dimanche 17 février 2013

Le Marquis d’Aubais, un des esprits les plus accomplis du XVIIIe siècle

Aujourd’hui dans le département du Gard, deux baronnies, Aubais, canton de Sommières, et Le Caylar, canton de Vauvert, passèrent en 1591 dans la famille Baschi, par le mariage de Marguerite du Faur avec Balthazar de Baschi (1571-1598), trisaïeul de Charles de Baschi.


Charles de Baschi, par Jean-Baptiste Perronneau (1746)
Coll. priv.

Charles de Baschi naquit le 20 mars 1686 au château de Beauvoisin, canton de Vauvert, bâti sur une hauteur, d’où on pouvait apercevoir les Alpes et les Pyrénées. Sa famille, originaire de l’Ombrie, région du centre de l’Italie,  et alliée aux Médicis, aux Farnèse et aux Borromée, était l’une des plus anciennes du Languedoc. Son père huguenot fut le premier de sa lignée qui revint à la foi catholique. Après une brillante éducation, au collège de Toulouse, puis au collège de Clermont, à Paris, il entra aux mousquetaires dès l’âge de 18 ans et fit la campagne de 1705 en Flandre.



Mais la passion des livres lui fit rapidement donner sa démission et revenir dans son château d’Aubais. Il épousa en 1708 Diane de Rozel (1683-1765), dame de Cors et Beaumont, d’une ancienne famille de robe originaire de Nîmes, et partagea désormais sa vie entre sa famille et ses livres.
A partir de cette époque, Charles de Baschi ne cessa d’acheter des livres et de les accumuler dans sa vaste demeure. Il fut obligé d’entreprendre de grandes réparations et travaux d’agrandissement, qui durèrent sept ans, pour loger plus commodément son immense bibliothèque. Il déclara alors :

« Je suis né avec un goût décidé pour la littérature, et dès l’âge de sept ans, et depuis cinquante ans, je ramasse des livres, surtout des historiens, sur lesquels roulent mes plus grandes recherches, de manière que j’ai actuellement une bibliothèque de plus de vingt mille volumes. »


Voyages et Conquestes du capitaine Ferdinand Courtois
(Paris, Abel l'Angelier, 1588)
Ader, 13 mars 2012, 6.800 €
La bibliothèque n’était pas seulement pourvue d’un grand nombre de volumes concernant l’histoire, les sciences et les belles-lettres, mais encore de beaucoup d’éditions rares et choisies, de reliures magnifiques, et d’une infinité de manuscrits curieux sur la géographie, l’histoire de France, et l’histoire du Languedoc en particulier ; on peut s’assurer de ce que pouvait être ce dépôt par les nombreux emprunts que lui fit la Bibliothèque historique du Père Lelong.

Par lettres patentes du mois de mai 1724, la terre d’Aubais fut érigée en marquisat en faveur de Charles de Baschi. Ce marquisat était formé de cinq paroisses ou clochers : Aubais, Gavernes, Junas, Mauressargues et Saint-Nazaire.

Le marquis d’Aubais a beaucoup écrit, mais peu publié, et aucun ouvrage ne porte son nom.
Ce mécène a fourni de nombreux documents aux Vaissète, Montfaucon, Ménard, Moréri, pour la publication de leurs grands ouvrages historiques.
Joseph Vaissète écrit dans la « Préface » de son Histoire générale de Languedoc (Paris, J. Vincent, 1730, t. I, p. xvj) :

« Outre les différentes archives de la province, entr’autres celles des Etats où nous avons travaillé, nous avons tiré encore divers secours de plusieurs manuscrits de la bibliothèque de M. de Croissi évêque de Montpellier, & sur-tout de celle de M. le marquis d’Aubays. Ce dernier qui n’est pas moins distingué par son goût pour les lettres, que par sa politesse, a recueilli un très-grand nombre de mémoires & de volumes manuscrits sur le Languedoc, qu’il conserve dans la riche bibliotheque qu’il a formée dans son château d’Aubays, situé entre Nismes & Montpellier. Il a acquis entr’autres ceux qui avoient appartenu autrefois à M. de Rignac, conseiller en la cour des aydes de Montpellier, & s’est fait un plaisir de nous les communiquer. » [sic]  

Il a collaboré avec Léon Ménard aux Pièces fugitives, pour servir à l’histoire de France (Paris, Chaubert et Hérissant, 1759, 3 vol. in-4), où on peut lire, à propos du château d’Aubais (t. I, partie seconde, « Mélanges », p. 141) :

« On connoît la hardiesse de son escalier, la rampe dont il est décoré, qui a été faite avec beaucoup de goût par un habile artiste, nommé Ravisé, natif de la Fleche. On connoît aussi la bibliotheque de ce château, très-riche en historiens & en géographes, & dont le vaisseau a été construit avec art, pour en rendre l’usage commode & aisé. On sçait enfin que les curieux, même les étrangers, sont très-empressés à venir voir ce château. » 


À l’origine de sa bibliothèque, Charles de Baschi se contentait d’imprimer sur la page de titre de ses livres, avec un timbre humide, à l’encre rouge, un ovale contenant un écusson à ses armes, surmonté d’une couronne de comte, avec l’inscription « Bibliotheca Albassiana ».


Ce timbre humide fut bientôt remplacé par un ex-libris qu’il fit graver par Gérard Scotin : un Bacchus et une Bacchante, tenant par les mains un écusson piriforme de gueules, contenant l’écu d’argent à la fasce de sable, armes des Baschi ; un casque fermé, de profil, entouré de lambrequins, supporte une couronne comtale, de laquelle surgit un autre Bacchus tenant à la main droite une bouteille, et à la gauche une coupe. Cet ex-libris datant d’avant 1724, la mention « Charles de Bachi Marquis d’Aubaïs » a donc été ajoutée postérieurement.


Un autre ex-libris plus petit fut gravé par le même artiste, en tout semblable au premier, mais avec cette seule différence que l’écu est ovale et que la couronne est de marquis, porte les armes de deux vieilles familles qui s’étaient éteintes dans la famille de Baschi : Ecartelé, aux 1er et 4e : D’or, à l’ours dressé de sable, armé et lampassé de gueules, qui est de Bozène ; aux 2e et 3e : D’azur, à deux jumelles d’or, accompagnées de six besans d’argent, trois en chef et trois en pointe, qui est du Faur ; sur le tout : D’argent, à la fasce de sable, qui est de Baschi. Contrairement à ce qu’a écrit Prosper Falgairolle, archiviste de la ville de Vauvert, dans son article sur « Les Ex-Libris du marquis d’Aubais » (Arch. Soc. fr. coll. ex-libris, avril 1902, n° 4, p. 55-59), cet ex-libris est postérieur à 1724.



Après 1724, époque de l’érection de la baronnie en marquisat, un autre ex-libris est gravé, non signé, surmonté d’une couronne de marquis et portant « Charles de Baschi Marquis d’Aubaïs » : Ecartelé, au 1er : D’or, à six fleurs de lis d’azur, qui est de Farnèse ; au 2e : D’or, à l’ours dressé de sable, armé et lampassé de gueules, qui est de Bermond ; au 3e : parti D’argent, au chef de sable, l’écu bordé de gueules, qui est de Pelet, parti Fascé d’or et de gueules de six pièces, qui est de Languissel ; au 4e : D’azur, à deux jumelles d’or, accompagnées de six besans d’argent, trois en chef et trois en pointe, qui est du Faur ; sur le tout : D’argent, à la fasce de sable, qui est de Baschi.

Le marquis d’Aubais mourut dans son château le 5 mars 1777.
Sa fille Jacqueline-Marie, mariée en 1741 au comte Alexandre-François-Joseph d’Urre, hérita du marquisat d’Aubais. Quelques-uns des livres manuscrits furent vendus aux enchères du 18 au 20 juin 1777 : Notice des principaux livres faisant partie de la bibliothèque de feu M. le marquis d’Aubais (Paris, Saugrain le jeune, 1777, in-8, 24 p.).
Sollicitée de tous côtés par les érudits, la comtesse d’Urre vendit peu à peu la collection de son père. L’antiquaire et botaniste nîmois Jean-François Séguier (1703-1784), qui en avait dressé une liste détaillée, envoyée aux riches acquéreurs, écrivit le 31 décembre 1778 au baron d’Orbessan, ancien président au Parlement de Toulouse :  

« La belle bibliothèque qu’avoit le marquis d’Aubaïs, à quelques lieues de notre ville, nous a été enlevée cette année ; c’étoit ma ressource, j’y allois souvent. Un libraire de Grenoble l’a achetée 40 mille livres et l’a fait voiturer chez lui ; je la regrette infiniment. »

Le 1er avril 1792, environ 1.500 hommes armés, pour la plupart des gardes nationaux, investirent le château et l’incendièrent : on ne put sauver que peu de livres qui y étaient encore. Après la Révolution, devant l’énorme dépense nécessaire pour faire réparer le château, le comte d’Urre le mit en vente.
       

jeudi 14 février 2013

L’Être multiple qu’on nommait Padeloup

Pendant longtemps, on n’a rien su sur « Pasdeloup [sic] si connu que partout on renomme » (Mathurin Lesné. La Reliure, poème didactique en six chants. Paris, Lesné et Nepveu, 1820, p. 26). Si connu, que le journaliste Charles Robin, auteur de la Galerie des gens de lettres au xixe siècle le nomme « Dupandeloup » ! (Histoire illustrée de l’Exposition universelle. Paris, Furne, 1855, 1ère partie, p. 63). Si connu qu’on introduisait la lettre « s » dans son nom, certes très logique, mais toujours rejetée par la famille.


Ce furent les découvertes de Augustin Jal (1795-1873), historiographe et archiviste de la Marine, dans les registres des paroisses du quartier latin à Paris, sur la famille Padeloup, qui ont grandement contribué à faire connaître cette famille de relieurs et de libraires. Ces découvertes, heureusement publiées dans son Dictionnaire critique de biographie et d’histoire (Paris, Henri Plon, 1867, p. 930-932), sont d’autant plus précieuses qu’elles ont été faites aux Archives de l’état civil de Paris, détruites en 1871 :

« Fils de Michel [Padeloup] et de Françoise Baron, il [Antoine-Michel Padeloup] naquit le 22 décembre 1685 ; épousa,  avant 1712, Marguerite Renault, et eut de ce mariage un assez grand nombre d’enfants, dont un seul, Jean, vécut une vie d’homme.– Antoine-Michel Padeloup demeura successivement rue de la Parcheminerie, rue St-Jacques et rue de Cluny [ou place de la Sorbonne : la maison qu’il habitait, louée à la Sorbonne, faisait le coin de cette rue et de cette place, la porte d’entrée se trouvant rue de Cluny] ; il était établi dans cette dernière, lorsque, le 20 avril 1751, il épousa, âgé de 65 ans et 4 mois, Claude Perrot, qui n’avait que 19 ans et demi, et qui était née à Stainville, diocèse de Toul. (St-Benoît) L’acte dit Ant.-Michel “ Relieur du Roi ”. Il l’était depuis dix-huit ans. Son brevet est de l’année 1733 (Arch. de l’Emp., vol. E. 3419.) Je me crois fondé à penser que le Padeloup resté célèbre est celui qui eut, en 1733, le brevet de Relieur du Roi, dont je ne vois pas qu’aucun autre avant lui ait été honoré. En effet, Antoine-Michel put fort bien, âgé de 30 ans quand mourut Louis XIV, briller déjà sous la Régence à côté de son père, dont il fut certainement l’élève et pendant un temps l’ouvrier. A.-M. Padeloup eut de Claude Perrot plusieurs enfants (12 avril 1752, 13 oct. 1753, 13 août 1755, 9 janv. 1757, 9 janv. 1758, 27 mai 1759). Un d’eux, Jean-Antoine, fut tenu (1753) par “ Jean Padeloup, me relieur, son frère ” ; ce Jean était un fils du premier lit d’Ant.-Michel. Sans doute il continua les bonnes traditions de son père. Il était né le 3 août 1716. Ant.-Michel mourut “ âgé de 72 ans ”, dit l’acte de son inhumation, mais en réalité de 72 ans et neuf mois ou environ, le 8 sept. 1758. (St-Benoît) »


La famille doit donc son illustration à Antoine-Michel Padeloup, dit « le jeune », qui acquit une très grande réputation. Sa cousine germaine, Françoise Padeloup, épousa en 1714 le relieur Augustin Duseuil. C’est leur grand-père, Antoine Padeloup, reçu libraire en 1633, rue Saint-Jacques, qui fut à l’origine de la lignée : il épousa Françoise Cusson, sœur de Jean Cusson, « le plus habile relieur de son temps » selon La Caille. 


Son apprentissage se fit chez son père. Il devint relieur ordinaire du roi de Portugal, titre qu’il transmit à son fils Jean. Après le décès de Luc-Antoine Boyet, il reçut le brevet de relieur ordinaire du Roi le 23 août 1733. Il fut le relieur en titre de Louis XV et de la marquise de Pompadour, le relieur le plus recherché, par le comte d’Hoym, Bonnier de La Mosson, Baylenx de Poyanne, etc., et le plus copié par ses contemporains.


On peut juger à coup sûr son travail grâce aux étiquettes qu’il plaçait sur les volumes reliés chez lui, habitude qu’il fut un des premiers à suivre.


Office de la Semaine Sainte (Paris, 1728)
Aux armes de Marie Leszczynska

Il produisit deux types de reliures en particulier :
-          des reliures à belles et larges dentelles, décorées aux petits fers ou à la plaque : ces dernières, sur les ouvrages de très grand format, furent parfois exécutées par René Dubuisson.


Sacre de Louis XV (Paris, 1723)
Christie's, Paris, 2 juin 2005, 19.200 €

-          beaucoup de reliures mosaïquées, dites « à compartiments » : à motifs répétés (reliures dites « à répétition ») et, plus tardivement, à motifs floraux.  



Homélies ou Sermons de Saint Jean Chrysostome (Paris, 1689)
Christie's, Paris, 8 novembre 2004, 29.375 €







Heures nouvelles tirées de la Sainte Ecriture (Paris, v. 1730)


Antoine-Michel Padeloup mourut peu avant 5 heures du soir, le jeudi 7 septembre 1758, dans la maison de la rue de Cluny. D’après la déclaration de sa veuve, il aurait succombé à l’attaque d’un rhumatisme qui le faisait souffrir depuis longtemps. Le chiffre élevé des loyers réclamés par la Sorbonne et les autres réclamations de créanciers, dont celles des Dubuisson père et fils, suggèrent qu’il n’avait guère su profiter de sa vogue et de son titre de relieur du Roi.     

mardi 12 février 2013

Passionné par l’Histoire naturelle : Le Camus de Limare

Michel-Louis Le Camus, dit « de Limare », du nom d’un hameau de la commune de Crestot, canton de Neubourg, arrondissement de Louviers (Eure), serait né en 1736, fils d’un fabricant de draps de Louviers. Son acte de baptême n’a pas été retrouvé aux Archives départementales de l’Eure, berceau de toute sa famille. Il vint habiter à Paris, sur la paroisse Saint-Eustache. Intéressé dans les affaires du roi concernant l’exploitation des ressources du sous-sol (mines d’argent, de plomb, de charbon) et doué de connaissances en mécanique et en métallurgie, il présenta, après un voyage en Angleterre, un projet de création d’une manufacture de doublage en cuivre pour la protection des carènes des vaisseaux de guerre, qui fut autorisé par arrêt du Conseil du 23 avril 1782. Le but était d’affranchir la France du tribut qu’elle payait à l’Angleterre pour la fourniture de tous les cuivres laminés et martelés.


C’est ainsi que furent créées les fonderies de Romilly-sur-Andelle (Eure), sur l’emplacement de trois moulins à fouler le drap, au pied de la côte des Deux-Amants, bénéficiant des chutes nombreuses de la petite rivière qui se jette dans la Seine, auxquelles on demandait la force motrice pour les puissantes machines que réclamait la nouvelle industrie. Jusqu’au commencement de 1785, cette manufacture ne fut qu’une faible entreprise qu’un nommé Chauvet, du Havre, soutenait de son crédit. Eugenio Izquierdo de Ribera (1745-1813), naturaliste et diplomate espagnol, désirant sauver son ami d’une déroute annoncée, s’adressa aux frères Le Couteulx, banquiers à Paris, et aux frères Lefebvre, négociants à Rouen, pour obtenir des capitaux et du crédit. C’est alors que Le Camus vendit sa riche bibliothèque. 
L’établissement devint bientôt prospère et put fournir, non seulement tous les cuivres pour les constructions de la marine royale, mais encore des planches légères en cuivre laminé pour couvrir les toits, des fonds plats et ronds pour casseroles, marmites et chaudières, des planches pour gravure, flaons pour monnaies, etc. Le Camus acheta l’horloge et les cloches de la Bastille, peu après sa chute, chez un chaudronnier du faubourg Saint-Antoine, et les installa à la fonderie. Celle-ci connut une nouvelle période difficile pendant l’année 1793. Tandis que la plupart des Le Couteulx étaient emprisonnés, Le Camus mourut le 27 nivôse an II [16 janvier 1794].



Le Camus de Limare avait fait imprimer un catalogue de sa bibliothèque pour son usage personnel. Tiré à 15 ou 20 exemplaires, ce catalogue était tellement succinct qu’il ne pouvait s’en servir que pour le récolement matériel de la bibliothèque : Catalogue des livres de M. L.C.D.L. Distribué par ordre Alphabétique des noms d’Auteurs ([Paris], [Didot l’aîné], 1779, in-12, 150 p.).



Pour sauver son entreprise, il fut obligé de vendre cette collection qui avait été formée aux ventes Gaignat, Lemarié, Randon de Boisset, Paris de Meyzieu, Gouttard et La Vallière : Catalogue de livres rares (Paris, G. Debure fils aîné, 1786, in-8, xij-259-[1 bl.]-26 p., 1.812 lots). C’était l’une des belles bibliothèques de particulier qui furent vendues depuis un demi-siècle. Elle était riche, surtout en Histoire naturelle et en exemplaires extraordinaires. La plus grande partie des livres avaient été reliés par Derome « le jeune » et par les plus habiles relieurs de Londres.

Prévue à partir du lundi 13 mars 1786, la vente eut lieu en l’une des salles de l’hôtel de Bullion, rue Plâtrière, à partir du lundi 20 mars :

3. Vetus Testamentum juxta septuagenta ex autoritate Sixti V. Pont. Max. editum, graecè (Romae, Zanetti, 1586, in-fol. Ch. Mag. m. r. l. r.). Superbe exemplaire d’un livre très rare en grand papier. A été acheté 299 liv. 19 s. à la vente Gouttard. Adjugé 399 liv. 19 s.
7. Biblia Sacra vulgatae editionis, tribus tomis distincta (Romae, ex Typographia Apostolica Vaticana, 1590, in-fol. Ch. Mag. m. r.). Superbe exemplaire d’un livre de la plus grande rareté. Porte sur la couverture les armes de Sixte V. Adjugé 1.210 liv.
32. Ars moriendi : opus, si structuram spectes, nullius momenti ; sed quod ab eo Typographia, Ars nobilissima, exordium sumpserit, multi pretii. Laurentius Joann. Costerus, civis Harlemensis, excudebat, ut aiunt, circa annum reparatae salutis humanae (1440, in-4, m. r. dent. doub. de tab. dans une boîte de m. r.). De la plus belle conservation. Acheté 1.610 liv. à la vente La Vallière (n° 591). Adjugé 1.280 liv.
458. Plantes peintes à gouache, par Cl. Aubriet (in-fol. m. r.). Recueil de 30 plantes peintes d’après nature. Acheté 1.100 liv. à la vente La Vallière (n° 1.544). Adjugé 1.200 liv.
663. Recueil d’oiseaux, peints par Cl. Aubriet (in-fol. m. r.). Contient 56 feuillets de vélin collés sur papier, représentant 92 oiseaux. Acheté 2.400 à la vente La Vallière (n° 1.618). Adjugé 2.500 liv.



782. Caroli Clerck icones insectorum rariorum, cum nominibus eorum trivialibus, locisque e C. Linnaei syst. nat allegatis (Holmiae, 1759, in-4 m. violet dent. doub. de tabis). A appartenu à Mariette (Cat. estampes, p. 377). Adjugé 720 liv. à Dincourt d’Hangard.
783. Caroli Clerck Aranei Suecici, descriptionibus & figuris aeneis illustrati, ad genera subalterna redacti, speciebus ultra LX determinati, suecicè & latinè (Stockholmiae, Laur. Salvius, 1757, in-4, m. violet dent. doub. de tabis). Acheté 370 liv. 19 s. à la vente Gouttard (n° 274). Adjugé 600 liv. à Dincourt d’Hangard.



875. Papillons, plantes & fleurs, peints par Cl. Aubriet (53 f. vélin, in-fol. m. r.). 28 f. représentent des plantes avec leurs fruits, et les 26 autres 97 papillons mâles et femelles et un assez grand nombre de papillons en coques, en chenilles et en chrysalides. Acheté 3.000 liv. 10 s. à la vente La Vallière (n° 1.677). Adjugé 3.430 liv.
884. Locupletissimi rerum naturalium collectio, per Albertum Seba (4 vol. in-fol. m. r.). Cet ex., qui ne contient que les fig. de ce superbe ouvrage, est on ne peut pas plus précieux. Il a été peint par les soins et sous les yeux de Gronovius, célèbre naturaliste, d’après tous les objets (animaux, oiseaux, serpents, coquillages, etc.) qui composaient le célèbre cabinet de Seba, son ami. Adjugé 4.600 liv. à Mérigot le jeune.
1.049. Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts & des métiers (Paris, Briasson, 1751, 33 vol. in-fol. fig. Gr. Pap. m. r. de Derome). Adjugé 2.900 liv.
1.215. Les Métamorphoses d’Ovide en latin, avec des gravures par B. Picart (Amsterdam, Wetstein, 1732, 2 tomes rel. en 1 vol. in-fol. très Gr. Pap. m. viol.). Les exemplaires imprimés sur ce format sont très rares. Acheté 800 liv. à la vente Gouttard. Adjugé 842 liv.
1.248. Œuvres de Nicolas Boileau Despréaux (Amsterdam, Dav. Mortier, 1718, 2 vol. in-fol., Gr. Pap., fig. de B. Picart, br. en cart.). Extraordinairement rare. Cet ex. est le premier qu’on ait vu en France exposé en vente : il est d’autant plus précieux, qu’il est broché, sans être rogné. Voir Debure, Bibliographie instructive (n° 3.163). Adjugé 2.402 liv.
1.265. Canti XI, composti dal Bandello de le lodi de la S. Lucretia Gonzaga di Gazuelo, e del vero amore, col tempio di pudicita (Agen, per Ant. Reboglio, 1545, in-8, Ch. Mag. rel. à compartiments, doub. de tab. l. r.). Superbe ex. d’un livre très rare. Acheté 600 liv. 12 s. à la vente Gaignat. Adjugé 400 liv.
1.313. Les Aventures de Télémaque, fils d’Ulysse (Londres, R. Dodsley, 1738, 2 vol. in-8, fig.). Superbe ex. d’un livre très rare, relié à Londres en tabis couleur de cerise, doublé de même, avec dentelles. Renfermé dans une boîte de m. r. doublé de tabis. Adjugé 260 liv.
1.380. Collectiones peregrinationum in Indiam Orientalem & in Indiam Occidentalem, XXV partibus comprehensae (Francofurti ad Moenum, Typis Jo. Wecheli, sumptibus vero Theodori de Bry, anno 1590, & annis seq., 21 vol. in-fol. m. viol. du Levant,dent. doub. de tabis). Superbe ex., peut-être le plus complet qui existe, relié par Derome. Vendu par Debure 2.400 liv. et relieur 1.200 liv. Adjugé 4.802 liv. pour le Roi : Debure lui a présenté à Versailles le 30 avril 1786.
1.527. C. Cornelii Taciti opera recognovit (Parisiis, Lud. Franc. Delatour, 1771, 4 vol. in-4, Ch. Mag. m. r.). Superbe exemplaire relié à Londres par Baumgarten. Adjugé 900 liv.
1.545. Les très Elégantes, très Véridiques & Copieuses Annales des très preux, très nobles modérateurs des belliqueuses Gaules, compilées par Nicole Gilles (Paris, Galliot du Pré, 1525, 2 vol. in-fol. goth. m. r.). Superbe ex. imprimé sur vélin, avec 14 miniatures. Acheté 802 liv. à la vente La Vallière. Adjugé 531 liv.
1.548. Histoire de France, par Mezeray (Paris, Matth. Guillemot, 1643, 3 vol. in-fol., Gr. Pap., fig. mar. viol.). Superbe ex. de Gouttard. Adjugé 725 liv.




1.568. Pompa introitûs Ferdinandi Austriaci, Hispaniarum infantis, Belgarum & Burgundionum gubernatoris, in urbem Antverpiam XV. Kal. Maii anno 1635 (Antverpiae, veneunt exemplaria apud Theodorum a Tulden, qui iconum tabulas ex Archetypis Rubenianis delineavit & sculpsit, 1641, in-fol. m. r.). Imprimé sur vélin. Seul livre entièrement illustré par Rubens. Acheté 1.700 liv. à la vente La Vallière (n° 5.335). Adjugé 1.825 liv.




1.729. Georgii Agricolae de Mensuris & Ponderibus Romanorum atque Graecorum libri V (Basileae, Froben, 1550, in-fol. v. f. à compartiments). Superbe exemplaire de Grolier. Adjugé 35 liv. 19 s.
1.738. Recueil de peintures antiques, imitées fidèlement pour le trait, d’après les dessins coloriés faits par Pietro Sante Bartoli par MM. le comte de Caylus & Mariette (Paris, 1757) – La Mosaïque de Palestrine, expliquée par M. l’abbé Bathelemy (1760). In-fol. Gr. Pap. mar. viol. dent. doub. de tab. Ex. de la plus grande beauté. Tiré à 30 ex. Acheté 2.272 liv. à la vente Gouttard (n° 1.495). Adjugé 1.200 liv.         
       
Pendant que se faisait la vente de cette bibliothèque, Antoine-Augustin Renouard raconta, en 1819, avoir vu de ses propres yeux « son propriétaire acheter chez Belin junior, et chez d’autres libraires, vingt, trente volumes à la fois, de livres rares et fort chers ».
François Belin (1754-1797), dit « junior », vendait surtout des livres anciens, rares et précieux, plus particulièrement des livres d’histoire naturelle. Il avait acheté en 1782 le fonds de Jean-Gabriel Cressonnier sous le nom duquel il exerça quai des Augustins, entre le pont Saint-Michel et la rue Gît-le-Cœur, maison de la Marchande de modes, au premier, avant d’être reçu libraire en 1787.
Aussi, après la mort de Le Camus fut faite une vente avec un nouveau Catalogue des livres rares et précieux, reliés en maroquin, de la bibliothèque de feu le C. Camus de Limaire [sic] (Paris, Santus, an III [1794], in-8, 58 p.). Antoine Santus, libraire de 1767 à 1800, était alors installé rue de la Harpe. La vente commença le 11 pluviose an III [30 janvier 1795] dans une des salles de la maison Bullion, rue Jean-Jacques Rousseau (Ier) depuis 1791, ancienne rue Plâtrière.    


samedi 9 février 2013

Obsédé par les imprimés sur vélin : le comte Mac-Carthy Reagh

Issu de l’une des anciennes et grandes familles qui régnèrent sur l’Irlande au Moyen Âge, Justin Mac-Carthy Reagh est né le 18 août 1744, à Springhouse, près de Bansha, dans le comté de Tipperary. [« Reagh » est un surnom qui veut dire « le Roux » et qu’on doit prononcer « Riabac »]
Il était le fils unique de Denis Mac-Carthy (1718-1761), qui était venu se fixer en France pour soustraire sa famille au despotisme politique et religieux de l’Angleterre, et qui mourut prématurément en l’hôtel de la Promenade, à Argenton-sur-Creuse (Indre).
Entrée de l'hôtel Mac-Carthy
 Après avoir réalisé tout ce qu’il avait pu conserver des débris d’une immense fortune, Justin Mac-Carthy s’établit, avec sa nombreuse famille composée de six garçons et trois filles, dans le plus bel hôtel toulousain du xviiie siècle, à l’angle de la rue Mage et de la rue d’Aussargues, l’hôtel d’Espie.



Il l’avait acheté en 1773 au marquis de Chalvet, au prix énorme de 93.000 livres : vastes pièces sans coupure, sans rétrécissement, belles par leurs proportions et par l’élévation exceptionnelle de leurs plafonds ; partout de soyeuses tentures, de larges draperies, des portraits de famille, par Thomas Lawrence ou Angelica Kauffman, des personnages graves aux habits brochés et aux grandes chevelures, par Pompeo Batoni, Nicolas de Largillière ou Jean-Marc Nattier, des meubles de velours amples et commodes, des lustres d’un cristal pur dont le bronze ou les dorures ne dissimulaient pas l’éclat. La bibliothèque était placée au premier étage, au-dessus du grand salon.


En 1776, Mac-Carthy fut naturalisé français et obtint le titre de comte, puis fut admis l’année suivante aux honneurs de la cour.

Justin Mac-Carthy avait montré dès sa jeunesse un goût éclairé pour les sciences et les lettres. Il avait fait l’acquisition en 1769 de la totalité du second cabinet de Girardot de Préfond, qui avait acheté récemment chez Gaignat des articles de la plus grande rareté. Mac-Carthy chargeait généralement Debure de faire des achats pour lui dans les ventes parisiennes et lui faisait adresser ses envois d’Angleterre. Se trouvant bientôt à la tête d’une grande quantité de livres doubles, dont il pratiquait ordinairement l’échange, il chargea Debure d’en faire la vente au mois de janvier 1780 : Catalogue des livres rares et précieux du cabinet de M.  L. C. D. M. (Paris, G. de Bure fils aîné, 1779, in-8, x-[2]-164 p., 1.375 lots) et Supplément au Catalogue des livres rares et précieux du cabinet de M.  L. C. D. M. (Paris, G. de Bure fils aîné, 1779, in-8, iv-19-[1 bl.] p., 167 lots).



Ce catalogue renferme tant d’articles précieux, qu’on l’eût pris plutôt pour la vente d’un cabinet entier que pour celle de doubles : des manuscrits et quelques livres imprimés sur vélin, des premières éditions, telles que les Bibles de Jenson, de Gering, de Servet, la Missa latina de Flaccus Illyricus, S. Augustinus de Civitate Dei, Wiclefi Dialogi, les Ouvrages de Postel, de Jordanus Brunus, un superbe exemplaire des Offices de Cicéron imp. à Mayence en 1466, des auteurs grecs et latins en grand papier, des livres modernes, tels que le Corps diplomatique de Dumont en grand papier, l’Histoire de la Caroline par Catesby, celle de la Jamaïque par Sloane, le Dictionnaire des arts et des sciences 33 vol. in-fol., grand papier, etc. La plus grande partie des livres avaient été reliés par les plus habiles relieurs de Paris (Derome le jeune) et de Londres (Roger Payne, John Baumgarten).

Il forma une des plus belles et des plus riches bibliothèques particulières qui existaient en Europe, et fit de son hôtel le rendez-vous des savants et des artistes les plus distingués. Cette bibliothèque était plus remarquable par le choix des ouvrages, la rareté des éditions et la condition somptueuse des reliures, que par le nombre des ouvrages et la quantité des volumes.
Il était à la recherche de tous les ouvrages curieux. Il lui fallait particulièrement des exemplaires précieux par leur conservation. Souvent, on l’a vu, pour en former un tel qu’il le souhaitait, réunir les diverses feuilles de deux exemplaires qu’il sacrifiait au désir de posséder un ouvrage unique et sans maculature. Durant la Révolution, il profita de la vente des bibliothèques des monastères, achetant à bas prix les livres dont les administrateurs de cette époque étaient loin de connaître la valeur.

Il glana également avec un rare bonheur dans la bibliothèque d’Albi, dans laquelle il trouva de bien beaux ouvrages qui ne lui coûtèrent pas cher. C’est à l’incompétent Jean-François Massol (1737-1824), chanoine défroqué et premier bibliothécaire d’Albi nommé en 1795, que la ville d’Albi doit la perte de plusieurs manuscrits médiévaux échangés contre des ouvrages « plus utiles » avec Mac-Carthy. La bibliothèque d’Albi possédait en effet une douzaine de manuscrits précieux qui avaient presque tous appartenu à des personnages célèbres, tels que le roi René d’Anjou, le duc de Berry et Nicolas Flamel, et Massol racontait en 1820 qu’il avait eu le bonheur de « purger » la bibliothèque de toutes ces « inutilités » en les livrant au célèbre bibliomane, qui donna en échange une édition, petit format, de l’Histoire naturelle de Buffon. En se vantant de ce déplorable marché, il faisait aussi connaître le regret qu’il avait éprouvé de ne pouvoir livrer à Mac-Carthy un autre manuscrit qu’un professeur avait emporté à la campagne. Ce manuscrit, si peu apprécié par l’ancien bibliothécaire d’Albi, n’était autre chose que la traduction, en latin, des dix-sept livres de la Géographie de Strabon, par Guarini, de Vérone, présentée au roi René lui-même, par le traducteur. 



"Bible de Mortier" (Amsterdam, P. Mortier, 1700, 2 vol. in-fol.)
Reliure de Richard Wier
Mac-Carthy, n° 140, 1817, 267 fr. - Paris, 23 avril 2008, 17.000 €
Mac-Carthy possédait surtout une superbe collection des premiers livres imprimés sur vélin. Tandis qu’on en trouvait  à peine quelques volumes dans les bibliothèques les mieux soignées, lui en avait 825, formant 601 ouvrages. Nombre bien supérieur à celui que renfermait la bibliothèque de La Vallière ! Les éditions princeps, celles imprimées à Mayence, étaient chez lui en grand nombre. La seul Bibliothèque du Roi à Paris pouvait, dans toute l’Europe, lutter avantageusement contre la sienne. Les Aldes, les Estienne, les Gryphe, les Elzévirs, les Jenson, les Barbou, les Foulis, les Baskerville, les Bodoni, les Didots, paraient de toutes parts les rayons de sa vaste bibliothèque. Il avait fait venir chez lui, de Londres, Richard Wier, habile relieur d’origine écossaise qui, de 1774 à 1777, travailla exclusivement pour sa bibliothèque. La femme de Wier s’occupait de la restauration et de la réglure. En outre, Mac-Carthy s’adressait à Derome et Bozerian pour ses livres les plus recherchés.



New York, Christie's, 21 mars 2005, 16.800 $
Exemplaire de l'archiduc Karl-Ludwig (1771-1847), duc de Teschen
Librairie Jonathan A. Hill, New York, 2014 : 25.000 $

Cette magnifique bibliothèque, « digne d’un souverain » disait Debure, fut dispersée après la mort de celui qui l’avait formée. Sa mort arriva à Toulouse le 31 décembre 1811. Ses nombreux enfants désirèrent conserver intacte la bibliothèque de leur père, mais, faute d’avoir trouvé un amateur assez riche pour en faire l’acquisition, le catalogue en fut fait, avec le plus grand soin, par les frères Debure. Ils s’aidèrent du catalogue manuscrit que Mac-Carthy avait fait. Quand le Catalogue des livres rares et précieux de la bibliothèque de feu M. le comte de Mac-Carthy Reagh (Paris, De Bure frères, 1815, 2 vol. in-8, xxviij-583 p., 3.858 lots ; [4]-473-[1 bl.] p., 1.657 lots chiffrés de 3.859 à 5.515, 3 articles omis, Notice abrégée des livres imprimés sur vélin, Table alphabétique des noms des auteurs et des titres de leurs ouvrages, Seconde table contenant les titres des livres sans noms d’auteurs) fut terminé, la bibliothèque fut transférée à Paris.

Pendant les 73 vacations, du lundi 27 janvier au mardi 6 mai 1817, les salles de l’hôtel de Bullion, 3 rue Jean-Jacques Rousseau, furent constamment encombrées de tout ce que la France renfermait de bibliophiles connus, et d’une multitude d’amateurs arrivés des principaux États de l’Europe.
Dans une des séances les plus importantes, le samedi 8 février 1817, le fameux Psautier de Mayence fut soumis aux enchères, et après une lutte acharnée, il fut adjugé à la Bibliothèque du Roi, au prix de 12.000 francs. Debure le prenant alors entre ses mains et l’exposant aux regards, fit le tour de la table sur laquelle il était monté, invitant l’assemblée à jeter encore un regard sur cet ouvrage inestimable, dont la propriété si longtemps désirée venait enfin d’être assurée à la France. L’assemblée entière se leva, et répondit à cette invitation par d’unanimes applaudissements.
Malgré des circonstances aussi favorables, cette vente ne réalisa pas les espérances qu’on avait conçues, car elle ne produisit que 404.746 fr. 55 c., non compris les livres retirés sans enchères. Pourtant, sous l’Empire, le maréchal Berthier en avait offert 800.000 francs, et le duc de Devonshire avait offert 600.000 francs pour certaines parties de ce cabinet qu’il avait désignées. Mais en 1817, toutes les préoccupations de la France étaient alors absorbées par les grands événements politiques qui venaient de s’accomplir.
Articles portés à plus de 2.000 francs :    

1. Biblia Sacra polyglotta (Compluti, industria Arn. Guill. de Brocario, ann. 1514, 1515 et 1517, 6 vol. in-fol., m. r. dent. tab.). Imprimé sur vélin. Un des trois exemplaires connus. Vient de la bibliothèque de Pinelli et fut acheté à cette vente 483 £ ; il n’était alors que relié en vélin, depuis relié en maroquin par Derome. 16.000 fr.
61. Biblia Sacra latina (Charactere gothico majori, quem formae appellant, 2 vol. in-fol., m.r.). Imprimé sur vélin. Première édition de la Bible imprimée à Mayence par Gutenberg et Fust, entre 1450 et 1455. On a déjà vu passer plusieurs fois dans les ventes des exemplaires sur papier, mais on ne l’a vu qu’une fois sur vélin à la vente de Gaignat, et c’est de cette vente que vient cet exemplaire. 6.260 fr.
62. Biblia Sacra latina (Moguntiae, per Joan. Fust et Petrum Schoiffer de Gernsheim, 1462, 2 vol. in-fol. goth., m. viol.). Imprimé sur vélin. Vient de la vented u duc de La Vallière. 4.750 fr.
205. Guillelmi Durandi Rationale divinorum officiorum (Moguntiae, Johannes Fust et Petrus Schoiffer de Gernsheim, 1459, gr. in-fol., goth. m. r. dent.). Imprimé sur vélin. 2.000 fr.
254. Psalmorum codex (Moguntiae, Joannes Fust et Petrus Schoiffer de Gernsheim, 1457, in vigilia assumptionis, in-fol. goth. m. r.). Imprimé sur vélin. Premier livre qui porte une date. Seul exemplaire en France. Ex. des cabinets de Gros de Boze et de Gaignat. 12.000 fr.
255. Psalmorum codex (Moguntiae, Joannes Fust et Petrus Schoiffer, 1459, gr. in-fol. goth. m. bl. dent. tabis). Imprimé sur vélin. Second livre qui porte une date. Seconde édition. Ex. des cabinets de Gros de Boze et de Gaignat. Incomplet à l’époque de Gaignat (n° 52), Debure le compléta en 1806 pour Mac-Carthy et le fit relier par Bozerian jeune. 3.350 fr.
507. Lactantii Firmiani Opera (In monasterio Sublacensi, 1465, in-fol. m. r. dent. tabis). Première edition de la plus grande rareté. Mac-Carthy l’a acheté dans sa première reliure en bois. On y trouve les deux feuillets d’errata qui manquent à presque tous les exemplaires connus. C’est dans cette édition, et dans les Offices de Cicéron imprimés à Mayence en 1465, qu’on a employé pour la première fois les caractères grecs. 2.000 fr.
2.170. Prisciani de arte grammatica libri XVI (Absque loci ac typogr. nota [Venetiis, Vindelinus de Spira], 1470, in-fol., mar. vert dent.). Imprimé sur vélin. 2.200 fr.
2.183. Joannis (Balbi) de Janua, summa quae vocatur catholicon (Moguntiae, [Joannes Fuste et Petrus Schoiffer de Gernsheim], 1460, 1 tome en 2 vol. in-fol. goth. m. r. dent.). Imprimé sur vélin. Vient de la vente du duc de La Vallière. 2.620 fr.
2.544. Pub. Virgilii Maronis bucolica, georgica et aeneis, et reliqua opuscula cum Priapeiis (Venetiis, per Bartholomeum Cremonensem, 1472, in-fol., m. r.). Imprimé sur vélin. Seul connu sur vélin. Vient de la Bibliotheca Harleiana. Manquent deux feuillets au début du XIe livre de l’Enéide, refaits à la plume. 2.440 fr.
2.917. Œuvres de Nicolas Boileau-Despréaux, avec des éclaircissements historiques donnés par lui-même (Amst., Dav. Mortier, 1718, 2 vol. in-fol. fig. de Bernard Picart, mar. bl. dent. tab. l. R. A. Gr. Pap.). Superbe ex. de la plus grande rareté. Le dernier passé en vente publique à Paris fut celui de Le Camus de Limare (1786, 2.402 fr., broché). 2.195 fr.
3.044. Sonetti et triomphi di Francesco Petrarcha (In Venetiis, [Nicolaus Jenson], 1473, in-fol., m. bl.). Imprimé sur vélin. Vient de la bibliothèque du cardinal de Loménie. 3.000 fr.
3.439. Le Romant de Milles et Amys (Paris, pour Antoine Vérard, in-fol. goth. m. vert). Imprimé sur vélin. Seul exemplaire connu sur vélin. Enrichi de 52 miniatures. Décoré, aux quatre coins de la couverture, du chiffre en cuivre doré de Claude d’Urfé, et au milieu, de ses armes aussi en cuivre doré. 2.300 fr.
4.298. Xenophontis de Cyri institutione libri octo (0xonii, e Theatro Sheldoniano, 1727, in-fol. m. cit. dent. tab. l. r . R. A. Charta Maxima). Ejusdem de Cyri expeditione libri septem (ibid., 1735, 1 tome relié en 2 vol. in-fol. v. b. Charta Maxima). Deux des livres les plus rares de cette bibliothèque. Jamais vus en France. 2.550 fr.
4.519. Chroniques de France, d’Angleterre, d’Ecosse, d’Espagne, de Bretaigne, etc. par Messire Jehan Froissart (Paris, Ant. Vérard, 4 vol. in-fol., goth. m. r.). Imprimé sur vélin. Orné de 327 miniatures. Vient de la bibliothèque de La Vallière où il fut acheté 920 fr. Mac-Carthy a substitué un nouveau premier volume à l’ancien mal conservé, dans la même reliure. 4.250 fr.


Eschyle (Glasgow, Foulis, 1746, 2 vol. in-8)
Reliure de Richard Wier
Mac-Carthy, n° 2.471, 1817, 56 fr. - Paris, 18 décembre 2007, 3.400 €

Une partie n’a pu être vendue, faute d’enchères, pourtant aussi beaux et aussi parfaits que ceux qui furent vendus ; une autre a été rachetée pour la famille. Celle-ci se décida bientôt à vendre tous les livres sur catalogue : Catalogue de livres rares et précieux, […] provenant de la vente de feu M. le comte de Mac-Carthy-Reagh [sic], à vendre aux prix marqués à chaque article (Paris, De Bure frères, 1817, in-8, vj-57-[1 bl.] p., avec les mêmes numéros du Catalogue de 1815).



66. Biblia Sacra latina (Venetiis, Nicol. Jenson, 1476, in-fol. goth. m. r.). Imprimé sur vélin. Un des 4 ex. connus. Rel. aux armes d’un roi du Portugal. 2.700 fr. (acheté à la vente pour la famille 2.350 fr.).
1.785. The Birds of great Britain, with their eggs accurately figured, by Will. Lewin (London, for the author, 1789, 7 vol. in-4, m. r. dent. tab). Superbe reliure anglaise. Imprimé sur vélin. 317 planches, dont 265 représentent des oiseaux, 52 des œufs. 3.000 fr. (acheté à la vente pour la famille 2.000 fr.).
2.540. P. Virgilii Maronis Opera (in-fol., m. r. dent. doub. de m. dent.). Manuscrit sur vélin du xve siècle. 3.500 fr. (acheté à la vente pour la famille 3.300 fr.).
3.089. Orlando furioso, di Lodovico Ariosto (Parigi, Claudio Molini, 1788, 5 vol. in-12 tirés de format in-4, m. r. dent. tab.). Imprimé sur vélin. Seul qui existe sur vélin. Enrichi de 53 miniatures originales. A coûté 3.600 fr. en feuilles. 3.000 fr. (acheté à la vente pour la famille 2.100 fr.).
3.365. Les Aventures de Télémaque, par de Fénelon (De l’imprimerie de Monsieur [Paris, Didot jeune], 1785, 2 tomes en 4 vol. gr. in-4 dem. rel. dos de m. non rogné). Un des 4 imprimés sur vélin. Orné de 25 tableaux peints en miniature. 2.000 fr. (acheté à la vente pour la famille 1.280 fr.).
3.460. Banquet des savans, par Athénée, trad. du grec par Lefebvre de Villebrune (Paris, Lamy, 1789 et années suiv. 5 tomes en 15 vol. in-4 dem. rel. dos de m.). Imprimé sur vélin. Il n’en a été tiré que 2 exemplaires. Les 30 fig. peintes destinées à cette édition sont dans un portefeuille séparé. 2.600 fr. (non vendu à la vente).
5.070. Recueil de peintures antiques trouvées à Rome […] ; seconde édition suivie de l’histoire critique de la pyramide de C. Cestius, par l’abbé Rive (Paris, Didot l’aîné, 1783, 3 vol. in-fol. max. m. r. dent. tab.). Imprimé sur vélin. 2.500 fr. (acheté à la vente pour la famille 1.600 fr.).

Mac-Carthy possédait neuf ouvrages venant de chez Grolier :

1.687. Hieron. Cardani de subtilitate libri XXI (Norimbergae Petreius, 1550, in-fol. m. r.). Reliure gâtée. 45 fr.
1.709. C. Plinii S. Historia naturalis (Basileae, 1539, in-fol., v. b. antiqué). Volume taché. 31 fr. à Payne.
2.639. Lucanus, ex recens. Aldi Manutii (Venetiis, in aedibus Aldi, 1515, in-8, m. antiqué). 300 fr. à Chardin.



Londres, Christie's, 13 juin 2002, 59.750 £

3.647. Erasmi adagiorum chiliades quatuor centiriaeque totidem, quibus etiam quinta additur imperfecta (Venetiis, Aldus, 1520, in-fol. mar. vert antiqué). 132 fr. à Payne.
3.775. Stephani Nigri dialogus, in quo, quidquid in graecarum litterarum penetralibus reconditum (Mediolani, in officina Minutiana, 1517, in-fol reliure antique à compartimens. Ch. Mag.). Reliure fatiguée. 73 fr.
3.930. Chronicon divinum ab initio mundi usque ad annum 1512 (Basileae, Henr. Petrus, 1529, in-fol. veau à compart. Ch. Mag.). 55 fr. à Vassimon.
4.302. Xenophontis Opera latine versa (Basileae, Cratander, 1534, in-fol. v. b. à compartimens). 75 fr. à Chardin.
5.106. Guill. Budaei Parisiensis libri V de asse et partibus ejus (Venetiis, apud Aldum, 1522, in-4, m. r.). Le seul qu’on connaisse sur vélin. 1.500 fr. à Payne, pour lord Spencer (Soubise, 1789, 402 fr.).
5.377. Philostrati de vita Apollonii Tyanei libri octo, graece (Venetiis, apud Aldum, 1501, 1502 et 1504, in-fol. mar. antiqué. Ch. Mag.). 255 fr.      



Oeuvres de Gresset (Londres, E. Kelmarneck, 1748, 2 vol. in-12)
Reliure signée de Devers, à Lyon
Mac-Carthy, n° 2.944, 1817, 9 fr. 50 c. - Paris, 8 novembre 2004, 2.350 €