jeudi 15 décembre 2016

Ansse de Villoison (1750-1805), l’enquêteur d’Homère


In Annales nécrologiques de la Légion d'honneur
Paris, F. Buisson, 1807, p. 368

Jean-Baptiste-Gaspard d’Ansse, fils de Jean-Baptiste d’Ansse, seigneur de Villoison [commune de Villabé, Essonne], et de Charlotte Nollière, est né à Corbeil [Corbeil-Essonnes, Essonne], le 5 mars 1750, et fut baptisé, le 8 mars suivant, en la chapelle de Saint-Martin, située dans la collégiale de Saint-Spire, qui servait de paroisse.

Il descendait d’une famille navarraise de la vallée de Roncal [Espagne], originaire du village de Garde et passée au XVIe siècle à Tudela.

Arbre généalogique simplifié

Son trisaïeul Michel de Anssio (1588-1649) était arrivé en France en 1615, dans la suite d’Anne d’Autriche, femme de Louis XIII, dont il était l’apothicaire, et avait été naturalisé en 1619, quelques jours avant d’épouser Marie Lambert (1601-1680), fille d’un maître épicier et femme de chambre de la Reine ; leur fille Louise-Angélique aurait servi de type à Molière pour le rôle d’Elmire dans Le Tartuffe.
Son bisaïeul, Jean d’Ansse († 1672), avait été aussi l’apothicaire d’Anne d’Autriche, puis celui de Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV, et avait acquis la seigneurie de Villoison.
Son aïeul, Jean-Gaspard d’Ansse, avait succédé au célèbre mathématicien, le marquis Guillaume de L’Hôpital, dans la charge de capitaine du régiment Mestre-de-camp-général cavalerie et avait été fait prisonnier, en 1690, à la bataille de Fleurus [Belgique], avant d’épouser, le 7 juillet 1698, la fille du prévôt de Corbeil.
Son grand-oncle, Pierre d’Ansse, capitaine de Dragons, avait été tué à la bataille d’Höchstädt [Allemagne], en 1703.
Son père, Jean-Baptiste d’Ansse (° 7 août 1701) avait été élevé page de la grande écurie du Roi, était entré dans les mousquetaires et y était resté le temps nécessaire pour obtenir la croix de Saint-Louis, avant de quitter le service.     



Entrée du Collège des Grassins, aujourd'hui

Jean-Baptiste-Gaspard d’Ansse de Villoison commença très jeune ses études dans les collèges de Lisieux, du Plessis, d’Harcourt et enfin des Grassins, rue des Amandiers [12 rue Laplace, Ve], afin de suivre les leçons de grec du savant Charles Le Beau (1701-1778). Ses progrès lui permirent de devenir un des auditeurs de Jean Capperonnier (1716-1775), qui professait le grec au Collège royal de France. En même temps, il commença l’étude de l’arabe, du syriaque et de l’hébreu.


À 23 ans, il publia le lexique grec d’Apollonius, manuscrit unique du Xe siècle, venu de la bibliothèque de Henri-Charles de Coislin (1665-1732), premier aumônier du Roi, léguée à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qu’il avait trouvé dans la Bibliothèque de l’abbaye en 1770 : Apollonii sophistæ lexicon græcum Iliadis et Odysseæ (Paris, J. C. Molini, 1773, 2 vol. in-4). L’Académie des inscriptions et belles-lettres, à laquelle il avait soumis son travail avant l’impression, l’avait admis parmi ses membres dès 1772, après avoir obtenu pour lui une dispense d’âge, le règlement défendant d’élire un membre avant l’âge de 25 ans.
À partir de 1774, il fut en correspondance avec presque tous les hellénistes de l’Europe et avec les plus grands érudits contemporains, et les principales académies de l’Europe s’empressèrent de l’inscrire au nombre de leurs correspondants : Société royale de Londres, Société des Antiquaires de Londres, Académie royale d’Histoire de Madrid, Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Marseille, Académie royale de Berlin, Société royale de Göttingen, Société royale de Mannheim, Académie de Cortone, Académie des Arcades de Rome, Société royale d’Uppsala, Académie royale danoise.

Plan de Turgot

Villoison habitait rue Saint-Jean-de-Beauvais [rue Jean-de-Beauvais, Ve], qui était alors une des rues de Paris les plus obscures et les plus sales.

Dès 1776, il déménagea quai de la Tournelle, près la rue des Grands-Degrés, entre les rues de Bièvre et des Bernardins [Ve]. Le 31 décembre 1776, Villoison épousa, en l’église Saint-Salomon-et-Saint-Grégoire de Pithiviers [Loiret], Hélène-Caroline de Neufcarres, née le 22 novembre 1756, d’une famille originaire de Suisse, fille de Charles-Henri de Neufcarres, ancien major du Régiment de Champagne et aide major général de l’armée du Roi, et de Hélène-Bernard Mercier de La Tour :

« Je viens d’épouser une demoiselle d’une très ancienne famille, qui, à un bien fort honnête, à une figure agréable, joint un esprit fin, délicat, mûr et solide, cultivé par beaucoup de littérature, même latine (je ne désespère pas qu’elle apprenne le grec). Elle est élevée dans la campagne avec la plus grande simplicité, modestie, candeur, aversion du luxe, de la frivolité et des plaisirs, choses qu’il est impossible de rencontrer dans Paris et qui étoient nécessaires pour mon bonheur. Je la connois, je l’épie et l’observe depuis deux ans ; ce n’est pas un mariage d’inclination, ni formé par une folle passion, qui ne dure que quinze jours. Elle partage tous mes goûts, mes inclinations et même mes études. Je l’ai prévenue que mon usage étoit de travailler douze heures par jour au grec, et que tout l’or du monde n’étoit pas capable de me faire renoncer à ce genre de vie, qu’ainsi, d’après cet exposé, elle n’avoit qu’à voir si elle vouloit m’épouser et si je lui convenois, parce que je ne changerois jamais de conduite ; elle est la première à m’exciter et même à me forcer à travailler et à entrer dans toutes mes vues et à m’encourager. Un homme qui vit dans son cabinet avec nos amis les Grecs a besoin d’une société douce et intime qui le délasse de ses travaux, et voilà ce que j’ai cherché et trouvé dans ma femme. » [sic] (Lettre à Louis-Gaspard Valckenaer, 16 janvier 1777)  





À 28 ans, Villoison publia une édition du roman de Longus, qui accrut encore sa réputation : Longi pastoralium de Daphnide et Chloe, libri quatuor (Paris, Guillaume De Bure, 1778, 2 vol. in-8).
Le 1er septembre 1778, il partit pour Venise faire des recherches dans la Bibliothèque de Saint-Marc. Il avait conduit sa femme à Pithiviers, chez son père, où elle resta tout le temps du voyage ; sa mère resta à Paris, dans sa maison du quai de la Tournelle. Il se rendit à Lyon, puis passa à Turin, Milan, Vérone et Padoue. À Venise, il fut en pension chez les frères Coleti, libraires et imprimeurs, au pont Saint-Moïse. 


Ses découvertes parurent sous le titre Anecdota græca (Venise, Coleti, 1781, 2 vol. in-4), qui lui valurent le titre de correspondant de l’Académie d’Utrecht. 


Mais la découverte qui rendra son nom immortel fut celle d’un manuscrit grec de l’Iliade, copié dans le Xe siècle, qui fut publié sous le titre Homeri Ilias ad veteris codicis Veneti fidem recensita (Venise, Coleti, 1788, in-fol.). Cette édition est un des plus beaux présents que l’érudition ait faits aux Lettres dans le XVIIIe siècle : les prolégomènes sont un trésor d’érudition ; les scolies offrent des variantes puisées dans les antiques éditions d’Aristarque, de Zénodote, d’Aristophane, de Philémon, etc. ; on retrouve sur les marges les signes dont les premiers critiques se servaient pour indiquer les passages supposés obscurs, corrompus ou remarquables.

Villoision quitta Venise le 15 avril 1782 et se rendit à Weimar [Allemagne], « l’Athènes germanique », chez le duc Charles-Auguste de Saxe-Weimar (1757-1828), en passant par Innsbruck, Augsbourg et Nuremberg. Il y arriva le 7 mai 1782. Il fut logé au palais, admis à toutes les parties de plaisir, à toutes les fêtes de la cour et n’eut d’autre table que celle même du duc. 


En reconnaissance de l’hospitalité dont il avait été l’objet, il publia trois recueils de commentaires relatifs aux richesses de la Bibliothèque ducale sous le titre Epistolæ Vinarienses (Turici [Zurich], Aurelius [Orell], Gessnerus [Gessner], Fuesslius [Füssli] & Co, 1783, in-4). Il quitta Weimar pour Paris, le 5 mars 1783.

Le 4 août 1784, Villoison embarqua à Toulon, avec le comte de Choiseul-Gouffier, pour Constantinople [Istanbul, Turquie], dans le but de recueillir les inscriptions antiques et les manuscrits qui pouvaient avoir échappé à la destruction. Dès son installation à Péra [Beyoğlu, quartier d’Istanbul, résidence des colonies étrangères], il se pourvut d’un maître en grec vulgaire. Il visita les îles de l’Archipel, le mont Athos, la Grèce proprement dite et le Péloponnèse, les villes des côtes de l’Asie Mineure. Il fit une riche moisson d’inscriptions inconnues et recueillit de nombreuses observations sur les mœurs, les usages et les institutions des Grecs, mais ses recherches de manuscrits furent infructueuses : les bibliothèques ne lui offrirent que des livres ascétiques ou des ouvrages de controverse religieuse.

Villoison rentra en France après 27 mois d’absence, en novembre 1786. Au lieu de retourner directement à Paris et à Pithiviers, il résolut, après un court séjour à Marseille, d’aller visiter les antiquités des villes voisines : Aix, Salon, Arles, Nîmes, Avignon, Mormoiron, Orange, Vienne. 

Rue de Bièvre, depuis le quai de la Tournelle

Arrivé enfin à Paris en avril 1787, Villoison déménagea au 4 rue de Bièvre [Ve]. Le 29 novembre 1788, sa femme mourut prématurément, à Pithiviers, chez son père, d’une « maladie de poitrine ».

Quand la Révolution de 1789 éclata, Villoison se renferma dans la société de ses amis, la poursuite de ses travaux d’érudition et l’accroissement de sa bibliothèque.
En octobre 1792, Villoison partit pour Orléans [Loiret], dans l’intention de passer quelques-jours avec sa belle-sœur, Hélène-Henriette-Marie de Neufcarres (1755-1824), mais ne put s’empêcher de profiter des livres grecs et latins de la Bibliothèque publique et se logea en face d’elle, 35 rue du Bourbon Blanc, maison de Monsieur Lubin. Chaque matin, de bonne heure, il entrait dans les salles désertes de la bibliothèque, s’y installait et y restait jusqu’à la nuit. Il y lut de nombreux livres qui jusqu’alors avaient échappé à ses recherches, et recueillit les notes savantes déposées par deux historiens du XVIIe siècle, les frères Henri et Adrien de Valois, sur les marges de leurs livres.

Il ne revint à Paris qu’en 1799 et se réinstalla rue de Bièvre, au n° 22, au second au-dessus de l’entresol. Ruiné par les assignats et espérant se procurer un supplément de revenu, il ouvrit un cours de langue grecque, mais un trop petit nombre de personnes répondit à l’appel du premier helléniste de l’Europe et le cours ne dura que quelques mois :

« Jean Baptiste Gaspard d’ANSSE DE VILLOISON, ancien membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres, et des douze plus célèbres de l’Europe, telles que celles de Londres, Berlin, Gottingue, Manheim, Upsal, Copenhague, Madrid, Cortone, etc., etc. ; auteur de plusieurs ouvrages sur la littérature grecque ; rentier, et ainsi totalement ruiné par une force majeure ; né dans l’aisance, et ayant toujours joui d’un patrimoine assez considérable, et se glorifiant maintenant d’une honorable pauvreté, après avoir longtemps lutté contre la mauvaise fortune, sans se plaindre ni murmurer, se trouve réduit à tirer parti des connoissances qu’il ne cultivoit, auparavant, que pour son plaisir, et qu’il a tâché d’acquérir dans la langue grecque, ancienne et moderne, par un travail opiniâtre de quarante ans, par ses voyages en Allemagne et en Italie, et par un séjour de trois ans dans la Grèce.
Il ne veut ni solliciter, ni accepter aucune place qui l’empêche de se livrer à sa passion dominante, l’amour de la littérature grecque, (qu’il préfere à la vie,) et l’oblige de renoncer à sa bibliothèque, (l’unique bien qui lui reste,) et d’abandonner un ouvrage sur la Grèce ancienne et moderne, considérée sous tous les rapports, dont il s’occupe exclusivement depuis quinze ans.
En conséquence, incapable d’être à charge à ses amis, et desirant, au contraire, être utile à ses concitoyens, il offre de donner de deux jours l’un, rue des Petits-Champs, n.° 11, au coin de celle de la Loi, un cours de langue et de littérature grecque ancienne et moderne, et commencera par Pindare. Il ne taxera personne, mais il se voit contraint, par les circonstances impérieuses, d’obéir à la dure loi de la nécessité, et de prendre vingt-quatre francs par mois.
Les personnes qui voudront suivre son cours, qu’il s’efforcera de rendre instructif, sont averties de se faire inscrire chez lui, rue de Bièvre n.° 22. Ce cours commencera le 6 Brumaire à deux heures, et aura lieu les jours pairs de chaque décade.
Nous connoissons plusieurs hommes de lettres, même des savans distingués qui s’empresseront de suivre le cours du C. Villoison, qui doit nécessairement offrir un grand interêt par la solidité et l’étendue de son érudition ; nous savons même que la plupart des hellénistes qui existent encore à Paris, ont l’intention d’y être assidus. Ce cours peut ranimer l’étude des lettres antiques. Nous n’ajouterons pas que, dans un pays où il y auroit plus d’esprit public, en Angleterre par exemple, on verroit, aussitôt après la publication de cette note, une liste nombreuse de souscripteurs, qui s’empresseroient d’y mettre leur nom, sans même avoir intention de suivre ce cours ; mais par le seul motif de témoigner le respect dû à un savant qui honore la patrie, et de concourir à améliorer son sort, sans blesser sa délicatesse. » [sic] (A. L. M. « Cours de langue grecque, par le C. D’ANSSE DE VILLOISON » In Magasin encyclopédique. Paris, Fuchs, An VII-1799, t. III, p. 523-525)


 En 1797, le gouvernement avait créé pour Villoison une chaire provisoire de grec moderne près l’École des langues orientales vivantes, fondée en 1795 dans l’enceinte de la Bibliothèque nationale : les cours se faisaient dans une salle placée sous une sorte de hangar, élevé dans une petite cour du côté de la rue Neuve-des-Petits-Champs [rue des Petits-Champs, IIe]. Le 24 avril 1802, Villoison fut élu à l’Institut. En 1804, sa chaire de grec moderne fut transférée au Collège de France, sous le nom de chaire de langue grecque ancienne et moderne. Mais il ne put prendre possession de cette chaire : au commencement de l’année 1805, il fut atteint d’un ictère aigu. Il déménagea au 3 rue de Bièvre et expira prématurément le 6 floréal An XIII [26 avril 1805]. Villoison était gros et gras et était fort gourmand : « son intempérance, dans le boire et le manger » fut une des principales causes de la maladie de foie dont il mourut. Ses obsèques eurent lieu le dimanche 28 avril suivant : le nom seul de sa belle-sœur figure sur la lettre de faire-part ; le lieu d’inhumation n’y est pas indiqué. 
         
L’appartement qu’il occupait dans une maison sans apparence particulière était vaste, mais meublé avec une grande simplicité. La bibliothèque en formait le seul ornement. Villoison avait eu toute sa vie un goût passionné pour les livres. Quand il séjournait deux heures dans une ville, il employait au moins une heure à visiter les boutiques des libraires et les étalages des bouquinistes. Habitué à faire des économies, il avait les moyens de satisfaire son noble goût et se procurait tous les ouvrages où il pouvait trouver des renseignements utiles.
Sa bibliothèque, une des meilleures et des plus nombreuses qu’ait possédées un homme de lettres, offrait des trésors précieux sur la théologie savante, la philologie grecque et latine, les littératures française et italienne, les voyages, l’histoire, les antiquités et l’histoire littéraire. La littérature ancienne formait la base de cette belle collection. On y trouvait de très beaux exemplaires, achetés aux ventes Soubise, La Vallière, etc. Il faisait revêtir les livres qu’il avait acquis en feuilles d’un cartonnage couvert d’un papier gris, dont le dos portait le titre manuscrit. 


Sur la première page, on lisait « Ex libris d’Ansse de Villoison », et en tête, on trouvait une note qui donnait des détails sur le livre et l’auteur.


Sa bibliothèque fut vendue, du lundi 3 mars au samedi 19 avril 1806, en 36 vacations, en sa maison, 3 rue de Bièvre : Catalogue des livres de feu M. d’Ansse de Villoison, membre de la classe d’histoire et de littérature ancienne de l’Institut ; membre de la Légion d’honneur ; professeur en langue grecque au Collège de France ; de la Société royale de Londres ; des Académies de Berlin, Madrid, etc. (Paris, Debure père et fils, Tilliard frères, 1806, in-8, [1]-[1 bl.]-[2]-xij-266 p., 3.067 + 4 bis = 3.071 lots).
Théologie [227 lots = 7,39 %], Jurisprudence [22 lots = 0,71 %], Sciences et Arts [314 lots = 10,22 %], Belles-Lettres [1.220 lots = 39,72 %], Histoire [1.247 lots = 40,60 %], Livres omis [41 lots = 1,33 %].

Gazette nationale ou Le Moniteur universel
Mardi 21 janvier 1806, p. 88



mardi 6 décembre 2016

Joseph-Marie Portalis (1778-1858), grand magistrat, fils de grand magistrat


Arbre généalogique simplifié

D’origine italienne, et vraisemblablement de lointaine ascendance grecque, la famille Portalis était établie au village provençal de Le Beausset [Var], dès la fin du XVe siècle.

Maison natale de Joseph-Marie Portalis
25 rue de l'Opéra, Aix-en-Provence [Bouches-du-Rhône]

Joseph-Marie, dit « Charles », Portalis naquit à Aix-en-Provence [Bouches-du-Rhône], 25 rue de l’Opéra, le 19 février 1778, de Marguerite-Françoise Siméon, née à Aix le 24 février 1752, et de 

Maison natale de Jean-Etienne-Marie Portalis
25 rue Saint-Sébastien [aujourd'hui rue Portalis], Le Beausset [Var]

Jean-Étienne-Marie Portalis, né au Beausset le 1er avril 1746, avocat, mariés au Beausset le 8 août 1775. Par ses parents, il appartenait à deux familles importantes de la bourgeoisie de Provence.

Château Pradeaux, Saint-Cyr-sur-Mer [Var]

Son père l’éleva dans le culte du droit : à l’âge de dix ans, il analysait De l’esprit des loix [sic], par Montesquieu. Quand survint la Révolution, Jean-Étienne-Marie Portalis fut obligé de quitter la ville d’Aix, où il n’était plus en sûreté : en 1790, il se retira, avec sa famille, dans sa terre des Pradeaux [Saint-Cyr-sur-Mer, Var], dont il avait hérité en 1752. Menacé de mort jusque dans cette retraite, il refusa d’émigrer et chercha, en 1793, un asile à Lyon [Rhône], puis à Villefranche-sur-Saône [Rhône], avant de se réfugier à Paris. Comme il fallait s’y attendre, il fut découvert et emprisonné dans la pension Belhomme [détruite en 1972], rue de Charonne [XIe], jusqu’à la chute de Robespierre [9 thermidor An II, 27 juillet 1794]. 

5 rue du Croissant, Paris II






Hôtel Portalis, 2 rue La Vrillière, Paris I

La famille s’installa alors 5 rue du Croissant [IIe], puis 2 rue La Vrillière, à l’angle de la rue Croix-des-Petits-Champs [Hôtel de Jaucourt, Ier]. Les universités ayant été fermées par les révolutionnaires, Joseph-Marie Portalis poursuivit sa formation intellectuelle chez les bouquinistes des quais de la Seine.
Élu membre du Conseil des anciens en 1795, Jean-Étienne-Marie Portalis, toujours réputé contre-révolutionnaire, fut compris dans le coup d’État du 18 fructidor An V [4 septembre 1797] et n’échappa à la déportation que par la fuite : retiré d’abord en Suisse, à Bâle et à Zurich, puis à Fribourg-en-Brisgau [Allemagne], il fut invité à s’établir dans le Schleswig-Holstein [Allemagne], alors territoire danois, chez le comte Christian de Stolberg, au château de Tremsbüttel [détruit par un incendie en 1851], 

Château d'Emkendorf 

puis chez le comte Frédéric de Reventlau, au château d’Emkendorf, où il arriva en mai 1798.

Frédérique-Ernestine de Holck
Marseille, 24 novembre 2012 : 2.600 €

À Emkendorf, Joseph-Marie Portalis rencontra Frédérique-Ernestine, dite « Ina », de Holck, née à Kiel [Schleswig-Holstein, Allemagne] le 24 octobre 1784, et l’épousa le 9 mai 1801 à Königsbrück [Saxe, Allemagne]. Après le renversement du Directoire, le 18 brumaire An VIII [9 novembre 1799], Jean-Étienne-Marie Portalis fut rappelé en France, où il arriva le 18 février 1800, et fit partie, comme conseiller d’État, de la commission d’étude du Code civil.

Dès l’année même de son retour en France, Joseph-Marie Portalis entra dans la carrière diplomatique. Il fut tour à tour surnuméraire au ministère des Relations extérieures (1800), secrétaire d’ambassade en Saxe (novembre 1800), premier secrétaire d’ambassade en Angleterre (octobre 1802), premier secrétaire d’ambassade près de la cour de Prusse (mai 1803), ministre plénipotentiaire à Ratisbonne (novembre 1803), et resta cinq ans dans cette carrière. 

Portefeuille à soufflet de Jean-Etienne-Marie Portalis
Marseille, 24 novembre 2012 : 13.000 €

Il en sortit le 2 juin 1805, rappelé auprès de son père, pour être son auxiliaire dans l’administration des cultes. Son père dut subir, au printemps de 1806, l’opération de la cataracte, qui échoua et le rendit aveugle. Il mourut peu de temps après, enlevé par une pneumonie, le 25 août 1807 : son cercueil fut déposé au Panthéon avec une pompe nationale.
L’administration des cultes fut laissée quelque temps à Joseph-Marie Portalis, qui fut bientôt nommé conseiller d’État (1808), créé comte de l’Empire (1809), chargé de la direction de l’Imprimerie et de la Librairie en 1810. Mais le 4 janvier 1811, l’Empereur, qui voulait « faire cesser cette lutte scandaleuse de la prêtraille » contre son autorité, lui reprocha d’avoir méconnu ses obligations en ne l’avertissant pas d’avoir reçu communication d’un bref apostolique lancé par le pape Pie VII contre Jean-Sifrein Maury (1746-1817), qu’il avait nommé archevêque de Paris.
Chassé du Conseil d’État et privé de toutes ses places, Joseph-Marie Portalis fut exilé à 40 lieues de Paris, où il habitait 105 rue de Grenelle-Saint-Germain [rue de Grenelle, VIIe]. Il se rendit d’abord à Auxerre [Yonne], puis à Lyon et enfin dans sa terre des Pradeaux. Pendant près de trois années, il se livra aux travaux des lettres et devint président, en 1813, de la Société des sciences, des lettres, de l’agriculture et des arts d’Aix, fondée en 1808 [Académie en 1829].
Le 14 décembre 1813, réparant une injustice, Napoléon lui conféra la première présidence de la cour d’Angers [Maine-et-Loire]. 
En 1815, il devint conseiller à la Cour de cassation et redevint conseiller d’État.

4 place des Vosges, Paris IV

De 1817 à 1851, il demeura 4 place des Vosges [IVe]. Il fut nommé ministre plénipotentiaire près le Saint-Siège (1818), puis membre de la Chambre des pairs (1819).
Ses talents l’appelèrent deux fois au gouvernement pendant la Restauration : la première en 1820 comme sous-secrétaire d’État au ministère de la Justice, 

Grande tenue de ministre de Joseph-Marie Portalis
Paris, Ader, 1er juillet 2015

la seconde en 1828 comme ministre de la Justice et en 1829 comme ministre des Affaires étrangères. Après la révolution de 1830, il demeura étranger au maniement des affaires politiques, sans l’être aux intérêts fondamentaux du pays : à la Chambre des pairs, il prit une part active et considérable à tout ce qui se fit en matière de législation et d’État. 

Joseph-Marie Portalis
Vice-président de la Cour de cassation

Mais nulle part sa supériorité n’a été plus éclatante qu’à la Cour de cassation, où il a siégé durant trente-huit années, d’abord comme conseiller (1815), ensuite comme président de chambre (1824), et depuis 1829 comme premier président.

Bijou de grand-croix de la Légion d'honneur de Joseph-Marie Portalis
Marseille, 24 novembre 2012 : 7.500 €

Grand-croix de la Légion d’honneur en 1833, il fut nommé sénateur le 26 janvier 1852 et résigna, le 2 novembre 1852, la première présidence de la Cour de cassation, atteint par la limite d’âge dans la magistrature. 

Rue de la Tour, Paris XVI

Retiré à Passy, 60 rue de la Tour [Paris XVIe], il y vécut dans une maison agréable et modeste qu’il y avait fait construire lui-même, au milieu d’un jardin, dont il avait planté les arbres [détruit entre 1924 et 1933 par l’avenue de la Muette, devenue avenue Paul Doumer]. Il possédait deux autres résidences, au 65 rue d’Anjou-Saint-Honoré [rue d’Anjou, VIIIe] et au 11 rue de Caumartin [IXe]. Tous les samedis, il quittait sa retraite pour venir aux séances de l’Académie des sciences morales et politiques, dont il était membre libre depuis 1837 et titulaire depuis 1839. Il ne manquait pas non plus d’assister aux diverses assemblées de bienfaisance dont il avait toute sa vie mêlé les œuvres aux œuvres de la Justice. Il poursuivit des travaux restés inachevés. Tous les ans, il entreprenait un voyage, à l’automne, avant d’aller aux Pradeaux passer les mois les plus rudes de l’hiver : lors du dernier, en 1857, il avait parcouru l’Allemagne, accompagné de ses petits-enfants et de leur mère, Philippine Mounier, fille de son vieil ami Édouard Mounier (1784-1843).
Il n’entreprenait jamais rien au mois d’août, qui était pour lui un mois funeste : il avait perdu son père le 25 août 1807 ; 

Château de Gennevilliers [Hauts-de-Seine], en 1896

le 25 août 1813, sa mère, atteinte d’une maladie de cœur, avait succombé au château de Gennevilliers [Hauts-de-Seine, démoli en 1905] ; à quelques années d’intervalle, il avait vu mourir le 25 août deux de ses enfants en bas âge ; sa femme avait été frappée au mois d’août 1838 et était morte à Paris le 2 septembre ; ce fut le 30 août 1846 que son fils Frédéric-Étienne Portalis (1804-1846) était décédé prématurément.
Le 5 août 1858, il s’éteignit soudainement et sans souffrance. 

Cimetière de Passy, Paris XVI

Il fut inhumé au cimetière de Passy [Division 10], auprès de son épouse et de son fils Frédéric-Étienne.


Sa bibliothèque fut vendue à la Maison Silvestre, 28 rue des Bons-Enfants, du lundi 18 avril au mercredi 4 mai 1859, en 15 vacations :
Catalogue des livres composant la bibliothèque de M. le comte J.-M. Portalis, ancien ministre de la Justice et des Affaires étrangères, membre de l’Institut, ancien premier président de la Cour de cassation (Paris, L. Potier, 1859, in-8, [3]-[1 b l.]-212 p., 2.035 -1 [n° 114 absent] + 2 bis = 2.036 lots).
Théologie [113 lots = 5,55 %], Jurisprudence [300 lots = 14,73 %], Sciences et Arts [266 lots = 13,06 %], Belles-Lettres [361 lots = 17,73 %], Histoire [987 lots = 48,47 %]., Articles omis [8 lots = 0,39 %].


Depuis 1809, Joseph-Marie Portalis avait utilisé un ex-libris [80 x 62 mm.] portant la mention « Ex libris bibliothecæ. Comitis J. M. PORTALIS » et ses armes : « Parti, au premier d’azur, à la fasce cousue de gueules, au signe de chevalier, accompagnée en pointe d’une tour ouverte, crénelée de trois pièces échiquetées de sable et d’argent, au quartier de comte conseiller d’État brochant au neuvième de l’écu ; au second écartelé ; au premier d’argent à la fasce de gueules, au second aussi d’argent à sept billettes d’azur ; au troisième d’azur, à la chausse-trape évidée d’or ; au quatrième d’argent, au mur de sable maçonné d’or, crénelé de trois pièces. »

La vente produisit environ 30.000 francs :

291. Recueil alphabétique des questions de droit, par Merlin. Paris, 1829, 9 vol. in-4, demi-rel. bas. Répertoire universel et raisonné de jurisprudence, par le même. Paris, 1827, 18 vol. in-4, demi-rel. bas. 171 fr.


338. Collection de lois maritimes antérieures au XVIIIe siècle, par Pardessus. Paris, Impr. royale, 1828-1845, 6 vol. in-4, demi-rel., v. bl. 102 fr.
442. Œuvres de Descartes, publiées par Victor Cousin. Paris, 1824, 10 vol. in-8, pl., demi-rel., v. ant. 59 fr.
452. G. G. Leibnizii opera omnia, collecta a Lud. Dutens. Genevæ, de Tournes, 1768, 6 vol. in-4, demi-rel. 63 fr.
552. Histoire naturelle, générale et particulière, par Buffon et Lacépède, avec la description du cabinet du roi (par Daubenton). Paris, 1749-1798, 45 vol. in-4, fig., v. éc., fil., tr. dor. 171 fr.



564. Traité des arbres et arbustes que l’on cultive en France en pleine terre, par Duhamel, édition considérablement augmentée par M. Vieillard, Jaume de Saint-Hilaire, Mirbel et Loiseleur-Deslongchamps. Ouvrage orné de planches d’après les dessins de Bessa et Redouté. Paris, 1800-1819, 7 vol. in-fol., fig. color., demi-rel., m. r. 225 fr.
567. Les Liliacées (d écrites par de Candolle, F. de la Roche et Reffeau-Delille), peintes par P. J. Redouté. Paris, Didot, 1802, 10 vol. gr. in-fol., pap. vél., 486 planches coloriées, demi-rel. m. r. 275 fr.
573. Choix des plus belles fleurs prises dans les différentes familles du règne végétal et de quelques branches des plus beaux fruits, par Redouté. Paris, 1827, in-fol., fig. color., demi-rel. m. r. 77 fr.
580. Nouveau recueil de planches coloriées d’oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, publié par Temminck. Paris, 1838, 5 vol. in-4, tiré in-fol., demi-rel. m. bl. 400 fr.
581. Histoire naturelle des oiseaux de paradis et des rolliers, suivie de celle des toucans et des barbus, par Fr. Levaillant. Paris, 1806, 2 vol. in-fol., pap. vél., fig. color., demi-rel., m. r. 70 fr.


587. Histoire naturelle des poissons, par le baron Cuvier et par Valenciennes. Paris, 1828-1844, 22 vol. in-4, fig. color., demi-rel. (tomes 19 à 22 brochés). 280 fr.
645. Recueil d’estampes gravées d’après des peintures antiques italiennes, etc., par Auguste Boucher-Desnoyers, ou exécutées sous sa direction d’après les dessins qu’il a faits dans les années 1818-1819. Paris, F. Didot, 1821, gr. in-fol., 34 pl., demi-rel. 100 fr.
647-648. Le Musée français, publié par Robillard-Péronville et Laurent. Paris, 1803-1809, 4 vol. gr. in-fol., pap. vél., demi-rel. mar. r. – Le Musée royal, publié par Henri Laurent. Paris, Didot, 1816, 2 gr. in-fol., pap. vél., demi-rel. m. r. Ensemble, les 6 vol. 1.515 fr.
886. Œuvres de Jean Racine. Paris, Imprimerie de Didot, 1801, 3 vol. gr. in-fol., pap. vél., 57 fig., cart., non rog. 175 fr.
898. Chefs-d’œuvre des théâtres étrangers, traduits en français. Paris, Ladvocat, 1822, 25 vol. in-8, gr. pap. vél., demi-rel. m. 185 fr.
906. Œuvres complètes de Shakspeare, traduites de l’anglais par Letourneur, édition revue par M. Guizot. Paris, Ladvocat, 1821, 13 vol. in-8, gr. pap. vél., demi-rel. mar. v. 137 fr.


1.033. Bibliothèque latine française, publiée par Panckoucke. Paris, Panckoucke, 178 vol. in-8, cart. et 1 vol. gr. in-8 pour l’iconographie. 640 fr.
1.034. Collection des meilleurs ouvrages de la langue française, dédiée aux amateurs de l’art typographique. Paris, Imprimerie de Pierre Didot, 73 vol. in-8, cart. 355 fr.
1.039. Collection orientale, manuscrits inédits de la Bibliothèque royale, traduits et publiés par ordre du roi. Paris, Imprimerie royale et impériale, 1836-1855, 8 vol. in-fol., cart., n. rog. 180 fr.
1.046. Géographie de Strabon, traduite du grec en français. Paris, Imprimerie impériale, 1805-1819, 5 vol. gr. in-4, br. 145 fr.
1.058. Voyage autour du monde exécuté sur la corvette la Coquille, pendant les années 1822-25, par Duperrey. Paris, Arth. Bertrand, 1826 et années suivantes, 6 vol. in-4 de texte et 4 vol. in-fol. de pl., demi-rel. mar. 80 fr.


1.059. Voyage de l’Astrolabe, pendant les années 1826 à 1829, par J. Dumont d’Urville. Paris, 1830-34, 22 livr. in-8 de texte, cart., 1 vol. in-4, demi-rel. et 4 vol. in-fol. d’atlas, demi-rel. mar. 101 fr.
1.062. Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, par Ch. Nodier, Taylor et A. de Cailleux. Ancienne Normandie. Paris, 1820, 2 vol. gr. in-fol., demi-rel m. r. 111 fr.
1.064. Id. Le Languedoc. Paris, Didot, 1834, 4 tomes en 3 vol., demi-rel. m. r. 200 fr.
1.065. Id. L’Auvergne. Paris, Didot, 1829, 2 vol. in-fol., demi-rel. m. r., n. rog. 100 fr.
1.389. Recueil des historiens des Gaules et de la France, par Dom Bouquet, etc. Paris, 1738-1833, 19 vol. in-fol., bas. 1.550 fr.
1.391. Nouvelle collection de mémoires pour servir à l’histoire de France, par Michaud et Poujoulat. Paris, 1836-1839, 33 vol. gr. in-8, demi-rel. v. viol. 181 fr.
1.392. Archives curieuses de l’histoire de France, par Cimber et Danjou. Paris, 1834-1848, 27 vol. in-8, br. 59 fr.
1.394. Collection de documents inédits sur l’histoire de France, publiés par les soins du ministre de l’Instruction publique. Paris, Imprimerie royale et impériale, 1835-1856, 113 vol. in-4 et atlas pet. in-fol., cart. 399 fr.
1.470. Le Moniteur universel. 1795-1857, 110 vol. in-fol., demi-rel. et rel. en bas. 300 fr.
1.474. Collection complète des tableaux historiques de la Révolution française (par Fauchet, Chamfort et Ginguené). Paris, 1804, 3 vol. gr. in-fol., pap. vél., fig., demi-rel. mar. r. 121 fr.
1.553. Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, par l’abbé Lebeuf. Paris, Prault, 1754-1758, 15 vol. in-12, v. m. 101 fr.


1.602. Histoire de Bresse et de Bugey, par Samuel Guichenon. Lyon, Huguetan, 1650, 2 vol. in-fol., fig., bas. 101 fr.
1.828. Les Tournois du roi René, d’après le manuscrit et les dessins originaux de la Bibliothèque royale, publiés par Champollion-Figeac pour le texte ; pour les dessins, par L. J. J. Dubois. Paris, Motte, 1826, gr. in-fol., 21 planches lith. coloriées, demi-rel. mar. r. 100 fr.
1.846. Collection d’ouvrages sur les antiquités et l’architecture, gravés par J. B. F. et Ch. Fr. Piranesi. 26 vol. in-fol., mar. r., fil., tr. dor. 570 fr.
1.863. Musée des antiques, dessiné et gravé par P. Bouillon. Paris, Didot, 3 vol. gr. in-fol., fig., demi-rel. 150 fr.


1.866. Les Ruines de Pompéi, dessinées et mesurées par Mazois. Paris, Didot, 1824-1838, 4 vol. gr. in-fol., fig., demi-rel. m. r. 196 fr.
1.872. Collection des vases grecs de M. le comte de Lemberg, expliquée et publiée par Alexandre de La Borde. Paris, 1813-1828, 2 vol. in-fol., fig. en couleur, demi-rel. m. r. 140 fr.
1.923. Iconographie ancienne, ou Recueil des portraits authentiques des empereurs, rois et hommes illustres de l’antiquité, par E. Q. Visconti. Iconographie grecque. Paris, P. Didot, 1808, 3 vol. – Iconographie romaine. Paris, 1817-1833, 4 vol. Ensemble 7 vol. gr. in-fol., pap. vél., demi-rel. mar. r. 160 fr.
2.014. Bibliothèque historique de la France, par Jacques Lelong ; nouvelle édition, revue par Fevret de Fontette. Paris, Hérissant, 1768, 5 vol. in-fol., v. m. 135 fr.


  

lundi 5 décembre 2016

Le 55 passage des Panoramas, Paris IIe, en 1897


Émile Goudeau (1849-1906), fondateur en 1878 du Cercle des Hydropathes, était employé au ministère des Finances et consacra sa vie à la poésie.

La Librairie Morgand et Fatout, 55 passage des Panoramas, Paris II
Bois gravé par H. Paillard, d'après Ch. Jouas
(Photographie Hugues de Latude) 

Parmi ses publications, le bibliophile s’arrête surtout à la page 303 de ses Poèmes parisiens, imprimés en 1897 sur les presses à bras de Lahure, pour Henri Beraldi : on y trouve le poème « Bibliophilie », dédié « A Madame Henri Beraldi », avec une illustration de Charles Jouas (1866-1942), gravée sur bois par Henri Paillard (1846-1912), représentant la Librairie de Damascène Morgand (1840-1898) et de Charles Fatout (1839-1882).
Le 20 octobre 1897, les bois gravés par Paillard furent brûlés par Moret, chef mécanicien de l’Imprimerie générale, en présence de Beraldi, de Lahure et de Bauche.

En 1875, Morgand et Fatout avaient succédé à Ernest Caen, établi à la même adresse depuis 1854. Édouard Rahir (1862-1924) succéda à Morgand en 1898.




Aujourd’hui, le 55 passage des Panoramas est occupé par un magasin pour philatélistes : « La Postale. Le Vermillon ». Le célèbre escalier est toujours en place.


Bertrand Hugonnard-Roche en pèlerinage
(Photographie Eric Zinc)

Avec mes remerciements à Hugues de Latude.