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| Albert Thomas |
Albert-Félix-Théophile Thomas, architecte du gouvernement et expert près le Tribunal de la Seine, naquit à Marseille, 10 rue Grignan, le 11 août 1847.
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| Ecole des Beaux-Arts, Paris |
À l’École des Beaux-Arts de Paris, 14 rue Bonaparte [VIe], il fut l’élève des architectes Alexis Paccard (1813-1867) et Léon Vaudoyer (1803-1872). Prix de Rome en 1870, il fut pensionnaire de l’Académie de France, située dans la Villa Médicis à Rome, de 1871 à 1874.
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| Albert Thomas, par Fernand Lematte. Coll. Villa Médicis, Rome |
Le 3 août 1875, demeurant alors 8 rue Miromesnil [VIIIe], il épousa Augustine-Caroline-Mathilde-Frédérique-Joséphine-Renée Portait, née à Augsbourg [Allemagne] le 2 janvier 1853 :
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| Joseph Lesoufaché |
parmi les témoins
se trouvait un parent éloigné, Joseph-Michel-Anne Lesoufaché (1804-1887), architecte,
chevalier de la Légion d’honneur, 47 rue du Faubourg Saint-Honoré [VIIIe].
Le couple, qui demeurait 11 boulevard de Courcelles [VIIIe] en 1880,
eut trois filles et deux garçons.
Chevalier
de la Légion d’honneur en 1885, il devint architecte du palais des Archives
nationales, 60 rue des Francs Bourgeois [IIIe], et eut pour
attributions, en 1890, la surveillance et l’entretien de l’hôtel de Soubise.
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| Hôtel de Soubise, Paris |
Il aurait mis l’hôtel au pillage : des rampes en fer forgé, grilles et balustrades finement ouvragées, boiseries sculptées auraient été transportées à son château de Vauilly, qu’il fit construire en 1898 à Nouan-le-Fuzelier [Loir-et-Cher], sur un domaine de 383 hectares, estimé 380.000 francs. Ces détournements ayant été découverts, on chercha, en haut lieu, à éviter le scandale.
On imposa à Thomas la restitution des œuvres d’art enlevées, mais il
paraîtrait que les originaux demeurèrent à Vauilly et que ce furent de simples
copies qui en reprirent la place à l’hôtel de Soubise.
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| Palais d'Antin, Paris |
De 1896 à 1900, il fut chargé de la construction de l’aile ouest du Grand Palais, dite Palais d’Antin, baptisé Palais de la Découverte en 1937. Il fut fait officier de la Légion d’honneur en 1900.
Outre son château et ses chasses en Sologne, Thomas avait d’élégantes et coûteuses relations.
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| Madame d'Herblay |
On le voyait souvent dans le promenoir du Palais de Glace – aujourd’hui Théâtre du Rond-Point -, avenue Franklin-D. Roosevelt [VIIIe], à proximité des Champs Élysées, surveillant assidûment les ébats d’une demi-mondaine, connue dans le monde galant sous un pseudonyme.
En 1905,
il fut révoqué par Étienne Dujardin-Beaumetz (1852-1913), nouveau sous-secrétaire
d’État aux Beaux-Arts, de ses fonctions d’architecte-conservateur du Grand
Palais, à la suite d’incorrections commises dans sa gestion.
Il mourut à Paris, 11 rue Talma
[XVIe], le 29 janvier 1907, et fut inhumé au cimetière du Père
Lachaise. Son épouse décéda 17 rue de Tournon [VIe], le 6 décembre
1925.
Albert Thomas descendait d’une
lignée de papetiers provençaux, originaire de Barjols [Var].
Guillaume Thomas, était né à
Barjols. Il avait été baptisé le 28 octobre 1659 et avait épousé, le 14 août
1684, Isabeau Hugues, de quatre ans sa cadette, de
Saint-Maximin-la-Sainte-Baume [Var]. Papetier à Barjols, il fut inhumé le 13
septembre 1710 dans le cimetière de Varages [Var].
Son fils Jacques Thomas fut baptisé à Barjols le 23 juillet 1688. Papetier à Méounes-lès-Montrieux [Var], il épousa, le 22 mai 1719, à Gémenos [Bouches-du-Rhône], une veuve, Catherine Signe, née à Auriol [Var].
Jacques Thomas, deuxième du nom,
également papetier, est né à Méounes-lès-Montrieux le 13 décembre 1729 et est
décédé à Gémenos le 23 décembre 1792. Il épousa, à Roquevaire
[Bouches-du-Rhône], le 28 janvier 1753, Claire Pélissier, née à Marseille le 17
avril 1735 et décédée dans la même ville, 8 allées de Meilhan, le 1er
février 1816.
Joseph Thomas est né à Gémenos
le 31 octobre 1758. Négociant à Marseille, où il demeurait chez sa mère, 8
allées de Meilhan, il épousa, le 10 août 1814, Suzanne-Sophie Agnel, née à
Marseille le 16 juin 1788. Il mourut à Marseille, 2 rue Sénac de Meilhan, le 7
avril 1837.
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| Jaune : Varages. Rouge : Barjols. Bleu : Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Noir : Roquevaire. Orange : Gémenos. Violet : Méounes-lès-Montrieux |
Jean-Joseph-Étienne Thomas est
né à Marseille le 24 novembre 1822. Habitant alors 21 allées de Meilhan, il
épousa, le 11 août 1845, Marie-Madeleine-Alexandrine-Laure David de Penanrun,
née à Paris le 22 février 1828, fille du directeur des douanes à Marseille. Il
fut gérant d’un établissement de remonte, où les chevaux malades de l’armée
étaient envoyés pour y être soignés, à Lamotte-Beuvron [Loir-et-Cher], à 8 km
de Nouan-le-Fuzelier, puis devint percepteur des finances. En 1875, il était
domicilié aux Mureaux [Yvelines].
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| Bibliothèque de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, par Michel Fichot (1817-1903). Musée Carnavalet |
Quelques jours après la mort d’Albert Thomas, un libraire se présenta à l’École des Beaux-Arts avec des gravures manifestement arrachées à des volumes de la bibliothèque de l’école, puisqu’elles portaient l’estampille de cet établissement.
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| Cachets de la Bibliothèque de l'Ecole des Beaux-Arts, Paris |
Ces gravures avaient
été trouvées par le libraire dans la bibliothèque de Thomas dont il venait de
se rendre en partie acquéreur.
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| Gravure de Lepautre découpée |
Un réparateur de tableaux est
venu déposer un carton de gravures qui lui avaient été confiées par
l’architecte et dont les timbres de la bibliothèque avaient été découpés à
l’aide d’un canif.
Une dame X…, réparatrice de
vieilles gravures, a spontanément déclaré que depuis dix ans, elle et son père
avaient réparé plus d’un millier de gravures, pour un certain M. Thomas,
qu’elle prenait pour un riche collectionneur. Sur toutes ces gravures, des
grattages au canif, des morsures à l’acide avaient tenté de faire disparaître
les estampilles officielles de propriété.
Léon Bonnat (1833-1922), directeur de l’École des Beaux-Arts depuis 1905, fit avertir Madame Thomas de cette situation.
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| Collection Lesoufaché à la Bibliothèque de l'Ecole des Beaux-Arts, Paris |
Celle-ci rechercha aussitôt parmi
les livres de son mari s’il s’en trouvait d’autres ayant la même provenance et
elle renvoya spontanément à Bonnat 36 grands volumes provenant de la collection
Lesoufaché, donnée par sa veuve en 1889 et installée dans une salle spéciale de
la bibliothèque de l’école.
Madame Thomas adressa au Petit
Journal une lettre qui fut publiée le 3 mars 1907 :
« Permettez-moi
de rétablir de suite la vérité sur les faits reprochés à la mémoire de mon
mari.
1° Rien
de ce qui composait la bibliothèque de M. Thomas (livres, estampes, gravures)
n’a été vendu depuis son décès ;
2° Les
livres et documents trouvés soit chez lui, soit à son bureau des archives,
avaient été empruntés pour la préparation d’un important ouvrage, l’Ornementation,
dont M. Thomas avait dû interrompre la rédaction pour raison de santé. À
l’inventaire, ces livres et documents ont été immédiatement rendus par moi aux
Beaux-Arts.
Mon mari
a vécu, est mort en honnête homme, laissant à ses enfants non seulement une
aisance gagnée par son travail, mais, ce qui vaut mieux encore, l’exemple d’une
vie d’honneur et de probité. »
Dès qu’il fut mis au courant par Bonnat, Étienne Dujardin-Beaumetz demanda au préfet de police, Louis Lépine (1846-1933), de faire procéder à une enquête, dont fut chargé Xavier Guichard (1870-1947), commissaire de la Sûreté, pendant qu’à la bibliothèque on effectuerait le récolement des livres et des gravures pour connaître l’importance exacte des vols.
Au cours des perquisitions qui furent
opérées le 6 mars dans le cabinet que l’architecte occupait aux Archives, rue
des Francs Bourgeois, on a découvert une malle remplie de gravures portant
l’estampille de la Bibliothèque nationale.
Le procureur de la République
décida qu’une instruction serait ouverte, confiée à Henri Boucard (1862-1934),
juge d’instruction. En outre, une commission rogatoire fut envoyée au parquet
de Romorantin pour que des perquisitions soient opérées au château de Nouan-le-Fuzelier, qui eurent lieu le 9 mars, dans
l’après-midi, sous la pluie, et qui furent infructueuses.
Le 12 mars 1907, des marchands
apportèrent à Guichard six gravures de Rembrandt portant l’estampille de
l’École des Beaux-Arts, qui avaient été soustraites par Thomas.
Les vols commis à l’hôtel de
Soubise furent corroborés par le témoignage d’un employé, qui est venu déclarer
que Thomas avait dérobé un parquet tout entier d’une des pièces de l’hôtel,
ainsi que des rampes en fer forgé.
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| Salle du conseil à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris Tous les livres et tableaux posés sur les tables, toutes les gravures remplissant les cartons, proviennent de la saisie opérée chez Albert Thomas. |
Le montant des détournements
commis par Thomas à l’École des Beaux-Arts et aux Archives était d’environ
500.000 francs. On était convaincu que beaucoup d’estampes avaient été vendues
en Allemagne, par l’intermédiaire de deux courtiers.
L’idée première des vols à l’École
des Beaux-Arts pourrait avoir été inspirée à Thomas par
une rancune d’héritier déconfit. Thomas se croyait appelé à recueillir la
succession de Lesoufaché, qui avait toujours protégé sa famille, qui avait fait
obtenir à son père le poste de percepteur, qui s’était occupé de lui, qui avait
subvenu aux frais de ses études. Ces espérances déçues ont pu contribuer à
faire de Thomas le voleur de cette École des Beaux-Arts, qui avait hérité de ce
qui aurait pu lui revenir.
Les déclarations d’un membre de
l’entourage immédiat de Robert Estienne (1884-1971), attaché à la Compagnie
d’assurances La Foncière, gendre de Thomas, époux le 22 mai 1906, à Paris [XVIe],
de Germaine-Anaïs-Joséphine Thomas, née à Paris [VIIIe] le 20
décembre 1880 et décédée à Paris [VIIe] le 13 mars 1965, dressèrent
un autre tableau :
« Je
suis à même de vous renseigner. J’ai eu, hélas ! depuis quelques jours, à
m’entretenir à tout instant de cette affaire avec M. Robert
Estienne et vous pouvez considérer les déclarations que vous allez
enregistrer comme l’expression scrupuleusement fidèle de sa pensée. Voici d’abord
le récit des faits auxquels ont été mêlés Mme Thomas et les membres de sa
famille. Quelques jours après la mort de M. Thomas ils jugèrent bon d’examiner le
contenu de la bibliothèque du défunt. Ils y trouvèrent des ouvrages de la
collection Lesoufaché, reconnaissables aux cachets qui y avaient été apposés et
des gravures détachées portant l’estampille de la bibliothèque des beaux-arts.
Pendant qu’ils étaient occupés à séparer les papiers, gravures et livres n’appartenant
pas à M. Thomas de ceux lui appartenant, Mme Thomas fut invitée par la
direction des archives nationales à prendre possession des objets laissés par
M. Thomas dans le bureau qu’il y occupait en qualité d’architecte.
Mme
Thomas se rendit à cette invitation et c’est ainsi qu’elle découvrit d’autres
ouvrages et d’autres gravures que des signes extérieurs distinguaient de ceux
appartenant à M. Thomas. Elle les emporta chez elle et les joignit aux pièces
qu’elle avait déjà mises de côté pour les rendre à la bibliothèque des beaux-arts.
Le lendemain, la direction de cette bibliothèque, prévenue par celle des
archives, faisait prier Mme Thomas de remettre à la bibliothèque des beaux-arts
les pièces qu’elle avait dû trouver dans les collections de M. Thomas et qui n’étaient
pas sa propriété. Ce qui fut fait immédiatement. C’est à partir de ce jour que
des révélations fantaisistes furent publiées dans plusieurs journaux.
On put
lire, notamment, que des boiseries anciennes, des rampes et des balcons en fer
forgé de l’hôtel de Soubise avaient été dérobés en 1890, aux archives
nationales, par M. Thomas qui les avait expédiés à Nouan-le-Fuzelier pour en
décorer son château. Or la construction du château de Vauilly ne fut terminée
qu’en 1896. Il avait donc était [sic] impossible à M. Thomas d’y accumuler en
1890 les produits de ses prétendus vols. En outre, les objets dérobés qu’on
recherche proviennent bien de l’hôtel de Soubise, mais c’est à la suite de la
démolition d’une partie de ses bâtiments qu’ils disparurent. Qu’est-ce qui
prouve que c’est M. Thomas qui les avait fait disparaître ? Enfin, le parquet
de Romorantin vient de venir au château muni d’un mandat qui le chargeait d’y
perquisitionner et de saisir au besoin tout meuble, livre ou gravure qui aurait
été reconnu comme ayant été dérobé par M. Thomas. Or, vous avez pu constater
vous-même, puisque vous assistiez à la perquisition, qu’aucun objet, qu’aucun
tableau, qu’aucun papier de valeur ne se trouvait au château et que les
magistrats s’en sont allés les mains vides.
On a dit
aussi que le nombre des pièces restituées par Mme Thomas à la bibliothèque des
beaux-arts était insignifiant comparativement à celui des gravures qu’on y
rapportait chaque jour de divers côtés et que le total de toutes ces pièces
atteint quinze cents. Or, à elle seule, Mme Thomas a réuni et remis aux beaux-arts
douze cents pièces environ. Et je sais qu’il en a été remis soixante-sept d’autre
part. J’ajoute que les pièces retrouvées par Mme Thomas n’étaient ni froissées
ni détériorées, comme on l’a prétendu.
On a
raconté encore qu’une perquisition avait eu lieu au domicile de Mme Thomas. C’est
inexact. M. Guichard, chef de la brigade mobile, est seulement venu chercher
les pièces que Mme Thomas tenait à sa disposition. Autre inexactitude. On a
représenté le bureau que M. Thomas occupait aux archives comme un véritable
magasin où il entassait le produit de ses vols. Or on n’a retrouvé dans ce
bureau que sept livres et un petit carton contenant des gravures. Les livres n’étaient
pas cachés ils étaient placés en un endroit où il était impossible à quiconque
pénétrait dans le bureau de M. Thomas de ne pas les voir. C’était donc un
singulier voleur que M. Thomas. Une caisse portant l’inscription “Glaces”
aurait contenu des gravures encadrées, d’une origine inconnue. Vous pouvez dire
que ces gravures étaient en réalité des photogravures reproduisant des dessins
dont M. Thomas était l’auteur.
Enfin M.
Thomas n’avait aucun lien de parenté avec M. Lesoufaché. Il n’eut avec M.
Lesoufaché que des relations mondaines et amicales. A aucun moment, il ne se
considéra, et on ne le considéra dans sa famille, comme l’héritier probable de
M. Lesoufaché. On a dit tout juste le contraire. »
(« Le château de M.
Thomas ». In Le Temps, 11 mars 1907, p. 3)
L’inculpé étant défunt, l’action
publique était éteinte et aucune suite judiciaire ne fut donnée à l’affaire.
« Quelques
amateurs et un petit nombre de marchands au courant des aubaines de la salle
des Ventes se rencontraient l’autre jour à l’hôtel Drouot.
On y
mettait aux enchères, “en vertu d’une ordonnance de M. le président du Tribunal
de la Seine”, un mobilier artistique, des dessins anciens et modernes, des
étoffes, broderies, faïences, fusils de chasse…
Il n’y
avait certes pas là de quoi tenter les passants distraits, car, à première vue,
cette vente paraissait banale, tous les objets qu’énumérait l’affiche ou du
moins presque tous étant à l’hôtel Drouot monnaie courante.
Mais,
pour “ceux qui savaient”, ces objets avaient une valeur, dûment garantie, par
le goût très sûr et même célèbre de celui qui les avait collectionnés.
Et même,
à cette valeur “marchande” s’ajoutait par surcroît pour les raffinés comme une
saveur de fruit défendu.
Il
s'agissait, en effet, de la vente après décès de M. Albert Thomas, l’architecte
fameux de l’hôtel Soubise et du Grand Palais, et l’on n’avait eu garde d’omettre
dans le catalogue sommaire de la vente un certain “balcon en fer forgé”.
Ce
balcon en fer forgé, évocation de révélations piquantes, n’était pas moins
propre à exciter la convoitise des chercheurs de raretés .que les “importantes
boiseries” qu’annonçait encore ledit catalogue sommaire.
Et les “dessins
anciens et modernes” tiraient, il faut en convenir, un relief extraordinaire de
la personnalité de l’artiste avisé, du fureteur adroit qui les avait
recueillis. Ses choix pouvaient-ils être contestables ?... Il n’y avait qu’à
acheter les yeux fermés.
La vente Thomas, pourtant, n’a
pas “rendu”. La salle 2, où elle eut lieu, n’a pas retenti des enchères
auxquelles on aurait pu s’attendre.
Tout le
lot - même un chef-d’œuvre de Lancret, l’Assemblée dans un parc, une Vue
de Venise de Canaletto, même les boiseries et le balcon en fer forgé, - a
été soldé pour quelques milliers de francs.
Il
convient d’ajouter qu’aucun des objets que l’on vient de vendre à l’hôtel Drouot
ne provenait de ces “emprunts” dont on fit, il y a quelques mois, si grand
bruit. Tous avaient été acquis à beaux deniers comptant par le célèbre
architecte.
Ce détail leur donnera encore un
autre cachet de rareté dans l’appréciation des gens de goût. »
(Ch. Dauzats. « Épilogue ».
In Le Figaro, 18 juillet 1907, p. 3)
















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