mardi 15 janvier 2013

Adolphe Audenet et le 1er catalogue français avec reproductions de reliures

Jean Audenet († 1835), négociant receveur de rentes, associé à Guillaume Slingerland, administrateur de la Caisse d’épargne et de prévoyance de Paris, régent de la Banque de France de 1831 à 1835, et juge au Tribunal de commerce de la Seine pendant six ans, fut maire de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) de 1816 à 1829, membre du Conseil général du département de la Seine, trésorier de la Société philanthropique et membre de la Société pour la propagation des connaissances scientifiques et industrielles. Mariés en 1792, Jean Audenet et Marie-Denise Hautot († 1837) eurent deux enfants : Adolphe et Laure.

Adolphe-Jean Audenet naquit à Paris le 3 germinal an VIII [24 mars 1800] et épousa Élisabeth-Adélaïde Dominé (1804-1892) le 27 septembre 1823. Il suivit les traces de son père, fut banquier, juge au Tribunal de commerce de la Seine, administrateur de L’Urbaine, compagnie anonyme d’assurance, et de la Compagnie [financière] des quatre canaux. Abonné à la Bibliothèque de l’École des chartes, il était membre de la Société de l’Histoire de France.

Guidé par Techener père, Audenet forma une des plus intéressantes bibliothèques de son temps. En vue de la vente de cette bibliothèque, il en publia le catalogue, Catalogue d’une précieuse collection de livres anciens et rares, la plupart en riches et élégantes reliures, provenant du cabinet de M. AA. (Paris, J. Techener, 1839, in-12, iii-130p., 3 pl., 817 lots), précisant dans sa préface :

« J’ai voulu distinguer mon catalogue, même par son apparence extérieure, des catalogues ordinaires, pour annoncer aux amateurs une de ces collections qui apparaissent rarement dans les chances des ventes publiques. Une réunion choisie de livres singuliers, précieux et rares ne s’est peut-être jamais présentée dans un cadre si étroit. […] le goût prédominant du jour pour les vieilles chroniques, pour les romans de chevalerie, pour ces délicieuses poésies des deux ou trois premiers siècles de notre littérature, qui ne se montrent que de loin en loin dans les plus riches bibliothèques, y sera servi à souhait. Je n’ai pas besoin d’ajouter que les exemplaires sont très beaux, et la plupart des reliures élégantes ou magnifiques. Il s’agit d’une collection d’amateur faite avec sollicitude, avec amour, et pour laquelle on n’a rien épargné. J’ajoute à ce catalogue trois planches de fac-simile, exécutées sur de superbes reliures du seizième siècle. »

On y remarquait surtout un grand nombre de livres de chasses, sur la langue et la poésie française, des mystères et anciennes pièces de théâtre, une collection de romans de chevalerie, d’anciennes chroniques et un choix de lettres autographes.



Ce catalogue fut le premier, en France, à donner des reproductions de reliures anciennes : reliure aux armes de Thou (n° 13), sur Precationes ex veteribus orthodoxis doctoribus (Lipsiæ, 1575, in-8, mar. bl.) ; reliure pour Grolier (n° 45), sur De viris illustribus ordinis predicatorum libri sex (Bononiæ, Hier. Plato, 1517, in-fol., v. f., fig. en bois) ; reliure ancienne en mar. à comp., tr. d. et cis. (n° 230, et non 229 comme indiqué sur la planche) sur Livret de folastrie, à Janot parisien (Paris, 1555, in-8).     

La vente, prévue du 2 au 11 avril 1839 en 9 vacations, ne semble pas avoir eu lieu, on ne sait pour quelles raisons, et fut reportée au 11 mars 1841. Entre-temps, de nombreux exemplaires, et non des moindres, furent cédés, probablement de gré à gré : exemplaires de Thou (nos 13, 23, 24, 46, 143, 581, 584, 683, 694, 710, 711), de Girardot de Préfond (nos 21, 29, 386), de François Ier (n° 22), de Henri IV (n° 71), de Longepierre (n° 151), de Hoym (n° 154), du marquis d’Aubais (n° 168), de Marie Leczinska (nos 290, 730), de Brunck (n° 332), de Saint-Ange (n° 413), de Sartine (n° 502), de Girardin de Vauvré (n° 579), de Nodier (n° 583), d’Aguesseau (n° 606), de Richelieu (n° 652), de la comtesse d’Artois (n° 680), du cardinal de Lorraine (n° 684), de Gaston d’Orléans (n706), de Colbert (n° 712), de Mesdames (n° 716), du Dauphin (n° 720) et de Madame de Maintenon (n° 731).    



La vente dura donc du 11 mars au 3 avril 1841, en 21 vacations. Le Catalogue d’une collection de très beaux livres, tant anciens que modernes, […] provenant de MM. W. et AA. (Paris, J. Techener, 1841, in-8, [4]-264 p., 1.863 et 100 lots) montrait l’une des plus précieuses et des plus riches bibliothèques de la capitale, composée en partie de beaux ouvrages imprimés sur peau vélin, dont La Bible de Robert Étienne, 1557, avec miniatures et ornements, ayant appartenu à Diane de Poitiers, et reliés par Derome ; la Collection de Classiques italiens, imprimée à Pise, destinée à l’empereur Napoléon ; la Collection du comte d’Artois ; de curieux manuscrits sur peau vélin, avec miniatures, dont un Office de la Vierge, avec peintures attribuées à Cluvio ; un Antiphonaire, in-fol. max., avec peintures attribuées à Lebrun ; de vieilles chroniques et romans de chevalerie très rares, comme Bertrand du Guesclin, Godefroy de Bouillon, Bayard, Perceval le Gallois, Lancelot du Lac et Tristan ; de vieux poètes français ; de grandes Collections historiques, telles que les Registres du Parlement de Paris, MSS, la Collection des Cortès d’Espagne, l’Académie des Inscriptions ; un choix de beaux autographes, dont Galilée, Marie Stuart ; de vieilles chartes, avec sceaux.   
À la collection Audenet, on avait ajouté des livres de la librairie Techener, une certaine quantité de livres sur peau de vélin réunis par le libraire Johann-Gottfried Würtz (1768-1841) et quelques ouvrages à figures appartenant à Martin Bossange (1766-1865).
Les volumes les plus précieux de la bibliothèque Audenet portaient sur les plats deux A entrelacés, accompagnés de trois étoiles, deux en chef, une en pointe ; l’écu surmonté d’un casque grillé, taré de fasce et entouré de lambrequins.
Les prix parurent élevés, mais ils furent bien inférieurs à ceux obtenus depuis par les volumes qui ont été de nouveau exposés aux enchères :

81. Histoire de la mappemonde papistique, par Frangidelphe Escorche-Messes [Théodore de Bèze] (Luce Nouvelle [Genève], Brifaud Chasse-diables [François Perrin], 1567, in-4, mar. r., fil., tr. d., rel. ancienne). Exemplaire de Girardot de Préfond (1757, n° 128 – date erronée 1577 -, 26 l. 19 s.).





171. Le Livre du monde faict par Aristote (Paris, Denis Janot, 1541, in-8, mar. v., dent., tr. d. de Thompson). Adjugé 3.200 € le 18 mars 2010 (Paris, P. Bergé).
242. Mirabilis liber (S. l. s.d., in-4, goth., mar. bl., fil., tr. d. de Muller). Passé chez Borluut de Noortdonck (1858, n° 641, 75 fr. à Pieters), dont le catalogue prétend que la reliure est de Thompson.
319. La Fauconnerie de Jean de Franchières (Paris, Abel l’Angelier, 1585, in-4, fig. en bois, mar. bl., riche dorure, tr.d.). Passé chez Yemeniz (1867, n° 1.042), dont le catalogue donne Corfmat comme relieur.
667. Le Grand Testament Villon (Paris, Pierre Caron, s.d., in-4, goth., fig. en bois, mar. cit., comp., tr. d. de Bauzonnet).



690. Le Doctrinal des bons serviteurs (S.l., s.d., in-16, goth., fig. en bois, mar.cit., riche dent. de Bauzonnet). Nodier (1844, n° 319, 145 fr.). Bruce McKittrick Rare Books (Narberth, Pennsylvanie) : à vendre 17.000 $.
695. La Voye de Paradis (Paris, Jehan Saint-Denys, s.d., in-8, goth., fig. en bois, mar. r., fil., tr. d. de Thompson). Nodier (1844, n° 338, 80 fr.).
710. Les Actes et Dernier Supplice de Nicolas Le Borgne (Gand, Josse Lambert, 1543, in-4, mar. olive, dent., tr. d., fig.). Brisart (1849, n° 349, 110 fr.), Borluut de Noortdonck (1858, n° 1.497, 355 fr.).
A fait partie de la collection du duc de La Vallière, relié en v. f. (1783, n° 3.151, 4 l. 4 s.).



727. Livre de la fontaine périlleuse (Paris, J. Ruelle, 1572, in-8, mar. r., comp ., fil., tr. d.). On lit sur l’un des plats « Ex musaeo Caroli Nodier » et sur l’autre « Ex officina Jos. Thouvenin. »  
797. Recueil des plus belles chansons de ce temps (Orléans, Eloy Gibier, 1580, in-12, mar. bl., fil., tr. d. de Bauzonnet). Exemplaire de Nodier (1844, n° 541, 90 fr.), puis du baron Pichon (1869, n° 640).
859. La Tragédie d’Euripide, nommée Hecuba (Paris, Robert Estienne, 1550, in-8, mar. bl., comp., dent., tr. d. de Thompson). Yemeniz (1867, n° 1.882).
956. La très joyeuse, plaisante et récréative histoire […] gentil seigneur Bayart (Paris, Galliot du Pré, 1527, in-4, goth., mar. r., fil., tr. d. de Koehler, 170 fr.). Aimé-Martin (1847, n° 967, 252 fr.), Yemeniz (1867, n° 3.225, 1.540 fr.).
1.037. Discours joyeux des friponniers et des friponnières (Rouen, Richard Aubert, s. d., in-8, mar. puce, large dent. de Bauzonnet). Un des deux exemplaires sur peau vélin de la réimpression de 1831. W. Martin (1869, n° 294, 130 fr.).
1.051. Le Débat du vieulx et du jeune (s. d., in-4, goth., mar. citr., tr. d.). Librairie Techener (1855, n° 2.516, 120 fr.).


1.058. Les Bigarrures et Touches du seigneur des Accords (Paris, A. Cotinet, 1662, in-12, mar. v., fil., tr. d. de Thompson).
1.083. La Fortune d’amours suivi du De profundis des amoureux (Paris, s. d. [v. 1530], in-8, goth., mar. bl., fil., tr. d.). Le catalogue Audenet de 1839 ajoute « chiffre orné ».
Ce recueil a appartenu successivement à Nodier (1844, n° 328, mar. violet), Yemeniz (1867, n° 1.685, mar. violet aux armes de A. Audenet, ex. de Nodier), A.-F. Didot (1878, n° 228, mar. violet aux armes de A. Audenet) et J. de Rothschild (1884, n° 567, mar. r. jans. de Trautz-Bauzonnet). En 45 ans, le maroquin est passé du bleu au violet, puis rouge.  
1.107. Les Présomptions des femmes (Rouen, A. Cousturier, s. d., in-8, mar. olive, dent., comp., non rogné). Un des deux ex. sur peau de vélin de la réimpression fac-similé de Pinard en 1830. W. Martin (1869, n° 293, 140 fr.).
1.129. Les Motz dorez de Cathon (Troyes, Jehan Lecoq, s. d. [v. 1531], in-8, fig. en bois, goth., mar. r., fil., tr. d. de Koehler). Librairie Techener (mars-avril 1841, n° 777, 16 fr.) Bibliothèque champenoise (1886, n° 179, 350 fr.).
1.265. Le Nouveau Monde et Navigations faictes par Emeric de Vespuce (Paris, Denis [sic] Janot, s. d., in-4, goth., v. br., tr. d., 270 fr.).
1.302. De viris illustribus ordinis praedicatorum libri sex (Bononiae, Hier. Plato, 1517, in-fol., fig. en bois, v. fauv., à comp., tr. d., 303 fr.). Exemplaire de Grolier. Yemeniz (1867, n° 2.947, 3.050 fr.).        
1.355. Cronicques abrégées depuis lan tresze jusques à lan vingt-sept [1513 à 1527] (S. l. [Anvers], [Vosterman] s. d. [v. 1527], in-4, goth. à 2 col., mar. br., dent., tr. d., 37 fr. 50 c.). Solar (1860, n° 2.665)
1.357. Le Traicté de la paix faicte et accordée entre nostre sainct pere le pape […] (Paris, Nicolas Basin, s. d. [v. 1530], in-8, goth., mar. r., dent.). Coste (1854, n° 1.502, 29 fr., ex. Audenet : le maroquin est devenu olive).
1.427. Epigramme des enseignes des Véniciens envoyees à sainct Denis suivi de Lepitaphe de feu tres hault prince Phelippes d’Austrice (S. l., s. d., in-4, goth., fig. en bois, mar. bl., fil. tr. d.). Monmerqué (1851, n° 727).
1.460. Légende de Domp Claude de Guyse, abbé de Cluny (S. l., 1581, in-8, mar. bl., riche bordure, tr. d. de Bauzonnet). Passera successivement dans les bibliothèques Aimé-Martin (1847, n° 991, 28 fr.), Chenest (1853, n° 258), librairie Techener (mai-juin 1853, n° 1.173, 65 fr.) et Solar (1860, n° 2.705, 36 fr.).

Audenet ne tarda pas à reconstituer une nouvelle bibliothèque. Elle n’eut pas l’importance de la première, mais se recommanda par un choix d’ouvrages d’histoire et de littérature, et surtout par leur habillement, les livres que lui-même avait fait relier étant frappés de son chiffre héraldique. Elle fut dispersée du 9 au 14 février 1874,  après la mort  d’Audenet, arrivée à Paris (IXe) le 23 octobre 1872. Parmi les Livres anciens et modernes rares et curieux composant la bibliothèque de feu M. Adolphe Audenet (Paris, Léon Techener, 1874, in-8, 182 p., 1.388 lots) :

1. Les Évangiles des dimanches et fêtes (Paris, Curmer, 1864, 2 vol. in-4, mar. rouge, tr. dor., doublé de moire, étui, 395 fr.).
7. Œuvres de Jehan Foucquet (Paris, L. Curmer, 1866, 2 vol. in-4, mar. rouge, fil. compart., ornements à la Grolier, mosaïque de mar. vert, doublé de tabis, tr. dor., 410 fr.).
26. La Vie des Saints, texte par Henry de Riancey (Paris, in-4, mar. rouge, doublé de moire, tr. dor., 142 fr.).
81. Manuel d’ornithologie, par C. J. Temminck (Paris, 1820-1840, 8 vol. in-8, d.-rel., mar. vert, 205 fr.).
104. Le Moyen Age et la Renaissance (1848-1851, 5 vol. in-4, planches, d.-rel. mar. vert, tête dor. non rogn., 380 fr.).
108. Decamps et son œuvre, par Adolphe Moreau (Paris, 1869, in-8, dos et coins de mar. rouge doré en tête, non rogné, 38 fr.).
128. Costumes civils et militaires de la monarchie française (380 planches par Hippolyte Lecomte, en 2 vol. in-4, dem.-rel., 110 fr.).
293. Œuvres de Casimir Delavigne (1846, 6 vol. in-8, figures, dem.-rel. veau bleu ; ex. orné de 18 gravures, une grande partie est ajoutée, quelques-unes sont coloriées ; on y a joint aussi une lettre autographe signée de Casimir Delavigne, 100 fr.).
505. Nouveaux contes à rire (Amsterdam, 1700, in-12, mar. rouge, fil. à comp., tr.dor. de Hardy, jolies figures à mi-page, 110 fr.).
506. Roger Bontemps, en belle humeur (Cologne, 1731, 2 tomes en 1 vol. in-12, mar. rouge, fil., tr. dor., de Capé, 80 fr.).
576. Œuvres complètes de Voltaire (Kehl, 1785-1789, 70 vol. in-8, veau jaspé, fil., 130 fr.).
640. Histoire de France, par Henri Martin (Furne, 1855-1860, 17 vol. in-8, portrait, demi-rel., mar. vert, 130 fr.).
643. Collection complète des Mémoires relatifs à l’Histoire de France avec des notices, par Petitot (Paris, 1820-1829, 131 vol. in-8, demi-rel. veau bleu et fauve, 499 fr.).
644. Collection des Mémoires relatifs à l’Histoire de France, par Guizot (1823-1835, 31 vol. in-8, demi-rel., veau violet, 191 fr.).
645. Collection des chroniques nationales françaises, par J. A. Buchon, 1829-1828, 47 vol. in-8, demi-rel., veau vert, 170 fr.).
669. Les Amours de François Ier, par M. de Lescure (Paris, 1865, in-12, mar. rouge, fil. tr. dor., un des 6 exemplaires imprimés sur papier de Chine ; on y a ajouté 17 portraits, 35 fr.).
793. Correspondance secrète, politique et littéraire (du 4 juin 1774 au 7 octobre 1785), rédigée par Métra et autres (Londres, 1787-1790, 18 vol. in-12, demi-rel., toile non rogn., 199 fr.).
870. Le Nain jaune ou Journal des arts, des sciences et de la littérature, par Dirat, Cauchois-le-Maire, Dufey, Babeuf fils et autres, (2 vol.). Le Nain jaune réfugié, par une société d’Anti-Éteignoirs (2 vol., Paris, 1815, et Bruxelles, 1816). Ensemble (4 vol. in-8, figures allégoriques coloriées, demi-rel. toile, 50 fr).
1.099. Œuvres de Brantôme avec des remarques, par Le Duchat (La Haye, 1740, 15 vol. in-12, portrait, mar. rouge, fil., tr. dor., 139 fr.).
1.100. L’Europe illustre, par Dreux du Radier (Paris, 1777, 6 vol. in-8, 505 portraits gravés par les soins d’Odieuvre, demi-rel. [mauvaise reliure], 230 fr.).
1.115. Revue rétrospective (Paris, 1833-1834, 3 séries en 20 vol. in-8, demi-rel., veau fauve, non rogn., 319 fr.).
1.119. La Bigarure, ou Meslange curieux (20 vol.). La Nouvelle Bigarure (16 vol., La Haye, 1749-1754). Ensemble (36 tomes en 18 vol. in-12, demi-rel. toile, non rogn., 80 fr.).
1.138. Les Fables de La Fontaine (Paris, 1755, 4 vol. in-fol., v. m., fil., édition recherchée pour les figures d’Oudry, 360 fr.).
1.384. Autographes (un vol. in-fol., relié en mar. violet, tr. dor. dans un étui. Recueil important de 54 lettres autographes, 1.000 fr.).

 

vendredi 11 janvier 2013

Monsieur Millot, mystérieux elzéviriomane, victime d’une attribution désinvolte

Après la mort de Daniel Elzevier en 1680, de plus en plus de bibliophiles recherchèrent les éditions elzéviriennes.
À propos des Elzeviers,  Adrien Baillet (1649-1706), le premier biographe de Descartes, écrivait dans ses Jugemens des sçavans sur les principaux ouvrages des auteurs (Paris, Antoine Dezallier, 1685, t. II, première partie, p. 81) :

« Il n’y a point de boutique d’où il soit sorti de plus beaux livres ny en plus grand nombre. Il faut avoüer qu’ils ont esté au dessous des Estiennes tant pour l’erudition que pour les editions Grecques & Hebraïques : mais ils ne leur ont cédé ny dans le choix des bons livres, ny dans l’intelligence de la Librairie ; & ils ont eu mesme le dessus pour l’agrément et la delicatesse des petits caracteres.
Ainsi ce n’est point sans raison qu’on les considere encore comme la Perle des Imprimeurs, non seulement d’Hollande, mais encore de toute l’Europe. » [sic]

Quelques années plus tard, l’abbé Pierre de Villiers écrivait anonymement dans ses Entretiens sur les contes de fées (Paris, Jacques Collombat, 1699, p. 263) :

« Vous sçavez combien depuis quelque tems les impressions des Elzeviers sont recherchées ; cela est venu jusqu’en Province et j’y connois un homme qui se refuse les choses les plus necessaires, pour amasser dans une Bibliotheque assez dénuée des autres Livres, tout autant de petits Elzeviers qu’il en peut trouver ; il se console de mourir de faim pour avoir le plaisir de dire, I’ai tous les Poëtes que les Elzeviers ont imprimez : j’ai dix exemplaires de chacun, & jl [sic] les ai tous avec des lettres rouges, & ils sont du bon temps. » [sic]



Le premier bibliographe elzévirien fut Jean de La Faye, qui « n’est pas un guide très sûr » : il publia un « Catalogue de toutes les Républiques, imprimées en Hollande in 24. avec des remarques sur les différentes éditions qui s’en sont faites » dans les Mémoires de littérature par M. de S *** [Albert-Henri de Sallengre] (La Haye, Henri du Sauzet, 1717, t. II, seconde partie, p. 149-162). Ce catalogue fut publié ensuite séparément, à Paris, par Panckoucke en 1842 (125 ex.) et par Potier en 1854 (200 ex., et 2 ex. sur vélin reliés en maroquin rouge par Capé et Duru). 
Le premier travail biographique sur cette famille de libraires et d’imprimeurs hollandais originaires de Louvain (Belgique), est dû au Père Jean-Félicissime Adry (1749-1818), bibliothécaire de la maison de l’Oratoire, à Paris, intitulé « Du nombre des imprimeurs sortis de la famille des Elzévirs » et publié dans le Magasin encyclopédique (Paris, août 1806, p. 313-338, et septembre 1806, p. 5-38).
Dans la troisième édition de son Manuel du libraire et de l’amateur de livres (Paris, chez l’auteur, 1820, t. IV, p. 533-570), Jacques-Charles Brunet (1780-1867) fut le premier à restituer aux imprimeurs Wolfgang ou Foppens les volumes qui portaient leurs noms. Sa « Notice de la collection des auteurs latins, français et italiens imprimés en petits formats par les Elsevier » sera définitivement constituée pour la 5e édition (Paris, Firmin Didot frères, fils et Cie, 1864, t. V, col. 1.709-1.784).
Suivit le travail bibliographique d’un amateur, Auguste-Simon-Louis Bérard (1783-1859), sous le titre Essai bibliographique sur les éditions des Elzévirs les plus précieuses et les plus recherchées, précédé d’une notice sur ces imprimeurs célèbres (Paris, F. Didot, 1822) : « d’une insignifiance absolue […]. Son livre, dépourvu de toute autorité, est comme non avenu. »
Dans sa « Théorie complète des éditions elzéviriennes », publiée dans ses Mélanges tirés d’une petite bibliothèque (Paris, Crapelet, 1829, p. 1-32), Charles Nodier (1780-1844) a utilisé une classification trop compliquée de ces éditions, en huit classes.
Willem Iman Cornelis Rammelman Elsevier (1810-1885) débrouilla définitivement l’histoire généalogique de sa famille dans Uitkomsten van een onderzoek omtrent de Elseviers (Utrecht, N. van der Monde, 1845). Une pseudo-traduction de son livre, par le plagiaire Auguste de Reume, parut sous le titre Recherches historiques, généalogiques et bibliographiques sur les Elsevier (Bruxelles, Société typographique belge, 1847), orné d’un portrait de fantaisie de Matthieu Elzevier : ce livre « n’est qu’un tissu de bévues à faire rougir un élève de sixième ».
Dans son Aperçu sur les erreurs de la bibliographie spéciale des Elzévirs et de leurs annexes (Paris, Panckoucke, 1847), Charles Motteley (1778-1850) signala diverses erreurs et omissions de Brunet. Par contre, profitant de sa réputation d’expert, Motteley ne se fit pas scrupule d’attribuer une provenance elzévirienne à des volumes qui ne la méritaient pas, dans ses catalogues de vente.
Après avoir distribué à 50 exemplaires son Analyse des matériaux les plus utiles, pour de futures annales de l’imprimerie des Elsevier (Gand, C. Anoot-Braeckman, mars 1843), Charles Pieters (1782-1863) publia des Annales de l’imprimerie elsevirienne ou Histoire de la famille des Elsevier et de ses éditions (Gand, C. Anoot-Braeckman, 1851), se contentant de tirer parti des travaux de ses devanciers : il avait acheté en 1848, à la vente de la bibliothèque de Jérôme Bignon (n° 3.246), le « Catalogue raisonné des petits Elzeviers » du Père Adry, manuscrit in-4 de 254 pages, daté de 1801, qui « n’est qu’une compilation médiocre ».
L’ouvrage définitif sur Les Elzevier. Histoire et annales typographiques (Bruxelles, G.A. Van Trigt ; Paris, A. Labitte ; La Haye, M. Nijhoff, 1880) fut l’œuvre d’Alphonse-Charles-Joseph Willems (1839-1912). Willems mentionne les travaux sur les éditions elzéviriennes d’un Monsieur Millot, qui n’a jamais rien publié, qui était établi non loin de Paris et qui n’a pas été identifié.


Millot avait réuni une importante collection qu’il livra aux enchères le 11 mai 1846, salle Silvestre. Le Catalogue de livres rares et précieux, éditions elzeviriennes ou sorties des presses de Hollande au 17e siècle, exemplaires sur peau vélin, grands ouvrages à figures, journaux et pièces historiques de la Révolution française, livres sur la science héraldique, la numismatique, l’archéologie, etc. ; reliures de Derome, Padeloup, Thouvenin, Muller, Purgold, Bauzonnet, Lebrun, Niédrée [sic], etc. ; provenant du cabinet de M. M***. (Paris, L’Alliance des arts et Techener, 1846, in-8, [4]-iv-344 p., 1.523 lots), rédigé par Paul Lacroix, contient de nombreuses notes renfermant d’utiles renseignements bibliographiques. Parmi les articles intéressants, outre un certain nombre d’ouvrages sur vélin et d’autres venant de collections célèbres (Thou, Hoym, Nodier, etc.) :

39. De Imitatione, Amsterd., Elzevir, 1679, in-12, 210 fr. (payé 100 fr. à la vente Pixerécourt).
244. Le Cuisinier françois, par La Varenne, La Haye, 1656, cuir de Russie Bauzonnet, 87 fr.
377. Virgilius, Leyde, Elzevir, 1636, mar. bl. Bozérian, 156 fr.
387. Odes d’Horace en vers burlesques (par H. de Picou), Leyde, Jean Sambix, 1653, in-12, vélin blanc, non rogné, très rare, 155 fr.
419. L’Eschole de Salerne, en vers burlesques, 1651, très rare, relié avec L’Ovide en belle humeur de d’Assoucy, mar. vert Biziaux, 261 fr.
819. De viris illustribus ordinis Praedicatorum, par Leandre Albert, Bononiae, 1517, in-fol., exemplaire de Grolier avec ses deux devises, 401 fr. (acheté 302 fr. à la vente Audenet). Passera dans la bibliothèque de Yemeniz (n° 2.947).
« Voilà un livre dont malgré sa rareté on n’eût peut-être pas tiré 10 fr., et qui, grâce à une ancienne reliure en v. f. à compartim. avec le nom et la devise de J. Grolier, le prince des bibliophiles passés, présents et futurs, a été payé 303 fr. à la vente faite à Paris en 1841, sous les initiales W. et AA. [Wurtz et A. Audenet] » [J.-Ch. Brunet. Manuel du libraire et de l’amateur de livres. Paris, Firmin Didot frères, fils et Cie, 1860,   t. I, col. 141]
947. Histoire du roy Henry le Grand (Henri IV), par Perefixe, Amsterdam, Elzevir, 1661, mar. vert Derome, 79 fr.
1.070. Journal des débats (et de La Correspondance) de la Société des amis de la Constitution séante aux Jacobins, 5 vol. (871 numéros), exemplaire complet d’un journal rarissime, 600 fr.
1.077. Le Premier Journal de la Convention ou le Point du jour, 3 vol. in-4 (382 numéros), très rare, 445 fr.
1.082. Journal de la Montagne, 4 vol. in-4 (526 numéros), excessivement rare, 290 fr.



D’autres ouvrages, dont Le Pastissier françois (Amsterdam, Louys et Daniel Elzevier, 1655), furent vendus hors catalogue.
Après le décès de Millot, une seconde vente eut lieu à la maison Silvestre, en huit vacations, du 17 au 25 juin 1861. Le Catalogue de livres rares et curieux parmi lesquels on remarque une jolie collection d’éditions elzéviriennes reliées par Du Seuil, Padeloup, Derome, Courteval, Ducastin, Vogel, Bozérian, Thouvenin, Muller, Simier, Héring, Koehler, Bauzonnet, Duru, etc. ayant appartenu à M. Millot (Paris, François, 1861, in-8, VIII-204 p.,  1.463 lots) avait été rédigé par le libraire Honoré-Pierre François.


Le catalogue présente, parmi des raretés elzéviriennes précieuses, l’Illustre Théâtre de Pierre Corneille, volume dont on ne connaissait que deux exemplaires, celui de Pixerécourt, adjugé 228 fr. à sa vente en 1839 et revendu 245 fr. à la vente Buvignier en 1849, et celui de Pieters, de Gand. Et aussi une collection presque complète des pièces de Pierre et Thomas Corneille, imprimées isolément par les Elzeviers et par Abraham Wolfgang, ainsi que diverses éditions de Molière publiées à Amsterdam, avec le nom de Jacques le Jeune, et qu’on joint aux collections elzéviriennes.
Ce catalogue contenait surtout, sous le n° 1.456, des « Manuscrits de M *** (Millot), concernant les éditions elséviriennes ou celles qui s’annexent à leurs collections ; environ 20 cahiers in-fol. » qui furent acquis, mis en ordre et complétés par Gustave Brunet (1805-1896) dans les Recherches sur diverses éditions elzéviriennes extraites des papiers de M. Millot (Paris, Aubry, 1866, in-12, 250 ex. sur papier vergé et 7 ex. sur papier de Chine).

« A la différence de ses devanciers, Millot avait compris qu’une étude minutieuse et comparative du matériel et des procédés typographiques pouvait seule donner la solution des problèmes que soulèvent les productions des presses hollandaises et belges au xviie siècle. Malheureusement Millot n’a fait l’application de sa méthode qu’à une centaine d’articles. Ses notes, rangées par ordre alphabétique, s’arrêtent brusquement au milieu de la lettre C (art. Commines) [En tout 114 p. Le reste du volume est occupé par des notes bibliographiques d’origines diverses et par une liste des prix d’adjudication, œuvre de l’éditeur], soit que l’auteur n’ait pas poussé plus loin son travail, soit que l’éditeur n’ait pas jugé à propos d’en donner la suite. Millot soumet chaque volume à une sorte d’autopsie ; il analyse un à un les fleurons, culs-de-lampe, lettres grises, et les confronte avec des types d’une authenticité bien établie. Cette enquête lui fournit les éléments sur lesquels il assoit son jugement ; jugement qu’on peut accepter comme définitif, parce qu’il est fondé, non sur des apparences souvent décevantes, mais sur des preuves intrinsèques et indiscutables. Il est à regretter que cet intéressant travail n’ait pas été continué ; nous y aurions puisé avec confiance, et notre tâche en eût été de beaucoup abrégée : car Millot est le seul, entre tous ceux qui se sont occupés des elzeviers, dont les appréciations ne soient pas sujettes à caution. » [A. C. J. Willems. Les Elzevier. Histoire et annales typographiques. Bruxelles, G.A. Van Trigt ; Paris, A. Labitte ; La Haye, M. Nijhoff, 1880, p. XXX]

Certains bibliographes ont cru pouvoir identifier ce « Monsieur Millot » : il serait l’abbé Claude-François-Xavier Millot (Ornans, Doubs, 1726 – Paris, 1785), de l’Académie française.
Comment peut-on attribuer à l’abbé Millot, mort en 1785, une collection de journaux de la Révolution, d’éditions et de reliures du xixe siècle ? Comment peut-on penser qu’il ait pu étudier les catalogues de Cramayel (1826), Sensier (1828), Bérard (1829), Pixerécourt (1839), Nodier (1844) et Montaran (1849), qui intéressent particulièrement les elzéviriophiles ?
Nous ne nommerons pas ces « bibliographes », pour ne pas aggraver leur cas …





dimanche 6 janvier 2013

Auguste Veinant, le bibliographe tabarinesque

Après quelques jours de maladie, Alexandre-Auguste Veinant est mort à Paris le 4 mars 1859. Né, au même lieu, le 30 juillet 1799, il n’avait donc que 59 ans.
Il s’était pris de bonne heure de passion pour les livres. N’ayant pour toute fortune qu’un traitement fort modeste de surnuméraire au ministère des finances dans la division des contributions indirectes, il était cependant parvenu, à force d’économies, d’activité, de patience et d’habileté, à se rendre possesseur de volumes curieux ou introuvables qui se payèrent plus tard au poids de l’or.
Tous les jours, il assistait à l’ouverture des boîtes des bouquinistes. Il lisait tous les catalogues, connaissait tous les libraires et tous les amateurs. Les hasards des ventes publiques, les échanges, ont beaucoup contribué à enrichir sa collection.
Une tache de rouille dans le papier, un pli ou un feuillet mal plié, ou encore un fer mal poussé sur une reliure, faisaient son désespoir. Il lavait et réparait les livres avec beaucoup d’habileté, avant de les remettre entre les mains de ses relieurs préférés, Trautz-Bauzonnet, Duru et Hardy :

« Il fallait voir avec quel soin il enlevait la vieille reliure, lavait et encollait les feuillets, les réglait à l’encre rouge, une encre d’un beau rouge pâle dont il avait le secret. Il fallait voir avec quel soin il pliait et ajustait les feuillets, avec quel goût il indiquait aux relieurs les plus habiles la couleur du maroquin et des gardes, et les ornements qui convenaient à chaque volume ! Il fallait voir avec quelle sollicitude il surveillait les opérations lentes, délicates et nombreuses de la reliure ! Et les relieurs l’écoutaient avec déférence, suivaient ses instructions avec docilité : car ils le savaient infaillible. Aussi l’on peut affirmer que tout volume qu’il a fait relier est un volume parfait. »




Veinant était un homme grand, sec, un peu voûté. Son portrait a été gravé, en charge, pour le titre de la Bibliotheca scatologica, dont il est l’un des auteurs : c’est le personnage à droite, courbé en deux et appuyé sur une béquille. En réalité, il n’était pas boiteux, pas plus que n’était bossu le personnage – le libraire Pierre Jannet (1820-1870) – qui figure à gauche dans la même vignette. 





Cette vignette est copiée sur celle de Jacques Callot, représentant les "Gobbi" [Bossus] (Florence, 1616). 

Veinant dépensait beaucoup plus d’argent pour la toilette de ses livres que pour la sienne. Lorsque l’alpaga cessa d’être à la mode, vers 1830, il fit l’acquisition d’une redingote d’alpaga très ample et pourvue de poches in-folio, qui devint sa compagne inséparable.

Veinant a fait réimprimer, soit seul, soit avec la collaboration de Giraud de Savines, 31 pièces rares, tirées à un très petit nombre d’exemplaires. Pour donner à ces réimpressions fac-similé toute l’exactitude possible, il poussait le soin jusqu’à collationner les épreuves deux fois et lettre à lettre, une fois de gauche à droite et une autre fois de droite à gauche.
Lorsque parut le tome 4e du Catalogue des livres imprimés, manuscrits, estampes, dessins et cartes à jouer composant la bibliothèque de M. C. Leber (Paris, P. Jannet, 1852), il se chargea de faire la table des quatre volumes. Il donna, sous l’anagramme de son nom, Gustave Aventin, une édition des Œuvres complètes de Tabarin (Paris, P. Jannet, 1858, 2 vol. in-16), qui fait partie de la « Bibliothèque elzévirienne » publiée par Pierre Jannet. Très peu de temps après, Georges d’Harmonville publiait lui-même Les Œuvres de Tabarin (Paris, Adolphe Delahays, 1858, in-8), de la « Bibliothèque gauloise », édition qui fut le sujet d’un article inséré dans le numéro d’octobre 1858 du Bulletin du bibliophile, et auquel Paul Lacroix et d’Harmonville ont répondu dans le numéro de mars 1859. La mort qui a surpris Veinant ce même mois ne lui a pas permis d’en prendre connaissance et nous a privé d’une polémique instructive.

Veinant rédigea un Catalogue des livres rares et précieux du cabinet de M. *** (Paris, E. Tross, 1855, in-8, VI-[2]-118 p., 1.093 lots), pour une vente qui eut lieu le 20 décembre 1855 :
Heures latines manuscrites (n° 32, 400 fr.) ; Heures manuscrites, avec miniatures (n° 33, 800 fr.) ; Heures imprimées par Simon Vostre, 1497 (n° 34, 455 fr.) ; Confessions de saint Augustin, 1702 (n° 42, 130 fr.) ; Les Simulachres de la mort, de Holbein (n° 309, 350 fr.) ; Phébus, des Déduits de la chasse, in-fol., exemplaire très inférieur à celui de Chenest qui fut acheté par le comte de Montesson (n° 331, 595 fr.) ; Vénerie de J. du Fouilloux, 1561 (n° 339, 250 fr.) ; Recueil d’anciennes poésies françoises, manuscrit avec miniatures (n° 450, 275 fr.) ; Le Séjour d’honneur, Antoine Vérard, 1519 (n° 455, 395 fr.) ; Heures de Notre-Dame, de P. Gringoire (n° 459, 240 fr.) ; Les Notables enseignements, de P. Gringoire (n° 460, 240 fr.) ; Œuvres de Clément Marot, 1538 (n° 466, 248 fr.) ; Œuvres de Clément Marot, Dolet, 1543 (n° 468, 300 fr.) ; Débat et procès de nature (n° 471, 405 fr.) ; Chansons de Christofle de Bordeaux (n° 613, 315 fr.) ; Chansons historiques de 1590 (n° 614, 250 fr.).    

Après sa mort, on trouva, dans le Catalogue des livres rares et précieux composant la bibliothèque de feu M. Auguste Veinant (Paris, L. Potier, 1860, in-8, XV-[1 bl.]-187-[1 bl.]-[1]-[1 bl.] p., 1.081 lots), des livres rares et curieux dont Veinant ne put se décider à se séparer en 1855 et ceux qu’il s’était procurés depuis. Cette bibliothèque, vendue en sept vacations du 30 janvier au 6 février 1860, n’a peut-être pas rempli deux armoires et a produit néanmoins 47.000 francs, démontrant ainsi qu’il était toujours possible, avec de l’intelligence et du goût, malgré les contraintes financières, de former des collections et de capitaliser son plaisir. Parmi les adjudications les plus importantes :



3. Cinquante deux pseaumes de David, traduits par Clément Marot, Paris, Est. Groulleau, 1550, in-8, mar. grenat, jans. tr. d. (Duru), 115 fr. à Coccox, libraire, pour Ratier.
78. Recueil de pièces satiriques (12) contre le pape et l’Eglise romaine, 1562-1563, in-8, mar. r. fil. tr. dor. (rel. anc.), de la bibliothèque de Richard Heber (p. 5391), 455 fr. pour Solar.
131. La Civile Honesteté pour les enfans, Paris, Rich. Breton, 1560, in-8, mar. bl. fil. tr.d. (Trautz-Bauzonnet), imprimée en caractères cursifs français, lesquels, d’après le titre de l’ouvrage, ont été ensuite nommés vulgairement « caractères de civilité », 320 fr. pour le baron Pichon.
139. Les Quatre Livres du courtisan du conte Baltazar de Castillon, s.l., s.d. [Lyon, Denis de Harsy, v. 1537], in-8, réglé, mar. r., tr.dor. (Trautz-Bauzonnet), 122 fr. pour le comte de Lurde.
204. Des habits, mœurs, cérémonies, façons de faire anciennes et modernes du monde, Liège, Jean de Glen, 1601, in-8, 200 fig. sur bois, réglé, mar. bl. fil. tr. d. (Trautz-Bauzonnet), 120 fr. pour Villeneuve.
205. Maniement d’armes, d’arquebuses, mousquetz et piques, par Jacques de Gheyn, Francfurt am Main,  Wilhem Hoffman, 1609, in-4, 3 part., texte allemand et français, mar. r. tr. d., rel. jans. (Hardy), 102 fr. pour Béhague.
230. La Vénerie de Jaques du Fouilloux, Poitiers, de Marnefz et Bouchetz frères, 1568, réimprimée à Beyreuth par Fred. Elie Dietzel, 1754, in-4, réglé, fig. sur cuivre, mar. rouge, jans. tr. d. (Duru), tirée à petit nombre aux frais de l’Electeur de Bavière, 361 fr. à Fresnes.
234. Le Plaisir des champs, par Cl. Gauchet, Paris, Nic. Chesneau, 1583, in-4, mar. vert, fil. tr. dor. (Thompson), 146 fr. pour le baron de Grandjean.
239. Le Parfait Chasseur, par de Sélincourt père, Paris, Gabriel Quinet, 1683, in-12, mar. vert, fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 80 fr. pour le baron de Grandjean.
260. Nouvelle invention de chasse pour prendre et oster les loups de la France, par Louys Guau, Paris, P. Chevalier, 1613, in-8, fig. sur bois, mar. r., fil. à fr., tr. dor. (Koehler), 202 fr. pour le baron de Grandjean.
275. Le Miroir de Fauconnerie, par Pierre Harmont, Paris, Claude Percheron, 1620, in-8, réglé, fig. mar. rouge, fil. tr. dor., rel. jans. (Duru), 171 fr. pour Techener.
353 bis. Les Œuvres maistre Guillaume Coquillart, Paris, Denys Jannot pour P. Sergent et Jehan Longis, 1534, in-16, mar. r., fil. tr. d. (Derome), exemplaire de Charles Nodier (vendu 64 fr. à sa vente), 421 fr. pour un amateur de Reims.
362. Le Livre de Facet translaté de latin en françoys, par Jacques Delahogue, imprimé à Paris par Pierre Vidoué pour Galliot du Pré, 1535, in-8, mar. puce à compart., tr.dor. (Bauzonnet), 224 fr. à Deschamps pour Solar.
363. Le Rousier des dames, par Bertrand Desmarius de Masan, s.l., s.d., fig. sur bois sur le titre, in-8, 24 f., goth., mar. r. jans., tr. d. (Duru), seul exemplaire connu, faisait partie du catalogue du baron d’Heiss en 1785 (n° 256), 255 fr. pour le comte H. de La Garde.
364. le même, publié par Veinant, réimprimé en 1852 par Crapelet, à 57 exemplaires, un des deux sur vélin, in-16, goth., br., 75 fr. pour le duc d’Aumale.
371. Dialogue du fol et du sage, Paris, Simon Calvarin, in-8, goth., fig.s.b., cart., réimpression tirée à 40 ex., un des deux ex. sur vélin, 85 fr. pour le duc d’Aumale.
374. Souhaitz du monde, s.l., s.d., in-8, goth., fig. s. b., 4 f., mar. bl. jans., tr.d. (Duru), 151 fr. pour Solar.
376. Recueil de quatre Sermons, Rouen, s.d. (xvie), in-8, mar. vert, jans., tr. dor. (Bauzonnet), 340 fr. pour Double.
379. Déploration de la mort de feu hault, puissant et noble roy François de Valois, Paris, Nicolas Buffet, 1547, in-8, goth., 8 f., mar. r. fil. tr. d. (Bauzonnet), 203 fr. pour Solar.
384. Regrets et complaintes des gosiers alterez, Paris, 1575, in-8, 8 f., fig. sur le titre, mar. bl. fil. tr. d. (Bauzonnet), 200 fr. pour Techener.
400. L’Amie de court, Paris, Gilles Corrozet, 1542, in-8, réglé, 32 f. non chiffrés, mar. r. fil. tr. d. (Bauzonnet), 107 fr. pour Techener.
413. Recueil de quelques vers amoureux (par J. Bertaut), Paris, veuve Mamert Patisson, 1602, in-8, réglé, mar. r. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 190 fr. pour Double.
416. Pièces héroïques et diverses poésies de César de Notre-Dame, Tholose, veuve Jac. Colomiez, 1608, 7 part. en 1 vol. in-12, mar. bl. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 99 fr. pour Solar.
462. Les Satyres du Sr Thomas de Courval, Paris, Rolet Boutonné, 1621, in-8, portrait, mar. vert, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 160 fr. pour Fresnes.
471. Le Parnasse satyrique du Sr Théophile (Viaud), Holl. Elzev., 1660, in-12, mar. r. fil. tr. d. (Bauzonnet), 128 mill. (4 p. 8 lign. ½), 190 fr. à Coccoz, pour Ratier.
472. Le Cabinet satyrique, Holl. Elzev., 1666, 2 vol. in-12, réglés, mar. rouge, fil. tr. d. (Trautz-Bauzonnet), 128 mill. (4 p. 8 lign. ½), 230 fr. à Coccoz, pour Ratier.
517. Les Triumphes excellens et magnifiques du très élégant poète Françoys Pétrarque, Lyon, Romain Morin, 1531, in-8, fig. s. bois, mar. r. tr. d. fil. (Padeloup), exemplaire du duc de La Vallière (n° 3.607 du Catal. de 1783), de Méon (n° 1.956 du Catal. de 1803) puis de Pixerécourt (n° 921 du Catal. de 1838), 352 fr. pour Léopold Double. Il passera dans la bibliothèque Lignerolles en 1863, pour 356 fr.
594. Zayde, histoire espagnole, par M. de Segrais (Mme de la Fayette), Amsterd. Abr. Wolfgank, 1661, in-8, titre gravé par Romain de Hooge, mar. citr. jans. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 95 fr. pour le marquis de Ganay.
630. Nouveaux contes à rire, 3e éd., Cologne, Roger Bontemps, 1702, in-8, front. gravé, fig. réglé, mar. bl. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 132 fr. pour Ratier.
631. Nouveaux contes à rire, 20e éd., Cologne, Roger Bontemps, 1722, 2 vol. in-8, front. gravé, réglé, mar. r. jans. tr. dor. (Hardy), 112 fr. pour Béhague.
649. Voyages de Gulliver, Paris, Jacques Guérin, 1727, 2 tomes en 1 vol. in-12, fig., réglé, mar. vert, fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 306 fr. pour le comte d’Essertenne.
657. Joyeusetez, facécies et folastres imaginations, Paris, Techener, 1829 et années suivantes, 20 vol. in-16, cart., collection tirées à 76 ex., 295 fr. pour Techener.
668. Discours joyeux des friponniers et fripponnières, Rouen, Richard Aubert, s.d. [v. 1600], in-8, mar. bl. à comp., v. fil. tr. dorée (Bauzonnet), 155 fr. pour Giraud de Savines.
673. Le Moyen de parvenir (par Béroalde de Verville), Holl. s.d., in-12, mar. bl. fil. doublé de mar. orange, tr. dor. (Bauzonnet), 175 fr. pour Ratier.
677. Les Cent Drogues admirables du merveilleux opérateur des iles non découvertes, etc, recueil de trois facéties du xviie en 1 vol. in-8, mar. r. tr. d., rel. jans. (Duru), 159 fr. pour Solar.
678. Recueil de dix pièces rares en prose et en vers, 1613-1624, in-8, réglé, mar. r. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 129 fr. pour Solar.
679. Les Fantasies de Bruscambille, Paris [La Haye], Florentin Lambert, 1668, in-12, réglé, mar. bleu fil.tr.dor. (Trautz-Bauzonnet), 130 fr. pour Ratier.
686. Inventaire universel des œuvres de Tabarin, Paris, P. Rocollet et Ant. Estoc, 1622, titre gravé. Les Rencontres, fantaisies et coq à l’asnes facecieux du baron de Grattelard, Paris, impr. Julien Trostolle, in-12, 64 p., mar. bl. fil. doublé de mar. rouge, dent. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 350 fr. pour le comte du Tillet.
749. Les Quinze Joyes de mariage, Paris, Jannet, 1853, in-16, un des deux sur vélin, mar. r. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 180 fr. pour Aumale.
760. Le Putanisme, Cologne (Holl.), 1669, in-12, 6 f. prél. et 255 p., mar. citr. fil. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), édition rare, décrite pour la première fois par Veinant dans le Bulletin du bibliophile (décembre 1858), 205 fr. pour Béhague.
819. Histoire des Albigeois, Tolose, Colomies frères, 1568 [à la fin : 1569], in-4, réglé, mar. rouge, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 201 fr. pour Potier, libraire.




839. L’Obsèque du feu roy de France Loys douziesme de ce nom, s. l., s. d. [Paris, 1514], in-8, goth., 8 f., fig. sur bois, mar. r. fil. tr. dor. (Koehler), 380 fr. pour Julien, libraire.
874. Recueil de quatorze pièces (Mazarinades), in-4, dans un portefeuille, 101 fr. pour Potier.
875. Autre recueil de Mazarinades rares ou curieuses (19 pièces, in-4), 76 fr. pour Potier.
916. Discours de la mort de très-haute et très-illustre princesse madame Marie Stouard. Version françoise d’une oraison funèbre faicte sur la mort de la royne d’Escosse. Remonstrance à madame Elizabeth royne d’Angleterre. Trois pièces rares, Lyon, 1587, in-8, mar. v. à comp. fil. tr. dor. (Koehler), 120 fr. pour le baron Pichon.
917. Martyre de la royne d’Escosse, Edimbourg, Jean Nafeild, 1588, in-8, réglé, mar. brun, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet), 153 fr. pour Villeneuve.
923. Livre de lordre de trescrestien roy de France Loys xi a lonneur de monsieur saint Michel, manuscrit du xve sur vélin, 3 miniatures, in-4, tr. dor., relié en velours cramoisi (Bauzonnet), 712 fr. pour Villeneuve.

La nombreuse collection de catalogues réunis par Veinant méritait aussi une attention particulière (numéros 951-1058, p. 165-180) : bon nombre d’entre eux étaient enrichis de notes de sa main, indiquant les prix de vente, les noms des acquéreurs et la provenance des exemplaires.
    
  

          

mercredi 2 janvier 2013

Le Cabinet précieux de Chenest

Né à Paris le 12 février 1816, Alfred Chenest fit le tour du monde avant de se marier en 1846 avec Clémence Camion (1826-1908), fille d’un notaire, maire de Sedan et propriétaire du château de La Cassine [Vendresse, Ardennes], construit en 1571 par Louis de Gonzague, duc de Rethel et de Nevers, détruit par la foudre en 1697, reconstruit en 1850 et détruit par un incendie en 1927.


Banquier, gros propriétaire foncier, Chenest acheta en 1871 un des hôtels des maréchaux de la place de l’Étoile [aujourd’hui place Charles De Gaulle], au 3 rue de Tilsitt. Membre de la Société de l’Histoire de France, il mourut à Paris (IXe) le 3 mars 1880.


La plus grande partie de sa bibliothèque, formée d’ouvrages précieux acquis au mois de mars 1848 parmi ceux que les événements forçaient le directeur du Journal des débats, Armand Bertin (1801-1854), de vendre, a été dispersée le 4 mai 1853.
Catalogue d’une petite collection de livres rares et précieux, anciennes poésies, romans de chevalerie, chroniques, manuscrits, etc., provenant du cabinet de M. A. C. (Paris, J. Techener, 1853, in-8, [3]-[1 bl.]-III-[1 bl.]-48 p., 302 lots).
Ce catalogue est de peu d’étendue, mais il n’est guère d’articles qui ne soient d’une importance extrême, splendidement reliés : « Peu de ventes ont mérité à un degré égal, d’être suivies par les hommes distingués qui s’occupent de bibliographie ; bien des volumes qui se rencontreront là, ne passeront sans doute pas de longtemps sous les yeux. », écrit Techener en tête du catalogue. Cette collection a produit 47.149 francs, en trois vacations.  


Parmi les manuscrits :
un Missel du xiiie siècle sur vélin, in-4 orné de 46 miniatures, avec la musique notée qui accompagne les prières, dans une reliure de Bauzonnet-Trautz en velours vert, tranches dorées, avec fermoirs en vermeil formant fleurs de lys (n° 12, 950 fr.) ; un autre Missel du xive siècle sur vélin, in-4 contenant 28 petites miniatures, dans une reliure en velours cramoisi, tr. ciselée, avec fermoirs en vermeil enrichis de pierres fines (n° 13, 2.000 fr.) ; Preces piae, in-8 du xve sur peau de vélin, orné de 15 miniatures, dans une reliure en velours bleu, provenant d’une ancienne vente de Bourdillon (n° 16, 1.030 fr.) ; Legenda sanctorum, in-8 du xive sur vélin, exécuté en Italie, avec 24 miniatures, dans une reliure de Bauzonnet en maroquin citron, fil. à comp. entrelacés à la Grolier, doublé de vélin blanc, mosaïque, tr. d. ciselée (n° 36, 1.000 fr.) ; Aeneas Sylvius [Pie II], in-4 sur vélin, orné de 11 miniatures, rel. velours rouge, provenant de la vente du sénateur Grivaud la Vincelle et de celle de Didier-Petit de Lyon (n° 221, 1.475 fr.).

Parmi les imprimés :
Aristoteles opera, imprimé à Venise chez Alde Manuce, en 1495-1498, 5 t. en 6 part. in-fol., dans une riche et belle reliure de Capé en mar. vert, fil. à comp. avec l’ancre, tr. dor. (n° 38, 1.300 fr.) ;
Essais de Michel de Montaigne, édition seconde, Bordeaux, S. Millanges, 1582, in-8, mar. v., fil., dos à la Duseuil, tr.dor., Trautz-Bauzonnet (n° 43, 220 fr.) ;
L’Œuvre de Jean Berain, dessinateur du Roi, composé de 138 pièces, in-fol. dans une reliure d’époque en veau brun (n° 68, 1.075 fr.) ;
Compost et Calendrier des bergers, Paris, Guy Marchant, 1500, in-fol. goth., fig. en bois, dans une des plus belles reliures de Niedrée, mar. vert, riche dorure à filets composés, doublé de mar. rouge, riches compart., dent., tr. dor. (n° 88, 475 fr.), qui fera 1.850 fr. en 1867 à la vente Yemeniz (n° 961) ;
Phebus des deduiz de la chasse des bestes sauvaiges et des oyseaux de proye, rarissime édition in-fol. goth. imprimée à Paris par Jean Treperel à la fin du xve dans une reliure mar. r., fil., large dent., tr. dor. de Bauzonnet-Trautz (n° 94, 1.605 fr.) ;
Ficheti rethoricorum libri, in-4 imprimé vers 1471 à la Sorbonne, par Gering, Crantz et Friburger (n° 100, 530 fr.) ;
Virgilius, Venise, Alde, 1528, in-8, mar. br., fil., reliure à comp. à la Grolier, tr. dor., de Capé (n° 102, 335 fr.) ;
Lespinette du jeune prince conquérant le royaulme de bonne renommée, impr. à Paris pour Vérard en 1508, in-fol., goth., mar. cit., comp., fil., tr.d., reliure en mosaïque de Niedrée qui a figuré à l’exposition de 1844 (n° 121, 585 fr.) ;
Le Romant de la rose, édité par Galliot du Pré en 1529, in-8, fig. sur bois, mar. v., fil. à riches comp., à petits fers, tr. d., doublé de mar. r., dent., de Thouvenin (n° 122, 385 fr.), acquis 160 fr. à la vente de la bibliothèque Saint-Mauris en 1849 (n° 630) ;
Les Œuvres de Me Alain Chartier, in-8 édité par Galliot du Pré en 1529, dans une reliure de Bauzonnet-Trautz, mar. r., fil. à comp., dorure à petits fers, doublé de mar. r., large dentelle à petits fers (n° 123, 510 fr.), acquis 551 fr. à la vente de la bibliothèque Saint-Mauris en 1849 (n° 636) ;
Saingelais, œuvres de luy, Lyon, Pierre de Tours, 1547, in-8, mar. v., à comp., tr. d., édition rarissime dans une reliure de Niedrée (n° 129, 1.258 fr.) ;
Chronique et histoire faicte et composée par révérend père en Dieu Turpin, archevesque de Reims, imprimée à Paris par Pierre Vidoue pour Regnault Chauldière en 1527, in-4 goth., mar. r., tr. d., doublé de mar. bleu, riches comp., dent., dorures à petits fers, chef-d’œuvre de reliure de Bauzonnet-Trautz (n° 166, 610 fr.) ;
Le Recueil des histoyres troyennes, Lyon, Jacques Maillet, 1494, édition in-fol. très rare, une des plus remarquables productions ornées de gravures sur bois, dans une reliure de Bauzonnet-Trautz en mar. r., fil., comp., dent., tr. d. (n° 168, 400 fr.) ;
très rare et très belle édition de Cy finist le livre des faiz de messire Bertrand du Guesclin, in-fol. goth., s.l., s.d., fig. en bois, mar. r. de Bauzonnet, fil., tr. d., doublé de mar. vert, dent. (n° 169, 800 fr.) ; rare et magnifique exemplaire in-fol. goth. à 2 col., avec fig. en bois, de Cy fine le livre intitulé le Triumphe des neuf preux, imprimé à Paris, pour Michel Le Noir, 1507, dans une reliure de Bauzonnet-Trautz, mar. gr., fil. à comp., riche dorure sur les plats (n° 171, 900 fr.) ;
fort rare in-fol. goth. à 2 col. et fig. en bois de la Très-plaisante et récréative histoire du très-preux et vaillant chevalier Perceval le Galloys, imprimé à Paris pour Jean Sainct-Denys en 1529, reliure de Bauzonnet-Trautz, mar. r., fil., tr. d., doublé de mar. bleu, fil., dent. (n° 172, 710 fr.) ;
Le Trésor de la cité des dames, in-fol. goth. superbe et rare, imprimé à Paris en 1497 pour Vérard, reliure de Bauzonnet-Trautz, mar. bleu, dent. à petits fers, tr. d. (n° 173, 1.255 fr.) ;
Hystoire de deux vrays amans, Eurial et Lucresse, s.l., s.d., in-4 goth., fig. en bois, de la plus grande rareté, mar. br., fil. à comp., mosaïque, tr. d., de Niedrée (n° 174, 680 fr.) ;
Origine delli volgari proverbi, di Aloyse Cynthio de gli Fabritii, Vinegia, Bern. et Matth. Vitali, 1527, in-fol., mar. r., fil., tr.d., de Bauzonnet, exemplaire de Libri, regardé comme le plus beau connu (n° 214, 670 fr.), payé 575 fr. à la vente Libri, en 1847 (n° 1.498) ;
Collection d’ouvrages français en vers et en prose, imprimée par ordre du comte d’Artois, Paris, Didot, 1780-1784, 64 vol. in-18, tirée à 60 ex., mar. bleu, dent., tr. d., de Bozerian, ex. vendu 712 fr. à la vente Chénier, acheté par Pixerécourt (n° 228, 480 fr.) ;
Racolta di poemetti italiani stanze, réunion dans un seul volume in-4 de petits poèmes italiens et opuscules en vers, imprimés de 1518 à 1524, la plupart à Venise par Fr. Bindoni, achetée 1.050 fr. à la vente Crozet en 1841, mar. v., fil. et comp., large dent., tr. d., reliure de Bauzonnet dans le goût italien du xvie (n° 230 bis, 1.360 fr.) ;
Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, Paris, Lequien, 1822, 7 vol. in-8, mar. bleu, fil. comp à la Duseuil, grand papier vélin, rel. de Niedrée (n° 236, 500 fr.) ;
C. Sallustii, de conjuratione Catilinae et de bello Jugurthae, historiae, Venise, 1546, in-fol., fig. en bois, rel. ancienne en mar. br., fil., tr. d., dent., portant sur les plats « Maioli et amicorum » (n° 240, 295 fr.) ;
Rob. Gaguini compendium super Francorum gestis ab ipso recognitum et auctum, Paris, Th. Kerver, 1500, in-fol., mar. r., fil. tr. d., Bauzonnet, précieux exemplaire imprimé sur peau de vélin, la plus belle édition, la plus complète et la plus recherchée (n° 247, 651 fr.) ;
première édition d’une rareté extrême des Chroniques de France, Paris, Pasquier Bonhomme, 1476, 3 in-fol. goth., mar. r., fil., tr. d., de Purgold (n° 248, 3.605 fr.) ;


Les Vies des hommes illustres, par Plutarque, transl. de grec en français par Amyot, Decade, par Allègre, Paris, Vascosan, 1567-1574, ensemble 14 vol. in-8, rel. Derome, mar. r., fil., tr. d., superbe exemplaire de Nodier (n° 292, 521 fr.), vendu 17.500 £ le 4 juin 2008, par Christie’s, à Londres.