jeudi 7 mars 2019

Léon Vanier (1847-1896), bibliopole des « Décadents » et des pseudonymes


Pierre-Léon Vanier, fils de Étienne-Vincent de Paul Vanier, employé, et de Françoise-Eugénie Henchard, est né à Paris, le 28 décembre 1847.

[Les fichiers de l’état civil reconstitué de Paris donnent les dates de naissance, de mariage et de décès et non les dates des actes : ici, la date de naissance est bien le 28 décembre - confirmée dans le dossier de brevet de libraire (A.N., F/18/1832) et dans l’acte de mariage de 1879 -, et non le 27 décembre, comme l’ont écrit Verlaine en 1885 dans Les Hommes d’Aujourd’hui, puis la revue La Plume en 1889, cette dernière osant même se compter alors parmi « les biographes sérieux » ; ne citons pas les suiveurs, qui ont pris l’habitude de ne pas retourner aux sources.]

Librairie de Théodore Lefèvre, 2 rue des Poitevins
Photographie de Charles Marville (v. 1866)

2 rue des Poitevins et 6 rue Hautefeuille (mai 2018)

Après avoir suivi les cours du soir de la Sorbonne, tandis qu’il était simple commis de librairie chez J. Gosset, boulevard des Italiens, Léon Vanier loua en 1869 une partie de la maison du 6 rue Hautefeuille [VIe], au coin de la rue des Poitevins, pour ouvrir une boutique de libraire : il y succédait au libraire Théodore Lefèvre (1833-1904), lui-même successeur de Joseph Langlumé (1801-1870). Vanier obtint son brevet de libraire le 8 mars 1870, six mois avant la suppression du régime du brevet par décret du 10 septembre 1870. Pendant le siège de Paris (1870-1871), il fit son devoir et fut sergent aux mobiles de la Seine, mis à l’ordre du jour et porté pour la médaille militaire.

Ses débuts furent difficiles et s’il put développer son commerce, ce fut grâce à une bonne opération de librairie : il acheta en solde, à très bas prix, l’Histoire pittoresque, dramatique et caricaturale de la Sainte Russie (Paris, J. Bry Aîné, 1854), illustrée de 500 gravures par Gustave Doré (1832-1883), et vendit très cher les derniers exemplaires. 


De simple libraire, il put devenir alors éditeur dès 1876 : Les Vingt-Huit Jours d’un réserviste (54 croquis à la plume par Raf), dont il était l’auteur ; 


La Frégate L’Incomprise (568 croquis à la plume), par Sahib [pseudonyme de Louis-Ernest Lesage (1847-1919)] 

Photographie BnF

et Lettres et pamphlets de Paul-Louis Courier (portrait gravé à l’eau-forte par Dubouchet).



La librairie est à l'extrême droite

En 1878, il déménagea au 19 quai Saint-Michel [Ve], au rez-de-chaussée d’un immeuble étroit, qui se prolongeait jusqu’à la rue de la Huchette, à l’emplacement de celui qui porte aujourd’hui le n° 21 et qui a été construit en 1900. Il épousa, le 3 juillet 1879, Marguerite-Sidonie-Louise Favrot, née le 5 juillet 1859, fille de Ernest-Louis Favrot, négociant, et de Félicie Beaugendre. Le couple eut trois enfants : Félicien-Paul-Robert, le 21 juin 1882 ; Marcelle, le 22 juin 1886 ; Jeanne, le 15 novembre 1890.

Les poètes « Parnassiens » avaient choisi Alphonse Lemerre (1838-1912) pour éditeur. Les poètes « Symbolistes », désignés d’abord comme « Décadents », eurent Léon Vanier.

L’année 1880 vit la parution du Petit traité de littérature naturaliste (D’après les maîtres), par Camille B[erriat] & Albert H[eimann], et La Journée d’un carabin, par Pierre Infernal [pseudonyme de Léon Épinette (1855-1902)]. 



Et aussi Croquis maritimes, par Sahib, et Peintres & chevalets, par Caran d’Ache [pseudonyme d’Emmanuel Poiré (1858-1909)] et Luque [Manuel Luque (1854-1912)].

En 1881, Vanier édita Amour de chic, étude de brasserie, par Pol Kalig [pseudonyme de Jules Chenantais (1854-1942)], et lança Paris moderne, revue littéraire et artistique, codirigée par Jacques Madeleine [pseudonyme du poète Jacques Normand (1859-1941), et non de son homonyme archiviste-paléographe (1848-1931)] et Georges Moineau [patronyme de Courteline (1858-1929), conforme à celui de son acte de naissance et à sa propre signature sur les actes de ses deux mariages].


Lors de la mise en vente de Sagesse, par Verlaine (Paris, Société générale de librairie catholique, 1881), seulement 8 exemplaires trouvèrent preneur. Vanier racheta les 100 exemplaires d’auteur à vil prix et les remit en vente avec son étiquette sur la couverture.
Cette année 1881, l’éditeur Calmann Lévy (1819-1891) publia un volume portant le même titre que celui de Vanier : Les Vingt-Huit Jours d’un réserviste, par Henri Amic (1853-1929). Vanier s’adressa aux tribunaux et Lévy fut condamné à changer le titre de son volume, d’abord par jugement du tribunal civil du 25 janvier 1884, et sur appel, par arrêt de la cour de Paris du 24 novembre 1886.


En 1882, Vanier commença à publier des « Plaquettes humoristiques », dans la « Collection Vanier » : La Chanson du colonel. Tirée de La Femme à Papa, opérette, par Albert Millaud (1844-1892) et Alfred Hennequin (1842-1887), Le Petit Faust. Chœur des soldats, par Hector Crémieux (1828-1892) et Adolphe Jaime (1824-1901), 


Nos militaires, par Léon Vanier, 



L’Autruche, par Yveling Rambaud (1843-1899) et Le Général Fricassier, par Nadar [pseudonyme de Félix Tournachon (1820-1910)], illustrés par H. de Sta [pseudonyme de Henri Saint-Alary (1846-1920)]  ; La Pêche à la ligne, par Léo de Marck [pseudonyme de Charles-Bernard Demarque (° 1834)], illustrée par Baric [Jules Baric (1825-1905)] ; Le Chat du bord. Histoire maritime, illustré par Paul Léonnec (1842-1899).


En 1883, Vanier publia deux de ses textes, illustrés par H. de Sta : Un tour au bois. Fantaisie équestre 


Photographie Pierre Brillard

et Armée française. Nouvel alphabet militaire.


L’année suivante, Vanier édita Patara et Bredindin. Aventures & mésaventures de deux gabiers en bordée, par E. P. [i. e. Paul Léonnec], ex-fourrier du Suffren (150 croquis à la plume par Paul Léonnec), 


Pauvre Pierrot, par Adolphe Willette (1857-1926), 

Photographie Thierry Gauville

Les Hirsutes, par Léo Trézenik [« Petite épine » en breton, pseudonyme de Léon Épinette (1855-1902)], et L’Éternelle chanson. Triolets, par Henri Beauclair (1860-1919). 


Jean Moréas [pseudonyme de Jean Papadiamantopoulos (1856-1910)] publia chez Vanier un recueil, Les Syrtes (S. n., 1884, 124 ex., dont la plupart portent une étiquette collée sur la couverture avec l’adresse de Vanier), qui le fit ranger parmi les décadents, puis Les Cantilènes (1886), où il revendiqua, dans la préface, le titre de « symboliste » : il formula les principes fondamentaux de cette nouvelle manifestation d’art dans un manifeste retentissant publié par Le Figaro. Supplément littéraire du 18 septembre 1886 (p. 150-151) :

« Depuis deux ans, la presse parisienne s’est beaucoup occupée d’une école de poètes et de prosateurs dits “ décadents ”. Le conteur du Thé chez Miranda (en collaboration avec M. Paul Adam, l’auteur de Soi), le poète des Syrtes et des Cantilènes, M. Jean Moréas, un des plus en vue parmi ces révolutionnaires de lettres, a formulé, sur notre demande, pour les lecteurs du Supplément, les principes fondamentaux de la nouvelle manifestation d’art. »


En 1885, parurent chez Vanier : Histoire de Marlborough (S. d., dessins de Caran d’Ache), par Jules de Marthold [pseudonyme de Jules-Adolphe Dufour (1847-1927)] ; 


Têtes de pipes (21 photographies par Émile Cohl, pseudonyme de Émile Courtet 1857-1938), par L.-G. Mostrailles [pseudonyme collectif de Léon Épinette et Georges Rall (° 1858), d’où les initiales « L.-G. »] ; 


Les Déliquescences. Poèmes décadents d’Adoré Floupette (Byzance, Chez Lion Vanné, in-12, 33-[3] p., 110 ex.), par Gabriel Vicaire (1848-1900) et Henri Beauclair ; Les Lendemains, par Henri de Régnier (1864-1936) ; Les Pierrots. Fantaisie en vers (S. d., ill. par Adolphe Willette), par Achille Melandri (1845-1905) ; 


Les Complaintes, par Jules Laforgue (1860-1887) ; 


La Vie à cheval (ill. h. de Sta), par Vanier.

À partir de 1885, Vanier fut également l’éditeur de la revue Les Hommes d’Aujourd’hui, série de portraits-charges, dont André Gill [pseudonyme de Louis-Alexandre Gosset de Guines (1840-1885)] avait été le caricaturiste historique.


À l’occasion de la publication de la charge de Léon Vanier, dessiné par Luque, dans le N° 320, Louis Villatte [pseudonyme d’Adrien Bajut (1861-1903)], fondateur en 1886 de la revue Le Décadent littéraire & artistique, devenue Le Décadent. Revue littéraire bi-mensuelle en 1887, écrivit :

« S’il n’était qu’un éditeur, c’est-à-dire un honorable marchand de papier, certes sa gloire serait à l’apogée et il ne pourait [sic] guère espérer davantage. C’est qu’il est en même temps et surtout une idée, c’est qu’il est le centre d’un mouvement littéraire qui ne s’arrêtera pas et auquel son nom demeurera attaché.
Ce mouvement créé par la jeune génération n’est ni le Parnasse, ni le Romantisme, ni le Naturalisme ; on l’a qualifié de décadent, il n’en existe pas moins et il serait trop tard pour le nier. C’est du Quai Saint-Michel, de la maison Vanier qu’il est parti. C’est là que Verlaine, Laforgue, Raynaud, Moréas et tant d’autres firent éditer leurs premières œuvres si bruyamment retentissantes. C’est de là que s’est levée cette constellation de talents si divers : Maurice Barrès aujourd’hui rédacteur au Voltaire ; Jean Ajalbert qui va être joué au Théâtre-Libre ; Francis Viellé [sic]-Griffin, l’auteur des Cygnes ; Henri de Régnier qui prépare les Jardins d’Armide ; l’auteur du Centon, Charles Vignier, aujourd’hui rédacteur à l’Evénement ; Noël Loumo, le gentleman décadent si connu ; Léo Trézenick, l’ancien directeur de Lutèce ; Beauclair, l’auteur de l’Eternelle Chanson ; Edouard Dujardin qui écrivit les Hantises, et combien d’autres qui ne sont pas moins connus ni moins sympathiques, mais dont l’énumération serait trop longue ici.
Enfin, tout ce qui porte un nom parmi les jeunes artistes est passé par là ; Huysmans lui-même tient à y faire éditer ses études sur la vie parisienne et Léon Bloy n’a pas mis ailleurs son volume le Désespéré.  
La Maison Vanier vient au même rang que les plus célèbres maisons d’édition de Paris, Leipzig, Vienne et New-York, et c’est en moins de vingt ans que Vanier a su acquérir cette réputation colossale que les autres ont souvent mis des siècles à asseoir. C’est qu’aussi Vanier n’a épargné ni son temps ni sa peine, et mieux que tout autre il a su manier ce levier puissant de notre monde contemporain : la Réclame. Derrière ses vitrines du quai Saint-Michel s’étalent les livres et les revues du monde entier : plusieurs ne se vendent que peu ou pas. Qu’importe ? ils sont là et le chercheur intelligent est sûr de les y trouver.
Sans Vanier, combien de publications n’eussent jamais vu même le soleil si convoité de Paris ! Ainsi c’est en se rendant utile que cet éditeur si désintéressé s’est attiré l’estime et la sympathie de tous. Moins commerçant qu’artiste lui-même, il a plutôt visé un idéal qu’un gain. Epris des théories de l’école décadente, tous ses efforts tendent à la faire prédominer.
Sans doute, il serait plus nutritif d’éditer de l’Ohnet [Georges Ohnet (1848-1918)] à 150 éditions, mais alors ou [sic] serait le mérite ? ou [sic] serait l’utilité au point de vue artistique, social même ? Car, il ne faut pas l’oublier, Vanier, le champion de tous les progrès, est indifférent à tout ce qui n’a pas une portée intellectuelle ou morale, franchement utilitaire. »
(Le Décadent. Revue littéraire bi-mensuelle. Paris, Troisième Année, N° 6, 1er-15 Mars 1888, p. 9-11)

En 1886, Vanier édita : Les Hantises, par Édouard Dujardin (1861-1949) ; Apaisement, par Henri de Régnier ; 


Poètes mobiles. Monologues, par Maurice Mac-Nab (1856-1889) ; 

Photographie de Bertrand Hugonnard-Roche

Croquis parisiens, par Joris-Karl Huysmans [Charles-Marie-Georges Huysmans (1848-1907)] ; Centon, par Charles Vignier (1863-1934) ; Pentecôte, par Henri Beauclair ; 


L’Imitation de Notre-Dame la Lune, selon Jules Laforgue ; 




L’Armée française. Nouvel album militaire, avec descriptions alphabétiques (25 dessins en couleurs de H. de Sta), par Vanier.

Léon Vanier, par Coll-Toc [pseudonyme de Alexandre Collignon et Georges Tocqueville]
In La Nouvelle Lune, 8 août 1886

Le 10 novembre 1886, Stock refusa de mettre en vente Le Désespéré, par Léon Bloy (1846-1917), ayant découvert des pages diffamatoires sur Francis Magnard (1837-1894), rédacteur en chef du Figaro. Bloy supprima ces pages et se tourna vers Alphonse Soirat (° 1847), 146 rue Montmartre [IIe], gérant d’un nouveau journal hebdomadaire, Le Symboliste : tirée à 2.000 exemplaires, « l’édition véritable » (Paris, Nouvelle librairie A. Soirat, 1886 [1887 sur la couv.]) fut mise en vente le 15 janvier 1887, mais ne se vendit pas. Bloy récupéra une partie des invendus et céda 250 exemplaires à Vanier. Le reliquat de l’édition Soirat fut vendu en 1888 à Albert Savine (1859-1927). Stock se décida en 1893 à mettre en vente son édition (Paris, Tresse & Stock, 1887), qui aurait dû être mise au pilon, expurgée [les exemplaires ayant conservé le carton original se comptent sur les doigts d’une main] et sans l’autorisation de Bloy.  

Puis, en 1887 : Sites, par Henri de Régnier ; 


Le Signe, par Ernest Raynaud (1864-1936) ; 


Légendes de rêve & de sang. Livre II. Le Geste ingénu, par René Ghil [pseudonyme de René-François Ghilbert (1862-1925)] ; André Gill, sa vie, bibliographie de ses œuvres (portraits par Émile Cohl), par Armand Lods (1854-1938) et sa belle-sœur Véga [pseudonyme de Marguerite-Alice de Wegmann (1863-1950)] ; 


L’Après-Midi d’un faune. Églogue (avec frontispice, ex-libris, fleurons & cul-de-lampe par Édouard Manet [1832-1883]), par Stéphane Mallarmé [Étienne Mallarmé (1842-1898)].
Il édita aussi Anatole Baju [pseudonyme d’Adrien Bajut] : L’École décadente (1887), puis L’Anarchie littéraire (1892) et Principes du socialisme (1895).


En 1888, Vanier édita Épisodes, par Henri de Régnier, et, en octobre, le Petit glossaire pour servir à l’intelligence des auteurs décadents et symbolistes, par Jacques Plowert [pseudonyme de Paul Adam (1862-1920)].  


Suivirent, Les Poèmes d’Edgar Poe. Traduction en prose (portrait et ill. par Édouard Manet), par Stéphane Mallarmé, en 1889 ; Épisodes, sites et sonnets, par Henri de Régnier, 


et Les Amours jaunes, par Tristan Corbière [Édouard-Joachim Corbière (1845-1875)], en 1891 ; 


Poèmes. Les Illuminations. Une saison en Enfer. Notice par Paul Verlaine, par Arthur Rimbaud (1854-1891), en 1892.

En 1892, Vanier reprit, pour un seul numéro [n° 11], l’hebdomadaire de Maxime Bloncourt, Les Femmes du Jour. Il édita Les Cygnes. Nouveaux poèmes (1890-1891), par Francis Vielé-Griffin (1864-1937).


En 1894, il édita ses Petites curiosités bibliographiques. La Lune, histoire, description et particularités, par le Bibliopole Vanier (2 dessins d’André Gill).


En 1895, il édita les Poésies complètes, par Arthur Rimbaud, avec préface de Paul Verlaine.

Fixé à Paris à la fin de l’année 1882, Verlaine avait retrouvé Émile Blémont [pseudonyme de Léon Petitdidier (1839-1927)], qu’il avait connu comme directeur de La Renaissance littéraire et artistique, qui le présenta à Vanier : Paul Verlaine (1844-1896) devint le collaborateur de Paris moderne, donnant également des vers et des proses à La Nouvelle Rive gauche, devenue Lutèce le 6 avril 1883, qui avait aussi ses bureaux à la librairie Vanier.

Drouot, 9 novembre 2016 : 4.100 €


Vanier édita les œuvres de Paul Verlaine à partir de 1884 : Jadis et naguère. Poésies (500 ex.) et Les Poètes maudits. Tristan Corbière. Arthur Rimbaud. Stéphane Mallarmé (253 ex.). 



En 1886, parurent Fêtes galantes, Les Mémoires d’un veuf  et Louise Leclercq. Le Poteau. Pierre Duchatelet. Madame Aubin (Un acte) (1.122 ex.). Puis ce furent Romances sans paroles (1887), Amour (1888, 651 ex.), Sagesse (1889) 



et Parallèlement (1889, 500 ex.). Les rapports entre l’éditeur et le poète devinrent plus difficiles. Quand Vanier connut la cession faite à l’éditeur Albert Savine du manuscrit de Bonheur, il éleva une réclamation. Savine reconnut que les revendications de son confrère étaient justifiées, mais conserva le manuscrit des Histoires comme ça, qui fut racheté en 1894 par Vanier à Léonce Grasilier (1850-1930), successeur de Savine en novembre 1893. Grâce à ces arrangements, Verlaine se réconcilia avec Vanier, qui donna successivement Poèmes saturniens (1890), La Bonne Chanson (1891), 



Les Uns et les Autres (1891), Bonheur (1891), qui forme, avec Sagesse et Amour, le troisième volet d’un triptyque mystique, Chansons pour elle (1891), 



Mes hôpitaux (1891), Liturgies intimes (1893), 



Élégies (1893), Mes prisons (1893), Odes en son honneur (1893), 



Dans les limbes (1894), une seconde édition de Dédicaces. Nouvelle édition augmentée (1894) 


et Invectives (1896).
Après la mort de Verlaine, arrivée le 8 janvier 1896, les amis de Verlaine, sur l’initiative de Vanier, exécuteur testamentaire du poète, voulurent ériger, dans le Jardin du Luxembourg [VIe], du côté de la rue de Fleurus, un monument à la mémoire du poète et en chargèrent le sculpteur Rodo de Niederhausern (1863-1913).

Léon Vanier, vice-président du Syndicat des libraires de Paris, mourut prématurément en son domicile, 19 quai Saint-Michel, le 11 septembre 1896, après une courte maladie, des suites d’une pleurésie contractée à la sortie du banquet du Congrès des libraires de France, qui s’était tenu à Lyon. C’était un chercheur de vieilles estampes, et il possédait des collections très curieuses de caricatures sur tous les hommes politiques et les écrivains de son temps.

« L’éditeur Léon Vanier, qui vient de mourir, laissera un nom dans la littérature, car il a édité la plupart des livres de début des jeunes écrivains actuels. Henry de Régnier, Stuart Merril, Viellé-Griffin, Laurent Tailhade, Adolphe Retté, ont publié des livres chez lui, et aussi Charles Le Goffic, Jules Laforgue, Tristan Corbière, etc., etc.
Il a édité tout Paul Verlaine, et tout Arthur Rimbaud. Il a dirigé la publication des Hommes d’aujourd’hui, une feuille illustrée qui contient les biographies de tous les écrivains et hommes politiques de cette dernière partie du siècle. Parmi elles, vingt-sept qui furent rédigées par Paul Verlaine. Chacune de ces biographies était accompagnée d’un dessin de Gill, Coll Toc, Luque, ou Cuzals [sic].
Les derniers ouvrages qu’a édités Léon Vanier sont : les Poèmes de mes soirs, d’Edmond Pilon ; le Château des rêves, de Fernand Hauser ; Corbeille ancienne, d’Henri Degron, et Invectives, de Paul Verlaine. »
(In Le Gaulois, 14 septembre 1896)

Ses obsèques furent célébrées le 14 septembre en l’église Notre-Dame, sa paroisse.
Le 19 octobre 1896, un nouveau deuil frappa la famille : Jeanne Vanier, presque 6 ans, décéda chez son grand-père maternel, 78 rue Saint-Denis [Ier].


En 1897, une souscription publique fut ouverte, dans la presse quotidienne et périodique, pour la statue monumentale de Verlaine. Celle-ci fut inaugurée le 28 mai 1911 : le buste en marbre est posé sur un haut socle galbé et sculpté, d’où émergent trois figures de femmes, représentant les trois âmes de Verlaine : une âme religieuse, une âme sensuelle et une âme d’enfant.

La veuve Vanier géra son fonds encore quelques années, puis le céda en 1903 à Albert Messein (1873-1957).






















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