mardi 6 décembre 2022

Henry Vignaud (1830-1922), collectionneur de cartes sur l’Amérique

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Provincia. La Provence. Amstelodami, Joannem Janssonium, 1630 [détail]

Son arrière-grand-père, Pierre Vignaud, né à Nîmes [Gard], avait épousé Marguerite Fortier, née à Arles [Bouches-du-Rhône]. Ils passèrent à La Nouvelle-Orléans [Louisiane, États-Unis] à la fin du XVIIIe siècle, avec leur fils Jean Vignaud, né lui-même à Arles. Celui-ci épousa, à La Nouvelle-Orléans, le 4 mars 1793, Marianne-Désirée Fouque, née à Marseille. Les sept enfants de Jean Vignaud naquirent tous à La Nouvelle-Orléans : du second, Jean-Lucien Vignaud, horloger, né le 14 novembre 1801, mort le 4 juillet 1850, marié à Clémence Godefroy, de La Nouvelle-Orléans, naquirent six enfants, dont l’aîné fut Jean-Héliodore Vignaud.

La Nouvelle-Orléans (1852)

Jean-Héliodore Vignaud est né à La Nouvelle-Orléans le 27 novembre 1830. Trouvant son second prénom ridicule, il le remplaça par celui de Henry, qu’il finit par conserver seul.

Il fréquenta les écoles de sa ville natale et apprit de bonne heure à écrire en français. En 1851, il produisit sa première pièce, « Jane Grey », sur le théâtre français de La Nouvelle-Orléans. L’année suivante, il obtint un poste de professeur de français dans les écoles publiques de la ville. Sa seconde pièce, « Vieillesse des mousquetaires », fut jouée en 1853.

Il continua à enseigner et à fournir des articles dans les journaux locaux, dont Le Courrier de la Louisiane, jusqu’en 1856, époque à laquelle il quitta La Nouvelle-Orléans pour la petite ville de Thibodaux, à 75 km au sud-ouest : il y dirigea L’Union de Lafourche pendant quatre ans, puis revint à La Nouvelle-Orléans pour lancer un nouvel hebdomadaire français, La Renaissance louisianaise, qui parut le 5 mai 1861, alors que la guerre de Sécession avait débuté depuis trois semaines.

La Guerre de Sécession
Ronald F. Maxwell, Gods and Generals, 2003

Enrôlé capitaine au 6e régiment de la Louisiane en juin 1861, il fut fait prisonnier en avril 1862, à La Nouvelle-Orléans. Il réussit à s’évader, à se procurer, auprès d’un officier du Nord, pour 250 dollars, un sauf-conduit pour franchir les lignes ennemies et à traverser l’Atlantique en 63 jours pour rejoindre la France, chargé par la Commission des États confédérés de porter des papiers au sénateur John Slidell (1793-1871), arrivé à Paris pour faire reconnaitre les États confédérés par la France.


Sans moyens pour rentrer en Amérique, Vignaud collabora dès 1863 au journal hebdomadaire Le Mémorial diplomatique, fut rédacteur pour la politique étrangère au quotidien L’Écho de Paris et le correspondant parisien de L’Estafette de La Nouvelle-Orléans, de The Cosmopolitan de Londres et de The Index, journal hebdomadaire publié à Londres dans l’intérêt de la cause de la Confédération du Sud. Il devint chancelier de l’Agence diplomatique roumaine à Paris en 1869, puis, bénéficiant de l’amnistie accordée aux Sécessionistes, secrétaire en 1871 de l’ambassadeur des États-Unis Élihu-Benjamin Washburne (1815-1887), attaché en 1872  à la Commission des réclamations de l’ « Alabama », relatives aux actes commis par un certain nombre de vaisseaux de la Grande-Bretagne pendant l’insurrection du Sud, commissaire honoraire des États-Unis à l’Exposition universelle de Vienne [Autriche] en 1873. Fait chevalier de la Légion d’honneur en 1874, il fut délégué des États-Unis à la Conférence diplomatique du mètre, à l’hôtel du ministère des Affaires étrangères à Paris en 1875.

Le 14 décembre 1875, contre toute attente, il fut nommé par le président Ulysses Grant (1822-1885), sur la proposition de Washburne, second secrétaire de la Légation des États-Unis d’Amérique à Paris, installée alors 95 rue de Chaillot [XVIe].

Domicilié 21 avenue d’Antin [avenue Franklin D. Roosevelt, VIIIe], Vignaud épousa, le 24 juillet 1879, Marie-Louise Comte, née le 3 novembre 1843 au 3 boulevard Saint-Martin [IIIe], fille de Pierre Comte, rentier, et de Joséphine Bailly, domiciliés rue du Clos de l’Hospice [avenue de la République] à Ivry-sur-Seine [Val-de-Marne].

Le 11 avril 1882, il devint premier secrétaire de la Légation des États-Unis d’Amérique, déménagée 3 place des États-Unis [XVIe], puis 18 avenue Kléber [XVIe]. Officier de la Légion d’honneur en 1884, commandeur le 13 juillet 1889, Vignaud prit sa retraite le 7 mai 1909 et fut nommé grand officier de la Légion d’honneur le 11 mai. D’autres décorations avaient récompensé les services qu’il avait rendus à des gouvernements étrangers : officier de l’Étoile de Roumanie, grand commandeur d’Isabelle la Catholique, Ordre du Christ du Portugal, grand-croix du Dragon d’Annam.

Vignaud faisait partie de nombreuses Sociétés savantes : Société des Américanistes de Paris (1895), dont il devint le président en 1908 ; American Antiquarian Society, de Worcester [Massachusetts] (1896) ; Société de Géographie de Paris (1898) ; Sociedad geografica de Lima (1902) ; American Historical Association, de Washington (1906) ; Hakluyt Society, de Londres (1908) ; Maine Historical Society, de Portland (1909) ; Comité France-Amérique (1910) ; Institut français d’Anthropologie (1910). Le 6 mai 1909, il fut fait docteur en droit par la Tulane University d’Orléans. En 1918, il fut nommé correspondant de l’Institut [Académie des Inscriptions et Belles-Lettres].

 

Henry Vignaud dans sa bibliothèque
Coll. University of Michigan

Sa bibliothèque avait pris de telles proportions qu’il la déménagea de son appartement parisien pour une maison qu’il avait achetée à Bagneux [Hauts-de-Seine], 2 rue de la Mairie [détruite], où elle occupa tout le second étage.


Il s’était fait graver un ex-libris à son chiffre, avec la tête de la Liberté portant une couronne à sept branches et la devise « SE TAIRE ET FAIRE ».

Ami de l’historien américaniste Henry Harrisse (1829-1910) et de l’historien péruvien Manuel Gonzalez de la Rosa (1841-1912), Vignaud poursuivit des études historiques relatives à l’Amérique : La Lettre et la Carte de Toscanelli sur la route des Indes par l’Ouest, adressées en 1474 au Portugais Fernam Martins et transmises plus tard à Christophe Colomb (Paris, Ernest Leroux, 1901, 2 pl.) ; Études critiques sur la vie de Colomb, avant ses découvertes (Paris, H. Welter, 1905). Prix Loubat, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1907 ; Histoire critique de la grande entreprise de Christophe Colomb (Paris, H. Welter, 1911, 2 vol.) ; Americ Vespuce, 1451-1512. Sa biographie. – Sa vie, ses voyages. – Ses découvertes, l’attribution de son nom à l’Amérique, ses relations authentiques et contestées (Paris, Ernest Leroux, 1917). Prix Loubat, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1917 ; Le Vrai Christophe Colomb et la légende (Paris, Auguste Picard, 1921).

Son dernier travail parut dans le Journal de la Société des américanistes de Paris (1922, t. XIV, p. 1-63) : « Le Problème du peuplement initial de l’Amérique et de l’origine ethnique de sa population indigène ».

Après avoir pris sa retraite, Vignaud se retira définitivement à Bagneux, où il mourut, sans postérité, le 16 septembre 1922, des suites d’une chute dans laquelle il s’était brisé le col du fémur. Ses obsèques eurent lieu le jeudi 21 septembre en l’église Saint-Hermeland et il fut inhumé au cimetière de Bagneux. Sa veuve lui survécut à Bagneux jusqu’au 7 février 1929.

Photographie Steve Jensen

 

La bibliothèque de Henry Vignaud fut achetée en 1923 à sa veuve par l’Université du Michigan, située à Ann Arbor [Michigan]. Les collections de livres, atlas, plus de 1.200 cartes, brochures et autres publications ont été réparties entre la bibliothèque William L. Clements, la bibliothèque Stephen S. Clark, la bibliothèque des collections spéciales et la bibliothèque d’études supérieures Harlan Hatcher.


L’Université du Michigan créa un ex-libris pour marquer tous les éléments de la bibliothèque d’Henry Vignaud.

Exposition Vignaud (2018)


jeudi 1 décembre 2022

Jean-François Charles (1812-1871), dit « de Labarthe », ethnographe polyvalent

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Rue des Cordiers, Paris
L'Univers illustré, 1883

Plan de Paris (Picquet, 1814)

Cadastre de Paris (1810-1836)
Archives de Paris

Jean-François Charles est né à Paris, le 27 mai 1812 dans le quartier de la Sorbonne, au domicile de ses parents, rue des Cordiers, située dans l’ancien XIe arrondissement [Ve] et supprimée en 1892 pour faire place à l’extension de la Sorbonne, au n° 23, dernier numéro impair de cette rue, à l’angle de la rue de Cluny [rue Victor Cousin depuis 1864], en face de l’hôtel Saint-Quentin [n° 14], où Jean-Jacques Rousseau avait rencontré sa futur épouse, Marie-Thérèse Levasseur (1721-1801).

Eauze, lieu-dit La Barthe (octobre 2021)

 
Archives de Paris

Son père était né à Eauze [Gers ; prononcez « éoze »], de parents inconnus, le 28 janvier 1785, et reçut le nom de « Charles », sans prénom. Étudiant en médecine à Paris, il avait épousé Adélaïde-Marie Vestier, née à Paris en 1780, le 8 janvier 1810. Charles mourut à Paris [ancien XIe], le 20 mai 1824 ; son épouse mourut à Villeneuve-Saint-Georges [Val-de-Marne], le 14 juin 1845.

 

Charles de Labarthe
Actes de la Société d'Ethnographie, 1875, t. VIII, Session de 1877, p. 366

« Je ne saurais me servir de la plume du brillant auteur des Mousquetaires, et le point de vue sous lequel je dois envisager surtout cet estimable savant, celui de l’ethnographie, exclut le charme d’une histoire anecdotique. Je renoncerai donc, non sans regret, à vous dépeindre les étonnantes péripéties de son enfance, son abandon fort jeune et sans guide sur la route tortueuse de la vie, ses efforts pour s’assurer une instruction en rapport avec la curiosité sans bornes de sa jeune intelligence, les aventures de son adolescence passée dans le contact des classes les plus humbles de la société, parfois même dans de véritables tannières [sic], au milieu des vagabonds et des bandits, le récit presque légendaire de ses premières amours, son affiliation et sa participation active aux principales sociétés secrètes de la Restauration et du règne de Louis-Philippe, ses serments jurés dans un souterrain pour la délivrance de la Pologne et l’établissement de la république universelle, sa vie fiévreuse dans les clubs de 1848, ses relations avec notre grand poëte [sic] Victor Hugo, ses prédications religieuses et, ce qui ne serait pas moins instructif, les années qu’il passa dans un état d’ascétisme contemplatif. On a dit que l’homme de génie était celui qui savait toucher, sans la franchir, la limite qui sépare la raison de la folie. Charles de Labarthe passa une grande partie de son existence à errer, pensif, sur la limite étroite de cette périlleuse frontière. Il a été accusé de mysticisme, de folie même par les uns ; il a reçu des autres le culte que l’homme n’accorde jamais, quoi qu’on dise, qu’aux fronts d’où s’échappent de lumineux rayons. Je l’ai beaucoup connu : avec ceux qui l’ont fréquenté comme moi, j’ai dû souvent combattre la tendance que je rencontrais presque toujours à ne voir en lui que d’immenses qualités ou d’immenses défauts. »

(Léon de Rosny. « Charles de Labarthe, l’un des fondateurs de la Société d’Ethnographie. Notice historique ». Actes de la Société d’Ethnographie, t. VIII, p. 362-363)

Orphelin de père à l’âge de 12 ans, des camarades dirent un jour à Jean-François Charles que son père s’appelait « de Labarthe » : il prit alors ce nom et le conserva pendant tout le reste de son existence.

Manuel du toiseur en batimens. Paris, Roret, 1832

Particulièrement doué pour les sciences mathématiques et doté d’une mémoire prodigieuse, Charles de Labarthe fit plusieurs années d’études, comme commis, chez un architecte de province, et devint toiseur en bâtiments.

Photographie BnF

Intéressé par les études asiatiques, alors à leur début, il suivit les cours de Louis Bazin (1799-1862), titulaire de la chaire pour l’enseignement de la langue chinoise vulgaire depuis 1843 à l’École nationale et spéciale des langues orientales vivantes, fondée en 1795 par l’orientaliste Louis-Mathieu Langlès (1763-1824), dans un local de la Bibliothèque nationale.

7 rue du Petit Pont [point rouge]
Photographie Charles Marville (1866)

 
Rue du Petit Pont (juillet 2019)

Enfermé dans une mansarde au 4e étage du 7 rue du Petit Pont [Ve, ancien XIIe], en face de l’ancien hôtel de la marquise de Pompadour [n° 10, XIe, détruit en 1907], il y vivait dans une condition assez voisine de la misère, provoquée par son amour des livres et les exigences de ses études. Il s’imposait des privations continuelles dans l’intérêt de sa bibliothèque et de ses travaux : il lui arrivait de vendre ses modestes vêtements ou de renoncer à toute nourriture pour réunir la somme nécessaire à l’acquisition d’un ouvrage dont il avait besoin.

Il fut l’ami du mathématicien Josef Wronski (1776-1853), de l’astronome François Arago (1786-1853), du philosophe Auguste Comte (1798-1857), du Docteur Ferdinand Hoefer (1811-1878) et de Victor Hugo (1802-1885). Ce dernier l’engagea à se présenter aux élections du 23 avril 1848 pour l’Assemblée nationale constituante et fit les frais de sa candidature : Charles de Labarthe obtint un nombre de voix considérable, bien qu’insuffisant pour assurer son élection.


 

Au Conservatoire des arts et métiers, Charles de Labarthe donnait des cours de mathématiques à Léon de Rosny (1837-1914). Un jour de 1851, il lui parla de la Chine : l’adolescent enthousiasmé s’inscrivit à l’École impériale et spéciale des langues orientales vivantes.

Le 9 février 1856, Charles de Labarthe fut admis comme membre titulaire de la Société orientale de France, fondée en 1841, dont le bulletin était la Revue de l’Orient, de l’Algérie et des Colonies.  

Emblème de la Société américaine de France (1866)

Le 16 juillet 1857, il fut cofondateur de la Société américaine de France, parfois citée sous le nom d’une de ses composantes, le Comité d’archéologie américaine, fondé en 1863. L’emblème de la Société américaine de France porte « « TYPHISQUE NOVOS DETEGAT ORBES » [Et Typhis découvrira de nouveaux mondes], tirée de la tragédie de Sénèque, Médée [acte II, scène 3], où l’auteur a annoncé ainsi la découverte de l’Amérique 1.450 ans avant le temps [Typhis était le premier navigateur et pilote du navire Argo que monta Jason pour aller conquérir la Toison d’Or].

Emblème de la Société asiatique

En 1858, il fut admis comme membre de la Société asiatique, fondée en 1822, et, le 13 juillet 1860, il en fut élu bibliothécaire-adjoint.

Emblème de la Société d'Ethnographie américaine et orientale (1864)

En 1859, il fut un des fondateurs de la Société d’Ethnographie américaine et orientale, aux travaux de laquelle il collabora tout le reste de son existence, d’abord en qualité de membre ordinaire, plus tard comme secrétaire-adjoint. Cette nouvelle Société fit de la Revue orientale et américaine, créée l’année précédente par Léon de Rosny, son organe de presse primordial. 

Emblème de la Société d'Ethnographie (1864)

En 1864, la Société d’Ethnographie américaine et orientale prit le nom de Société d’Ethnographie et changea d’emblème, portant la devise « CORPORE DIVERSI SED MENTE FRATRES. » [Différents de corps mais frères par l’âme].

Origine de l'ex-libris (1854)


 

Devenu membre de la Société d’Ethnographie, Charles de Labarthe utilisa un ex-libris, qu’il avait imaginé dès 1854 : sur papier crème ou bleu, il porte la devise « Omnes in una » [Tout en un].

Emblème de l'Athénée oriental

En 1863 et 1864, il fut élu secrétaire du Comité d’archéologie américaine de Paris, qu’il avait contribué à fonder, et remplit, de 1867 à 1869, la même fonction à l’Athénée oriental, créé en 1864, dont l’emblème porte « SOL ORIENS DISCUTIT VMBRAS » [Le soleil levant chasse les ombres].

Plusieurs Sociétés savantes, notamment la Société havraise d’études diverses, fondée en 1833, et la Société de géographie de Genève, fondée en 1858, l’admirent au nombre de leurs correspondants.



Charles de Labarthe a beaucoup écrit, mais a peu publié : De l’écriture et des alphabets chez les différents peuples (Paris, Maisonneuve, 1854, in-8, 100 ex.), 



Précis de la langue Nouka-Hiva (Paris, Maisonneuve, 1855, in-8, 1 carte), « Études sur la constitution du Nouveau-Monde et sur les origines américaines » (Revue orientale et américaine, Paris, Challamel Aîné, 1859, in-8, t. I, p. 77-90), 



Documents inédits sur l’empire des Incas (Paris, Maisonneuve, 1861, in-8), « Aperçu général de la science ethnographique » (Revue orientale et américaine, Paris, Challamel Aîné, 1861, in-8, t. VI, p. 35-44 et 342-354), 

Photographie BnF


Annuaire de la Société d’ethnographie (Paris, Challamel Aîné, 1862, in-12), 



Rapport annuel sur les progrès de l’ethnographie orientale (Paris, Maisonneuve, 1862, in-8), « Les Sacrifices sanglants au Mexique » (Revue orientale et américaine, Paris, Challamel Aîné, 1862, in-8, t. VIII, p. 53-74, 1 pl. color.) 




et Les Sacrifices humains au Mexique (Paris, Société d’ethnographie, 1862, in-8, 1 pl. color.), ), « De la propriété et de l’esclavage au Mexique » (Revue orientale et américaine, Paris, Challamel Aîné, 1862, in-8, t. VIII, « Chronique orientale et américaine », p. 49-51), 



De l’état social et politique du Mexique avant l’arrivée des Espagnols (Paris, chez l’auteur, 1865, in-8 « Sur la menstruation dans les différentes races et sur quelques cérémonies pratiquées à l’époque de la puberté » (Mémoires de la Société d’ethnographie, Paris, Amyot, 1871, t. XI, p. 67-77 et 302-316 ; Paris, Maisonneuve, 1874, t. XII, p. 41-47 [article posthume]), « La Science des religions comparées » (Mémoires de la Société d’ethnographie, Paris, Maisonneuve, 1874, t. XII, p. 5-16 [article posthume]).

Il fut collaborateur assidu de plusieurs journaux, parmi lesquels La Civilisation. Journal ethnographique des deux-mondes, fondé en 1866, dont il fut un des gérants. 

Après avoir suivi, en 1869-1870, les cours de japonais que dispensait Léon de Rosny à l’École impériale et spéciale des langues orientales vivantes, Charles de Labarthe mourut en son domicile, le 20 juin 1871, six semaines après la fin de la guerre franco-allemande.

La Fosse commune au Père Lachaise. L'Illustration européenne, 10 juin 1871, p. 233

Honteusement abandonné, il fut inhumé dans la fosse commune du cimetière du Père Lachaise [83e division]. Cartonnière, sa jeune épouse, Eulalie-Henriette-Louise Tirmarche, née à Paris le 20 septembre 1838, lui survécut jusqu’au 12 septembre 1873 : fille de Louis-Marie-Désiré Tirmarche (° 1804), menuisier, et de Eulalie Robert († 23 janvier 1843), il l’avait épousée le 3 octobre 1861, à Paris [Ve], alors qu’elle était couturière ; ils n’avaient pas eu d’enfants.

« Par le fait de sa négligence à consigner par écrit le vœu de toute sa vie, cette bibliothèque, dont la plupart des volumes portaient la trace de ses études et de ses idées, a été vendue par lots, presque sans publicité et absolument sans catalogue, à l’hôtel des commissaires-priseurs, où elle a été disséminée entre des mains pour la plupart ignorante des véritables trésors qu’elle renfermait. Quelques-uns de ses anciens amis se sont rendus adjudicataires de plusieurs de ces lots, et se sont efforcés de racheter les meilleurs volumes de sa collection qu’ils ont pu rencontrer depuis lors dans les librairies ; ils se sont attachés surtout à sauver de la destruction tout ce qu’ils ont pu acquérir des manuscrits et des notes de ce savant philosophe. »

(« Notice sur Charles de Labarthe et sur sa bibliothèque ». Catalogue d’un choix de livres d’ethnographie et de linguistique. Paris, Antonin Chossonnery, 1872, p. VII-VIII)


Le reste de sa bibliothèque fut vendue le vendredi 10 et le samedi 11 mai 1872, 28 rue des Bons Enfants, maison Silvestre, salle n° 1 : Catalogue d’un choix de livres d’ethnographie et de linguistique, livres orientaux, chinois, japonais, siamois, etc., imprimés et manuscrits, provenant de la bibliothèque De feu Charles de Labarthe, secrétaire-adjoint de la Société d’ethnographie, ancien secrétaire de l’Athénée oriental et du Comité d’archéologie américaine, ancien bibliothécaire-adjoint de la Société asiatique, correspondant de la Société havraise d’études diverses et de la Société de géographie de Genève, etc. (Paris, Antonin Chossonnery, 1872, in-8, VIII-52-[4] p., 378 + 1 double [bis] = 379 lots), dont Philosophie [3 lots = 0,79 %], Sciences exactes et naturelles [13 lots = 3,43 %], Ethnographie [28 lots = 7,38 %], Linguistique [34 lots = 8,97 %], Histoire, géographie, voyages [20 lots = 5,27 %], Littérature – Ouvrages divers [20 lots = 5,27 %], Périodiques, bibliographie [10 lots = 2,63 %], Ouvrages divers [4 lots = 1,05 %], Langues sémitiques [4 lots = 1,05 %], Hiéroglyphes égyptiens – Cunéiformes [6 lots = 1,58 %], Arabe – Turc - Persan [32 lots = 8,44 %], Sanscrit – Inde [10 lots = 2,63 %], Siamois [9 lots = 2,37 %], Chinois, Mandchou, Cochinchinois, Tibétain [39 lots = 10,29 %], Japonais [36 lots = 9,49 %], Langues diverses [6 lots = 1,58 %], Ouvrages orientaux [34 lots = 8,97 %], Amérique – Archéologie américaine [7 lots = 1,84 %], Ouvrages divers [45 lots = 11,87 %], Ouvrages de M. de Labarthe – Recueils [19 lots = 5,01 %].

 


2. Mystères du sommeil et du magnétisme. Par A. Debay. Paris, Moquet et Challamel, 1845, 4e édition, in-12, 2 pl. dessinées par Alphonse Farcy.



31. Ethnogénie gauloise ou Mémoires critiques sur l’origine et la penté des Cimmériens, des Cimbres, des Ombres, des Belges, des Ligures et des anciens Celtes, par Roget, BON de Belloguet. Paris, Benjamin Duprat, 1861-1868, 2 vol. in-8, t. II et III, fig.



37. Traces de buddhisme [sic] en Norvège, avant l’introduction du christianisme. Par M. C. A. Holmboe. Paris, Imprimerie Simon Raçon et CIE, 1857, in-8, 1 fig., 2 pl.



44. Progrès et position actuelle de la Russie en Orient ; ouvrage traduit de l’anglais. Paris, Truchy et Le Doyen, décembre 1836, in-8, 1 carte color.



53. Les Ecritures figuratives et hiéroglyphiques des différents peuples anciens et modernes. Par Léon de Rosny. Paris, Maisonneuve et Cie, 1870, in-4, pl. color.



82. Des nobles Rois de l’Epinette ou Tournois de la Capitale de la Flandre française, par Lucien de Rosny. Lille, Typographie de Reboux-Leroy, 1836, in-8, titre et 6 pl. gravés, 200 ex.



84. Histoire de l’abbaye de N.-D. de Loos, par Lucien de Rosny. Lille, Leleu et Petitot, et Paris, Techner [sic], 1837, in-8, pl., 250 ex., demi-v. corinthe.



93. Variétés orientales. Par Léon de Rosny. Paris, Maisonneuve et CIE, 1869, in-8, pl.



159. Monumens [sic], arabes, persans et turcs, du cabinet de M. de Blacas et d’autres cabinets. Par M. Reinaud. Paris, Imprimerie royale, 1828, 2 vol. in-8, 10 pl.



189. Voyage de Siam, des Peres Jesuites, Envoyez par le Roy aux Indes & à la Chine. Paris, Arnould Seneuze et Daniel Hortemels, 1686, in-4, cartes et gravures, v. ant.



228. Tableau de la Cochinchine, rédigé sous les auspices de la Société d’ethnographie par MM. E. Cortambert et Léon de Rosny. Paris, Armand Le Chevalier, 1862, in-8, cartes, plans et gravures.



255. Introduction à l’étude de la langue japonaise par L. Léon de Rosny. Paris, Maisonneuve et Cie, 1856, in-4, pl., demi-mar. vert.



267. Traité de l’éducation des vers à soie au Japon. Traduit du Japonais par Léon de Rosny. Seconde édition, revue et corrigée. Paris, Maisonneuve et Cie, 1868, in-8, front. en coul., 12 pl.



287. Le Mont Hor, le Tombeau d’Aaron, Cadès. Étude sur l’itinéraire des Israélites dans le désert, par le CTE de Bertou. Paris, Benjamin Duprat, 1860, in-8, carte, pl.



314. Lettre de Christophe Colomb sur la découverte du Nouveau-Monde. Traduite en Français par Lucien de Rosny. Paris, Jules Gay, 1865, in-8, n° 95/125.

Le mardi 21 juillet 1885, l’Alliance scientifique universelle, fondée en 1878 par Léon de Rosny pour « faciliter les relations des ethnographes disséminés dans toutes les contrées du globe », a tenu en son hôtel, 28 rue Mazarine [VIe], sa séance publique annuelle au cours de laquelle fut inaugurée, dans la salle des séances, le buste en bronze de Charles de Labarthe, œuvre du statuaire Wladislas Hégel.