D’une famille originaire de
Recologne [Doubs], Ernest-Albert Chapuis est né à Besançon [Doubs], 24 rue
Fortuney, le 27 octobre 1853.
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Château de Recologne |
Son père, Jean-César Chapuis,
horloger, était né à Recologne le 3 janvier 1832, avait épousé à Beaufort
[Jura], le 5 octobre 1852, Marie-Eulalie Jeantelet, née à Beaufort le 25
décembre 1832 et décédée à Besançon le 24 juin 1857. Il épousa en secondes
noces, à Beaufort, le 14 septembre 1858, sa belle-sœur Éléonore-Célestine
Jeantelet, née à Beaufort le 12 mai 1830.
Son grand-père, Ignace Chapuis,
jardinier, était né à Recologne le 5 août 1807, avait épousé à Lons-le-Saunier
[Jura] le 26 août 1830 Claudinette Euvrard, née à Sauvagney [Doubs] le 7
thermidor An IV [25 juillet 1796], et était mort à Besançon le 22 août 1852.
Son arrière-grand-père, Basile
Chapuis, manouvrier, était né le 2 décembre 1778 à Recologne, y avait épousé,
le 15 brumaire An XIV [6 novembre 1805], Rose Simon, née à Recologne le 18
avril 1785, et y mourut le 3 juin 1845 ; sa veuve mourut à Besançon le 29
avril 1865.
Son quadrisaïeul, Nicola-Adrien
Chapuis, manouvrier, était né le 5 mars 1749 à Recologne, où s’étaient mariés
ses parents, Claude Chapuis et Anne-Claude Baussain, le 11 février 1738, où il
s’était lui-même marié le 8 février 1774, avec Jeanne Fillon, née le 22 février
1747 à Recologne, où elle mourut le 9 ventôse An IX [28 février 1801], et où il
mourut le 10 janvier 1822.
Ernest Chapuis fut élevé à l’Institution
Notre-Dame Saint-Jean et débuta chez Alphonse Collardeau comme clerc de
notaire, avant d’entrer dans les bureaux de la mairie de Besançon. Il demeurait
9 rue des Boucheries. Devenu chef de bureau, il épousa, le 24 mars 1884 à
Besançon, Appoline-Estelle Cuénot, lingère, née le 21 janvier 1849 à
Orchamps-Vennes [Doubs].
Passionné pour l’histoire et la
littérature, fervent d’Alfred de Musset et surtout de Balzac, il monta à Paris,
avec sa bibliothèque franc-comtoise d’une centaine d’ouvrages. Ses premières oeuvres
publiées dans l’Annuaire du Jura et dans le Journal du Dimanche furent
recueillies dans Récits et Légendes de Franche-Comté (Saint-Claude,
Enard, 1885).
Il devint membre de la Société
bibliographique et, à partir de juillet 1886, gérant et secrétaire de la
rédaction du Polybiblion – Revue bibliographique universelle, où il
écrivit sous son nom ou sous les pseudonymes de « E.-C. La Grette »,
« Sequando II » et « E.-C. Gaudot ». Il s’occupa de la Revue
des questions historiques, fut le principal rédacteur de l’Almanach du
bon Français et collabora à divers journaux ou recueils parisiens ou
provinciaux.
Il a publié encore : Les
Collectionneurs et l’ « Armorial du Bibliophile », in Les
Annales franc-comtoises (Besançon, novembre-décembre 1891), « Rouget
de Lisle et l’hymne national », in Les Annales franc-comtoises (Besançon,
septembre-octobre 1892), Trois légendes jurassiennes (Paris, Lamulle et
Poisson, 1892), « Deux généraux barons de l’Empire à Besançon et en
Franche-Comté », in Les Annales franc-comtoises (Besançon, juillet-août
1893), « La Franche-Comté comique - Voyage de Tiénon-Zaza à Paris », in
Les Annales franc-comtoises (Besançon, novembre-décembre 1893), « Une
évasion du fort de Joux (1805) », in Les Annales franc-comtoises (Besançon,
mars-avril 1894), « Un Franc-Comtois malgré lui, Victor Hugo », in Les
Annales franc-comtoises (Besançon, novembre-décembre 1894), « Pasteur
entrevu dans l’image », in Les Annales franc-comtoises (Besançon,
novembre-décembre 1895), « La Franche-Comté tintamaresque - Dey d’Alger ? »,
in La Vérité (Paris, 15 février 1897), « Pasteur, d’après un livre
récent », in Les Annales franc-comtoises (Besançon, septembre 1901).
Membre de l’Association des
Journalistes parisiens depuis 1897, il fut élu membre correspondant de
l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon en 1907.
Malade depuis deux mois, il
mourut le 22 mars 1931 à Chaville [Hauts-de-Seine], 69 rue de Jouy. Sa veuve
lui survécut jusqu’au 4 février 1941.
Il avait réuni une bibliothèque considérable sur la Franche-Comté : environ 6.000 volumes ou brochures, 20.000 gravures et 600 cartes géographiques.
« Quant à sa bibliothèque générale, indépendamment des choses comtoises, elle renferme près de trois mille volumes traitant de littérature, de critique (Sainte-Beuve, Pontmartin, etc.), d’histoire générale, de bibliographie et de sujets originaux et curieux.
[…] les livres illustrés sont légion, un certain nombre remontent aux XVIIe et XVIIIe siècles. Toutes les Revues comtoises sont là, ainsi que les Mémoires des sociétés savantes et les annuaires départementaux.
Les monographies locales et les
biographies sont rangées par ordre alphabétique sur les rayons. Les romans
comtois, les poésies, ainsi que la géographie et les voyages ont leur coin
spécial. J’ai même remarqué au-dessus d’un meuble ancien des cartons placés sur
champ et refermant, sous des rubriques particulières, une foule de brochures
ayant trait à des sujets suggestifs et variés. Je vous en donnerai un aperçu
par les titres suivants : Alésia, Horlogerie, Industrie
laitière, Guerres du XVe siècle, Guerres du XVIIIe
siècle, Folklore, Chemins de fer, Voies navigables, Procès
politiques, Procès criminels, Mœurs, usages et coutumes,
Hydrologie et spéléologie, Archéologie, etc. »
(Charles Léger. Figures
franc-comtoises. Paris, C. Boutet, 1913, p. 48-49)
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© Bibliothèque municipale de Besançon, EST.FC.P.219
Son ex-libris [74 x 67 mm],
gravé par Adolphe Lalauze, est un ex-libris parlant, inspiré d’un jeu de mots
sur son patronyme : un chat tirant d’un puits des livres franc-comtois
[Boyvin, D. Monnier, Annales franc-comtoises, Ed. Clerc, Gollut, Dunod, Chifflet,
Castan, Besson, Marmier], avec, sur les pages d’un livre ouvert, la mention
« EX LIBRIS ERNEST CHAPUIS » ; dissimulée au regard du chat par
la margelle du puits, une souris grimpe parmi les volumes. Un second état de
cet ex-libris fut reproduit par la lithographie.




