturelle de la capitale, dont la collection d’oiseaux naturalisés était particulièrement réputée :


 

« C’est à M. Aubry, Curé de Saint Louis, que nous sommes redevables de la connoissance de deux de ces animaux : son goût & ses lumières en Histoire naturelle brillent dans son Cabinet, qui est un des plus curieux de la ville de Paris, il a bien voulu nous communiquer ses richesses toutes les fois que nous en avons eu besoin ; & ce ne sera pas ici la seule occasion que nous aurons d’en marquer notre reconnoissance. Ces animaux que M. Aubry a bien voulu nous prêter pour les faire dessiner & graver, sont le coase, le chinche & le zorille, on peut regarder ces deux derniers comme nouveaux, car on n’en trouve la figure dans aucun Auteur. » [sic]

([Buffon]. Histoire naturelle. Paris, Imprimerie royale, 1765, t. XIII, p. 289)

« M. Aubry, Curé de Saint-Louis dans l’île, ancien Vicaire de Saint-Eustache, a formé depuis long-temps un cabinet d’histoire naturelle qui devient considérable par la quantité des animaux fort rares conservés parfaitement à sec dans leur peau & plumages, perchés & dressés sur leur pied : il n’y a de postiche que leurs yeux qui sont d’émail ; ils sont placés dans des armoires bien fermées de vitrages mastiqués. On voit parmi les quadrupedes le castor, le porc-épic de la baie d’Hudson, un faon des Indes, la genette, le vison, le pékan, le tamarin, &c. Beaucoup d’oiseaux, au nombre d’environ quatre à cinq cens, on y remarque le canard d’été de la Caroline, le rhinocéros que Vormius appelle topau, le courlis du Brésil, le roi des oiseaux de Paradis, le coucou des Indes, l’aigle adoré des Malabares ; les cardinaux, les colibris y sont en quantité, & tous nos oiseaux de France, les plus riches en couleurs & les plus singuliers pour la figure. Les insectes sont en assez grand nombre : des papillons rares, des mouches tant étrangeres que de nos climats. Les coquilles se multiplient infiniment par les soins de ce Naturaliste, aussi habile que curieux, & par le plaisir que beaucoup d’amateurs se sont fait d’enrichir sa belle collection. » [sic]

(Desallier d’Argenville. La Conchyliologie. Paris, Guillaume De Bure fils aîné, 1780, 3e édition, t. I, p. 226)

Gravure sur cuivre coloriée (33 x 21 cm) figurant la décollation du comte de Lally-Tollendal
Estampe anonyme (XVIIIe siècle)

Bienfaiteur des pauvres, l’abbé Aubry assista dans ses derniers moments Arthur-Thomas de Lally, dit « Lally-Tollendal », né le 13 janvier 1702 à Romans-sur-Isère [Drôme], baptisé le surlendemain en l’église Saint-Nicolas, lieutenant-général et commandant les forces françaises dans l’Inde Orientale. Victime des intrigues de cour, il fut condamné à la peine de mort pour avoir trahi les intérêts du Roi et fut exécuté le 9 mai 1766 en place de Grève [place de l’Hôtel de Ville, IVe] : le bourreau Charles-Henri Sanson manqua son coup d’épée, n’entamant que la mâchoire du condamné, et son père Jean-Baptiste Sanson dut achever la besogne. L’abbé Aubry acheta le cadavre au bourreau afin de l’enterrer au cimetière Saint-Jean-en-Grève [disparu en 1793], rue de la Verrerie [IVe].

 

Non prêteur de ses livres, l’abbé Aubry fit dessiner et graver son ex-libris par François-Nicolas Martinet (1731-1800), dessinateur des cabinets du Roi d’histoire naturelle : 



au centre, le monogramme aux initiales JTA [Jean Thomas Aubry] dans un cartouche Louis XV ;  au-dessus, des fleurs et la devise « Ite ad vendentes et emite vobis Mat. 25 » [Allez vers ceux qui en vendent et achetez-en pour vous Matthieu XXV], tirée de l’Évangile selon saint Matthieu, sur une console ; au-dessous, dans un espace ménagé entre des palmes et des roseaux qui s’appuient sur une console fleurie, l’inscription « Ex Libris Magistri Joannis Thomæ Aubry, Presbyteri Sacræ Facultatis Parisiensis Doctoris Theologi, è domo et Societate Sorbonicâ. »



Devenu curé de Saint-Louis-en-l’Île, il fit modifier son ex-libris : la devise figure sur une banderole et l’inscription du bas devint « Ex Libris Joannis Thomæ Aubry Doct. Theol. Soc. Sorb. Rectoris S. Ludovici in insulâ. »

Après sa mort, le produit de la vente de ses livres, de ses estampes et de ses tableaux, de ses objets d’histoire naturelle et de ses effets précieux, ainsi que ses propres économies, furent légués aux pauvres de sa paroisse par testament.

Angle rue Saint-Louis-en-l'Île et rue Poulletier, Paris IV (juillet 2020)

 



Sa bibliothèque fut vendue « en sa maison presbytériale [i.e. presbytérale], rue & près l’Eglise S. Louis en l’Isle [i.e. rue Poulletier, IVe] », du lundi 20 juin au samedi 2 juillet 1785, en 10 vacations : Catalogue des livres rares et singuliers du cabinet de feu M. l’abbé Aubry, Curé de la Paroisse S. Louis en l’Isle (Paris, Gogué et Née de La Rochelle, 1785, in-8, 4-92 p., 974 – 4 manquants = 970 lots), dont Théologie [232 lots = 23,91 %], Jurisprudence [36 lots = 3,71 %], Sciences et Arts [139 lots = 14,32 %], Belles Lettres [287 lots = 29,58 %], Histoire [276 lots = 28,45 %].

« Il avoit pris plaisir à rassembler des Livres curieux, des éditions remarquables par leur beauté ou par la richesse des gravures dont elles sont ornées. Aussi trouvera-t-on dans ce Catalogue, les meilleurs Auteurs Latins ou François, imprimés par les Elzeviers, & les Editions dites cum notis variorum ; la plupart des Livres qui sont sortis de l’Imprimerie Ambroisienne de Milan ; les belles Editions des Bibles Latines & Françoises avec & sans figures ; plusieurs Ouvrages concernant l’Histoire des Plantes, des Animaux, & des Coquillages, dont les figures sont enluminées ; les Métamorphoses d’Ovide & les Cérémonies religieuses avec des figures de Bernard Picart ; les Fables de la [sic] Fontaine gravées sur les dessins de M. Oudry & par Fessard ; les Livres les plus rares sur l’Histoire de France, pendant les temps malheureux de la Ligue ; & en général beaucoup de Livres singuliers. Leur belle condition ajoute à leur mérite. »

(« Avertissement », p. 3-4)

 


45. La Messe des anciens chrestiens, dicts de S. Thomas, en l’Evesché d’Angamal, és Indes Orientales […] par Don Alexis de Meneses de l’ordre des Eremites de S. Augustin, Archevesque de Goa, & Primat de tout l’Orient. Bruxelles, Rutger Velpius, 1609, in-8, mar. bl.



56. Observationum ecclesiasticarum Iosephi Vicecomitis. Mediolani, 1615-1626, 4 tomes en 2 vol. in-4, mar. r., dor. sur tr.



75. Francisci Collii […] de animabus paganorum. Mediolani, 1622 et 1633, 2 vol. in-4, mar. r.



76. De arbore scientiae boni et mali […]. Augustino Eleutherio authore. [À la fin :] Mülhusii, Superioris Elsatiæ, per Petrum Fabrum, 1561, pet. in-8, mar. vert.



80. Bernardini Ochini Senensis Dialogi XXX. Basileae, [Petrum Pernam], 1563, 2 vol. in-8, m. r.



114. De l’abus des nuditez de gorge. Seconde édition. Paris, J. de Laize-de-Bresche, 1677, in-12, vél. [On attribue généralement cet ouvrage à Jacques Boileau, Docteur de Sorbonne, mais Barbier conjecture qu’il est de l’abbé de Neuilly, ancien curé de Beauvais].



195. La Physique papale, faite par manière de devis, & par dialogues […]. Par Pierre Viret. S. l., Imprimerie de Jean Gérard, 1552, in-8, mar. r., dor. sur tr., fil.



196. Histoire de la mappemonde papistique […] : Composée par M. Frangidelphe Escorche-Messes [Théodore de Bèze]. Luce Nouvelle, Brisaud Chasse-diables, 1567, in-4.





341. Recueil des plantes des Indes, au nombre de 72, avec les insectes qu’elles nourrissent, par Mademoiselle Merian. Paris, Desnos, 1768, gr. in-fol., fig. enluminées, br. en carton.





348. L’Histoire naturelle, éclaircie dans une de ses parties principales, l’ornithologie, qui traite des oiseaux de terre, de mer et de rivière […]. Par M. Salerne. Paris, De Bure Père, 1767, gr. in-4, mar. r., fil., fig. enluminées.





355. Les Délices des yeux et de l’esprit, ou Collection générale des différentes espèces de coquillages que la mer renferme, communiquée au public par George Wolffgang Knorr. Nuremberg, 1760 et années suivantes, 6 parties en 3 vol. in-4, fig. enluminées, mar. r.



357. La Conchyliologie, ou Histoire naturelle des coquilles de mer, d’eau douce, terrestres et fossiles […]. Par M. Desallier d’Argenville, Maître des Comptes, Membre de la Société Royale de Londres, & des Académies de Montpellier, de la Rochelle & des Arcades. Paris, Guillaume De Bure fils aîné, 1780, 2 vol. gr. in-4, br., avec doubles fig., les unes tirées en noir, les autres enluminées.



367. Catalogue systématique et raisonné, ou Description du magnifique cabinet Appartenant ci-devant à M. le C. de *** [Comte Henri de La Tour d’Auvergne] […]. Par M. de *** [Guillaume-Jacques de Favanne de Montcervelle]. Paris, Quillau, 1784, in-8, br.



393. Anthropotomie, ou l’Art de disséquer les Muscles, les Ligamens, les Nerfs, & les Vaisseaux sanguins du Corps humain. Paris, Briasson, 1750, 2 vol. in-12.



451. Les Métamorphoses d’Ovide, en latin, traduites en François, avec des remarques, et des explications historiques. Par MR. L’Abbé Banier. Amsterdam, R. et J. Wetstein, et G. Smith, 1732, 2 vol. gr. in-fol., fig. gravées par B. Picart, mar. r., dent.



483. Varia doctorũ piorumque virorum, De corrupto Ecclesiæ statu, Poemata, Ante nostram ætatem cõscripta. Basileae, per Ludovicum Lucium, 1557, pet. in-8, mar. r.



520. Fables choisies, mises en vers par J. de La Fontaine. Paris, Desaint et Saillant, et Durand, 1755-1759, 4 vol. in-fol., gr. pap., v. éc., dor. s. tr., fig. de Jean-Baptiste Oudry.



521. Fables choisies, mises en vers par J. de La Fontaine. Paris, chez l’Auteur [Fessard], 1765-1775, 6 vol. in-8, mar. r., fil., dor. sur tr. Fig. gravées par Étienne Fessard, texte gravé par François Montulay.



632. Pasquillorum Tomi duo. Eleutheropoli, 1544, pet. in-8, v. f., dor. s. tr., fil. [À la suite :] Dictamen metrificum de Bello Huguenotico ad sodales [par Remy Belleau, Paris, s.d.].

Photographie BnF


748. Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde Représentées par des Figures dessinées de la main de Bernard Picart. Amsterdam, J. F. Bernard, 1723-1743, 11 vol. in-fol., gr. pap., m. r., fil.



785. La Tyrannomanie jésuitique. Villefranche, Guillaume Bontemps, 1648, in-12.



859. Traduction d’une Epistre latine d’un excellent Personnage de ce royaume [Guy du Faur de Pybrac]. Paris, Federic Morel, 1573, in-4, avec la fig. du massacre de la Saint Barthélemy.



864. La Légende de Charles, cardinal de Lorraine, & de ses frères, de la maison de Guise. Reims, Pierre Martin, 1579, in-8, mar. r., fil.



877. Cinq sermons du R. P. F. I. Porthaise de l’Ordre S. François. Paris, Guillaume Bichon, 1594, in-8.



878. Sermons de la simulée conversion, et nullité de la prétendue absolution de Henry de Bourbon, Prince de Béarn, à S. Denys en France, le Dimenche 25 juillet, 1593 […]. Par Jean Boucher, Docteur en Théologie. Paris, G. Chaudière, R. Nivelle et R. Thierry, 1594, in-8, fil. Edition originale.





881. Les Héros de la Ligue. ou la Procession Monacale. conduitte par Louis XIV, pour la conversion des Protestans de son Royaume. Paris, Père Peters, 1691, in-4, 23 fig., m. v.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 9 juin 2021

La Bibliothèque héraldique de Charles-François Maurice (1818-1869)

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Louis-Joseph Maurice, par Peter-Adolf Hall (1772)
Metropolitan Museum of Art, New York


Louis-Joseph Maurice est né le 4 juin 1731 à Nancy [Meurthe-et-Moselle], où il fut d’abord avocat. Il abandonna sa profession pour devenir peintre. En 1758, il partit pour Saint-Pétersbourg et reçut le titre de premier peintre de l’impératrice Élisabeth. Appelé à Moscou, il assista au couronnement de Catherine II et fut l’ordonnateur des fêtes données à cette occasion. En 1779, il fit un voyage en Italie et commença une collection des marbres les plus rares, faisant exécuter des réductions des monuments antiques qui l’avaient le plus frappé :

« Le Tombeau d’Agrippa, exactement profilé d’après le monument antique : il est en bronze, surmonté de casque, bouclier, cimeterre et manteau en bronze doré au mat, doublé à l’intérieur d’un retrait doré et bruni, le tout sur socle de marbre noir d’Italie, à angles rentrants, dans lesquels sont quatre faisceaux consulaires. Trois bas-reliefs : celui de devant représente Marc-Antoine et Cléopâtre, assis et enchaînés au pied d’un palmier, entourés d’armes et de proues rappelant la bataille d’Actium : celui de droite représente les grandes rames et les dauphins, symboles de l’empire de la mer ; l’autre un Triton et une Naïade portant le médaillon d’Agrippa… Le tout en bronze ciselé et doré au mat, posé sur une plinthe en marbre noir d’Italie. Deux pieds de haut. 799 Fr. 95 c. » [sic]

(Charles Blanc. Le Trésor de la curiosité, tiré des catalogues de vente. Paris, Jules Renouard, 1858, t. II, p. 339-340)

La reine Marie-Antoinette le pria de faire exécuter pour ses appartements divers objets en marbres rares, montés en bronze, ciselés et dorés.

À la Révolution, Louis-Joseph Maurice vendit une partie de sa collection, qui passa aux célèbres amateurs du temps : Laborde de Méréville, Presle, Clermont d’Amboise, l’abbé de Tersant, Lenoir-Dubreuil. Le reste fut envoyé en Angleterre, en revint et fut vendu après sa mort, arrivée le 21 mai 1820 : Catalogue d’objets de curiosités, antiques et modernes, qui composaient le cabinet de feu M. Maurice, ancien premier peintre des impératrices Élisabeth et Catherine II de Russie, dont la vente aura lieu dans la maison du défunt, rue de Seine, n. 29, le 8 novembre et jours suivants [sic], onze heures du matin (Paris, Chez Ch. Paillet, 1820, in-8). 

In L.-M. Normand. Monuments funéraires choisis dans les cimetières de Paris (1832, pl. 66)

Il fut inhumé au cimetière du Père Lachaise [division 27], réuni à sa famille le 13 janvier 1872.

Son fils Jean-Baptiste Maurice était né le 12 février 1788 rue Neuve-des-Petits-Pères [rue des Petits-Pères, IIe] et fut baptisé le lendemain en l’église Saint-Eustache. Il épousa Virginie-Henriette-Augustine Mercier, née en 1795 à Paris, fille de l’avocat Claude-François Mercier (1769-1859), domicilié 41 rue Neuve-Saint-Roch [rue Saint-Roch, Ier]. Greffier de la justice de paix de l’ancien 4e arrondissement de Paris, Jean-Baptiste Maurice mourut le 28 septembre 1854 en la demeure de son beau-père à Ris-Orangis [Essonne] et fut inhumé au cimetière du Père Lachaise [division 27] ; sa veuve le rejoignit, décédée le 7 juin 1861 en son domicile de Ris-Orangis.

Rue des Bourdonnais, Paris I
Photographie Charles Marville (1865)

Petit-fils du peintre, Charles-François Maurice est né le 5 mai 1818 à Paris, 17 rue des Bourdonnais [Ier]. Devenu avocat, demeurant alors à Ris-Orangis, après avoir habité chez sa mère au 20 rue Saint-Roch à Paris, il épousa, le 23 mai 1860 à Paris [Ve], Sophie-Amélie Vincent, née à Paris le 9 mars 1838, fille de Alexandre-Joseph-Hydulphe Vincent (1797-1868), membre de l’Institut, et de Marie-Fanny Bourdon (1809-1865).



Charles-François Maurice mourut prématurément le 8 octobre 1869 en son château de Toussacq, à Villenauxe-la-Petite [Seine-et-Marne]. Son épouse décéda le 9 juin 1871, dans sa 34e année, ayant contracté une maladie mortelle en soignant les blessés de la guerre. 


Ils furent inhumés tous les deux dans le caveau des familles Mercier-Maurice, au cimetière du Père Lachaise [division 27].


 

La bibliothèque de Charles-François Maurice fut dispersée du jeudi 19 au lundi 30 octobre 1871, en 10 vacations, à la Maison Silvestre, 28 rue des Bons-Enfants, salle n° 1 : Catalogue des livres de littérature, de beaux-arts et d’histoire, des ouvrages sur l’art héraldique, composant la bibliothèque de feu M. Ch. Fr. Maurice, avocat (Paris, Adolphe Lafitte, 1871, in-8, VI-[2]-134-[2] p., 1.464 + 12 doubles [bis] + 1 triple [ter] = 1.477 lots), dont Théologie [32 lots = 2,16%], Jurisprudence [12 lots = 0,81 %], Sciences et Arts [427 lots = 28,90 %], Belles Lettres [183 lots = 12,38 %], Histoire [292 lots = 19,76 %], Articles omis [10 lots = 0,67 %], Bibliothèque héraldique [500 lots = 33,85 %], Supplément [21 lots = 1,42 %].

« Le premier fonds de sa bibliothèque consistait en livres relatifs au blason et aux beaux-arts. Rapproché de M. Vincent, il l’augmenta beaucoup, particulièrement pour les séries relatives à l’histoire de France et à la technologie. Une fortune assez considérable et ses goûts personnels l’amenèrent à faire plusieurs voyages qui accrurent encore ses collections, surtout dans le domaine artistique. Mais M. Maurice n’était pas seulement un bibliophile collectionnant à l’aventure ; c’était, de plus, un modeste chercheur en matière de science et d’histoire héraldiques, et c’est surtout par cette spécialité que se recommande le catalogue de sa bibliothèque. Secondé par Mme Maurice, qui, sous sa direction, apportait un concours intelligent et dévoué à ses recherches, encouragé et guidé par M. Vincent, il préparait l’exécution d’un vaste répertoire critique de la noblesse française et étrangère qui a donné lieu à la rédaction d’une multitude de notes, parmi lesquelles un certain nombre se retrouvent sous la couverture ou à la marge des ouvrages mis en vente aujourd’hui. » (P. V-VI)


 

Sur les livres de cette bibliothèque est apposé un ex-libris portant un monogramme contenant les sept lettres formant le nom du possesseur [A.C.E.I.M.R.V.], avec, sur une banderole, la devise « NVNC NOX MOX LVX » [Maintenant la nuit et bientôt la lumière].



Exemplaire Maurice
 Sotheby's Londres, 20 mai 2014 : 1.875£

 

1. La Sainte Bible Françoise […]. Par Pierre Frizon, Pénitencier, et Chanoine de l’Eglise de Reims. Paris, Jean Richer et Pierre Chevalier, 1621, gr. in-folio., fig., mar. r. Armoiries.



14. Le Tableau de la croix. Paris, F. Mazot, 1651, pet. In-8, fig. gr. de Colin, v. m.



23. Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde. Amsterdam, J. F. Bernard, 1739, 7 vol. in-folio., fig. de Bernard Picat, demi-rel. chagr.

Photographie Alain Marchiset

26. Panthéistique. Suive Formula Suive Sodalités Socratique. Cosmopolite, 1720, in-8, v. f.



29. Le Triomphe de la religion sous Louis le Grand représenté par des Inscriptions & des Devises. Par Le Jay. Paris, Gabriel Martin, 1687, in-12, f. v. Br.



37. Tracté de la Loy salique. Armes, blasons, & devises des François. […]. Par C. Malingre Historiographe. Paris, Claude Collet, 1614, pet. In-8, parc. Édition originale.



54. Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Par Jean Jaques [sic] Rousseau citoyen de Genève. Amsterdam, Marc Michel Rey, 1755, in-8, fig., v. m. Édition originale.



65. De la grandeur et de l’excellence des femmes, au-dessus des hommes. Ouvrage composé en latin, par H. C. Agrippa. Et Traduit en François. Paris, François Balbutie, 1713, in-12, v.



97. Traitez Nouveaux & curieux du café, du thé et du chocolate […]. Par Philippe Sylvestre Dufour. La Haye, Adrian Moseténs, 1693, in-12, fig., carte.

Photographie Hugues de Latude


106. Discours touchant le point de vue, Dans lequel il est prouvé que les choses qu’on voit distinctement, ne sont venues que d’un œil. Par Seb. Le Clerc. Paris, Thomas Jolly, 1679, in-12, fig., v. f., fil., tr. dor.



130. Les Travaux de Mars, ou l’Art de la guerre […]. Par Allain Mennesson Mallet, Maistre de Mathématiques des Pages de la petite Ecurie de Sa Majesté, ci-devant Ingénieur & Sergent Major d’Artillerie en Portugal. Paris, Denys Thierry, 1685 [1684 sur le front. du t. I], 3 vol. in-8, fig., v. anat.



146. La Pyrotechnie de Angelet Lorrain. Pont-à-Mousson, L. & Gaspard Bernard, 1630, in-4, fig., carte.



183. Le Triomphe hermétique, ou la Pierre Philosophale victorieuse. Amsterdam, Henry Wettstein, 1689, in-12, v. gr.



222. Les Règles du dessein, et du lavis. Paris, Ch. Ant. Jobert, 1743, in-8, fig., v. f.



279. Almanach iconologique. Année 1769. Cinquième suite. Les Muses. Par M. Gravelot. Paris, Lattre, in-12, fig., mar. r., fil., tr. dor.



300. Les Dix Livres d’architecture de Vitruve […]. Par M. Perrault. Paris, Jean Baptiste Coignard, 1684, in-folio., fig., v. br.



401. Fables héroïques, Renfermant les plus saines Maximes de la politique et de la morale […]. Publiées par Brumen La Martinière. Amsterdam et Berlin, Jean Neaulme, 1754, 2 vol. in-12, fig., v. m.



411. Tachéographie ou l’Art d’escrime aussi Viste qu’on parle […]. Par le Sieur Charles Al [Aloysius] Ramsay, Gentilhomme Escossois. Paris, chez l’auteur, 1681, in-12, v. anat.



429. Le Parfait Cocher, ou l’Art d’entretenir et conduire un Équipage en Ville et en Campagne. Liège, F. J. Désoer, 1777, in-8, fig., demi-sel. dos et coins, v. f.



490. La Pucelle ou la France délivrée, poëme héroïque. Par M. Chapelain. Paris, Augustin Courbé, 1656, in-fol., fig. d’Abraham Bosse, v.



491. Clovis, ou la France chrestienne. Poeme heroique. Par I. Desmarets. Paris, Augustin Courbé, Henry Le Gras et Jaques [sic] Roger, 1657, in-4, fig., gr. pap.



528. Choix de chansons mises en musique par M. de La Borde, Premier Valet-de-Chambre ordinaire du Roi, Gouverneur du Louvre. Ornées d’estampes par J. M. Moreau. Paris, Chez De Lormel, 1773, 4 vol. gr. in-8, v. marbr., tr. dor. (Bradel).



541. Méry. Les Vierges de Lesbos. Poème antique. Dessins par L. Hamon, photographiés par Bertsch et Arnaud. Paris, Georges Bell, 1858, gr. in-4, demi-rel. v. bl.

Photographie Librairie Bonnefoi, Paris


569. Histoire de Mélusine tirée des chroniques de Poitou, et qui sert d’Origine à l’ancienne Maison de Lusignan. Paris, Claude Barbin et Thomas Moette, 1698, in-12, fig., demi-rel. v. f.

Photographie Université de Cambridge


705. Traicté des Façons & Coustumes des anciens Gaulloys, Traduit du Latin de P. de la Ramée, par Michel de Castelnau. Paris, André Wechel, 1559, pet. in-8, cart.



727. Le Combat de trente Bretons contre trente Anglois, publié D’après le Manuscrit de la Bibliothèque du Roi, par G. A. Crapelet, imprimeur […]. Seconde édition conforme à la première de 1827. Paris, Imprimerie de Crapelet, 1835, gr. in-8, fig. et pl. de blasons en couleurs, demi-rel. dos et coins chagrin noir.



821. Breiz-Izel ou Vie des Bretons de l’Armorique, Dessins par Olivier Perrin, Gravés sur acier par Reveil, Texte par M. Alexandre Bouët. Paris, B. Dusillion, 1844, 2 vol. in-8, fig., br.



927. Bibliothèque héraldique de la France, par Joannis Guigard. Paris, E. Dentu, 1861, in-8, demi-rel. mar.



945. Le Blason des couleurs en armes, livrées et devises. Paris, Pierre Ménier, 1614, pet. in-8, vélin.



949. Le Blason des armoiries, auquel est monstrée la manière que les Anciens & Modernes ont usé en icelles […]. Par Hierosme de Bara. Paris, Rolet Boutonné, 1628, in-fol., fig. de blasons colorés à la main, demi-rel., v. m.



959. Mercure armorial, enseignant les Principes & Elemens du Blazon des Armoiries, selon l’ordre & les termes qui se pratiquent en cette Science […]. Par C. Segoing Orléanois, Advocat en Parlement. Paris, Alexandre Lesselin, 1648, in-4, blasons, cart.



984. Le Blason de France, ou Notes curieuses sur l’édit concernant la police des armoiries. Paris, Charles de Sercy, Pierre Auboüyn, Estienne Michallet et Michel Brunet, 1697, in-8, fig. de blasons gravés, v. m.



1.014. Armorial universel, précédé d’un traité complet de la science du blason […]. Par M. Jouffroy d’Eschavannes. Paris, L. Curmer, 1844, 2 vol. in-8, fig. grav. Et pl. de blasons noires et en couleurs, demi-rel. ch. v., dos orné, plats en toile, tr. dor.



1.078. Dissertation historique sur les duels et les ordres de chevalerie. Par Monsieur B….. [Basnage]. Amsterdam, Pierre Brunel, 1720, in-12, v. m., tr. d.



1.090. Le Blason Des Armoiries de tous les Chevaliers de l’Ordre de la Toison d’Or […]. Par Jean Baptiste Maurice, Héraut & Roy D’Armes de Sa Maiesté catholique. La Haye, Jean Rammazeyn, 1667, in-fol., front. et blasons gravés, v.



1.098. Les Statuts de l’Ordre du ST. Esprit estably par Henr IIIME. Du nom roy de France et de Pologne au mois de décembre l’an M. D. LXXVIII. Paris, Imprimerie royale, 1703, gr. in-4, mar. r., dos et pl. orn., tr. dor. (Rel. anc.).



1.107. Le Martyrologe des chevaliers de S. Jean de Hierusalem, dits de Malte […]. Par F. Mathieu de Goussancourt, Parisien, Religieux Célestin. Et gravé par Michel Van-Lochom, Graveur & Imprimeur du Roy, pour les Tailles-douces. Paris, François Noël et la veuve Guillaume Le Noir, 1643, 2 tomes en 1 vol. in-fol., blasons, v. m.



1.116. Nobilitatis : fertilis et perutilis tractatus. [A la fin :] Lugduni Joãnes David dictus la Mouche Anno dñi. M. cccccxxviii. Mense Augusto Tractatũ Nobilitatis imprimebat. Pet. in-4 goth. à 2 col., mar. r., tr. dor (Duru). Exemplaire rempli de témoins.



1.123. La Science heroique, traitant de la noblesse, de l’origine des armes, de leurs Blasons, & Symboles […]. Par Marc de Vulson, sieur de La Colombière. Paris, Sébastien Cramoisy et Gabriel Cramoisy, 1644, gr. in-fol., demi-rel., cart., blasons.

Photographie Louis Caron, Canada


1.212. Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France […]. Par le P. Anselme, Augustin Déchaussé. Paris, Compagnie des libraires, 1726-1733, 9 vol. in-fol., front. et blasons gravés, v. ant.

Photographie BnF


1.219. Les Armoiries des connestables, grands maistres, chanceliers, admiraux, mareschaux de France & prévosts de Paris […]. Œuvre premièrement composé & mis en lumière par Jean Le Féron, & depuis reveu, corrigé & augmenté en ceste dernière édition, par Claude Morel Imprimeur ordinaire du Roy. Paris, Charles fils de Claude Morel, 1628, in-fol., front. et blasons en coul., v. gr., fil., tr. r.



1.350. Miroir des nobles de Hasbaye, composé en forme de chronicque, par Jacques de Hemricourt, chevalier de S. Jean de Jerusalem. Bruxelles, E. Henry Fricx, 1673, in-fol., front. et blasons gravés, v. br.



1.382. Patriciarum stirpium in s. rom. Imp. urbe augusta vindelicor. Augspurg, Christoff Mang, 1613, in-4, cart.



1.406. L’Art du blason justifié, ou les Preuves du véritable art du blason […]. Par le P. C. François Menestrier de la Compagnie de Jesus. Lyon, Benoist Coral, 1661, in-12, fig. et bl. gr., v. ant.