dimanche 13 janvier 2019

Édouard Meaume (1812-1886), biographe de Jacques Callot


Il y avait autrefois en Lorraine quatre bibliophiles, passionnés pour les livres relatifs à l’histoire de cette province : Jean-Nicolas-Pascal-Antoine-Modeste Gillet (1803-1865), à Nancy ; Jean-Nicolas Beaupré (1795-1869), à Nancy ; George-Gustave Chartener (1813-1884), à Metz ; Édouard Meaume, à Nancy.


D’une famille originaire du village de Farges, sur la commune de Saint-Marc-à-Frongier [Creuse], en Limousin, passée en Saintonge [Charente-Maritime], à Saint-Jean-d’Angély, puis à Landes, Édouard Meaume est né à Rouen [Seine-Maritime], le 18 janvier 1812, fils de Jean-Jacques-Germain Meaume (1774-1856), professeur de mathématiques, et de Renée-Marie Lagarosse (1777-1862), mariés à Saintes [Charente-Maritime], le 5 fructidor an VI [22 août 1798].


Jean-Jacques-Germain Meaume était le cousin germain de Jean-Augustin Meaume (1762-1819), imprimeur à Saintes.

« M. Jean-Jacques-Germain Meaume est né le 24 septembre 1774, au petit bourg de Landes, près Saint-Jean-d’Angély, dans la Charente-Inférieure [Charente-Maritime]. Sa famille, aux mœurs patriarcales, appartenait à la riche bourgeoisie du pays. Sa mère était déjà d’un âge avancé, lorsque, après avoir eu onze enfants, elle le mit au monde en compagnie d’un autre frère, ce qui explique la petite stature et la frêle constitution qui le caractérisaient ; néanmoins, il survécut, et resta seul avec son frère aîné, qui fut son premier maître [son frère jumeau, Jacques-Ferdinand est mort le 23 octobre 1774].
Son éducation se continua chez un curé de campagne, qui joignait à beaucoup d’instruction une philosophie éclairée, et qui, tout en expliquant à son jeune élève les auteurs anciens, lui apprenait à la fois à connaître les hommes des temps passés, à bien apprécier les mœurs du siècle, et lui donnait des règles de conduite qu’il déduisait de ses observations et de son expérience.
“ Ce premier enseignement,” dit M. Meaume dans une notice autobiographique qu’il rédigeait en 1829 [i. e. 1839], “ a eu la plus grande influence sur ma vie entière ; je lui dois d’avoir appris à supporter, sans me plaindre, les dégoûts attachés à de pénibles fonctions et à des changements de position sociale ; à recevoir les consolations d’une amitié bienveillante ; à rire un peu des prétentions de la vanité, sans jamais la blesser, et en la couvrant de quelque indulgence. Heureux les enfants dont les premiers instituteurs se sont appliqués à former leur jugement ! Ce service est aussi utile que celui d’orner leur esprit et d’exercer leur imagination….”
De 1786 à 1793, M. Meaume acheva de parcourir le cercle des études scolaires au collège royal de Saintes, et se fit remarquer par son aptitude et ses succès ; il brilla dans les exercices littéraires et soutint avec éclat une thèse en philosophie, ce qui ne l’empêcha pas de s’adonner de préférence aux mathématiques, qui lui paraissaient plus claires et mieux démontrées que les autres parties des hautes sciences qu’on enseignait à cette époque.
Le décret de 1793, qui mettait en réquisition tous les jeunes gens de 18 à 25 ans, le transforma, bien malgré lui, en soldat pendant six mois. Ayant été fait prisonnier par les Vendéens à la prise de Fontenay-le-Comte, le 25 mai 1793, il fut rendu à sa famille par la protection de quelques chefs qui connaissaient ses parents ; mais bientôt il fut renvoyé à l’armée. Sans goût pour l’état militaire, et n’ayant pas d’ailleurs les forces physiques nécessaires pour en supporter les fatigues, il réclama du Gouvernement la faveur de passer dans une autre carrière. Le Comité de salut public l’autorisa à se faire examiner à Tours, pour entrer à l’Ecole centrale des Travaux publics, qui prit plus tard le nom d’Ecole Polytechnique. Il eut le bonheur d’y être admis, et il en sortit deux ans après avec le titre d’ingénieur-géographe. On le destinait, avec plusieurs de ses camarades, à faire partie de l’expédition d’Egypte, mais il préféra rester en France, et, vers la fin de 1796, il concourut pour la chaire de physique et de chimie à l’Ecole centrale de Saintes. Il sortit vainqueur de cette lutte. C’est ainsi qu’il passa sept années comme professeur dans ce même établissement où il avait été huit ans écolier. Ce furent sept années de bonheur ; en 1798, il se maria avec la fille [Renée-Marie Lagarosse] d’un administrateur du département de la Charente-Inférieure, et devint père. Mais des quatre enfants qu’il eut de ce mariage, deux seuls lui restèrent. Bientôt après, le Gouvernement consulaire supprima les Ecoles centrales ; mais on lui offrit un dédommagement en le nommant, en 1803, professeur de mathématiques au Lycée de Rouen. […]
Après trente-quatre ans accomplis dans la pénible carrière de l’enseignement, M. Meaume fut nommé, en 1830, inspecteur de l’Académie d’Amiens, et, dans ces délicates fonctions, il sut conquérir de nouveaux titres à l’estime publique, obtenir la haute approbation de l’Université ; aussi, lorsqu’à la fin de 1834, il sollicita sa retraite, reçut-il en même temps le grade d’inspecteur honoraire. Notre Académie lui avait déféré, en 1831, les honneurs de la vétérance.
Le recteur d’Amiens avait demandé pour lui la décoration de la Légion d’honneur ; elle lui avait été promise. Ce ne fut, néanmoins, qu’en 1846, que cette juste récompense de trente-huit années de travaux et de services publics lui fut octroyée.
C’est à Paris, auprès de sa fille [Isaure Meaume], mariée à M. Plougoulm, de Rouen, qui s’est fait un nom respecté dans le barreau et la magistrature, que M. Meaume a doucement écoulé le restant de ses jours, en conservant toutes ses facultés et cette aimable gaîté qui rendait son commerce si attrayant pour sa famille et ses amis.
Notre vénérable confrère a eu le bonheur de voir son fils [Édouard Meaume], né à Rouen en 1812, conquérir à Nancy une belle position sociale dans la profession d’avocat, et mériter, par ses travaux, la chaire de législation et de jurisprudence à l’Ecole forestière. Son vœu le plus cher était que ce fils appartînt à l’Académie de Rouen, pour continuer, pour ainsi dire, une tradition de famille ; ce vœu a été exaucé en 1853.
Le digne vieillard, dont je viens d’esquisser la vie si modeste et si utilement remplie, s’est éteint dans les bras de ses enfants le 6 septembre 1856 [à Nancy]. »
(J. Girardin. In Précis analytique des travaux de l’Académie impériale des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, pendant l’année 1856-1857. Rouen, Alfred Péron, 1857, p. 133-137)

Édouard Meaume fit des études de droit à Paris. Demeurant alors chez ses parents, 39 rue de la Madeleine [rue Pasquier, VIIIe], il épousa à Nancy [Meurthe-et-Moselle], le 14 novembre 1837, Anne-Charlotte-Joséphine-Émélie Thouvenin (1816-1889), fille de Antoine-Nicolas Thouvenin (1792-1862), négociant, et de Anne-George-Émélie Millot (1796-1877), qui lui donna deux enfants : Georges-Édouard (1840-1867) et Marie-Isabelle (1841-1863), morts prématurément.

Ecole forestière de Nancy
In Louis Rousselet. Nos grandes écoles (Paris, Hachette, 1892, p. 519)
14 rue Girardet, Nancy

Meaume fut inscrit au tableau de l’Ordre des avocats de Nancy le 25 juillet 1838. Nommé juge suppléant au tribunal civil de Nancy, il songeait à faire carrière dans la magistrature, quand le directeur de l’École royale forestière, créée en 1824, l’engagea à devenir professeur de législation et de jurisprudence le 28 mars 1842.
Dès 1844 parut le premier volume de son monumental Commentaire du Code forestier (Paris, Delamotte et Cie, et Nancy, Grimblot, Raybois et Cie, 1844-1846, 3 vol. in-8), dédié « A Monsieur Plougoulm, Procureur général, Officier de la Légion d’honneur. Son beau-frère & ami, Edouard Meaume. »


Le 14 mai 1846, Meaume fut reçu membre correspondant de l’Académie de Stanislas, puis fut membre titulaire le 6 février 1851 et président en 1856.

Meaume partagea son temps entre ses travaux professionnels et les œuvres d’érudition, rassemblant une collection de livres, d’estampes, d’autographes, de monnaies et de médailles sur la Lorraine. Il ne séparait point de ses travaux projetés les objets qu’il avait achetés : le travail une fois achevé, il revendait la plupart des pièces qu’il avait eu tant de peine à recueillir, pour en rechercher d’autres et continuer ainsi la suite de ses études. C’est ainsi qu’il a vendu des livres en 1861 et des estampes en 1874 et en 1879.


Après plusieurs années de travail, Meaume produisit ses Recherches sur la vie et les ouvrages de Jacques Callot dans les Mémoires de l’Académie de Stanislas : première partie, contenant la biographie de Callot (1852, p. 191-327), seconde partie, se composant du catalogue de l’œuvre authentique de Callot (1853, p. 81-210 ; 1854, p. 363-430 ; 1855, p. 297-386 ; 1856, p. 275-382), troisième et dernière partie, comprenant les pièces douteuses, les pièces faussement attribuées à Callot, les pièces gravées par différents artistes d’après les dessins du maître, les imitations, les copies (1859, t. I, p. 58-310). La première partie, seule, fut publiée ensuite à part (Nancy, Grimblot et Veuve Raybois, 1853, in-8). L’ensemble de cet ouvrage, qui contribua le plus à la renommée de son auteur, ne fut publié que plus tard, l’impression du catalogue et de ses annexes ayant duré six années (Paris, Vve Jules Renouard, 1860, 2 vol. in-8).  

Meaume a beaucoup écrit. Outre une trentaine d’ouvrages juridiques et une collaboration aux Annales forestières, à la Revue des eaux et forêts, à la Jurisprudence générale par Désiré Dalloz (1795-1869), il a collaboré aux Mémoires de l’Académie de Stanislas, aux Mémoires de la Société d’Archéologie lorraine, au Journal de la Société d’Archéologie lorraine, au Bulletin du bibliophile, aux Mémoires de l’Académie de Metz, à L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, au Journal de la Meurthe et au Peintre-Graveur français par Alexandre-Pierre-François Robert-Dumesnil (1778-1864). Il rédigea l’introduction du Catalogue des livres rares et précieux et des estampes, composant la bibliothèque de feu M. Gustave Chartener, de Metz (Paris, Vve Labitte, 1885, 2 vol. in-8, 1.733 lots).

Admis à la retraite le 26 décembre 1873, Meaume abandonna Nancy pour s’établir à Neuilly-sur-Seine [Hauts-de-Seine], 45 avenue de Neuilly, plus rapproché de ce qui lui restait de famille. Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1855, Édouard Meaume mourut le 5 mars 1886. Son épouse lui survécut, à Paris, 94 rue de Rennes [VIe], jusqu’au 11 mars 1889.


La 1ère partie de la bibliothèque de Meaume fut vendue en trois vacations, du lundi 7 au mercredi 9 février 1887, en l’Hôtel des commissaires-priseurs, 9 rue Drouot, salle n° 3 : Catalogue de livres rares composant la bibliothèque de feu M. Édouard Meaume, ancien avocat à la Cour d’appel de Nancy, ancien professeur à l’École forestière, membre de l’Académie de Stanislas, chevalier de la Légion d’honneur. Première partie (Paris, Vve Adolphe Labitte, 1887, in-8, [3]-[1 bl.]-108 p., 487 lots).


9. Ces présentes heures à lusaige de Tou [Toul]. Paris, Simon Vostre, s. d. (Almanach de 1515 à 1530), gr. in-8, fig., mar. viol., fil. à fr., doublé de mar. r., large dent., étui (Duru). Sur vélin. 910 fr. [à Marigues de Champ-Repus].
10. Heures de Paris contenant plusieurs oraisons dévotes. Paris, Thielman Kerver, 1552, in-12, fig. et bordures sur bois, v. f., comp. dor. et à mosaïque sur les plats, fermoirs en argent ciselés ajoutés (Rel. époque). Ex-libris manuscrit Marie des Marquets, amie de Ronsard. A appartenu à Nodier, à Aimé-Martin, à Chedeau et à J. Renard. 635 fr.

Exemplaire Pierre Bergé
Drouot, 11 décembre 2015 : 145.000 €

53. Essais de Messire Michel, seigneur de Montaigne. Bourdeaux, S. Millanges, 1580, 2 tomes en 1 vol. in-8, mar. vert (Duru). Aux chiffres du comte Roger (du Nord). 226 fr.
« On recense aujourd’hui 39 exemplaires de cette édition de 1580 dans des collections publiques et environ 50 dans des collections privées, soit un total d’un peu moins de cent exemplaires. Il est difficile d’évaluer avec précision le tirage pour cette édition. La rareté des exemplaires laisse supposer que l’impression ne dépassa pas 300 ou, au plus, 400 exemplaires. [...] Les deux livres de cette première édition des Essais sont presque toujours reliés en un seul volume - du moins aux XVIe et XVIIe siècles - et les exemplaires en vélin sont extrêmement rares. » (Desan, Bibliotheca Desaniana, 2011, n° 8).
55. Les Caractères de Théophraste (par La Bruyère). Paris, Estienne Michallet, 1688, in-12, mar. r., dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil, dent. int., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). Ex. de Yemeniz. 125 fr.


79. Pratique de la géométrie sur le papier et sur le terrain (par Séb. Le Clerc). Paris, Thomas Jolly, 1669, in-12, front. et fig., mar. r., dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil (Thibaron-Joly). 85 fr.


94. Histoire des peintres de toutes les écoles […] par M. Charles Blanc. Paris, Vve Jules Renouard, 1862-1876, 12 tomes en 10 vol. gr. in-4, fig., demi-rel. mar. r. et 2 vol. en feuilles. 280 fr.
111. Eaux-fortes et gravures des maîtres anciens tirés des collections les plus célèbres et publiées avec le concours d’Édouard Lelièvre. Paris, 1874-1878, 9 vol. in-fol. 370 fr.


117. L’Œuvre de Rembrandt, décrit et commenté par M. Charles Blanc. Paris, A. Quantin, 1880, 1 vol. in-fol. de texte et 2 atlas in-fol. de pl. dans des cartons. 225 fr.



123. Pinax iconicus antiquorum ac variorum in sepulturis rituum. Lugduni, apud Clementem Baldinum, 1556, pet. in-4 obl., 13 fig. par P. Woeiriot, mar. ol., plats semés de C entrelacés et de croix de Lorraine (Capé). 595 fr.



124. Devises héroïques, par M. Claude Paradin chanoine de Beaujeu. Lion, Jan de Tournes et Guil. Gazeau, 1557, in-8, titre gravé et fig., mar. citron, grand milieu doré, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 245 fr.


127. Jani Jacobi Boissardi Vesuntini Emblemata cum tetrastichis latinis. S. l. (Metz), Jean Aubry, s. d. (1584), pet. in-8 obl., 45 fig. d’Alexandre Vallée, de Bar-le-Duc, vél. 74 fr.



129. Jani Jacobi Boissardi Vesuntini Emblematum liber. Francfort-sur-le-Main, 1593, in-4, titre-front. gravé, portr. et 52 pl. par Théodore de Bry, mar. bleu, fil. à fr. et comp. dorés, dent. int., tr. dor. (Duru et Chambolle). 142 fr.

Frontispice du second tirage

133. Les Images de tous les saincts et saintes de l’année suivant le Martyrologue romain. Faictes par Jacques Calot (sic). Et mises en lumière par Israel Henriette (sic). Paris, Israel Henriette (sic), 1636, pet. in-fol., 490 fig., vélin. Ex-libris manuscrit du comte Ségur d’Aguesseau. 275 fr.
Exemplaire du 1er tirage, caractérisé par le titre où les noms de Callot et d’Henriet sont écrits « Calot » et « Henriette », par le frontispice où le cartouche du bas ne contient que les mots « A Paris chez Israel Henriet. Avec Privilège du Roy, 1636 », et par l’absece d’inscriptions dans les marges inférieures des sujets qui sont tous à l’eau-forte pure et portent tous le nom d’Israel.

Photographie Bibliothèque municipale de Lyon

139. Figures de la Passion de N. S. Jésus-Christ. Présentées à Madame la marquise de Maintenon, par son très humble et très obéissant serviteur Séb. Le Clerc. Paris, G. Audran, s. d., pet. in-4 obl., 36 pl.,  mar. r., milieu orné, dent. int., tr. dor. (Masson-Debonnelle). Neuf dessins originaux ajoutés. 580 fr.


140. Histoire sacrée en tableaux, avec leur explication, tirée du texte de l’Ecriture, […] par Monsieur de Brianville. Paris, Charles de Sercy, 1670, 1671, 1675, 3 vol. in-12, front. et fig. de Sébastien Le Clerc, mar. violet, fil. à fr., dent. int., tr. dor. (Duru). 125 fr.
148. Paul et Virginie, par J.-H. Bernardin de Saint-Pierre. Paris, L. Curmer, 1838, gr. in-8, front., portr., fig. et vignettes, demi-rel. mar. bleu avec coins, dos orné, fil., tête dor., ébarbé (Bauzonnet). 1er tirage, avec tous les portraits sur Chine, avant la lettre et la légende sur papier de soie. Le portrait du docteur est celui gravé par Cook d’après Parsons, que Curmer avait placé dans les premiers exemplaires en attendant celui de Meissonier. 157 fr.


160. Œuvres complètes de P.-J. de Béranger. Paris, Perrotin, 1847, 2 vol. gr. in-8, portr. et fig., demi-rel. mar. vert avec coins, dos orné, fil., tête dor., non rog. (Allô). 1er tirage. Suite complète des fig. de Grandville pour l’édition de Paris, 1836, sur Chine volant, ajoutée. 110 fr.


170. Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce Siècle : avec leurs Portraits au naturel. Par Mr Perrault, de l’Académie Françoise. Paris, Antoine Dezallier, 1696-1700, 2 tomes en 1 vol. in-fol., 2 front. et 102 portr., mar. r., dos orné, comp. à la Du Seuil, dent. int., tr. dor. (Capé). Gr. pap. avec les portraits d’Arnauld et de Pascal, supprimés par ordre de Louis XIV dans la plupart des exemplaires, pour cause de Jansénisme. 210 fr.

Exemplaire Lignerolles (1894, n° 800)
Paris, 2 octobre 2015 : 9.000 €

206. Métamorphoses d’Ovide en rondeaux (par Isaac Benserade). Paris, Imprimerie royale, 1676, gr. in-4, fig., mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Rel. anc.). Ex. de présent aux armes royales (Bulletin du bibliophile, 1875, p. 285). 100 fr.  

Photographie Bibliothèque nationale de France

222. Le Rommant de la Rose. Paris, Arnoul et Charles, les Angeliers frères, 1538, pet. in-8 goth., fig. sur bois, mar. r. avec mosaïque de mar. vert, riches comp. au pointillé, dent. int., tr. dor. (Capé). 360 fr.

Photographie Bibliothèque nationale de France

232. Les Amours d’Olivier de Magny Quercinois, et quelques odes de luy. Paris, Estienne Groulleau, 1553, in-8, mar. bleu, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Des bibliothèques Chaponay, Behague et Bancel. 475 fr.


268. Les Baisers, précédés du Mois de Mai, poëme. (Par Dorat). La Haye, et se trouve à Paris, Lambert et Delalain, 1770, in-8, front., fig., vign. et culs-de-lampe gravés, mar. bleu, dos orné, large dent. int., tr. dor. (Lortic). Ex. en gr. pap. de Hollande, titre rouge et noir. 585 fr.


271. Fables nouvelles (par Dorat). La Haye, et se trouve à Paris chez Delalain, 1773, 2 tomes en 1 vol. in-8, front., titre, vignettes et culs-de-lampe gravés, mar. orange, dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Allô). Gr. pap. de Hollande. 405 fr.


275. Choix de chansons mises en musique par M. de La Borde. Paris, Lormel, 1773, 4 tomes en 2 vol. in-8, titres gravés, portr. de La Borde, fig., texte et musique gravés, dos orné, large dent. genre Derome, dent. int., tr. dor. (Capé). Chef-d’œuvre de J.-M. Moreau. Portrait de La Borde, dit « à la lyre », dessiné par Denon et gravé par Masquelier en 1774. 1.640 fr.  


280. Le Premier (et le Second) Volume du triumphant Mystère des Actes des Apostres […] dernierement ioue à Bourges. Paris, Arnoul et Charles les Angeliers frères, 1540, 2 tomes en 1 vol. in-4, goth. à 2 col., mar. r., dos orné, fil., dent. int., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz). Des bibliothèques Cailhava, Chédeau et J. Renard. 235 fr.


281. Les Œuvres et Meslanges poétiques d’Estienne Jodelle. Paris, Nicolas Chesneau et Mamert Patisson, 1583, pet. in-12, mar. bleu, doublé de mar. rouge, large dent. (Trautz-Bauzonnet). Au chiffre du comte Roger (du Nord). 145 fr.


283. Les (six premières) Comédies facécieuses de Pierre de Larivey. Lyon, Benoist Rigaud, 1597. – Trois comédies des six dernières de Pierre de Larivey. Troyes, Pierre Chevillot, 1611. Ensemble 2 vol. pet. in-12, réglés, mar. vert jans., dent. int., tr. dor. (Thibaron-Echaubard). 118 fr.
285. La Salmée, pastorelle comique, ou fable bocagère, sur l’heureuse naissance du filz premier-né de très-hault et très-généreux prince Monseigneur de Vaudemont François de Lorraine, par Nicolas Romain. Pont-à-Mousson, Melchior Bernard, 1602, pet. in-8, mar. bleu, fil. à fr., dent. int., tr. dor. (Duru). 145 fr.


296. Œuvres de Racine. Paris, Denys Thierry, 1679, 2 vol. in-12, front. et fig. par Chauveau et Séb. Le Clerc, mar. r. jans., doublé de mar. bleu, large dent. dite « roulette Chamillard », tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Ex. Bancel. 679 fr.


306. La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro, comédie en cinq actes, en prose. Par M. de Beaumarchais. (Kehl), Imprimerie de la Société littéraire-typographique, et se trouve à Paris chez Ruault, 1785, in-8, fig. de Saint-Quentin gravées par Halbou, Liénard et Lingée, mar. r., dos orné, fil. et comp. à la Du Seuil, dent. int., tr. dor. (David). Pap. vélin. Aux armes du prince d’Essling. 126 fr.


310. Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé (par Longus). S. l. [Paris], s. n. [Quillau], 1718, pet. in-8, front. gravé, fig., mar. r., dos orné, large dent., doublé de tabis bleu, tr. dor. (Derome). Ex. réglé avec toutes les figures encadrées de filets vert et rouge. 900 fr.
311. L’Heptaméron des nouvelles de Marguerite de Valois, royne de Navarre. Paris, Gilles Robinot, 1560, in-4, mar. bleu, dos et plats ornés de marguerites (Trautz-Bauzonnet). Ex. Monmerqué. 350 fr.


313. Le Printemps d’Yver. Lyon, Benoist Rigaud, 1582, in-16, titre gravé, mar. r., dos orné, fil., tr. dor. (Du Seuil). Ex. de Nodier, aux armes du marquis de Coislin. 60 fr.


315. Histoire amoureuse des Gaules (par Bussy-Rabutin). Liège, s. n., s. d. (1665), pet. in-12, mar. or., dos orné, fil. et milieu à petits fers et au pointillé, dent. int., tr. dor. (Allô). Édition originale, dite « à la croix de Malte » ([2]-190-69-[4] p.). 51 fr.


334. Histoire de Gil Blas de Santillane. Par M. Le Sage. Paris, Libraires associés, 1747, 4 vol. in-12, 32 fig. non signées gravées par Dubercelle, mar. La Vallière, dos orné, large dent., petits comp. en mosaïque de mar. r. sur le dos et aux angles des plats, dent. int., tr. dor. (David). Premier tirage de la dernière édition et la meilleure du vivant de l’auteur. 161 fr.

Photographie Musée Médard, à Lunel

374. Œuvres de Monsieur Scarron. Amsterdam, J. Wetstein, 1752, 7 vol. in-12, portr. et fig., mar. bleu à long grain, dos orné, fil., tête dor., non rog. (Muller successeur de Thouvenin). 122 fr.

Photographie Library of Congress

380. Cosmographiae Introductio. Saint-Dié, 1507, in-4, fig. sur bois, mar. bleu, fil. à fr., dent. int., tr. dor. (Duru). Des bibliothèques de Yemeniz et du Dr Court. 1.080 fr.

Photographie Le Scriptorium d'Albi, à Montolieu

386. Chronologie universelle des souverains pontifes, anciens pères, empereurs, rois, princes et hommes illustres dès le commencement du monde. S. l. [Paris], s. d. [1622], gr. in-fol., titres manuscrits entourés d’un encadrement gravé, portr. et texte gravés, mar. r., fil., tr. dor. (Rel. anc.). Recueil connu sous le nom de « Chronologie collée » : ces portraits se débitaient en rouleaux ainsi que le texte et étaient ensuite collés pour former les volumes. 365 fr.


387. Chronique de Nuremberg. Nuremberg, Koberger, 1493, in-fol., 2.000 fig. en bois. 375 fr.


420. La Vie et Faits notables de Henry de Valois. S. l. (Paris), s. n. (Millot), 1589, in-8, 1 fig. sur bois, mar. r., dent., dos orné, tr. dor. (Bauzonnet). Édition originale attribuée à Jean Boucher. Des bibliothèques de Nodier et de M. de Montesson. 80 fr.

Exemplaire Guy Bechtel
Drouot, 6 mars 2015 : 19.000 €

450. Le Recueil ou Croniques des hystoires des royaulmes daustrasie ou france orientale dite à présent lorrayne. De hierusalem, de Cicile. Et de la duche de bar (par Symphorien Champier). Lyon, Vincent de Portunaris, 1510, in-fol. goth., fig. sur bois, dos orné, 6 fil., dent. int., tr. dor. (Bauzonnet-Purgold). 290 fr.
453. Chronicque abregee par petits vers huytains des empereurs, roys et ducz daustrasie (par Nicolas Volcyr de Serrouville). Paris, Didier Maheu, 1530, in-4 goth., mar. orange, fil., tr. dor. (Koehler). Ex. de Pixerécourt et Nodier. 255 fr.


464. Elegie de ce que la Lorraine a souffert depuis quelques années par peste, famine et guerre. Sur l’elegie latine de l’auteur et par soy mesme. Nancy, Antoine Charlot, 1660. – Deplorandi Lotharingiæ status ab aliquot annis. Elegia in qua videre est quid passa sit. Peste, fame, bello, author plurium testis est oculatus. Nanceii, apud A. Charlot, 1660. - De serenissimi atque invictissimi principis Lotharingiæ et Barri ducis. Caroli IIII. optatissimo reditu panegyris. Nanceii, apud Anthonium Charlot, 1660. Ensemble 3 pièces de Jean Heraudel en 1 vol. in-4 réglé, mar. vert jans., dent. int. tr. dor. (Capé). 100 fr.




466. Le Siège de Mets, en l’an M. D. LII (par Bertrand de Salignac). Paris, Charles Estienne, 1553, pet. in-4, plan de Metz, mar. r., fil. et comp. à la Du Seuil, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes et au chiffre de Philippe de Béthune. 120 fr.  


La 2e partie, qui ne comprenait que des livres courants, fut vendue en sept vacations, du jeudi 10 au jeudi 17 février 1887, 28 rue des Bons-Enfants, à la Maison Silvestre, salle n° 1 : Catalogue de livres anciens et modernes composant la bibliothèque de feu M. Édouard Meaume, ancien avocat à la Cour d’appel de Nancy, ancien professeur à l’École forestière, membre de l’Académie de Stanislas, chevalier de la Légion d’honneur. Deuxième partie (Paris, Vve Adolphe Labitte, 1887, in-8, [3]-[1 bl.]-140 p., 1.291 lots [chiffrés 488-1.778]).


Parallèlement, sa collection d’estampes fut vendue en trois vacations, du jeudi 10 au samedi 12 février 1887, à l’Hôtel des commissaires-priseurs, 5 rue Drouot, salle n° 4 : Collection de feu M. Édouard Meaume. Estampes anciennes. Œuvres de J. Callot, Claude Lorrain, Sébastien Leclerc, artistes lorrains. Portraits historiques pour l’histoire de la Lorraine, etc. (Paris, Maurice Delestre et Danlos fils et Delisle, février 1887, in-8, 57-[1] p., 708 lots).  
   
Sa collection de monnaies fut vendue le lundi 14 février 1887 : Catalogue d’un choix de monnaies françaises, monnaies et médailles des ducs de Lorraine provenant des collections de feu M. Édouard Meaume (Paris, Rollin et Feuardent, 1887, in-8, 163 lots). Pour le plus grand nombre, les monnaies et médailles recueillies par Meaume avaient fait partie de la collection Auguste Monnier (1801-1864) ; malgré cela, la plupart se sont vendues à bas prix. Mais les séries lorraines de la collection ne commençaient qu’à l’époque de la Renaissance ; il s’agissait plutôt d’une réunion de quelques médailles que d’une suite numismatique et Meaume s’était surtout occupé de l’art de la gravure en médailles.

Sa collection d’autographes suivit : Catalogue de l’importante collection d’autographes concernant la Lorraine et composant le cabinet de feu M. Édouard Meaume (Paris Étienne Charavay, 1887, in-8).

« Le 15 février 1887, fut dispersée la collection de l’érudit nancéen Édouard Meaume. Cette vente à Paris fit réapparaître une quarantaine de lettres de Bernardin et de Félicité Didot. Le comité d’acquisition de la bibliothèque [du Havre] accepta alors de consacrer 300 francs à cette éventuelle acquisition, sans se faire trop d’illusion quant à l’issue de la vente, craignant que le manuscrit ne soit acquis par la maison Didot, comme papier de famille. De fait le bibliothécaire Jules Bailliard ne put remporter que deux lots [une lettre de Saint-Pierre à M. Robin et une lettre à sa seconde femme], le principal lot étant adjugé pour 900 francs à la famille Didot. Mais l’histoire des lettres ne s’arrête pas là. Jean Ruinat de Gournier qui étudia cette correspondance échangée par Bernardin et Félicité rapporte avoir consulté ces lettres dans la collection Didot :

“ Aimé Martin fut pendant longtemps dépositaire de ces dernières lettres ; elles appartenaient à Mlle Virginie de Saint-Pierre, fille de Bernardin, qui avait épousé le général de Gazan. Lorsque Mme de Gazan fut morte, le général les conserva, et quand, en 1849, il succomba au choléra, elles furent vendues avec sa bibliothèque et achetées par un collectionneur dont j’ignore le nom. Paul de Saint-Pierre ne se porta pas acquéreur à cette vente ; il ne pouvait, étant fou, songer à la mémoire de son père. Je retrouve ces lettres à Nancy, en 1856, entre les mains de M. É. Meaume, avocat, puis juge, auteur de diverses brochures et président de l’Académie de Stanislas. Comment les a-t-il eues ? « par un heureux hasard », voilà tout ce qu’il dit. Je perds alors la trace de ces lettres et ne les retrouve que chez M. Pierre Gélis-Didot, l’architecte bien connu, qui est le petit-neveu de Bernardin ; il acheta une partie de ces lettres dans une vente publique, en février 1887, et compléta cette très belle collection, dont il est demeuré, depuis lors, l’heureux propriétaire.”

Pierre-Henri Gélis-Didot s’est plus tard défait de cette collection ; contact pris avec la ville du Havre, Didot proposa de les vendre pour 2 000 francs. Finalement, le 3 mai 1914, la bibliothèque du Havre les acquit pour 1 000 francs sous la forme d’un recueil [de 47 lettres autographes de Bernardin de Saint-Pierre adressées à Félicité Didot, d’une lettre de Bernardin de Saint-Pierre à la citoyenne Didot mère et de 6 lettres également autographes de Félicité Didot à Bernardin de Saint-Pierre. Précédées de considérations morales par Aimé Martin sur les calomnies répandues contre Bernardin de Saint-Pierre] somptueusement reliées par un maroquin signé de Jean-Édouard Niédrée que lui avait commandé Édouard Meaume. »
(Véronique Bui. « Bernardin de Saint-Pierre et la Bibliothèque municipale du Havre ou la construction d’un héritage littéraire ». In Sonia Anton. Vers une cartographie littéraire du Havre. Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2014, p. 90-91)


En 1997, la médiathèque de Verlaine-Pontiffroy, à Metz, a acquis 304 gravures de Callot de la collection de Meaume, réapparue au moment de l’exposition « Jacques Callot » organisée au Musée historique lorrain de Nancy en 1992.





samedi 5 janvier 2019

Alexandre Paulin (1796-1859), cofondateur de L’Illustration

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D’une famille originaire de Ville-sous-la-Ferté [Aube], Nicolas-Jean-Baptiste Paulin, dit « Jean-Baptiste-Alexandre », est né le 30 prairial an IV [18 juin 1796], à Rizaucourt [Haute-Marne], fils de Jean Paulin (1761-1825), instituteur, et de Marie-Madeleine-Thérèse Deschamps (1761-1838), mariés à Éclance [Aube], le 15 juillet 1793.

Arbre généalogique simplifié

Après ses humanités au collège de Wassy [Haute-Marne], Paulin entra de bonne heure dans la carrière des armes, puis la quitta pour celle des lettres. Saluant avec enthousiasme la liberté renaissante, il était maître d’études au collège Henri IV à Paris, quand il fut compromis dans l’affaire dite « conspiration de Belfort », du 31 décembre 1821, qui échoua faute de coordination : arrêté à Rougemont-le-Château [Territoire de Belfort] et emprisonné à Colmar [Haut-Rhin], il fut traduit devant la Cour d’assises du Haut-Rhin avec vingt-deux autres conspirateurs, dont Jacques-Julien Dubochet (1798-1868), tous « mis en accusation pour avoir pris part à un complot et s’être rendus coupables d’un attentat ayant pour but de détruire le gouvernement et d’exciter les citoyens à s’armer contre l’autorité royale, ou de s’être rendus complices des dits complot et attentat, en aidant et en assistant avec connaissance les auteurs dans les faits qui les ont préparés, facilités ou consommés ». Acquitté et remis en liberté en 1822, il fit son droit et fut reçu avocat en 1827.

Place de la Bourse : angle de la rue Vivienne et de la rue Feydeau

Entre-temps, le 28 avril 1825, Paulin, qui demeurait alors 4 rue des Jeûneurs, à Paris [IIe], s’associa avec Auguste Sautelet (1800-1830), breveté libraire le 22 mars précédent, pour fonder un commerce de librairie et d’édition, 31 place de la Bourse [détruit, aujourd’hui 31 bis rue Vivienne, IIe], à l’angle de la rue Vivienne et de la rue Feydeau. Il existait alors à Paris 480 libraires et 84 bouquinistes.
Sous la raison sociale « A. Sautelet et Cie », Paulin resta modestement dans l’ombre jusqu’à la mort de Sautelet, qui édita une centaine d’ouvrages, fut l’éditeur du journal Le Producteur, fondé le 1er juin 1825, le dépositaire du journal Le Globe, fondé le 15 septembre 1824, 

Premier numéro du National

et le gérant du journal Le National, fondé le 3 janvier 1830 par Armand Carrel (1800-1836), François-Auguste Mignet (1796-1884) et Adolphe Thiers (1797-1877).    

En 1828, « A. Sautelet et Cie » transportèrent leur librairie et leur domicile au 14 rue de Richelieu [Ier], le jeune François-Alexandre Mesnier, né à Lisieux [Calvados], le 15 mars 1809, ayant acquis le fonds de détail de la place de la Bourse.

10 rue Saint-Marc (1907)
Photographie Eugène Atget

En avril 1830, ils déménagèrent au 10 rue Neuve-Saint-Marc [rue Saint-Marc, IIe], au coin de la place des Italiens [place Boieldieu].

Saisie des presses du National, le 27 juillet 1830

Après le suicide de Sautelet, le 13 mai 1830, Paulin reprit la direction de la librairie et assura, à partir du 1er septembre 1830, jusqu’au 31 décembre 1833, la gérance du journal Le National et celle de la Gazette littéraire, qu’il avait fondée le 1er décembre 1829 avec Jean Gauja (1801-1875), jusqu’au 4 septembre 1831.

A partir du 1er décembre 1831, Paulin s’installa de nouveau place de la Bourse, au n° 31, tandis qu’Alexandre Mesnier s’associait avec Alphonse Levavasseur, au Palais-Royal [Ier].
Paulin édita : Mémoires, correspondance et ouvrages inédits de Diderot, publiés d’après les manuscrits confiés, en mourant, par l’auteur à Grimm (1830-1831, 4 vol. in-8), avec Alexandre Mesnier ; Documens pour servir à l’histoire des conspirations, des partis et des sectes, par François de Corcelle (1831, in-8) ; 


Histoire de Hainaut, par Jacques de Guyse (t. VIII-t. XV, 1830-1833), avec Arnold Lacrosse, imprimeur-libraire à Bruxelles [Belgique].


En 1832, Paulin édita : La Danse et les Ballets depuis Bacchus jusqu’à mademoiselle Taglioni. Par Castil-Blaze (in-8) ; Lettres écrites de Paris pendant les années 1830 et 1831, par M. L. Börne ; traduites par M. F. Guiran (in-8) ; 


Chapelle-Musique des rois de France. Par Castil-Blaze (in-8) ; Destination de l’homme, de Fichte. Traduit de l’allemand par Barchou de Penhoën (in-8) ; Mémoires, fragmens historiques et correspondance de madame la duchesse d’Orléans, princesse Palatine, mère du Régent (in-8) ; Journal d’une expédition entreprise dans le but d’explorer le cours et l’embouchure du Niger, ou Relation d’un voyage sur cette rivière depuis Yaouri jusqu’à son embouchure ; par Richard et John Lander ; traduit de l’anglais par Mme Louise Sw.-Belloc (3 vol. in-8) ; Histoire de la Régence et de la minorité de Louis XV jusqu’au ministère du cardinal de Fleury. Par P.-E. Lémontey, de l’Académie française (2 vol. in-8).

Suivirent l’année suivante : Histoire de l’Ordre des assassins, par J. de Hammer ; ouvrage traduit de l’allemand et augmenté de pièces justificatives, par J. J. Hellert et P. A. de La Nourais (in-8) ; Mélanges philosophiques, par Théodore Jouffroy (in-8) ; Essai sur l’histoire des Arabes et des Mores d’Espagne. Par Louis Viardot (2 vol. in-8) ; Discours préliminaire exposant les considérations qui doivent servir de base au système administratif propre à la régence d’Alger, par le Dr Barrachin, ex sous-intendant civil d’Oran (in-8), avec Antoine Garnier, libraire au Palais-Royal, 1 cour des Fontaines ; De l’esclavage des noirs, et de la législation coloniale ; par Victor Schœlcher (in-8) ; Littérature et voyages, par J.-J. Ampère, professeur au Collège de France et à l’École normale (in-8) ; La République, histoire de la famille Clairvent, publiée sur le manuscrit de M. B…., par L. L’Héritier (de l’Ain) (2 vol. in-8) ; 

Librairie Amélie Sourget : 7.500 € (Automne 2012)

Mémoires de Jacques Casanova de Seingalt, écrits par lui-même (1833-1837, 10 vol. in-8) ; Histoire des progrès de la civilisation en Europe, depuis l’ère chrétienne jusqu’au XIXe siècle ; cours professé à Nîmes pendant l’année 1832 par H. Roux-Ferrand (1833-1841, 6 vol. in-8), avec Louis Hachette (1800-1864), libraire, 12 rue Pierre Sarrazin [VIe].

En 1834, Paulin édita : Œuvres complètes de P.-L. Courier. Nouvelle édition, augmentée d’un grand nombre de morceaux inédits (4 vol. in-8), avec Charles-Arthur Perrotin (1796-1866), libraire, 1 rue des Filles-Saint-Thomas [IIe] ; Histoire parlementaire de la Révolution française, ou Journal des assemblées nationales, depuis 1789 jusqu’en 1815 […] par B.-J.-B. Buchez et P.-C. Roux (1834-1838, 40 vol. in-8).

Photographie Librairie des Carrés

Le 15 mai 1834, Paulin s’associa avec Achille Ricourt (1797-1875), directeur du journal L’Artiste, 5 rue de Beaujolais [Ier], et Jacques-Julien Dubochet, 16 rue du Croissant [IIe], pour la publication de l’Histoire de Gil Blas de Santillane, par Le Sage (1835, in-8) :

« L’idée première en était venue à Paulin. Par malheur, sa situation était assez embarrassée, et il ne pouvait entreprendre l’affaire à lui seul, faute d’argent. Il s’adressa donc à Dubochet, le Genevois, qui devait plus tard emprunter au gaz le moyen de faire une si brillante fortune. Dubochet possédait toutes les qualités d’homme d’affaires nécessaires à la prospérité de l’entreprise, jointes à la parcimonie radicale, sans laquelle un éditeur sérieux prétend ne pas pouvoir atteindre le succès. Par malheur, il n’était pas non plus en situation de fournir à lui seul les capitaux demandés. Mais il s’engagea à les trouver, et s’aboucha dans ce but avec Hingray [Charles Hingray (1796-1870), 10 rue des Beaux-Arts, VIe], qui faisait des publications internationales. Plus tard, un autre libraire, nommé Ricourt, vint jouer le rôle de satellite dans l’association. Ils parvinrent, à eux tous, à réunir une quinzaine de mille francs, avec lesquels ils résolurent de se mettre en campagne. Heureux temps, où une publication de luxe ne réclamait pas, dès le début, des déboursés plus considérables !
Il fallait un illustrateur. Paulin se chargea d’en trouver un. Au Salon de l’année précédente, M. Gigoux [Jean-François Gigoux (1806-1894), 55 rue Saint-André-des-Arts, VIe] avait remporté de très honorables succès. […]. L’ouvrage devait paraître par livraisons. M. Gigoux se chargeait de toute l’illustration, calculée à raison de trois cents vignettes. […].
Les premières livraisons parurent en temps utile pour les étrennes de 1835. Le succès fut presque immédiat. […]. On demanda à M. Gigoux de fournir cinq cents vignettes, au lieu de trois cents. »
(Eugène Forgues. « Les Illustrateurs de livres au XIXe siècle. Jean-François Gigoux ». In Le Livre. Bibliographie rétrospective. Paris, A. Quantin et Octave Uzanne, 1882, p. 252-253)

6 rue de Seine (1912)
Photographie Archives de Paris

Cette même année 1834, Paulin mit en vente son fonds de détail du magasin de la place de la Bourse et s’installa au 6 rue de Seine [VIe, Librairie des Alpes depuis 1933, après celle de Lucien Dorbon (1882-1960)], dans l’ancien hôtel construit en 1623 à l’emplacement de celui de la reine Marguerite de Valois (1553-1615), dite « Margot », que Victor Riquetti (1715-1789), marquis de Mirabeau, avait acheté le 28 juin 1775 ; le mathématicien d’origine italienne Roger-Joseph Boscovich (1711-1787) y a vécu de 1775 à 1777 ; revendu le 16 novembre 1800 au libraire Jean-Baptiste Garnery (1764-1843), l’hôtel fut démoli et reconstruit en partie, avant la faillite du libraire en 1811.

33 rue de Seine

Le 13 décembre 1834, Nicolas Pichard, ancien libraire, avait acheté l’hôtel Mirabeau et entreprit d’importants travaux qui devaient modifier son état d’origine, provoquant le déménagement de Paulin en 1835, au 33 rue de Seine, immeuble construit en 1825, après la parution de l’Histoire de Gil Blas de Santillane à l’adresse du 6 rue de Seine.

Photographie Librairie-Galerie Emmanuel Hutin

Au 33 rue de Seine, Paulin édita jusqu’en 1844 : Œuvres de Molière, précédées d’une notice sur sa vie et ses ouvrages par M. Sainte-Beuve (1835-1836, 2 vol. in-8) ; Histoire du soulèvement, de la guerre et de la révolution d’Espagne, par M. le comte de Toréno (1835-1838, 5 vol. in-8 ; les 3 premiers volumes, détruits dans l’incendie de la rue du Pot-de-Fer [Ve], furent remis sous presse en 1836) ; Essai d’histoire universelle, ou Exposé comparatif des traditions de tous les peuples, depuis les temps primitifs jusqu’à nos jours, par J. F. A. Auguste Boulland (1er juillet 1836, 2 vol. in-8) ; 

Frontispice tome I

L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, par Miguel de Cervantès Saavedra, traduit et annoté par Louis Viardot (1836-1837, 2 vol. gr. in-8), avec J.-J. Dubochet et Cie ; 


Le Livre des enfants. Contes des fées, choisis par mesdames Élise Voiart et Amable Tastu (1836-1838, 6 vol. in-16) ; 


Les Évangiles de notre seigneur Jésus-Christ, selon S. Matthieu, S. Marc, S. Luc, S. Jean, traduction de Le Maistre de Sacy (1837, in-8), avec J.-J. Dubochet et Cie ; 

Frontispice

Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Jura français, de Baden-Baden et de la Forêt-Noire ; de la Chartreuse de Grenoble et des eaux d’Aix ; du Mont-Blanc, de la vallée de Chamouni, du Grand-St-Bernard et du Mont-Rose […]. Par Adolphe Joanne (1841, in-8) ; 


Scènes de la vie privée et publique des animaux (1842, in-8), avec Jules Hetzel (1814-1886), son ancien commis ; L’Union du midi. Association de douanes entre la France, la Belgique, la Suisse et l’Espagne, avec une introduction sur l’union commerciale de la France et de la Belgique ; par M. Léon Faucher (1842, in-8) ; 


La Comédie humaine (1842-1855, 20 vol. in-8 ; le nom de Paulin ne figure que sur les 2 premiers vol.) avec Charles Furne (1794-1859), 55 rue Saint-André-des-Arts, J.-J. Dubochet et Cie, 33 rue de Seine et J. Hetzel, 33 rue de Seine ; Les Musées d’Italie, guide et memento de l’artiste et du voyageur […]. Par Louis Viardot (1842, in-8) ; 


Manuel de philosophie moderne, par Ch. Renouvier (1842, in-8) ; Examen de la phrénologie, par P. Flourens (1842, in-8) ; Le Livre des proverbes français, par Le Roux de Lincy (1842, 2 vol. in-8) ; Génie du dix-neuvième siècle ou Esquisse des progrès de l’esprit humain, depuis 1800 jusqu’à nos jours, par Édouard Alletz (1842-1843, in-8) ; 


État de la question d’Afrique. Réponse à la brochure de M. général Bugeaud intitulée : L’Algérie, par M. Gustave de Beaumont, membre de la Chambre des députés (1843, in-8) ; Manuel de l’histoire générale de l’architecture chez tous les peuples, et particulièrement de l’architecture en France au Moyen-Age ; par Daniel Ramée (1843, 2 vol. in-18) ; Précis de l’histoire de l’Hindoustan, contenant l’établissement de l’empire Mogol […]. Par L. M. C. Pasquier, ancien magistrat de Pondichéry (1843, in-8), avec Lezin Ledentu (1784-1861), libraire, 31 quai des Augustins [quai des Grands Augustins, VIe] ; Œuvres de Diderot, publiées d’après les manuscrits confiés, en mourant, par l’auteur à Grimm (1843, 4 vol. in-8) ; Encyclopédiana, recueil d’anecdotes anciennes, modernes et contemporaines (1843, in-8) ; Histoire des États Généraux et des institutions représentatives en France, depuis l’origine de la monarchie jusqu’à 1789, par A. C. Thibaudeau (1843, 2 vol. in-8) ; Fables de M. Viennet, l’un des quarante de l’Académie-française (1843, in-8) ; 


Le Monument de Molière, poème par madame Louise Colet (1843, in-8) ; Les Constitutions des Jésuites, avec les déclarations ; texte latin d’après l édition de Prague. Traduction nouvelle (1843, in-8) ; Histoire et description naturelle de la commune de Meudon, par le docteur L. Eugène Robert, membre des commissions scientifiques du nord (1843, in-8) ; Notices et mémoires historiques par M. Mignet, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, membre de l’Académie française (1843, 2 vol. in-8) ; Recherches sur l’or et sur l’argent considérés comme étalon de la valeur […] par M. Léon Faucher (1843, in-8) ; L’Urne. Recueil des travaux de J. Ottavi (1843, in-8) ; Mélanges philosophiques, littéraires, historiques et religieux par M. P.-A. Stapfer (1844, 2 vol. in-8), avec L.-R. Delay, libraire, 2 rue Tronchet [VIIIe].

Premier numéro de L'Illustration

Le premier numéro de L’Illustration, journal universel parut le samedi 4 mars 1843 : ce magazine d’actualité fut créé par Paulin, Dubochet, Édouard Charton (1807-1890), fondateur du Magasin pittoresque en 1833, et le journaliste Adolphe Joanne (1813-1881). 

Bureau de rédaction de L'Illustration, 60 rue de Richelieu (Dubochet et Paulin, au centre)
In L'Illustration, n° 53, samedi 2 mars 1844, p. 9

Le siège social de L’Illustration, situé d’abord 33 rue de Seine, fut transféré 60 rue Richelieu [IIe] le 1er juillet 1844 [le journal porta la nouvelle adresse dès le n° du 22 juin].

Pendant des années, la librairie de Paulin consomma une partie des revenus dégagés par L’Illustration : 


Histoire de la poésie française à l’époque impériale […], par Bernard Jullien (1844, 2 vol. in-8) ; Œuvres de Victorin Fabre (1844, 2 vol. in-8) ; Voyage dans l’Inde et dans le golfe persique par l’Égypte et la Mer Rouge, par V. Fontanier (1844-1846, 3 vol. in-8) ; Buffon. Histoire de ses travaux et de ses idées, par P. Flourens (1844, in-8) ; Les Musées d’Allemagne et de Russie […]. Par Louis Viardot (1844, in-8) ; Manuel de philosophie ancienne, par Ch. Renouvier (1844, 2 vol. in-8) ; Ligue nationale contre la misère des travailleurs ou Mémoire explicatif d’une pétition à présenter à la Chambre des députés dans le courant de l’année 1845. Par J. Terson (s. d. [1844], in-18) ; Histoire du Consulat et de l’Empire, faisant suite à l’Histoire de la Révolution française, par M. A. Thiers (1845-1860, 18 vol. in-8), avec Achille-Armand Lheureux (1795-1869) ; Nicolas Gogol. Nouvelles russes. Traduction française publiée par Louis Viardot (1845, in-8) ; 


Photographie Librairie Thierry Corcelle

Le Juif errant, par Eugène Sue (1845, 4 vol. gr. in-8) ; La Bibliothèque de poche (1845-1855, 10 vol. in-16), avec Armand-Gilbert Le Chevalier (1802-1873) ; Souvenirs de l’Ardèche, par Ovide de Valgorge (1846, 2 vol. gr. in-8) ; Deleytar. Arabian Godolphin. – Kardiki. Par Eugène Süe [sic] (1846, in-18) ; Deux histoires 1772-1810 […]. Par Eugène Süe [sic] (1846, 2 vol. in-16) ; Discours de M. Thiers sur les députés fonctionnaires (1846, in-8) ; Roland furieux, traduit de L’Arioste, par le comte de Tressan (1846, 4 vol. in-8) ; Caleb Williams ou les Choses comme elles sont, par W. Godwin. Traduction nouvelle par M. Amédée Pichot (1846, 3 vol. in-8) ; Voyage en Abyssinie, dans les provinces du Tigre, du Samen et de l’Amhara [sic t. I, Ahmara t. II et III], dédié à S. A. R. Monseigneur le duc de Nemours, par MM. Ferret et Galinier (1847, 3 vol. in-8) ; De la réforme parlementaire et de la réforme électorale, par M. P. Duvergier de Hauranne, député du Cher (1847, in-8), avec Laurent-Antoine Pagnerre (1805-1854), 14 bis rue de Seine ; Œuvres complètes de Benvenuto Cellini, orfèvre et sculpteur florentin. Traduites par Léopold Leclanché (1847, 2 vol. in-12) ; Érard du Chatelet. Esquisses du temps de Louis XIV, 1661-1664, par M. le marquis de Pastoret (1847, in-8) ; Récit de la captivité de l’empereur Napoléon à Sainte-Hélène, par M. le général Montholon (1847, 2 vol. in-8) ; 


Manuel des droits et des devoirs. Dictionnaire démocratique, par Francis Wey (1848, in-8), avec Le Chevalier ; De la propriété, par M. A. Thiers (1848, in-8), avec Lheureux ; Campagne réformiste de 1847. Par M. R. D. (1848, in-8) ; 


La Grande-Chartreuse. Fantaisie de touriste. Par Ovide de Valgorge (1848, in-8) ; Mémoires de Massena, rédigés d’après les documents qu’il a laissés […], par le général Koch (1848-1850, 7 vol. in-8), avec Le Chevalier et Pierre-Jean-Baptiste Rousseau ; Du communisme, par M. A. Thiers (mai 1849, in-8), avec Lheureux ; Lettre à M. Paul Lacroix (Bibliophile Jacob) […] par Achille Jubinal (1849, in-8) ; Discours de M. Thiers sur le régime commercial de la France (1851, in-8), avec Lheureux ; 


Tableau de Paris, par Edmond Texier. Ouvrage illustré de quinze cents gravures (1852-1853, 2 vol. in-fol.), avec Le Chevalier ; Les Paquebots du Levant, guide des voyageurs des paquebots-poste de la Méditerranée (1853, in-8), avec Le Chevalier ; Notices historiques, par M. Mignet […]. Deuxième édition, considérablement augmentée (1853, 2 vol. in-8), avec Lheureux ; Tableau historique, politique et pittoresque de la Turquie et de la Russie, par MM. Joubert et F. Mornand (1854, in-8), avec Le Chevalier ; Histoire politique et sociale des principautés danubiennes par M. Élias Regnault (1855, in-8), avec Le Chevalier ; Guide dans l’Exposition universelle des produits de l’industrie et des beaux-arts de toutes les nations (1855, in-8), avec Le Chevalier ; Guide dans les environs de Paris (1855, in-8), avec Le Chevalier ; 


Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d’une description raisonnée de son œuvre lithographique, par M. de La Combe (1856, in-8), avec Le Chevalier ; 


Gavarni. Masques et visages (1857, in-8), avec Le Chevalier ; Varia, poésies par Jules Canonge. Nouvelle édition, choisie, augmentée et complètement remaniée (1857, in-8).

In L'Illustration, 11 avril 1846

Dans la bataille du bon marché, Paulin engagea la lutte avec vigueur. À partir de 1846, il publia dans la « Bibliothèque-Cazin », format in-18, les chefs-d’œuvre des romanciers modernes, ainsi que des romanciers anciens, tels que Mesdames Cottin, de Graffigny, Lafayette, Riccoboni, de Staël, de Tencin, MM. Cazotte, Hamilton, Lesage, Marivaux, Marmontel, Montesquieu, l’abbé Prévost, Scarron, Tressan, etc., et des traductions des meilleurs romans étrangers, de Lewis, miss Burney, Fielding, de Foë, Goethe, Goldsmith, miss Inchbald, Johnson, Anne Radcliffe, Sterne, Swift, etc.

Paulin édita aussi la Revue rétrospective ou Archives secrètes du dernier gouvernement. Recueil non périodique en mars 1848, 

Premier numéro de L'Ami de la maison

puis, en 1856, avec Le Chevalier, L’Ami de la maison, revue hebdomadaire illustrée. Son amitié pour Carrel le poussa à publier, avec Émile Littré (1801-1881), de l’Institut, les Œuvres politiques et littéraires d’Armand Carrel (Paris, F. Chamerot, 1857-1859, 5 vol. in-8).

In L'Illustration, 12 novembre 1859, p. 337

Malade depuis plusieurs mois, Alexandre Paulin mourut à Paris, le 2 novembre 1859.

« Il s’est doucement endormi, le 2 novembre, à l’heure où ceux qui se souviennent revenaient de ce pieux pèlerinage qui signale chaque année la fête des morts. C’était un des hommes les plus estimés de notre temps, et aussi l’un des esprits les plus aimables. Ami passionné de la jeunesse, bienveillant pour tout le monde, Paulin joignait à l’esprit le plus vif une candeur d’enfant, qui étonnait d’abord, tant il paraissait difficile qu’on pût rencontrer dans le même homme une si grande simplicité de cœur unie à une si grande vivacité d’esprit. Il avait la bonhomie et la grâce, la simplicité et la finesse. Ses critiques, justes et bienveillantes, étaient toujours tempérées par un mot aimable et encourageant. “ Il vaut mieux relever qu’abaisser ”, disait-il, et il a relevé beaucoup de gens tombés sur son chemin, l’honnête homme ! Il me disait un jour : “ Je ne sais pas louer, et j’en suis fâché, car je dois paraître indifférent. ”
Et personne, au contraire, ne louait avec plus de grâce délicate, mais jamais directement. Il prenait toutes sortes de détours charmans [sic] pour vous faire accepter un éloge ou vous exprimer son estime, comme s’il eût craint, en insistant un peu, de blesser votre susceptibilité. Il avait le goût sûr, la répartie vive et gaie, l’abord toujours souriant, et avec cela l’esprit nourri de tous nos chefs-d’œuvre. Pendant douze ans que j’ai eu l’honneur d’être son ami, je l’ai journellement feuilleté comme un livre, sans arriver jamais à la fin du volume. Il était la meilleure partie de ma bibliothèque ! Et quel bonheur pour lui de raconter un fait, d’indiquer une source, de citer un document ! et le travail fait, imprimé, paru, jamais la plus petite allusion à sa discrète collaboration ! Si depuis quelque temps on n’avait un peu abusé du mot, je dirais que Paulin, qui passait pour l’honnête homme modèle, était aussi le galant homme par excellence. […]
Depuis deux ans, la santé de Paulin déclinait à vue d’œil. Mais, heureusement, il ne se voyait pas mourir. Mercredi dernier, il me parlait encore d’une publication, d’un livre dont il me traçait le plan, et, comme je ne lui répondais que vaguement : “ Si c’est la besogne qui vous effraye, me dit-il, nous ferons cela ensemble. ” Le lendemain, il était mort.
Ses obsèques ont eu lieu vendredi. Une foule immense suivait son convoi. Un des plus anciens collaborateurs de l’Illustration, M. Philippe Busoni [(1804-1883)], a prononcé sur sa tombe quelques mots vrais, sincères, qui ont vivement ému l’assemblée. M. Busoni a fait ressortir les discrètes vertus de cet homme qui fut le plus modeste des hommes, de ce lettré qui se contenta de publier les livres qu’il aurait pu écrire. La vie de Paulin fut une vie toute de dévouement, de sacrifice et d’effacement. »
(Edmond Texier. In Le Siècle, dimanche 6 novembre 1859, p. 3)    


Ses obsèques eurent lieu le vendredi 4 novembre dans l’église des Petits-Pères [Basilique Notre-Dame des Victoires, IIe]. Il fut inhumé au cimetière du Nord [cimetière de Montmartre, XVIIIe].

« La santé de M. Paulin était altérée depuis longtemps. Une maladie de foie qui avait dégénéré en hydropisie partielle inquiétait son fils et ses amis, qui cependant ne croyaient pas sa fin si prochaine. Jusqu’au dernier moment, malgré ses souffrances, il a gardé la lucidité de son esprit et sa laborieuse énergie. Soldat de la pensée, il est mort sur la brèche. Le jour même de sa mort, quelques heures auparavant, il se faisait lire les épreuves de l’Illustration, et il faisait des remarques et des corrections pleines de tact et de bon sens.
Les funérailles de M. Paulin ont été accompagnées de circonstances particulièrement émouvantes et dramatiques. Son cercueil, en attendant qu’on ait construit le caveau définitif qui doit le recevoir, devait être placé dans un caveau provisoire. La fosse béante était entourée d’amis désolés. Les fossoyeurs descendaient le cercueil. Tout à coup l’un d’eux, de cette voix glacée et indifférente que leur donne l’habitude de ces scènes funèbres, s’écrie brusquement :
-          Il n’entre pas ! C’est un mort extra. Il a plus de soixante-cinq.
Ces mots cruels, cet argot de cimetière ont produit sur tous les assistants un effet profondément douloureux, un de ces effets de contrastes dont nous parlions en commençant. M. Lechevalier, copropriétaire de l’Illustration et ami de M. Paulin, n’a pu y résister, il s’est trouvé mal et est tombé évanoui aux cris de madame Lechevalier et au milieu de l’émotion générale.
Il a fallu placer le corps dans un caveau plus grand. Les assistants se sont ensuite retirés vivement affectés de la perte qu’ils venaient de faire et des scènes cruelles auxquelles ils venaient d’assister. »
(Paul d’Ivoi. In Figaro, Jeudi 10 novembre 1859, p. 3)

Son fils Victor Paulin (1834-1868), ancien élève du Collège Sainte-Barbe et ex-officier de la Marine impériale, lui succéda dans la direction de L’Illustration. Il vendit la majorité de ses actions à un manufacturier d’Amsterdam, qui confia la direction de la revue à l’illustrateur Jean-Auguste Marc (1818-1886). Le tapis vert ayant englouti son dernier sou, Victor Paulin se suicida le 8 novembre 1868, trouvé « mort sur son lit, la face couverte de linges imbibés de chloroforme », dans son appartement du 3 rue de la Grange-Batelière [IXe], immeuble construit en 1850.